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CHARRAS Pierre

Qui est Pierre Charras ?

Date de naissance : 19 mars 1945 (Saint-Étienne, Loire).
Date du décès : 19 janvier 2014 (Bagnolet), à 68 ans.
Activités principales : acteur, écrivain, dramaturge et traducteur de l’anglais vers le français.
Romans remarqués : Monsieur Henri, Comédien et Dix-neuf secondes.

Où est la tombe de Pierre Charras ?

Pierre Charras repose au cimetière du Père-Lachaise, dans la division 53, chemin du Bastion, troisième ligne, emplacement U-14. La sépulture est partagée avec Paulette Roux et Georges Roux.

Plan des divisions du cimetière du Père-Lachaise, division 53
Plan des divisions du cimetière du Père-Lachaise : repérez la division 53.

Le monument funéraire de Pierre Charras

La pierre porte l’inscription « Pierre Charras, 1945-2014, écrivain » ainsi que le titre de son roman Bonne nuit, doux prince. La concession est perpétuelle.

Tombe de Pierre Charras au Père-Lachaise
Photographie via Wikimedia Commons. Tombe de Pierre Charras.
Sépulture de Pierre Charras dans la division 53
Photographie via Wikimedia Commons. Vue de la sépulture.

Biographie de Pierre Charras

Pierre Charras naît le 19 mars 1945 à Saint-Étienne. Il garde de cette ville industrielle, de ses rues et de ses figures familiales une attention particulière aux vies modestes, aux parcours fragiles et aux silences qui traverseront son œuvre. Après des études de lettres, il enseigne l’anglais jusqu’au milieu des années 1970. Cette première expérience professionnelle nourrit un rapport très concret à la langue ; elle le conduit bientôt vers la traduction, puis vers le théâtre et l’écriture.

Sa trajectoire ne suit pas la voie d’un écrivain issu directement des cercles littéraires. Il devient d’abord comédien, expérience qui lui donne le sens du dialogue, de la voix et de la présence. Il travaille également comme traducteur de l’anglais vers le français. Ces métiers se répondent : traduire suppose d’écouter le rythme d’une phrase ; jouer revient à habiter des mots ; écrire permet de composer une langue propre. Chez Charras, la littérature garde toujours quelque chose de la scène et de l’oralité.

Du théâtre au roman

Son premier roman, Deux ou trois rendez-vous, paraît en 1982. Il ouvre une œuvre qui comptera près d’une vingtaine de livres. Charras écrit aussi pour le théâtre et poursuit une carrière de comédien au cinéma, à la télévision et sur les planches. Il apparaît notamment dans des films de la fin des années 1970 et 1980, puis dans Adolphe de Benoît Jacquot en 2002. Ces rôles sont souvent discrets, mais ils correspondent à son goût pour les personnages de second plan, les présences familières et les destins sans éclat.

Un écrivain de la pudeur

La critique a souvent souligné le caractère sobre, musical et pudique de son écriture. Charras ne cherche pas l’effet spectaculaire : ses récits avancent par souvenirs, gestes, dialogues et sensations. Il s’intéresse aux êtres que la vie a déplacés ou abîmés, mais sans les réduire à leur malheur. Son style, souvent rapproché du réalisme poétique, donne une grande place à l’émotion retenue. L’humour et la tendresse y empêchent le désespoir de devenir un sujet abstrait.

En 1992, l’Académie française lui attribue le prix Mottart. Deux ans plus tard, Monsieur Henri reçoit le prix des Deux Magots. Ce roman installe véritablement son nom auprès d’un plus large public. Il confirme surtout un ton singulier : une manière de faire de la mémoire et de l’observation quotidienne la matière d’une fiction précise, sans emphase.

Les romans de la maturité

Juste avant la nuit, publié en 1998, puis Comédien, récompensé par le prix Valery-Larbaud en 2000, approfondissent cette œuvre. Le titre Comédien fait naturellement écho à son propre parcours, mais le livre dépasse la chronique du métier. Il interroge ce que l’on montre de soi, ce que l’on tait, et la façon dont les rôles successifs finissent par composer une identité.

En 2003, Dix-neuf secondes obtient le prix du roman Fnac. Ce succès récompense un auteur qui a construit patiemment son lectorat. Il ne sépare jamais l’exigence littéraire de la clarté : ses livres restent proches d’expériences reconnaissables, de familles, d’amitiés, de séparations et de vies ordinaires. En 2007, l’Académie française lui décerne le prix Amic pour l’ensemble de son œuvre.

Traduire, jouer, écrire

La traduction reste une dimension importante de son activité. Charras ne la considère pas comme une tâche secondaire : passer de l’anglais au français impose d’inventer des équivalences, de conserver un ton et de rendre une voix lisible dans une autre langue. Cette pratique irrigue son travail d’écrivain, tout comme son métier d’acteur. Elle explique la netteté de ses dialogues et l’attention qu’il porte à la cadence de la phrase.

Il meurt le 19 janvier 2014 à Bagnolet, à soixante-huit ans. Sa disparition suscite de nombreux hommages de lecteurs, d’éditeurs et de comédiens. Il laisse une œuvre sans bruit mais durable, qui unit la littérature, le théâtre et la traduction. Sa tombe au Père-Lachaise porte l’un de ses titres, Bonne nuit, doux prince, comme une dernière adresse au lecteur.

Œuvres principales

  • Deux ou trois rendez-vous (1982).
  • Monsieur Henri (1994).
  • Juste avant la nuit (1998).
  • Comédien (2000).
  • Dix-neuf secondes (2003).
  • Bonne nuit, doux prince (2006).

Distinctions et repères

  • 1992 : prix Mottart de l’Académie française.
  • 1995 : prix des Deux Magots pour Monsieur Henri.
  • 2000 : prix Valery-Larbaud pour Comédien.
  • 2003 : prix du roman Fnac pour Dix-neuf secondes.
  • 2007 : prix Amic de l’Académie française.