Qui est Charles-Léon Delescluze ?
Date de naissance : 2 octobre 1809 (Dreux, Eure-et-Loir, France).
Date du décès : 25 mai 1871 (Paris, France), à 61 ans.
Activité principale : Journaliste, homme politique et révolutionnaire républicain.
Nom de naissance : Louis Charles Delescluze.
Où se trouve la tombe de Charles-Léon Delescluze ?
Charles Delescluze repose au cimetière du Père-Lachaise, division 49, près du chemin Casimir-Delavigne.

Le monument funéraire de Charles-Léon Delescluze au Père-Lachaise
La tombe de Delescluze est une sépulture de pierre sobre, portant son nom et les dates de sa vie. Elle ne correspond pas à une inhumation immédiatement organisée après sa mort : tombé sur une barricade pendant la Semaine sanglante, il fut longtemps absent de la mémoire officielle. La sépulture, installée en division 49, est aujourd’hui l’un des lieux de recueillement consacrés aux figures de la Commune de Paris.

Biographie de Charles-Léon Delescluze
Un républicain formé sous la monarchie de Juillet
Né à Dreux le 2 octobre 1809, Louis Charles Delescluze suit des études de droit à Paris. Très tôt, il choisit le camp républicain. Il participe aux journées de Juillet 1830, puis fréquente les sociétés politiques qui refusent la monarchie de Louis-Philippe. Son tempérament se révèle dans le journalisme : pour lui, le journal est une arme civique, un moyen de soutenir le suffrage universel, les libertés publiques et une République sociale.
La répression frappe rapidement ces militants. En 1836, Delescluze doit s’exiler en Belgique. Il y poursuit ses activités de publiciste, avant de revenir en France et de s’établir à Valenciennes. Cette première expérience de l’exil fixe un trait durable de sa vie : il accepte les conséquences pénales de son engagement sans renoncer à écrire ni à organiser l’opposition républicaine.

1848, la presse radicale et les condamnations
La révolution de Février 1848 lui offre une brève période d’action ouverte. À Paris, il fonde La Révolution démocratique et sociale et participe à la Solidarité républicaine, réseau qui rassemble démocrates radicaux et socialistes. Il défend les insurgés de Juin et attaque la politique du général Cavaignac. Les poursuites se succèdent : une première condamnation le mène en prison en 1849 ; une nouvelle peine prononcée en 1850 le contraint à repartir en Angleterre.
Revenu clandestinement à Paris en 1853, il est arrêté. Le Second Empire le condamne à l’emprisonnement puis à la déportation. Sainte-Pélagie, Belle-Île, Corte et enfin la Guyane jalonnent ce parcours. Envoyé à Cayenne puis à l’île du Diable, Delescluze connaît une détention qui ruine sa santé. L’amnistie de 1859 lui permet de rentrer en France l’année suivante.

Le Réveil et la dernière opposition au Second Empire
Affaibli mais non désarmé, Delescluze relance le combat par la presse. En 1868, il fonde Le Réveil, journal de la démocratie des deux mondes, bientôt proche de la Première Internationale. Le titre devient quotidien en 1869 et l’un des organes les plus actifs de l’opposition républicaine et socialiste. Ses campagnes lui valent encore des procès, des amendes et la prison.
La souscription lancée pour honorer le député Jean-Baptiste Baudin, mort en s’opposant au coup d’État du 2 décembre 1851, donne lieu à une affaire retentissante. Delescluze est condamné, mais la plaidoirie de son avocat Léon Gambetta marque l’opinion républicaine. En 1869, il publie De Paris à Cayenne, journal d’un transporté, témoignage de la déportation politique sous l’Empire.

La Commune de Paris
Après la chute de Napoléon III en septembre 1870, Delescluze revient à Paris et reprend Le Réveil. Pendant le siège, il devient maire du 19e arrondissement puis démissionne, hostile à l’armistice et au gouvernement de la Défense nationale. Élu à l’Assemblée nationale en février 1871, il choisit bientôt la Commune, pour laquelle il est élu le 26 mars dans les 11e et 19e arrondissements.
À la Commune, il siège dans plusieurs commissions et entre au Comité de salut public. Le 11 mai 1871, malgré son absence d’expérience militaire, il devient délégué civil à la Guerre. Les forces versaillaises progressent déjà dans Paris. Cette responsabilité le place au centre de la défense désespérée de la capitale lors de la Semaine sanglante.

La mort sur la barricade et la mémoire
Le 25 mai 1871, Delescluze se rend, sans arme, à une barricade de la place du Château-d’Eau, aujourd’hui place de la République. Il porte son écharpe de délégué et s’expose volontairement au feu des troupes versaillaises. Il est tué presque immédiatement. Ce geste, longtemps raconté comme celui d’un homme épuisé qui refusait la fuite, fait de lui l’une des figures les plus mémorables de la fin de la Commune.
Sa tombe du Père-Lachaise prend ainsi une valeur symbolique particulière : elle rapproche la mémoire d’un communard de ce cimetière où se déroulent, quelques jours après sa mort, les derniers combats de la Commune. La rue Charles-Delescluze, dans le 11e arrondissement de Paris, porte également son nom.

Œuvres principales
- La Révolution démocratique et sociale, journal fondé en 1848.
- Le Réveil : journal de la démocratie des deux mondes, fondé en 1868.
- De Paris à Cayenne, journal d’un transporté, 1869.
Distinctions et repères
- Participant aux révolutions de 1830 et de 1848.
- Déporté politique en Guyane sous le Second Empire.
- Élu membre de la Commune de Paris le 26 mars 1871.
- Délégué civil à la Guerre de la Commune en mai 1871.
- Mort sur la barricade de la place du Château-d’Eau le 25 mai 1871.