Catégories
Tombe

LEMARQUE Francis

Qui est Francis Lemarque ?

Nom complet : Nathan Korb, dit Francis Lemarque.
Naissance : 25 novembre 1917 (Paris, France).
Mort : 20 avril 2002 (Saint-Maur-des-Fossés, France) à 84 ans.
Activité : auteur-compositeur-interprète, poète et compositeur de musiques de films.
Notoriété : auteur d’À Paris, de Quand un soldat et de nombreux succès popularisés par Yves Montand.

Où se trouve la tombe de Francis Lemarque ?

La tombe de Francis Lemarque se trouve dans la division 44 du cimetière du Père-Lachaise, avenue Aguado.

Plan du cimetière du Père-Lachaise indiquant la division 44
Plan du cimetière du Père-Lachaise : la sépulture se situe dans la division 44.

Le monument funéraire de Francis Lemarque au Père-Lachaise

La sépulture est sobre : une dalle porte le nom de scène du chanteur, ses dates et la mention « fils de Rose et Joseph Korb », qui rattache explicitement l’artiste à son identité familiale. Ginette Korb, sa compagne pendant plus d’un demi-siècle, repose également dans cette tombe.

Vue générale de la tombe de Francis Lemarque au Père-Lachaise
Tombe de Francis Lemarque dans la division 44. Photo : Touron66 / Wikimedia Commons, CC BY-SA 3.0.
Tombe de Francis Lemarque et Ginette Korb en 2022
La sépulture de Francis Lemarque et Ginette Korb en 2022. Photo : ManoSolo13241324 / Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0.

Biographie de Francis Lemarque

Nathan Korb naît le 25 novembre 1917 au 51, rue de Lappe, dans le 11e arrondissement de Paris. Ses parents sont des Juifs venus de l’Empire russe : sa mère, Rose Eidelman, est née en Lituanie, tandis que son père Joseph travaille comme tailleur. Avec son frère Maurice et sa sœur Rachel, il grandit au cœur de la Bastille, dans un logement situé au-dessus du bal des Trois Colonnes. Les accordéons, les bals musette et la population ouvrière du quartier fournissent très tôt le paysage humain et sonore qui nourrira ses chansons.

Rue de Lappe à Paris où Francis Lemarque passa son enfance
La rue de Lappe, quartier de l’enfance de Francis Lemarque. Photo : Coyau / Wikimedia Commons, CC BY-SA 3.0.

Du Paris ouvrier aux Frères Marc

Après le certificat d’études, Nathan quitte l’école à onze ans et exerce plusieurs métiers : garçon de courses, ouvrier imprimeur ou métallurgiste. La mort de son père, emporté par la tuberculose en 1933, fragilise encore la famille. Le jeune homme développe dans ce milieu une conscience sociale qui accompagnera durablement son œuvre.

En 1934, Nathan et Maurice rejoignent le groupe Mars de Sylvain Itkine, une troupe issue du théâtre ouvrier. Sur un conseil de Louis Aragon, ils fondent le duo des Frères Marc. Le Front populaire leur offre des scènes dans les usines et les rassemblements militants. Ils croisent Jacques Prévert et Joseph Kosma, qui devient un temps leur pianiste. Ces rencontres installent Lemarque au confluent de la poésie, de la chanson populaire et de l’engagement politique.

Portrait de Francis Lemarque vers 1948
Francis Lemarque vers 1948, photographie d’identité de la Sacem. Wikimedia Commons, domaine public.

La guerre, la persécution et la Résistance

Mobilisé en 1940, Nathan Korb participe aux activités musicales et théâtrales de l’armée. Après l’armistice, il gagne la zone libre et s’établit à Marseille. Il y rencontre Jacques Canetti, futur artisan décisif de sa carrière, et se produit en Afrique du Nord, notamment lors de récitals avec Django Reinhardt.

La guerre frappe sa famille de plein fouet. Sa mère Rose est arrêtée à Marseille, internée à Drancy puis déportée par le convoi no 55 du 23 juin 1943 vers Auschwitz, où elle est assassinée. Nathan rejoint le maquis avant de s’engager, à la Libération, dans le 12e régiment de dragons. Cette expérience explique la gravité de plusieurs chansons futures : son pacifisme ne repose pas sur une posture abstraite, mais sur l’épreuve de la persécution, du combat et de la perte.

La rencontre avec Yves Montand

À la fin de la guerre, il adopte le nom de Francis Lemarque et chante dans les cabarets de Saint-Germain-des-Prés. Jacques Prévert le présente à Yves Montand, dont la présence scénique l’impressionne. Montand choisit plusieurs de ses compositions, parmi lesquelles À Paris, Ma douce vallée, Je vais à pied et Bal, petit bal. La collaboration se poursuit pendant de nombreuses années : Lemarque écrit près de trente chansons pour lui.

À Paris, écrite et composée en 1946 puis popularisée par Montand à partir de 1948, devient un standard international. La chanson concentre l’art de Lemarque : une mélodie immédiatement mémorisable, un vocabulaire simple et une capitale observée depuis ses quais, ses faubourgs, ses cafés et ses bals. Sans idéaliser entièrement la ville, il transforme le Paris populaire de son enfance en territoire poétique.

Plaque sur la maison natale de Francis Lemarque rue de Lappe
Plaque apposée au 51, rue de Lappe, maison natale de Francis Lemarque. Photo : Tangopaso / Wikimedia Commons, domaine public.

Un auteur populaire et engagé

Francis Lemarque s’impose également comme interprète. Sur les conseils de Jacques Canetti, il surmonte sa réserve, enregistre des disques et parcourt les cabarets, les théâtres et les scènes de province. Son répertoire alterne tendresse, humour, portraits de petites gens et chansons sociales. Le Petit Cordonnier, Marjolaine, Matilda, Les Routiers ou Le Temps du muguet rencontrent un large public et sont repris par de nombreux artistes.

En 1953, Quand un soldat, chanson pacifiste interprétée par Montand, est interdite sur la radio d’État dans le contexte de la guerre d’Indochine. L’épisode révèle la dimension politique d’un auteur resté proche de la culture communiste et des mouvements de paix, sans renoncer à la forme accessible de la chanson populaire. Son écriture évite généralement le mot d’ordre : elle passe par une histoire, une image ou un personnage ordinaire.

Du disque au cinéma

Son travail dépasse le tour de chant. Lemarque compose pour le cinéma, notamment pour Le Cave se rebiffe, Maigret voit rouge et surtout Playtime de Jacques Tati en 1967. Avec Georges Coulonges, il conçoit Paris Populi, vaste fresque musicale retraçant l’histoire de la capitale de 1789 à 1944. L’œuvre reçoit en 1973 un Grand Prix de l’Académie Charles-Cros.

En parallèle, il veille à la transmission du répertoire. Il rassemble et publie une anthologie de la chanson française et demeure attentif aux jeunes interprètes. Sa carrière, plus discrète que celle des vedettes auxquelles il fournit des succès, traverse pourtant près de sept décennies. Il conserve une place singulière : celle d’un artisan complet, capable d’écrire paroles et musique, de chanter lui-même et de composer pour la scène ou l’écran.

Francis Lemarque avec Jack Lang et Alain Meilland en 1982
Alain Meilland, Jack Lang et Francis Lemarque lors de la remise du Grand Prix national de la chanson en 1982. Photo : Paul kiujcom / Wikimedia Commons, domaine public.

Les dernières scènes

Francis Lemarque épouse Ginny Richès en 1948. Le couple a trois enfants, Danièle, Stéphane et Michel. Le chanteur poursuit longtemps son activité : retour au TLP-Déjazet en 1988, première grande affiche personnelle à l’Olympia en 1989, invitations régulières à la télévision et récitals en France comme à l’étranger. Son dernier spectacle a lieu à Viarmes le 27 janvier 2001, alors qu’il a quatre-vingt-trois ans.

Atteint d’un cancer, il meurt le 20 avril 2002 dans sa maison de La Varenne-Saint-Hilaire, à Saint-Maur-des-Fossés. Il est inhumé au Père-Lachaise, non loin d’Yves Montand. Dans le 11e arrondissement, un square portant son nom rappelle aujourd’hui son attachement au Paris des artisans, des ouvriers, des bals et des rues animées qui demeura le fil conducteur de son œuvre.

Square Francis-Lemarque dans le 11e arrondissement de Paris
Le square Francis-Lemarque dans le 11e arrondissement de Paris. Photo : Guilhem Vellut / Wikimedia Commons, CC BY 2.0.

Œuvres principales

  • À Paris (1946), popularisée par Yves Montand.
  • Bal, petit bal (1949).
  • Le Petit Cordonnier (1951).
  • Quand un soldat (1952-1953).
  • Matilda et Les Routiers (1956).
  • Marjolaine (1957).
  • Le Temps du muguet (1959).
  • Musique du film Playtime de Jacques Tati (1967).
  • Paris Populi, fresque musicale écrite avec Georges Coulonges.
  • J’ai la mémoire qui chante, autobiographie (1992).

Distinctions et récompenses

  • Plusieurs Grands Prix de l’Académie Charles-Cros, notamment en 1951, 1973, 1982 et 1989.
  • Rose d’or d’Antibes en 1965 pour Francis Lemarque rencontre Francis Carco.
  • Prix de la Sacem en 1986.
  • Croix du combattant et Croix du combattant volontaire de la Résistance.
  • Chevalier de la Légion d’honneur en 1992.