Qui est Marie Laurencin ?
Nom complet : Marie Mélanie Laurencin.
Naissance : 31 octobre 1883 (Paris, France).
Mort : 8 juin 1956 (Paris, France) à 72 ans.
Activité principale : Artiste-peintre figurative, graveuse et illustratrice.
Où se trouve la tombe de Marie Laurencin ?
La tombe de Marie Laurencin se trouve au cimetière du Père-Lachaise, dans la division 88.

Le monument funéraire de Marie Laurencin au Père-Lachaise
La sépulture de Marie Laurencin est d’une grande sobriété. Une dalle claire, légèrement inclinée, porte simplement son nom et ses dates, « Marie LAURENCIN 1883-1956 ». La concession, acquise en 1956, se trouve dans un secteur verdoyant de la division 88.
Selon ses volontés, Marie Laurencin fut inhumée vêtue de blanc, une rose à la main et les lettres d’amour de Guillaume Apollinaire posées sur son cœur. Le poète repose lui aussi au Père-Lachaise, à quelques divisions de là. Ce détail donne à cette tombe très simple une forte charge poétique et biographique.
Biographie de Marie Laurencin
Marie Laurencin naît à Paris le 31 octobre 1883 et grandit auprès de sa mère, Pauline Mélanie Laurencin. Après son baccalauréat, elle apprend la peinture sur porcelaine à Sèvres, suit les cours de dessin de la Ville de Paris puis entre à l’Académie Humbert. Elle y rencontre notamment Georges Braque et Francis Picabia. Cette formation, à la croisée des arts décoratifs et de la peinture moderne, nourrit très tôt son goût pour la ligne, les surfaces claires et les harmonies délicates.

Montmartre et l’avant-garde parisienne
En 1907, année de sa première exposition personnelle, elle rencontre Pablo Picasso et les artistes du Bateau-Lavoir. Dans ce milieu encore largement masculin, elle impose une voix singulière. Elle participe aux débats de l’avant-garde sans se laisser enfermer dans une école. Son travail emprunte d’abord au fauvisme, puis simplifie les formes au contact du cubisme, tout en conservant une sensibilité très personnelle.
La même année commence sa relation avec Guillaume Apollinaire. Le poète devient son compagnon, son critique et l’un de ses principaux soutiens jusqu’à leur séparation en 1912. Henri Rousseau les représente dans La Muse inspirant le poète. Laurencin expose au Salon des indépendants et prend part en 1912 à la Section d’Or, manifestation majeure du cubisme. Sa présence rappelle la place décisive, longtemps minorée, des femmes dans la naissance de l’art moderne.

L’exil pendant la Première Guerre mondiale
En 1914, Marie Laurencin épouse le peintre allemand Otto von Wätjen. Devenue allemande par mariage au moment où la guerre éclate, elle doit quitter la France. Le couple séjourne en Espagne, principalement à Madrid et à Barcelone, où l’artiste fréquente des écrivains et créateurs en exil. Cette période est matériellement difficile : éloignée de Paris et privée de ses marchands, elle poursuit pourtant peinture, dessin et poésie.
Après son divorce, elle retrouve la France en 1921. Ce retour ouvre la période la plus prospère de sa carrière. Son langage visuel s’affirme : silhouettes féminines élancées, visages pâles, animaux familiers et palette de roses, de bleus, de gris et de verts. Ces compositions vaporeuses, immédiatement reconnaissables, ne relèvent plus du cubisme orthodoxe mais d’un univers autonome, à la fois moderne, élégant et mélancolique.

Le succès des années 1920 et 1930
À Paris, Marie Laurencin devient une portraitiste recherchée. Elle peint des personnalités du monde artistique et mondain, parmi lesquelles Coco Chanel et Domenica Paul Guillaume. Le marchand Paul Rosenberg contribue à diffuser son œuvre auprès des collectionneurs français et étrangers. Son style décoratif séduit par son équilibre entre raffinement, distance et rêverie.
L’artiste travaille aussi pour la scène. En 1923 et 1924, elle conçoit décors et costumes des Biches, ballet de Francis Poulenc chorégraphié par Bronislava Nijinska pour les Ballets russes de Serge de Diaghilev. Elle illustre de nombreux livres, pratique la gravure et publie des poèmes. Cette diversité fait d’elle bien davantage qu’une portraitiste : elle participe pleinement au dialogue entre peinture, littérature, mode et spectacle qui caractérise le Paris de l’entre-deux-guerres.

Une artiste indépendante
Souvent présentée comme la « muse » d’Apollinaire, Marie Laurencin fut d’abord une créatrice indépendante. Dans un monde de l’art dominé par les hommes, elle construisit une carrière internationale et développa un vocabulaire pictural qui ne se confond avec aucun de ses contemporains. Ses figures féminines forment un monde presque sans hommes, où la douceur apparente s’accompagne d’une grande assurance plastique.
Pendant l’Occupation, elle reste à Paris. Après la guerre, elle continue de peindre et d’exposer, même si sa renommée connaît des fluctuations. Elle transmet aussi son savoir et conserve autour d’elle un cercle d’élèves et d’amis. Son œuvre bénéficie aujourd’hui d’une importante reconnaissance au Japon, tandis que plusieurs tableaux sont présentés en permanence au musée de l’Orangerie à Paris.

Dernières années et postérité
Marie Laurencin meurt d’un arrêt cardiaque dans son appartement du 7e arrondissement de Paris le 8 juin 1956. Ses obsèques sont célébrées à l’église Saint-Pierre-du-Gros-Caillou avant son inhumation au Père-Lachaise. Sa tombe demeure un lieu de mémoire pour les amateurs de peinture, de poésie et de l’avant-garde parisienne.
Longtemps réduite à ses liens avec Picasso, Braque ou Apollinaire, elle est désormais étudiée pour la cohérence de son parcours, son rôle dans les réseaux artistiques du début du XXe siècle et la manière dont elle façonna une représentation moderne de l’univers féminin. Sa signature chromatique et la grâce ambiguë de ses personnages continuent d’inspirer artistes, illustrateurs et créateurs de mode.

Œuvres principales de Marie Laurencin
- Apollinaire et ses amis (1909)
- La Muse inspirant le poète : participation au milieu qui inspira le tableau d’Henri Rousseau (1909)
- Le Bal élégant (1913)
- Les Biches : décors et costumes pour les Ballets russes (1923-1924)
- Portrait de Mademoiselle Chanel (1923)
- Portrait de Madame Paul Guillaume (vers 1928)
- Illustrations pour des ouvrages d’André Gide, Lewis Carroll, Marcel Jouhandeau et d’autres écrivains
Distinctions et reconnaissance
- Première exposition personnelle à Paris en 1907
- Participation au Salon des indépendants et à la Section d’Or
- Artiste représentée dans la collection Jean Walter et Paul Guillaume du musée de l’Orangerie
- Œuvre conservée dans de nombreuses collections publiques internationales
- Un musée consacré à son œuvre a été créé au Japon