Qui est BALLU Théodore ?
Date de naissance : 8 juin 1817 (Paris, France).
Date du décès : 22 mai 1885 (Paris) à 67 ans.
Activité principale : Architecte.
Nom de naissance : Théodore Ballu.
Où est la tombe de Théodore Ballu ?
La tombe est située dans la division 74.

Le monument funéraire de Théodore Ballu au Père-Lachaise
Théodore Ballu repose dans une sépulture familiale de la division 74. Le monument en pierre se présente comme une haute stèle architecturée, à laquelle est adossée une croix. Il porte les noms de l’architecte, de son épouse Claire Orsel et de plusieurs membres de leur famille, dont leur fils Albert Ballu, lui aussi architecte, et leur gendre le sculpteur Jean-Antoine-Marie Idrac. L’ensemble est une tombe de famille, sans décor funéraire spectaculaire ; son intérêt tient surtout aux personnalités réunies dans ce caveau.

Pierre-Yves Beaudouin / Wikimedia Commons, CC BY-SA 3.0.
Sépulture de Théodore Ballu, division 74.

Pierre-Yves Beaudouin / Wikimedia Commons, CC BY-SA 3.0.
Détail de la sépulture de la famille Ballu.
Biographie de Théodore Ballu
Théodore Ballu appartient à la génération d’architectes qui a donné au Paris du XIXe siècle une part décisive de son visage monumental. Son nom reste associé à l’église de la Sainte-Trinité, à la restauration de la tour Saint-Jacques et à la reconstruction de l’Hôtel de Ville après l’incendie de la Commune. Son œuvre est pourtant plus vaste : elle mêle architecture religieuse, service public, restauration patrimoniale et goût très affirmé pour les styles de la Renaissance et du gothique.

Jean-Nicolas Truchelut / Wikimedia Commons, domaine public.
Théodore Ballu.
Né à Paris le 8 juin 1817, Théodore Ballu grandit dans un milieu familier du bâtiment : son père, Jean-Louis-Marie Ballu, est entrepreneur de charpente. Il entre à l’École royale des beaux-arts en 1835 et suit l’enseignement d’Hippolyte Le Bas, architecte de Notre-Dame-de-Lorette. Cette formation, à une époque où l’architecture française se nourrit autant de l’Antiquité que du Moyen Âge et de la Renaissance, lui donne une maîtrise précise des références historiques et de la composition monumentale.
En 1840, il obtient le premier Grand Prix de Rome avec un projet de palais pour la Chambre des pairs. La récompense lui ouvre le séjour de pensionnaire à la Villa Médicis, de 1841 à 1845. Il y étudie les monuments de Rome et voyage également en Grèce. Ses envois portent notamment sur Pompéi et sur l’Érechthéion d’Athènes. Ces années de formation ne font pas de lui un copiste : elles lui apprennent à utiliser les styles du passé comme un vocabulaire, qu’il adaptera ensuite aux programmes modernes de la capitale.
De retour à Paris, Ballu travaille auprès de François-Christian Gau sur le chantier de Sainte-Clotilde. Après la mort de Gau, il poursuit les travaux de cette grande église néogothique. Il entre parallèlement au service de la Ville de Paris et gravit les différents échelons de l’administration architecturale. Ce double ancrage — pratique de chantier et responsabilité publique — explique l’ampleur de ses réalisations : Ballu sait concevoir des édifices, mais aussi diriger des travaux complexes, coordonner les métiers et tenir les budgets d’opérations considérables.

Charles Soulier / Wikimedia Commons, domaine public.
La tour Saint-Jacques vers 1867, après la restauration conduite par Théodore Ballu.
Sa première grande mission parisienne est précisément la restauration de la tour Saint-Jacques, menée de 1854 à 1858. Vestige de l’ancienne église Saint-Jacques-de-la-Boucherie, la tour était fragilisée et privée de son contexte urbain ancien. Ballu consolide l’édifice et restitue de nombreux éléments sculptés. Il intervient aussi dans le quartier de Saint-Germain-l’Auxerrois : le beffroi qui relie l’église à la mairie du 1er arrondissement est construit entre 1858 et 1863 d’après ses dessins. Ce projet manifeste déjà son goût pour une synthèse savante entre gothique flamboyant et Renaissance française.
En 1860, la Ville le charge des édifices cultuels. Il devient l’un des principaux architectes des églises parisiennes sous le Second Empire. Il construit ou transforme notamment le temple du Saint-Esprit, Saint-Ambroise et Saint-Joseph-des-Nations. Son chantier le plus célèbre est l’église de la Sainte-Trinité, élevée entre 1861 et 1867 au cœur d’un quartier alors remodelé par les grands travaux haussmanniens. L’édifice associe structure moderne, décor abondant et façade monumentale inspirée de formes renaissantes. Ballu y conçoit une architecture pensée autant pour le culte que pour le nouveau paysage urbain des grands boulevards.

Luiza Fediuc / Wikimedia Commons, CC BY-SA 3.0.
Église de la Sainte-Trinité, construite par Théodore Ballu entre 1861 et 1867.
La guerre de 1870 et la Commune de Paris ouvrent une autre phase de sa carrière. L’Hôtel de Ville est incendié en mai 1871. À l’issue du concours de reconstruction, Ballu est choisi en 1873 avec Édouard Deperthes pour diriger le chantier. Leur projet conserve la silhouette de l’ancien palais Renaissance tout en rebâtissant entièrement l’édifice, dont les intérieurs et les décors font appel à de nombreux artistes. Achevé en 1882, le nouvel Hôtel de Ville devient l’un des symboles du Paris républicain, et la réalisation la plus célèbre de Ballu avec la Trinité.

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Hôtel de Ville de Paris, reconstruit sous la direction de Théodore Ballu et d’Édouard Deperthes.
Reconnu par ses pairs, Ballu est élu à l’Académie des beaux-arts en 1872. Il devient inspecteur général des édifices diocésains en 1874, après la démission de Viollet-le-Duc, et reçoit la dignité de commandeur de la Légion d’honneur en 1882. Son activité ne se réduit pas aux grands chantiers publics : il construit aussi des immeubles et sa propre maison rue Blanche, dans le quartier de la Trinité, où se lit son goût pour les façades très ornées.
Théodore Ballu meurt à Paris le 22 mai 1885, trois ans après l’achèvement de l’Hôtel de Ville. Sa descendance prolonge son inscription dans les arts : son fils Albert devient architecte, son fils Roger critique d’art et député, tandis que sa fille Cécile épouse le sculpteur Jean-Antoine-Marie Idrac. Sa tombe de la division 74 rassemble cette famille d’architectes et d’artistes. Dans Paris, la rue Ballu, près de la place de Clichy, perpétue aussi le souvenir de l’architecte.
Principales réalisations et distinctions
- Premier Grand Prix de Rome, 1840.
- Restauration de la tour Saint-Jacques, 1854-1858.
- Beffroi de la mairie du 1er arrondissement, 1858-1863.
- Église de la Sainte-Trinité, 1861-1867.
- Église Saint-Ambroise, 1863-1869.
- Église Saint-Joseph-des-Nations, 1866-1875.
- Reconstruction de l’Hôtel de Ville de Paris avec Édouard Deperthes, 1873-1882.
- Membre de l’Académie des beaux-arts, 1872.
- Commandeur de la Légion d’honneur, 1882.