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CHARPENTIER Gustave

Qui est Gustave Charpentier ?

Date de naissance : 25 juin 1860 (Dieuze, Moselle).
Date du décès : 18 février 1956 (Paris), à 95 ans.
Activités principales : compositeur, chef d’orchestre, écrivain et organisateur d’actions musicales.
Œuvre majeure : Louise, roman musical en quatre actes créé à l’Opéra-Comique en 1900.

Où est la tombe de Gustave Charpentier ?

Gustave Charpentier repose au cimetière du Père-Lachaise, dans la division 10, chemin Denon, première ligne. Il est inhumé avec Camille Willay, morte en 1957.

Plan des divisions du cimetière du Père-Lachaise, division 10
Plan des divisions du cimetière du Père-Lachaise : repérez la division 10.

Le monument funéraire de Gustave Charpentier

La sépulture est un monument simple portant les inscriptions « Gustave Charpentier, 1860-1956 » et « Camille Willay, 1877-1957 ».

Tombe de Gustave Charpentier au Père-Lachaise
ManoSolo13241324, via Wikimedia Commons. Tombe de Gustave Charpentier.
Autre vue de la tombe de Gustave Charpentier
Touron66, via Wikimedia Commons. Autre vue de la sépulture.

Biographie de Gustave Charpentier

Gustave Charpentier naît le 25 juin 1860 à Dieuze, en Moselle, dans une famille modeste : son père est boulanger. Son enfance se déroule dans une région bientôt marquée par l’annexion de l’Alsace-Moselle après la guerre de 1870. Il apprend le violon au conservatoire de Lille grâce à l’appui d’un bienfaiteur, puis entre au Conservatoire de Paris en 1881. Il y étudie la composition, notamment dans la classe de Jules Massenet à partir de 1885. Sa personnalité est déjà très affirmée : Charpentier se veut un musicien de son temps, attentif à la ville moderne, aux milieux populaires et à la vie artistique de Montmartre.

En 1887, il obtient le prix de Rome avec la cantate Didon. Ce succès lui ouvre le séjour de la Villa Médicis. À Rome, il compose la suite symphonique Impressions d’Italie et commence le travail qui le rendra célèbre : il écrit lui-même le livret et la musique de Louise. Il choisit alors un sujet inhabituel pour l’opéra français : non pas un drame historique ou mythologique, mais une jeune ouvrière parisienne, son désir de liberté et le monde de Montmartre.

Affiche de l’opéra Louise de Gustave Charpentier, 1900
Georges-Antoine Rochegrosse, affiche de la création de Louise, 1900. Domaine public, via Wikimedia Commons.

La création de Louise

Louise est créée à l’Opéra-Comique le 2 février 1900. L’ouvrage, que Charpentier appelle un « roman musical », raconte l’amour de Louise, jeune couturière, et de Julien, poète bohème. Face à eux se dresse le père, représentant d’un monde populaire mais autoritaire. Les rues, les ateliers, les cris de Paris et la butte Montmartre deviennent les véritables personnages de l’œuvre. La musique associe lyrisme, couleur orchestrale et observation très concrète de la capitale.

Le succès est considérable. L’air « Depuis le jour où je me suis donnée » devient l’une des pages les plus célèbres du répertoire français. Louise est rapidement jouée hors de France et connaît de nombreuses reprises. Elle offre au public une vision de Paris à la fois réaliste et poétique, où les aspirations individuelles se heurtent aux contraintes familiales et sociales. Charpentier a trouvé sa voix : un opéra attaché au quotidien, mais porté par une ambition lyrique très forte.

Dessin de scène de Louise à l’Opéra-Comique
Dessin de M. Parys pour Louise à l’Opéra-Comique, 1900. Domaine public, via Wikimedia Commons.

Montmartre, le peuple et la musique

Charpentier vit à Montmartre, dont il fait un territoire musical et social. Il ne cherche pas à reproduire un folklore de la pauvreté : son intérêt va aux artistes, aux ouvrières, aux apprentis et aux habitants de la butte. En 1900, il fonde le Conservatoire populaire de Mimi Pinson, destiné à donner une formation artistique aux jeunes femmes des milieux modestes. Cette initiative témoigne de sa conviction que la musique ne doit pas être réservée aux conservatoires et aux salons.

Il crée également des fêtes populaires et des spectacles en plein air. La plus connue est le Couronnement de la Muse, vaste célébration associant chants, défilés et figures de Montmartre. Dans ces manifestations, Charpentier réunit ses ambitions de compositeur, de chef d’orchestre et d’écrivain. Il veut faire entrer l’art dans la vie urbaine, rendre la musique visible dans la rue et donner aux milieux populaires une place active dans la création.

Scène de l’acte III de Louise à Montmartre
Scène de l’acte III de Louise, à Montmartre. Domaine public, via Wikimedia Commons.

Une œuvre plus vaste que son succès le plus connu

Après Louise, Charpentier compose Julien, ou la vie du poète, présenté comme une suite ou un prolongement de son premier opéra. Il écrit aussi des œuvres pour orchestre, des chœurs, des mélodies et des pages destinées aux célébrations collectives. Toutefois, aucune ne connaît l’impact durable de Louise. Cette situation a parfois réduit son nom à une seule partition, alors que son activité de pédagogue et d’organisateur est considérable.

Son langage musical demeure attaché à la fin du XIXe siècle : il hérite de Massenet, du drame lyrique français et d’un certain réalisme sonore. Mais sa volonté de faire du Paris contemporain un sujet d’opéra lui donne une place à part. Louise fait entendre les appels de la rue, les scènes d’atelier, la vie des quartiers et les aspirations à l’émancipation. Elle reste un document sensible sur le Paris de la Belle Époque autant qu’une œuvre musicale.

Affiche de Louise par Georges-Antoine Rochegrosse
Georges-Antoine Rochegrosse, affiche pour Louise. Domaine public, via Wikimedia Commons.

Les dernières années

Gustave Charpentier vit très longtemps, jusqu’en 1956. Son œuvre connaît alors un regain d’intérêt grâce aux reprises de Louise, notamment à l’Opéra-Comique. Il demeure associé à l’image d’un Montmartre populaire et lyrique, mais aussi à une conception généreuse de la culture. Son parcours relie le conservatoire, la scène lyrique et l’action artistique de proximité.

Il meurt à Paris le 18 février 1956. Sa tombe du Père-Lachaise rappelle une carrière dominée par un chef-d’œuvre, mais dont l’originalité tient aussi à sa volonté d’ouvrir la musique à de nouveaux publics. Compositeur et organisateur, Charpentier aura donné à l’opéra français un visage urbain, social et profondément parisien.

Affiche de la cinquantième représentation de Louise
Affiche de la cinquantième représentation de Louise. Domaine public, via Wikimedia Commons.

Œuvres principales

  • Impressions d’Italie, suite symphonique.
  • Louise, roman musical en quatre actes (créé en 1900).
  • Julien, ou la vie du poète, opéra.
  • Le Couronnement de la Muse, œuvre de fête populaire.
  • Mélodies, chœurs et musiques de scène.

Distinctions et repères

  • 1887 : prix de Rome pour la cantate Didon.
  • 1900 : création de Louise à l’Opéra-Comique.
  • 1900 : fondation du Conservatoire populaire de Mimi Pinson.
  • Sépulture : Père-Lachaise, division 10, chemin Denon, première ligne.