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GIRARDOT Annie

Qui est Annie Girardot ?

Nom complet : Annie Suzanne Girardot.
Naissance : 25 octobre 1931 (Paris, France).
Mort : 28 février 2011 (Paris, France) à 79 ans.
Activité principale : actrice de théâtre, de cinéma et de télévision.
Notoriété : l’une des comédiennes françaises les plus populaires de la seconde moitié du XXe siècle, récompensée par trois César et un Molière.

Où se trouve la tombe d’Annie Girardot ?

La tombe d’Annie Girardot se trouve dans la 49e division du cimetière du Père-Lachaise, section 2, chemin de la Cave. Elle y repose auprès de sa mère, Raymonde Girardot.

Plan du cimetière du Père-Lachaise indiquant la division 49
Plan du cimetière du Père-Lachaise : la tombe d’Annie Girardot se situe dans la division 49.

Le monument funéraire d’Annie Girardot au Père-Lachaise

La sépulture d’Annie Girardot est une tombe familiale sobre. Elle avait été acquise pour sa mère, la sage-femme Raymonde Girardot, morte en 1989. L’inscription « À notre mère Raymonde Girardot 1902-1989 » rappelle ce premier hommage. Après ses obsèques en 2011, la comédienne y a été inhumée à son tour.

Le monument, composé d’une dalle et d’une stèle de pierre, porte le nom d’Annie Girardot en lettres claires. Une photographie de l’actrice accompagne les inscriptions.

Tombe d’Annie Girardot au Père-Lachaise
Tombe d’Annie Girardot dans la division 49, peu après son inhumation. Photo : Maya-Anaïs Yataghène / Wikimedia Commons, CC BY 2.0.
Inscriptions et hommages sur la tombe d’Annie Girardot
Vue rapprochée de la sépulture et des hommages déposés pour Annie Girardot. Photo : Maya-Anaïs Yataghène / Wikimedia Commons, CC BY 2.0.
Tombe achevée d’Annie Girardot au Père-Lachaise en 2019
La sépulture achevée d’Annie Girardot, avec sa stèle et son portrait, en 2019. Photo : ManoSolo13241324 / Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0.
Vue récente de la tombe d’Annie Girardot en 2024
Vue récente de la tombe d’Annie Girardot dans la division 49, en 2024. Photo : ManoSolo13241324 / Wikimedia Commons, CC0.

Biographie d’Annie Girardot

Une enfance parisienne auprès de sa mère

Annie Suzanne Girardot naît le 25 octobre 1931 dans le 10e arrondissement de Paris. Elle grandit surtout auprès de sa mère, Raymonde, sage-femme, dans un milieu éloigné du théâtre et du cinéma. La guerre marque son enfance, mais la jeune fille développe très tôt un goût pour le jeu et l’expression. Avant d’embrasser la scène, elle entreprend une formation d’infirmière à Caen, suivant un temps la voie maternelle.

Son désir de devenir comédienne s’impose pourtant. Elle suit d’abord les cours d’art dramatique de la rue Blanche, puis entre au Conservatoire national supérieur d’art dramatique de Paris. Élève énergique et travailleuse, elle obtient en 1954 deux premiers prix, en comédie classique et en comédie moderne. Le soir, malgré l’interdiction faite aux élèves de se produire à l’extérieur, elle joue au cabaret sous le pseudonyme d’Anne Girard.

Annie Girardot au début des années 1960
Annie Girardot au début de sa carrière cinématographique, vers 1960. Wikimedia Commons, domaine public.

La Comédie-Française et le choix de la liberté

À sa sortie du Conservatoire, Annie Girardot est engagée à la Comédie-Française. Elle y interprète notamment des œuvres de Molière, Marivaux et Jean Cocteau. Dans La Machine à écrire, Cocteau lui confie un rôle majeur aux côtés de Robert Hirsch. Son tempérament, sa voix grave et sa faculté à passer du comique à la douleur attirent rapidement l’attention. La Maison lui propose de devenir sociétaire.

Elle refuse cependant de s’enfermer dans une carrière toute tracée. Attirée par le cinéma et désireuse de choisir ses rôles, elle quitte la Comédie-Française en 1957. Cette décision est risquée : le statut de sociétaire lui aurait offert sécurité et prestige. Elle ouvre pourtant une période décisive, durant laquelle le cinéma français et italien révèle une interprète capable d’une présence physique très directe.

Visconti, Rocco et ses frères et les années italiennes

Après plusieurs films français, dont Maigret tend un piège de Jean Delannoy, Annie Girardot rencontre Luchino Visconti. Le metteur en scène l’engage au théâtre dans Deux sur la balançoire, puis lui confie le rôle de Nadia dans Rocco et ses frères en 1960. Prostituée indépendante prise entre deux frères, Nadia est un personnage tragique d’une rare intensité. Le film impose Girardot sur la scène internationale.

Annie Girardot pendant le tournage de Rocco et ses frères
Annie Girardot pendant le tournage de Rocco et ses frères de Luchino Visconti, en 1960. Wikimedia Commons, domaine public.

Le tournage change aussi sa vie personnelle. Elle rencontre l’acteur italien Renato Salvatori, interprète de Simone. Ils se marient en 1962 et ont une fille, Giulia. Leur relation, passionnée puis difficile, se déroule entre la France et l’Italie. Girardot tourne avec des cinéastes italiens tels que Marco Ferreri, notamment dans Le Mari de la femme à barbe, où elle livre une composition audacieuse et dérangeante.

Annie Girardot et Renato Salvatori à Rome en 1974
Annie Girardot avec son époux Renato Salvatori à Rome en 1974. Wikimedia Commons, domaine public.

Une actrice populaire au cœur des années 1970

De retour au premier plan en France, Annie Girardot devient l’un des visages les plus familiers du cinéma. Claude Lelouch lui confie Vivre pour vivre en 1967. Avec Mourir d’aimer d’André Cayatte, en 1971, elle incarne une enseignante condamnée pour sa relation avec un élève. Inspiré d’une affaire réelle, le film attire des millions de spectateurs et fait de son personnage un symbole des débats sur la morale, l’autorité et la liberté.

Portrait d’Annie Girardot à Rome en 1970
Annie Girardot chez elle à Rome en 1970. Wikimedia Commons, domaine public.

Sa popularité tient à une qualité singulière : elle paraît à la fois exceptionnelle et proche du public. Les scénarios lui proposent des femmes actives, confrontées au travail, au couple, à l’argent, à la solitude ou à la maladie. Elle peut être médecin dans Docteur Françoise Gailland, conductrice de taxi dans La Zizanie, policière, avocate, mère épuisée ou femme seule dans La Vieille Fille. Elle refuse la distinction entre drame noble et comédie populaire.

Annie Girardot à Rome en 1974
Annie Girardot lors d’une séance photographique à Rome en 1974. Wikimedia Commons, domaine public.

Dans Docteur Françoise Gailland de Jean-Louis Bertucelli, elle joue une praticienne brillante dont la vie personnelle se fissure lorsqu’elle apprend qu’elle est atteinte d’un cancer. La justesse de son interprétation lui vaut en 1977 le premier César de la meilleure actrice. La même année, elle reçoit aussi un David di Donatello en Italie. Son succès au box-office est alors immense.

Théâtre, chansons et prises de risque

Girardot n’abandonne jamais complètement la scène. Elle joue des auteurs contemporains, participe à des spectacles musicaux et enregistre des chansons. Son engagement physique et sa diction donnent à ses apparitions théâtrales une tension particulière. Mais certains projets personnels, notamment des spectacles ambitieux produits à grands frais, connaissent des difficultés économiques. Elle traverse alors des années plus fragiles, aggravées par des choix professionnels inégaux.

Dans les années 1980, les rôles importants se raréfient. L’actrice, autrefois omniprésente, souffre d’être moins sollicitée. Elle continue pourtant à tourner pour le cinéma et la télévision, et trouve au théâtre des personnages qui lui permettent de renouer avec le public. Sa franchise sur les périodes de doute et de précarité contribue à renforcer le lien affectif qui l’unit aux spectateurs.

Annie Girardot au Festival de Cannes
Annie Girardot au Festival de Cannes. Wikimedia Commons, licence libre indiquée sur la page du fichier.

Le retour et l’émotion des César

Claude Lelouch lui offre un retour marquant avec Les Misérables en 1995. Son interprétation lui vaut le César de la meilleure actrice dans un second rôle en 1996. Sur la scène de la cérémonie, bouleversée, elle évoque les années durant lesquelles le cinéma français l’a laissée de côté. Ce moment, devenu célèbre, ne relève pas seulement de la revanche professionnelle : il révèle publiquement la vulnérabilité d’une actrice longtemps perçue comme indestructible.

Annie Girardot lors de la cérémonie des César 1996
Annie Girardot à la cérémonie des César de 1996, année de sa récompense pour Les Misérables. Wikimedia Commons, licence libre indiquée sur la page du fichier.

Elle enchaîne ensuite de nouveaux rôles. Michael Haneke la dirige dans La Pianiste, présenté à Cannes en 2001. Dans le rôle de la mère possessive du personnage joué par Isabelle Huppert, Girardot compose une figure dure, étouffante et pourtant profondément humaine. Elle reçoit en 2002 un troisième César, toujours comme second rôle. La même année, le théâtre la couronne d’un Molière de la comédienne pour Madame Marguerite.

Annie Girardot à l’Art Film Fest en 1998
Annie Girardot à l’Art Film Fest en 1998. Photo diffusée sur Wikimedia Commons sous licence libre.

La maladie et les dernières apparitions

Au début des années 2000, ses proches constatent des troubles de mémoire. La maladie d’Alzheimer est diagnostiquée. Sa fille Giulia Salvatori choisit de rendre la situation publique afin de sensibiliser à la maladie, tout en protégeant sa mère. Le documentaire Ainsi va la vie, réalisé par Nicolas Baulieu, suit avec retenue cette période et montre la comédienne confrontée à l’effacement progressif de ses repères.

Annie Girardot tourne encore quelques films et téléfilms, parfois avec l’aide de son entourage. Ses dernières apparitions portent une émotion particulière, mais elles ne doivent pas réduire sa carrière à la maladie. Pendant plus d’un demi-siècle, elle a exploré tous les registres : tragédie, comédie, théâtre classique, cinéma d’auteur, succès populaire et télévision.

Annie Girardot lors d’une cérémonie des César
Portrait d’Annie Girardot lors d’une cérémonie des César. Wikimedia Commons, licence libre indiquée sur la page du fichier.

Elle meurt à Paris le 28 février 2011, à 79 ans. Une cérémonie religieuse est célébrée en l’église Saint-Roch, paroisse parisienne des artistes, en présence de sa famille, de nombreux comédiens et d’un public venu lui rendre hommage. Elle est ensuite inhumée au Père-Lachaise auprès de sa mère. Ses trois César, son Molière et ses innombrables succès ne suffisent pas à expliquer la permanence de son souvenir : celle-ci tient aussi à une manière de jouer sans distance, en exposant à l’écran la force, la colère, l’humour et la fragilité.

Films et rôles principaux

  • Maigret tend un piège de Jean Delannoy (1958).
  • Rocco et ses frères de Luchino Visconti (1960).
  • Le Mari de la femme à barbe de Marco Ferreri (1964).
  • Vivre pour vivre de Claude Lelouch (1967).
  • Mourir d’aimer d’André Cayatte (1971).
  • La Vieille Fille de Jean-Pierre Blanc (1972).
  • Docteur Françoise Gailland de Jean-Louis Bertucelli (1976).
  • La Zizanie de Claude Zidi (1978).
  • Les Misérables de Claude Lelouch (1995).
  • La Pianiste de Michael Haneke (2001).

Distinctions et récompenses

  • Coupe Volpi de la meilleure interprétation féminine à la Mostra de Venise (1965).
  • César de la meilleure actrice pour Docteur Françoise Gailland (1977).
  • David di Donatello de la meilleure actrice étrangère (1977).
  • César de la meilleure actrice dans un second rôle pour Les Misérables (1996).
  • Chevalière de la Légion d’honneur (1999).
  • César de la meilleure actrice dans un second rôle pour La Pianiste (2002).
  • Molière de la comédienne pour Madame Marguerite (2002).