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HACHETTE Jean Nicolas Pierre

Qui est Jean-Nicolas-Pierre Hachette ?

Nom complet : Jean Nicolas Pierre Hachette.
Naissance : 6 mai 1769 (Mézières, France).
Mort : 16 janvier 1834 (Paris, France) à 64 ans.
Activité principale : Mathématicien et professeur.
Spécialité : Géométrie descriptive, mécanique et théorie des machines.

Où se trouve la tombe de Jean-Nicolas-Pierre Hachette ?

Jean-Nicolas-Pierre Hachette repose au cimetière du Père-Lachaise, division 18, au rond-point Casimir-Périer. Sa sépulture se trouve à proximité de celles de Gaspard Monge et de Charles-François-Antoine Leroy.

Plan du cimetière du Père-Lachaise, division 18
Plan du cimetière du Père-Lachaise : Jean-Nicolas-Pierre Hachette repose dans la division 18.

Le monument funéraire de Jean-Nicolas-Pierre Hachette au Père-Lachaise

Le monument se présente sous la forme d’une stèle de pierre sobre, élevée sur un soubassement et couronnée d’un fronton. Le nom de Hachette et ses liens avec l’École polytechnique et l’Académie des sciences demeurent lisibles malgré l’usure. Cette sépulture familiale abrite également son épouse, née Maugras. Sa proximité avec la tombe de Gaspard Monge rappelle le rôle déterminant de leur collaboration dans la naissance et la diffusion de la géométrie descriptive.

Tombe de Jean-Nicolas-Pierre Hachette au Père-Lachaise
Vue de la tombe de Jean-Nicolas-Pierre Hachette, division 18. Photographie : Pierre-Yves Beaudouin, Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0.
Détail du monument funéraire de Jean-Nicolas-Pierre Hachette
Le monument de Jean-Nicolas-Pierre Hachette dans un recueil ancien consacré aux sépultures du Père-Lachaise. Wikimedia Commons, domaine public.

Biographie de Jean-Nicolas-Pierre Hachette

Jean-Nicolas-Pierre Hachette naît à Mézières le 6 mai 1769. Fils d’un libraire, il étudie au collège de Charleville puis à l’université de Reims. Dans sa ville natale, où l’École royale du génie forme les ingénieurs militaires, il découvre une tradition mathématique particulièrement féconde. Les méthodes de Gaspard Monge, mises au point pour représenter avec précision les objets dans l’espace, orientent durablement sa vocation.

Portrait de Jean-Nicolas-Pierre Hachette
Portrait de Jean-Nicolas-Pierre Hachette. Wikimedia Commons, domaine public.

Des débuts à Mézières à l’enseignement de l’hydrographie

En 1788, Hachette entre comme dessinateur à l’École royale du génie de Mézières. La fermeture progressive de l’établissement pendant la Révolution l’oblige à chercher un autre poste. En 1793, il devient professeur d’hydrographie à Collioure et à Port-Vendres. Il y rédige des travaux de géométrie appliqués à la navigation qu’il adresse à Gaspard Monge, alors ministre de la Marine. Monge reconnaît ses qualités et favorise son retour à Paris.

Gaspard Monge, maître et collaborateur de Jean-Nicolas-Pierre Hachette
Gaspard Monge, maître et collaborateur de Hachette, par André Dutertre, vers 1798-1799. Musée Carnavalet, Wikimedia Commons, domaine public.

La géométrie descriptive à l’École polytechnique

À la création de l’École centrale des travaux publics, future École polytechnique, Hachette est choisi comme adjoint de Monge pour l’enseignement de la géométrie descriptive. Il participe aussi, en 1795, aux cours de l’éphémère École normale de l’an III. Sa mission consiste à transformer en discipline transmissible une méthode jusque-là liée aux pratiques des ingénieurs : projeter les volumes sur des plans, résoudre graphiquement les intersections et rendre intelligibles les formes de l’espace.

Planche de géométrie descriptive de Gaspard Monge
Planche de la Géométrie descriptive de Gaspard Monge, 1799. Wikimedia Commons, domaine public.

Nommé professeur à l’École polytechnique en 1799, Hachette y enseigne pendant près de deux décennies. Il contribue au Journal de l’École polytechnique et fonde en 1804 la Correspondance sur l’École polytechnique, publication qui diffuse problèmes, démonstrations et résultats de savants européens. Par ses cours et ses ouvrages, il prolonge l’œuvre de Monge et forme une génération où figurent notamment Siméon Denis Poisson, François Arago et Augustin Fresnel.

Armes historiques de l’École polytechnique
Armes historiques de l’École polytechnique, d’après Henri Dupray, 1887. Wikimedia Commons, domaine public.

Un savant attentif aux machines

Hachette ne limite pas ses recherches à la géométrie pure. Il étudie les mécanismes, les engrenages, les transmissions de mouvement, les machines hydrauliques et les premières machines à vapeur. Avec Agustín de Betancourt et José María de Lanz, il participe à une classification raisonnée des machines fondée sur la transformation des mouvements. Cette approche, qui relie représentation géométrique et fonctionnement mécanique, annonce l’enseignement moderne de la technologie industrielle.

Machine à vapeur de James Watt étudiée au XIXe siècle
Machine à vapeur de James Watt, gravure publiée en 1822. Library of Congress, Wikimedia Commons, domaine public.

La reconnaissance académique

Après la chute de l’Empire, la réorganisation de l’École polytechnique en 1816 écarte Hachette de l’établissement. Il poursuit néanmoins son enseignement à la faculté des sciences de Paris et publie plusieurs synthèses majeures. Élu à l’Académie des sciences en 1831, la même année où il reçoit la Légion d’honneur, il voit ainsi reconnue une œuvre consacrée à la formation scientifique, à la géométrie descriptive et aux applications de la mécanique.

Jean-Nicolas-Pierre Hachette meurt à Paris le 16 janvier 1834. Son nom reste associé à la consolidation de la géométrie descriptive après Monge et à son intégration durable dans l’enseignement des ingénieurs, des architectes et des techniciens.

Œuvres principales de Jean-Nicolas-Pierre Hachette

  • Collection des épures de géométrie (1795, puis 1817).
  • Essai sur la composition des machines, avec José María de Lanz et Agustín de Betancourt (1808).
  • Traité élémentaire des machines (1811).
  • Application de l’algèbre à la géométrie, avec Gaspard Monge (1813).
  • Éléments de géométrie à trois dimensions (1817).
  • Applications de géométrie descriptive (1817).
  • Traité de géométrie descriptive (1821).
  • Histoire des machines à vapeur (1830).
  • Correspondance sur l’École polytechnique (1804-1816).

Distinctions et hommages

  • Élu membre de l’Académie des sciences en 1831.
  • Nommé chevalier de la Légion d’honneur en 1831.
  • Professeur à l’École polytechnique et à la faculté des sciences de Paris.
  • Une rue Hachette, dans le 13e arrondissement de Paris, perpétue son nom.