Qui est Alexandre Kucharski ?
Nom complet : Aleksander Wojciech Kucharski, dit Alexandre Kucharski.
Naissance : 18 mars 1741 (Varsovie, Pologne).
Mort : 5 novembre 1819 (Paris, France) à 78 ans.
Activité principale : Peintre et portraitiste polonais.
Notoriété : Peintre de cour établi en France, dernier portraitiste de Marie-Antoinette.
Où se trouve le cénotaphe d’Alexandre Kucharski ?
Un monument à la mémoire d’Alexandre Kucharski se trouve dans la 1re division du cimetière du Père-Lachaise, avenue du Boulevard, première ligne. Le peintre ne figure toutefois pas dans le registre des entrées du cimetière : ce monument est donc un cénotaphe et non son lieu d’inhumation.

Le monument commémoratif d’Alexandre Kucharski au Père-Lachaise
Le monument familial Kucharski est surmonté d’un imposant Christ du Sacré-Cœur en bronze, debout, les mains ramenées vers la poitrine. La sculpture est signée par l’artiste franco-polonais François Black et datée de 1954. Une inscription rend hommage à « KUCHARSKI Alexandre, peintre à la cour de France, 1741-1819 ». Le monument porte également les noms du marquis Eugène Kucharski et de la marquise Yvette Kucharski, qui y sont inhumés. Son aspect actuel est donc bien postérieur à la mort du peintre.


Biographie d’Alexandre Kucharski
Aleksander Wojciech Kucharski naît le 18 mars 1741 à Varsovie, alors capitale de la république des Deux Nations. Douzième et dernier enfant d’un capitaine de l’armée du roi Auguste III, il grandit dans un milieu lié à la cour. Il devient page de Stanislas Poniatowski, futur roi Stanislas-Auguste de Pologne. Ses dispositions pour le dessin sont remarquées très tôt. Il aurait reçu une première formation auprès de Marcello Bacciarelli, peintre italien actif à Varsovie et futur organisateur de la vie artistique polonaise.
De Varsovie à l’Académie royale de Paris
Stanislas Poniatowski souhaite faire de son protégé un peintre d’histoire. Avec l’appui de Madame Geoffrin, célèbre salonnière parisienne et proche du futur souverain, Kucharski reçoit une pension qui lui permet de rejoindre la France en 1760. Il entre à l’Académie royale de peinture et de sculpture. Il travaille notamment sous la direction de Carle van Loo puis de Joseph-Marie Vien, dans un atelier que fréquente également Jacques-Louis David.

Le jeune artiste ne suit pourtant pas la voie prévue. Il préfère le portrait, genre alors moins prestigieux dans la hiérarchie académique, à la grande peinture d’histoire. Ce choix entraîne la fin de la pension royale en 1767. Rappelé en Pologne, il décide de rester à Paris et d’y construire sa carrière sans soutien officiel. Il adapte son nom aux usages français : les documents le désignent sous de nombreuses formes, notamment Kucharsky, Couaski ou Kocharsky, même s’il signe lui-même Kucharsky.
Le portraitiste de l’aristocratie
Kucharski se fait rapidement connaître dans les cercles aristocratiques de Paris et de Versailles. De 1776 à 1778, il travaille dans l’entourage des princes de Condé et devient notamment le peintre de Louise-Adélaïde de Bourbon-Condé. Il réalise des portraits à l’huile, au pastel et en miniature. Sa clientèle comprend des membres de la noblesse française et polonaise, parmi lesquels Ignacy Potocki, la princesse de Lamballe, le comte d’Artois et plusieurs dames de la cour.

Ses portraits recherchent moins l’apparat spectaculaire que la présence du modèle. Le pastel lui permet de rendre avec souplesse les carnations, les étoffes et les regards. Cette manière convient à une clientèle qui souhaite associer distinction sociale et naturel. Certaines œuvres ont été perdues, détruites ou dispersées, et plusieurs attributions demeurent discutées, ce qui explique que son catalogue soit encore difficile à établir avec précision.
Le dernier peintre de Marie-Antoinette
Après le départ en émigration d’Élisabeth Vigée Le Brun en octobre 1789, Kucharski devient le principal portraitiste de Marie-Antoinette. La reine connaît déjà son travail et lui a commandé des portraits. La Révolution transforme cependant radicalement les conditions dans lesquelles il exerce. Les effigies officielles destinées à célébrer la souveraine laissent place à des images plus intimes, réalisées dans un climat de surveillance et de danger.

En 1791, une séance de pose est interrompue par la fuite de la famille royale à Varennes. L’année suivante, Kucharski travaille encore à un portrait de la reine lorsque les événements révolutionnaires bouleversent les Tuileries. Le portrait commencé est endommagé lors de l’irruption de manifestants. L’artiste conserve néanmoins des études qui lui permettent de reprendre cette image.
Il réalise ensuite le célèbre portrait de Marie-Antoinette emprisonnée au Temple, vêtue de noir et portant le voile du deuil après la mort de Louis XVI. L’image rompt avec les fastes de Versailles : le visage amaigri et le costume austère composent une représentation devenue emblématique des derniers mois de la reine. Kucharski en exécute plusieurs versions après la Révolution. Leur diffusion dans les milieux royalistes lui apporte une partie de ses revenus durant une période difficile.

Les enfants royaux et les années de Révolution
Kucharski peint aussi les enfants de Louis XVI et de Marie-Antoinette. Son portrait du dauphin Louis-Charles, futur Louis XVII pour les royalistes, compte parmi ses œuvres les plus connues. L’enfant y apparaît avec une fraîcheur éloignée de la rigidité du portrait dynastique traditionnel. Il représente également Marie-Thérèse-Charlotte, dite Madame Royale, et Madame Élisabeth, sœur de Louis XVI.

La chute de la monarchie fait disparaître une grande partie de sa clientèle. Fidèle à la mémoire de la famille royale, l’artiste poursuit néanmoins son activité, réalisant des copies et des variantes de ses portraits. Il peint aussi des personnalités extérieures à la cour et conserve des liens avec les milieux polonais de Paris. Son œuvre traverse ainsi l’Ancien Régime, la Révolution, l’Empire et la Restauration.
La fin de vie à Sainte-Périne
Avec l’âge, Alexandre Kucharski connaît une situation matérielle fragile. Sous la Restauration, Louis XVIII lui accorde une pension civile en reconnaissance de ses services auprès de la famille royale. Il est accueilli à l’hospice Sainte-Périne de Chaillot, où il meurt le 5 novembre 1819 à 78 ans. Son lieu d’inhumation demeure inconnu. Le cénotaphe érigé plus tard au Père-Lachaise entretient sa mémoire auprès de membres postérieurs de la famille Kucharski.
Œuvres principales
- Portrait de Marie-Antoinette au Temple, connu par plusieurs versions.
- Portrait du dauphin Louis-Charles, futur Louis XVII, château de Versailles.
- Portrait de Madame Royale, Marie-Thérèse-Charlotte de France.
- Portrait d’Ignacy Potocki, Musée national de Varsovie.
- Portrait de Madame Barbier, musée du Louvre.
- Portraits de la princesse de Lamballe, du comte d’Artois et de membres de l’aristocratie française et polonaise.
Fonctions et reconnaissance
- Pensionnaire du roi de Pologne pour étudier à Paris à partir de 1760.
- Élève de l’Académie royale de peinture et de sculpture.
- Peintre dans l’entourage des princes de Condé de 1776 à 1778.
- Peintre de Marie-Antoinette à partir de 1789.
- Bénéficiaire d’une pension civile accordée par Louis XVIII sous la Restauration.