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CONSTANT Benjamin

Qui est Benjamin Constant ?

Date de naissance : 25 octobre 1767 (Lausanne, Suisse).
Date du décès : 8 décembre 1830 (Paris, France), à 63 ans.
Activité principale : Homme politique, écrivain, journaliste et théoricien libéral.
Nom de naissance : Henri-Benjamin Constant de Rebecque.

Où se trouve la tombe de Benjamin Constant ?

La tombe de Benjamin Constant se trouve au cimetière du Père-Lachaise, dans la division 29.

Plan des divisions du cimetière du Père-Lachaise
Plan des divisions du cimetière du Père-Lachaise : repérez la division 29.

Le monument funéraire de Benjamin Constant au Père-Lachaise

La sépulture de Benjamin Constant, dans la division 29, est inscrite au titre des monuments historiques. Son monument, simple et lisible, rappelle celui qui fut l’un des grands défenseurs des libertés politiques au début du XIXe siècle.

Tombe de Benjamin Constant au Père-Lachaise
Tombe de Benjamin Constant, division 29. Wikimedia Commons.
Vue de la sépulture de Benjamin Constant
Vue de la sépulture de Benjamin Constant. Wikimedia Commons.

Biographie de Benjamin Constant

Benjamin Constant est une figure majeure du libéralisme européen. Né suisse, devenu français, il fut à la fois un romancier d’une lucidité douloureuse, un journaliste combatif et l’un des plus brillants orateurs de la Chambre des députés. Sa pensée cherche à protéger la liberté individuelle contre l’arbitraire de l’État, quelle que soit sa forme : révolutionnaire, impériale ou monarchique.

Une enfance instable, une formation européenne

Henri-Benjamin Constant de Rebecque naît à Lausanne le 25 octobre 1767. Sa mère meurt peu après sa naissance ; son père, officier, est souvent absent. Élevé par des précepteurs, il étudie successivement aux Pays-Bas, en Allemagne, en Écosse et en Angleterre. Cette circulation précoce entre les pays et les langues explique son regard comparatif sur les institutions. Il se méfie des systèmes fermés et regarde volontiers vers l’Angleterre pour penser l’équilibre entre le gouvernement, le Parlement et les droits des citoyens.

Portrait de Benjamin Constant
Benjamin Constant de Rebecque, portrait de Lina Vallier. Domaine public, Wikimedia Commons.

Madame de Staël et le groupe de Coppet

La rencontre avec Germaine de Staël, en 1794, détermine sa vie intellectuelle comme sa vie affective. Leur relation, intense et intermittente, se déroule entre Paris, la Suisse et le château de Coppet. Ils s’aiment, se séparent, se retrouvent ; ils écrivent, voyagent et débattent sans cesse. Constant devient l’un des proches de ce cercle cosmopolite qui défend la liberté, la littérature et l’ouverture européenne contre l’autoritarisme napoléonien.

Cette relation n’efface pas ses autres liaisons, ni son mariage avec Charlotte de Hardenberg. Elle nourrit en revanche son œuvre : dans Adolphe, publié en 1816, il observe avec une précision cruelle les hésitations du désir, la culpabilité et l’impossibilité de rompre. Le roman ne doit pas être réduit à un simple récit à clefs, mais l’expérience personnelle de Constant en donne la matière émotionnelle.

La liberté des modernes

Engagé dans la Révolution puis membre du Tribunat sous le Consulat, Constant s’oppose rapidement à Bonaparte. Il refuse qu’un pouvoir fort se présente comme l’aboutissement naturel de la Révolution. Dans ses Principes de politique et dans son célèbre discours sur De la liberté des Anciens comparée à celle des Modernes, il explique que les sociétés modernes ne peuvent plus vivre comme les cités antiques : les citoyens ont besoin de droits garantis, de vie privée, de liberté d’expression et de contrôle parlementaire.

Cette distinction reste féconde. La liberté n’est pas seulement le droit de participer à la décision collective ; elle est aussi le droit de ne pas être constamment absorbé par elle. Constant critique donc aussi bien le despotisme impérial que les dérives d’une souveraineté populaire sans limites. Son projet est celui d’une monarchie constitutionnelle où le pouvoir royal arbitre sans gouverner directement, tandis que les ministres répondent devant les représentants de la nation.

Portrait de Benjamin Constant par Hercule de Roche
Benjamin Constant, portrait du XIXe siècle. Domaine public, via Wikimedia Commons.

De Napoléon aux libéraux

Le parcours politique de Constant est complexe. Opposant de Napoléon, il accepte pourtant de rédiger en 1815 l’Acte additionnel aux constitutions de l’Empire pendant les Cent-Jours. Il espère alors limiter le pouvoir impérial par une charte. Après Waterloo, il revient progressivement dans la vie publique. Élu député en 1819, il devient l’un des chefs de l’opposition libérale sous la Restauration, combattant la censure et la restriction du suffrage.

Ses discours font de lui l’un des orateurs les plus écoutés de la Chambre. Il défend le parlementarisme et le gouvernement représentatif contre Charles X. En 1830, il soutient la monarchie de Juillet de Louis-Philippe, qu’il espère plus respectueuse des libertés. Épuisé et endetté, il meurt à Paris le 8 décembre 1830. Sa mort est suivie d’obsèques très populaires.

Un écrivain politique et intime

La postérité de Constant repose autant sur l’écrivain que sur le député. Adolphe est l’un des grands romans d’analyse psychologique du XIXe siècle. Ses textes sur la religion, publiés sur plusieurs années, cherchent à comprendre l’évolution du sentiment religieux sans laisser l’État imposer une croyance. Chez Constant, l’indépendance de conscience est une liberté aussi essentielle que l’indépendance politique.

La tombe du Père-Lachaise rappelle ainsi un homme dont la vie privée fut tumultueuse et dont la pensée resta fixée sur une exigence simple : nul pouvoir ne doit disposer sans limite de la conscience, de la parole ou de l’existence des individus.

Œuvres principales

  • Adolphe, 1816.
  • Principes de politique applicables à tous les gouvernements, 1815.
  • De la liberté des Anciens comparée à celle des Modernes, 1819.
  • De la religion considérée dans sa source, ses formes et ses développements, 1824-1831.
  • Le Cahier rouge, autobiographie publiée à titre posthume.

Distinctions et fonctions

  • Membre du Tribunat, 1799-1802.
  • Membre du Conseil d’État pendant les Cent-Jours, 1815.
  • Député de la Sarthe, de la Seine puis du Bas-Rhin, 1819-1830.
  • Chef de l’opposition libérale sous la Restauration.
  • Théoricien majeur du libéralisme constitutionnel.