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CONTAT Louise (marquise de Parny)

Qui est Louise Contat ?

Date de naissance : 16 juin 1760 (Paris, France).
Date du décès : 9 mars 1813 (Paris, France), à 52 ans.
Activité principale : Comédienne, sociétaire de la Comédie-Française.
Nom de naissance : Louise-Jeanne-Françoise Contat.

Où se trouve la tombe de Louise Contat ?

Louise Contat repose au cimetière du Père-Lachaise, dans la division 20.

Plan des divisions du cimetière du Père-Lachaise
Plan des divisions du cimetière du Père-Lachaise : repérez la division 20.

Le monument funéraire de Louise Contat au Père-Lachaise

La sépulture de Louise Contat se présente comme un monument de pierre sobre, élevé dans la division 20. Son inscription rappelle l’identité de la comédienne et le nom sous lequel elle fut connue dans ses dernières années : la marquise de Parny. À l’écart des grands monuments spectaculaires du cimetière, cette tombe conserve la mémoire d’une artiste qui fut pourtant l’une des figures les plus applaudies de la Comédie-Française à la charnière des XVIIIe et XIXe siècles.

Tombe de Louise Contat au Père-Lachaise, division 20
La tombe de Louise Contat, dite marquise de Parny, dans la division 20. Photo : Wikimedia Commons, licence libre.
Détail du monument funéraire de Louise Contat au Père-Lachaise
Détail du monument funéraire de Louise Contat au Père-Lachaise. Photo : Wikimedia Commons, licence libre.

Biographie de Louise Contat

Louise-Jeanne-Françoise Contat appartient à cette génération de comédiennes dont le nom est resté associé à la Comédie-Française, alors que le monde du théâtre traverse les dernières années de l’Ancien Régime, la Révolution puis l’Empire. Elle n’est pas seulement une interprète admirée : son parcours donne à voir un métier fait d’apprentissage, de discipline collective et de présence publique. Dans les souvenirs de ses contemporains comme dans l’histoire de la troupe, elle demeure l’une des grandes actrices de l’emploi des ingénues et des femmes d’esprit, capable de faire entendre aussi bien Marivaux, Molière que Beaumarchais.

Sa carrière, commencée très jeune, se déroule presque entièrement sous le signe de la Maison de Molière. Elle y acquiert une réputation de grâce et de netteté dans la diction, mais aussi d’intelligence scénique : le public vient voir une personnalité, une façon de faire vivre les rôles, et non une simple récitation. À la fin de sa vie, son mariage lui vaut le titre de marquise de Parny ; il ne doit pas faire oublier le nom sous lequel Paris l’avait célébrée pendant plus de trente ans : Mlle Contat.

Portrait de Louise Contat, sociétaire de la Comédie-Française
Portrait de Louise Contat, sociétaire de la Comédie-Française, conservé au musée Carnavalet. Auteur anonyme, Paris Musées / Wikimedia Commons, CC0.

Une enfance parisienne et la formation auprès de Mme Préville

Née à Paris le 16 juin 1760, Louise Contat grandit dans une capitale où le théâtre occupe une place centrale dans la vie intellectuelle et mondaine. La Comédie-Française est alors une institution prestigieuse, dotée de ses usages et de ses hiérarchies. Y entrer ne garantit rien : il faut y apprendre l’art du vers, le geste, la tenue, la voix et le rapport très direct au public. Louise est formée auprès de la comédienne Préville, enseignante attentive dont l’expérience lui transmet les règles concrètes du jeu et l’importance de la simplicité. Cette formation explique l’aisance qui sera bientôt remarquée chez la jeune actrice.

Elle a aussi une sœur cadette, Marie-Émilie Contat, qui deviendra à son tour comédienne de la Comédie-Française. Cette proximité familiale ne résume pas leur destinée, mais elle rappelle combien l’apprentissage du théâtre s’inscrit alors dans des réseaux de scène, de transmission et de sociabilité. Le métier se pratique avec une troupe : on observe les aînés, on répète, on remplace, on découvre peu à peu les emplois auxquels sa voix et son physique semblent destiner. Chez Louise Contat, la vivacité et l’élégance favorisent d’abord les rôles de jeune première.

Portrait gravé de Louise Contat
Portrait gravé de Louise Contat. Deveria del., Tavernier sculp., via Wikimedia Commons.

Une sociétaire de la Comédie-Française

Louise Contat entre à la Comédie-Française en 1776. Elle devient sociétaire dès l’année suivante, une reconnaissance particulièrement rapide qui l’associe pleinement à la vie de la troupe. Le statut de sociétaire n’est pas une décoration : il implique une part dans la gestion et dans les recettes, mais aussi une responsabilité artistique durable. La jeune femme se trouve ainsi placée dans un répertoire immense, au contact de comédiens et de comédiennes expérimentés, tandis que l’institution doit sans cesse renouveler son public.

Ses débuts s’inscrivent dans l’emploi des ingénues, ces jeunes femmes que la comédie place au cœur des intrigues amoureuses. Avec le temps, elle aborde les amoureuses, les grandes coquettes et les jeunes mères. Cette évolution, très codifiée dans le théâtre de l’époque, témoigne de la confiance de la troupe envers son jugement et sa maturité. Les critiques retiennent chez elle une aisance qui évite l’affectation : sa présence paraît naturelle, sa parole est précise, son jeu sait rendre l’ironie sans la souligner lourdement.

Louise Contat, actrice de la Comédie-Française
Louise Contat, de la Comédie-Française. Estampe conservée au British Museum, via Wikimedia Commons.

Suzanne du Mariage de Figaro, un rôle décisif

Le rôle le plus célèbre de Louise Contat reste Suzanne dans Le Mariage de Figaro de Beaumarchais. Lors de la création de la pièce en 1784, elle incarne la suivante de la comtesse Almaviva, femme de chambre alerte et lucide qui déjoue les manœuvres du comte. Suzanne n’est pas une ingénue passive : elle conduit une grande part de l’action, observe les rapports de pouvoir et répond avec une intelligence pratique à ceux qui veulent disposer d’elle. La pièce, longtemps surveillée avant d’être autorisée, devient un événement social autant que théâtral.

Le succès du personnage tient à l’écriture de Beaumarchais, mais aussi à l’interprétation. Louise Contat donne à Suzanne une vivacité sans vulgarité et une fermeté qui ne la réduit jamais à un emploi comique. Le public reconnaît en elle une femme qui comprend la situation avant les autres et sait tirer parti des circonstances. Cette création fixe durablement son image dans la mémoire théâtrale. Elle illustre aussi ce que le théâtre peut produire à la veille de la Révolution : une comédie de mœurs capable de divertir tout en faisant entendre les tensions de son temps.

Costume de Louise Contat dans Madame de Sévigné en 1805
Costume de Louise Contat dans Madame de Sévigné, comédie de Jean-Nicolas Bouilly, à la Comédie-Française en 1805. Bibliothèque nationale de France / Wikimedia Commons.

Molière, Marivaux et l’art de la comédie

Réduire Louise Contat à Suzanne serait pourtant manquer l’étendue de son répertoire. Elle joue des personnages de Molière tels que Célimène dans Le Misanthrope, Elmire dans Tartuffe et Philaminte dans Les Femmes savantes. Ces rôles requièrent des registres différents : la séduction mondaine de Célimène, le calme combatif d’Elmire, la vanité savante de Philaminte. Ils demandent surtout une maîtrise exacte du vers et du rythme de la scène, car la comédie classique vit de nuances que le public parisien connaît souvent par cœur.

Elle est également la première Araminte des Fausses Confidences de Marivaux lors de la reprise de 1793. Araminte, veuve riche et lucide, est l’un des grands personnages féminins du théâtre marivaudien : elle se laisse peu à peu toucher par Dorante tout en demeurant attentive aux stratégies qui l’entourent. Cette rencontre avec Marivaux convient particulièrement à Contat. Son talent repose sur l’écoute, sur la manière de faire apparaître un trouble ou une décision dans le mouvement même de la parole. La critique peut y admirer une actrice capable de transformer la virtuosité verbale en émotion lisible.

La période révolutionnaire bouleverse l’existence de la Comédie-Française. La troupe est dispersée, les salles et les appellations changent, les artistes doivent composer avec les événements politiques. Louise Contat continue néanmoins de travailler et participe à la continuité d’un répertoire dont les institutions sont alors fragilisées. Son importance ne se mesure donc pas seulement au nombre de ses rôles : elle appartient aux interprètes qui maintiennent vivant un certain art de la comédie française au milieu des ruptures de l’histoire.

Lettre autographe signée de Louise Contat
Lettre autographe signée de Louise Contat, témoignage matériel de son activité. Bibliothèque nationale de France / Gallica, via Wikimedia Commons.

Vie privée, mariage et dernières années

La célébrité de Louise Contat attire très tôt les regards sur sa vie privée, comme c’est fréquemment le cas pour les actrices de son temps. Il convient pourtant de distinguer la rumeur mondaine de ce qui est établi par les sources. Son parcours public est d’abord celui d’une professionnelle de la scène, tenue par les répétitions, les représentations et les obligations d’une société de comédiens. Ses années de maturité sont marquées par une autorité artistique reconnue, à la fois auprès du public et de ses partenaires.

En 1809, l’année même de sa retraite, elle épouse un neveu du poète Évariste de Parny. Elle prend alors le nom et le titre de marquise de Parny, qui figure sur sa sépulture. Après plus de trois décennies attachées à la Maison de Molière, ce retrait ferme un chapitre considérable de la vie théâtrale parisienne. Louise Contat meurt à Paris le 9 mars 1813. Elle n’a que cinquante-deux ans, mais sa carrière, commencée dans les dernières années de l’Ancien Régime, a traversé des transformations politiques et artistiques exceptionnelles.

Son souvenir reste lié à une tradition d’interprétation qui ne sépare pas la légèreté de l’intelligence. À travers Suzanne, Célimène, Elmire ou Araminte, elle a donné un visage à des héroïnes dont l’esprit est une force d’action. Sa tombe du Père-Lachaise invite ainsi à redécouvrir une actrice parfois éclipsée par les grands auteurs qu’elle servit, mais essentielle à la transmission concrète de leurs œuvres sur la scène française.

Œuvres et rôles principaux

  • Suzanne, dans Le Mariage de Figaro de Beaumarchais (création de 1784).
  • Célimène, dans Le Misanthrope de Molière.
  • Elmire, dans Tartuffe de Molière.
  • Philaminte, dans Les Femmes savantes de Molière.
  • Araminte, dans Les Fausses Confidences de Marivaux (reprise de 1793).
  • Madame de Sévigné, dans la comédie éponyme de Jean-Nicolas Bouilly (1805).

Distinctions et fonctions

  • Entrée à la Comédie-Française en 1776.
  • Sociétaire de la Comédie-Française à partir de 1777.
  • Retrait de la scène en 1809.
  • Figure majeure des emplois d’ingénues, d’amoureuses et de grandes coquettes de la Comédie-Française.