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AUGEREAU Pierre François Charles

Qui est AUGEREAU Pierre François Charles ?

Date de naissance : 21 octobre 1757 (Paris, France).
Date du décès : 12 juin 1816 (La Houssaye-en-Brie, Seine-et-Marne) à 58 ans.
Activité principale : Militaire, maréchal d’Empire, homme politique.
Nom de naissance : Charles Pierre François Augereau.

Le monument funéraire de Pierre Augereau au Père-Lachaise

Charles Pierre François Augereau repose dans la division 59 du cimetière du Père-Lachaise. Sa sépulture est un monument familial en pierre, élevé sous la forme d’un tombeau vertical encadré de pilastres et surmonté d’une croix. L’inscription rappelle son titre de maréchal d’Empire et de duc de Castiglione. Le caveau accueille également des membres de la famille Sainte-Aldegonde, liée à sa seconde épouse, Adélaïde de Bourlon de Chavange.

Plan des divisions du cimetière du Père-Lachaise
Sépulture du maréchal Pierre Augereau au Père-Lachaise

Pierre-Yves Beaudouin / Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0.
Sépulture de Pierre Augereau, division 59.

Détail du monument funéraire d’Augereau

Pierre-Yves Beaudouin / Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0.
Détail de la sépulture d’Augereau.

Biographie de Pierre Augereau

Le futur maréchal Augereau naît le 21 octobre 1757, rue Mouffetard, dans un Paris populaire dont il garde durablement les façons directes. Son père, Pierre Augereau, est maçon après avoir été domestique ; sa mère, Marie-Josèphe Kreslin, venue de Bavière, vend des fruits au faubourg Saint-Marceau. L’enfant reçoit peu d’instruction. Sa force physique, son goût du risque et une vive ambition l’orientent très tôt vers le métier des armes.

Portrait de Pierre Augereau par Robert Lefèvre

Robert Lefèvre / Wikimedia Commons, domaine public.
Portrait du maréchal Augereau, duc de Castiglione.

Avant de servir la France révolutionnaire, Augereau connaît une jeunesse errante. Il s’engage dans l’armée prussienne, sert ensuite dans l’armée napolitaine et séjourne au Portugal. Ces années, parfois mal documentées dans le détail, font de lui un soldat aguerri et un excellent escrimeur. Il revient en France à la fin de 1792, lorsque la Révolution ouvre brusquement l’armée aux hommes de talent. Sa progression est alors fulgurante : capitaine, puis chef de bataillon, il devient général de brigade en 1793 et général de division le 23 décembre de la même année.

Envoyé à l’armée d’Italie, il se distingue à Loano puis durant la campagne de 1796 menée par Bonaparte. Il commande une division énergique, capable de marches rapides et d’attaques frontales. À Montenotte, Millesimo et au château de Cosseria, ses troupes participent à la rupture du dispositif austro-sarde. Sa réputation s’affirme surtout à Castiglione, le 5 août 1796 : sa manœuvre contribue largement à la victoire française sur l’armée autrichienne. C’est de cette bataille que vient le titre ducal qui lui sera accordé plus tard.

Attaque du château de Cosseria en avril 1796

Wikimedia Commons, domaine public.
Attaque du château de Cosseria, 13 avril 1796.

À Arcole, en novembre 1796, Augereau figure parmi les généraux les plus exposés de l’armée d’Italie. La scène de son mouvement vers le pont est abondamment représentée après la guerre : elle fixe l’image d’un chef de terrain, rude et spectaculaire. Bonaparte lui confie la mission prestigieuse d’apporter à Paris les drapeaux pris à l’ennemi. Mais les deux hommes ne sont pas des alliés naturels. Augereau est alors un républicain ardent, proche des milieux jacobins, tandis que l’ascension de Bonaparte transforme bientôt le rapport de forces.

Augereau au pont d’Arcole

Charles Thévenin / Wikimedia Commons, domaine public.
Augereau au pont d’Arcole.

À Paris, il prend une part décisive au coup d’État du 18 fructidor an V, le 4 septembre 1797, qui écarte les députés soupçonnés de sympathies royalistes. Il commande ensuite l’armée de Sambre-et-Meuse puis l’armée du Rhin et siège brièvement au Conseil des Cinq-Cents. Opposé au coup d’État du 18 brumaire, il doit pourtant se rallier au nouveau régime. Bonaparte l’éloigne d’abord en lui donnant le commandement de l’armée de Batavie, puis le rappelle au moment où l’Empire se met en place.

Augereau lors du coup d’État du 18 fructidor

Wikimedia Commons, domaine public.
Augereau aux Tuileries lors du 18 fructidor.

Le 19 mai 1804, il est nommé maréchal d’Empire et grand officier de la Légion d’honneur. Il reçoit le duché de Castiglione en 1808. Pendant la campagne de Prusse, il combat à Iéna ; en 1807, malade, il participe néanmoins à la terrible bataille d’Eylau, où son corps, pris dans une tempête de neige, subit de lourdes pertes. Sa blessure au bras met fin à cette campagne. Ses relations avec Napoléon restent mêlées de confiance militaire, de rivalité et de déception.

Augereau maréchal d’Empire

Wikimedia Commons, CC0.
Augereau, duc de Castiglione et maréchal de France.

La suite de sa carrière est plus inégale. En Catalogne, en 1809-1810, il remporte quelques succès mais son commandement est contesté, notamment en raison de la dureté de la guerre. Il est de nouveau employé lors des campagnes d’Allemagne de 1813 et de France de 1814. Chargé de défendre Lyon avec des moyens insuffisants, il évacue la ville après la bataille de Limonest. Après l’abdication de Napoléon, il se rallie aux Bourbons. Il est pair de France sous la Première Restauration, puis privé de ses dignités pendant les Cent-Jours.

Augereau meurt le 12 juin 1816 dans son château de La Houssaye-en-Brie, peu après le retour définitif de Louis XVIII. Sa première épouse, Joséphine Grach, était morte en 1806 ; il avait épousé en secondes noces, en 1809, Adélaïde de Bourlon de Chavange. Il ne laisse pas d’enfant. Son nom demeure inscrit sous l’Arc de triomphe de l’Étoile, parmi ceux des chefs militaires de la Révolution et de l’Empire.

Principales fonctions, campagnes et distinctions

  • Général de division, 1793.
  • Commandant de division à l’armée d’Italie, 1795-1797.
  • Commandant de l’armée de Sambre-et-Meuse puis de l’armée du Rhin, 1797-1798.
  • Membre du Conseil des Cinq-Cents, 1799.
  • Commandant de l’armée de Batavie, 1799-1800.
  • Maréchal d’Empire, 19 mai 1804.
  • Grand officier de la Légion d’honneur, 1804.
  • Duc de Castiglione, 1808.
  • Grand-croix de l’ordre de Charles III d’Espagne.
  • Pair de France sous la Première Restauration.