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CHAUVIRÉ Yvette

Qui est Yvette Chauviré ?

Date de naissance : 22 avril 1917, à Paris.
Date du décès : 19 octobre 2016, à Paris, à 99 ans.
Activité principale : danseuse classique, danseuse étoile de l’Opéra de Paris, pédagogue et chorégraphe.
Rôle marquant : grande interprète de Giselle, dont elle danse environ trois cents représentations.

Où est la tombe d’Yvette Chauviré ?

Yvette Chauviré est inhumée au cimetière du Père-Lachaise, dans la division 44, près de l’entrée Gambetta.

Plan des divisions du cimetière du Père-Lachaise
Plan des divisions du cimetière du Père-Lachaise : repérez la division 44.

Le monument funéraire

La tombe porte l’inscription « Yvette CHAUVIRÉ 1917-2016 ». Une plaque de marbre y reproduit son profil de danseuse.

Tombe d’Yvette Chauviré au Père-Lachaise
Tombe d’Yvette Chauviré, division 44. Photographie via Wikimedia Commons.
Médaillon de la tombe d’Yvette Chauviré
Vue du médaillon de la sépulture d’Yvette Chauviré. Photographie via Wikimedia Commons.

Biographie d’Yvette Chauviré

Yvette Chauviré occupe une place à part dans l’histoire de la danse française du XXe siècle. Son nom reste indissociable de l’Opéra de Paris, de Giselle et d’un idéal de style classique fait de netteté, de musicalité et d’apparente simplicité. Elle fut une étoile admirée très tôt, une interprète capable de parcourir le grand répertoire romantique et académique, puis une pédagogue attentive à la transmission. Durant plusieurs décennies, sa personne même devint un point de référence : pour les spectateurs, pour les danseurs et pour l’institution de l’Opéra.

Née à Paris le 22 avril 1917, Yvette Adrienne Chauviré grandit dans une ville où le Palais Garnier demeure l’un des grands centres de la vie musicale et chorégraphique. Elle entre à dix ans à l’École de danse de l’Opéra. Cette formation, exigeante et quotidienne, lui donne les bases de l’école française : le travail des pieds, l’équilibre des lignes, l’articulation des bras et le rapport étroit entre mouvement et musique. Elle se fait déjà remarquer dans L’Éventail de Jeanne, ballet pour enfants présenté en 1929, avant de rejoindre le corps de ballet de l’Opéra au début des années 1930.

Portrait d’Yvette Chauviré en 1944
Portrait d’Yvette Chauviré, Paris, 1944, par Serge Ivanoff ; photographie Barbera-Ivanoff, Wikimedia Commons, licence CC BY-SA 4.0.

L’apprentissage d’une étoile

Le Ballet de l’Opéra est alors dirigé par Serge Lifar. Figure majeure, discutée et exigeante, Lifar entend donner à la compagnie un nouveau rayonnement. Chauviré y progresse avec rapidité. Elle travaille aussi auprès de Boris Kniaseff et de Victor Gsovsky, deux pédagogues issus de la tradition russe, dont l’apport nuance l’enseignement académique reçu à l’Opéra. Cette double culture compte beaucoup : elle explique une danse à la fois construite avec rigueur et ouverte à une expression plus lyrique.

En 1937, elle apparaît au cinéma dans La Mort du cygne de Jean Benoît-Lévy. Le film, consacré au monde de la danse, contribue à la faire connaître au-delà des habitués de l’Opéra. Sur scène, elle franchit les degrés de la hiérarchie : première danseuse à la fin des années 1930, elle est nommée danseuse étoile le 31 décembre 1941, à l’occasion d’une représentation d’Istar de Serge Lifar. Cette date la fait entrer officiellement dans le cercle très restreint des artistes qui incarnent le Ballet de l’Opéra de Paris.

Yvette Chauviré en 1957
Yvette Chauviré en 1957. Photographie publiée dans Radiocorriere, via Wikimedia Commons, domaine public.

Giselle, rôle d’une vie

Parmi les rôles auxquels elle est associée, Giselle est le plus célèbre. Le ballet, créé au XIXe siècle, demande à l’interprète de passer d’une jeune paysanne amoureuse à l’apparition immatérielle du second acte. Chauviré y trouve un terrain idéal pour unir la précision technique, la pantomime et la poésie du mouvement. Elle danse ce rôle environ trois cents fois et le porte dans les grands théâtres européens. Pour plusieurs générations de spectateurs, son nom devient une référence lorsqu’il est question du ballet romantique français.

Son répertoire ne se limite pourtant pas à cette œuvre. Elle aborde Le Lac des cygnes, La Belle au bois dormant, Roméo et Juliette, Les Deux Pigeons, Le Cygne, ainsi que les ballets de Lifar, notamment Suite en blanc, Les Mirages et Alexandre le Grand. Elle crée également des pièces de Victor Gsovsky, dont le Grand Pas classique, emblématique de la virtuosité académique. Ce répertoire montre que son art n’était pas seulement celui du souvenir romantique : il couvrait aussi les écritures néoclassiques de son époque.

Une carrière internationale et indépendante

Après la Libération, Yvette Chauviré suit Serge Lifar au Nouveau Ballet de Monte-Carlo, où elle danse de 1945 à 1947. Elle revient ensuite ponctuellement à l’Opéra de Paris, mais souhaite conserver une liberté qui lui permet de travailler avec d’autres compagnies. Les discussions contractuelles sont vives ; elles disent aussi l’évolution du statut des grandes danseuses, désormais invitées à se produire sur de nombreuses scènes internationales.

À partir de 1953, elle retrouve l’Opéra dans des conditions plus souples et mène parallèlement une carrière d’invitée. Elle se produit en Europe, aux États-Unis, en Afrique du Sud et en Amérique latine. Ses partenaires comprennent notamment Serge Lifar, Cyril Atanassoff, Erik Bruhn, Māris Liepa et Rudolf Noureev. Avec Noureev, elle forme un couple de scène particulièrement remarqué : leurs générations sont différentes, mais ils partagent le goût du grand style et de la dramaturgie du ballet.

Panneau du square Yvette Chauviré à Paris
Panneau du square Yvette-Chauviré, dans le 15e arrondissement de Paris. Photographie de Chabe01 via Wikimedia Commons.

Quitter la scène, transmettre la danse

Yvette Chauviré fait ses adieux à la scène en 1972, au Palais Garnier, dans Giselle. Cette fidélité à son rôle de prédilection donne à l’événement une valeur symbolique. Elle ne quitte pas pour autant le monde du ballet. Elle enseigne, donne des conférences, remonte des productions et participe à la formation de danseuses plus jeunes. De 1963 à 1968, elle est codirectrice de l’École de danse de l’Opéra. En 1970, elle prend la direction de l’Académie internationale de la danse à Paris.

La transmission devient alors l’autre grande dimension de sa carrière. Elle travaille avec plusieurs étoiles et premières danseuses, parmi lesquelles Sylvie Guillem, Marie-Claude Pietragalla, Florence Clerc, Dominique Khalfouni ou Isabelle Guérin. Le documentaire de Dominique Delouche Yvette Chauviré, une étoile pour l’exemple, tourné à la fin des années 1980, la montre en répétition : elle y précise un port de bras, un regard, une respiration, et relie chaque détail à la logique profonde du rôle. Son enseignement ne consiste pas à reproduire ses propres gestes, mais à transmettre une exigence de style.

Plaque du square Yvette Chauviré à Paris
Plaque du square Yvette-Chauviré, Paris 15e. Photographie de Chabe01 via Wikimedia Commons.

Une image durable de l’école française

Chauviré défend une conception du ballet où la difficulté technique ne doit jamais se montrer comme une démonstration. Elle recherche plutôt la clarté, la ligne et la continuité musicale. Cette idée est souvent résumée par son attachement à une danse dépouillée, mais jamais pauvre : la virtuosité doit être mise au service du personnage, de la phrase chorégraphique et de l’émotion. Son approche s’oppose à la recherche du spectaculaire pour lui-même et continue d’inspirer les interprètes attachés au grand répertoire.

Son souvenir demeure vivant à l’Opéra de Paris. En 2017, à l’occasion du centenaire de sa naissance, l’institution lui consacre une soirée d’hommage. Paris a également donné son nom au square de la place du Commerce, dans le 15e arrondissement, quartier où elle avait vécu. Sa tombe du Père-Lachaise, marquée par un discret médaillon, prolonge cette mémoire dans le cimetière où reposent tant de figures de la scène et des arts.

Square Yvette Chauviré, place du Commerce à Paris
Vue de la place du Commerce, où se trouve le square Yvette-Chauviré. Photographie via Wikimedia Commons.

Œuvres principales

  • Je suis ballerine, 1960.
  • Yvette Chauviré : autobiographie, avec Gérard Mannoni, 1997.
  • La Mort du cygne, film de Jean Benoît-Lévy, 1937, où elle danse.
  • Yvette Chauviré, une étoile pour l’exemple, documentaire de Dominique Delouche, 1988.
  • Le Cygne, film de Dominique Delouche, 1983, où elle transmet le rôle à Dominique Khalfouni.

Distinctions et repères

  • Danseuse étoile de l’Opéra de Paris, 31 décembre 1941.
  • Codirectrice de l’École de danse de l’Opéra de Paris, 1963-1968.
  • Directrice de l’Académie internationale de la danse, à Paris, à partir de 1970.
  • Grand officier de la Légion d’honneur.
  • Grand-croix de l’ordre national du Mérite.
  • Commandeur des Arts et des Lettres.