Qui est Georges Auclair ?
Date de naissance : 27 mai 1920 (Paris, France).
Date du décès : 4 avril 2004 (Paris) à 83 ans.
Activité principale : Journaliste, écrivain, sociologue et professeur de littérature.
Nom de naissance : Georges Robert Auclair.
Où est la tombe de Georges Auclair ?
La tombe est située dans la division 42.

Le monument funéraire de Georges Auclair au Père-Lachaise
Georges Auclair repose dans la division 42, chemin des Anglais, quatrième ligne.
La sépulture est une tombe de pierre sobre. Elle porte l’inscription « Georges Auclair, 1920-2004, écrivain et sociologue » ainsi qu’un hommage à son frère Jacques Auclair, né en 1921 et mort pour la France à Buchenwald en 1944. Cette seconde inscription relie directement la tombe à l’histoire familiale de la Résistance et de la déportation.

Pierre-Yves Beaudouin / Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0.
Tombe de Georges Auclair au cimetière du Père-Lachaise.
Biographie de Georges Auclair
Georges Robert Auclair naît à Paris le 27 mai 1920, dans un milieu d’origine paysanne. Son œuvre et son parcours se situent à la rencontre de plusieurs territoires : la littérature, le journalisme, la sociologie et l’observation attentive des transformations de la France d’après-guerre. Avant de devenir écrivain, il étudie la philosophie et l’économie politique, deux formations qui donneront à ses livres une attention constante aux idées, aux comportements collectifs et aux formes de la vie quotidienne.
La guerre et l’expérience allemande
Pendant la Seconde Guerre mondiale, Georges Auclair s’engage dans la Résistance. Cette expérience, dont son histoire familiale porte aussi la marque avec la mort de son frère Jacques à Buchenwald, demeure un arrière-plan essentiel de ses premiers écrits. Après la Libération, il devient journaliste à Paris. De 1945 à 1946, il séjourne quinze mois en Allemagne comme journaliste accrédité auprès du gouvernement militaire. Il y observe un pays vaincu, dévasté, confronté aux crimes du nazisme et à la difficulté de reconstruire une société.
Cette période nourrit Un amour allemand, son premier roman, publié chez Gallimard en 1950. Auclair y aborde l’après-guerre sans réduire l’Allemagne à une abstraction ennemie. Il s’intéresse au remords et à l’inquiétude des Allemands conscients des crimes commis par leur pays. Le livre reçoit le prix Interallié la même année. Cette reconnaissance installe immédiatement son nom dans la littérature française de l’après-guerre.
Journalisme, enseignement et roman
Auclair ne choisit pas entre le travail intellectuel et l’expérience du journalisme. Il participe à la création du Parisien libéré, futur Le Parisien, tout en poursuivant un parcours universitaire. Docteur ès lettres, il enseigne la littérature aux États-Unis, puis devient chercheur au CNRS et enseigne la sociologie. Cette circulation entre la France et l’Amérique, entre la presse et l’université, donne à ses textes une liberté de ton peu réductible à une seule discipline.
Ses romans suivants prolongent cette interrogation sur les individus pris dans leurs contradictions. Une vie barrée, publié en 1953, puis Le Commun dénominateur, en 1958, paraissent eux aussi dans la collection Blanche de Gallimard. Dans ce dernier livre, le personnage de Roland Demagre, professeur dans un collège américain, tente de comprendre une crise personnelle, son désir de retour en France et la distance qui s’installe dans son couple. Le roman mêle questionnement intime, réflexion politique et inquiétude sur les mots abstraits qui prétendent expliquer la vie humaine.
Un sociologue du fait divers
En 1970, Georges Auclair publie Le Mana quotidien, essai d’anthropologie sociale consacré au fait divers. Il y étudie ces récits brefs, souvent violents ou insolites, qui interrompent le cours ordinaire de l’information. Son approche ne traite pas le fait divers comme un simple divertissement médiatique : il y voit un révélateur des peurs, des transgressions et des imaginaires d’une société. Le livre devient une référence dans l’étude de la culture médiatique et de la presse.
Cette recherche sur les formes du quotidien rejoint son intérêt ancien pour la sociologie, sans effacer l’écrivain. En 1973, Le Même et l’Autre prend la forme d’un récit plus expérimental. Le Monde rapportera, après sa mort, le souvenir d’Edgar Morin, qui y voyait le roman d’un chercheur confronté à la tyrannie du savoir et à une quête d’amitié avec les autres comme avec lui-même.
Engagements et dernières années
En 1960, Georges Auclair signe le Manifeste des 121, texte qui défend le droit à l’insoumission dans le contexte de la guerre d’Algérie. Son engagement se prolonge aussi dans la vie culturelle : en 1949, avec Pierre Loquet et J. Le Bihen, il avait fondé le Cercle celtique Bro Gwenrann. Il demeure ainsi attentif aux cultures populaires, aux communautés et aux enjeux politiques de son époque.
Georges Auclair meurt à Paris le 4 avril 2004, des suites d’une longue maladie. Son parcours, de la Résistance à la sociologie des médias, de la presse au roman, dessine celui d’un intellectuel resté fidèle à l’observation concrète des hommes et de leurs sociétés.
Œuvres principales
- Un amour allemand, Gallimard, 1950 — prix Interallié.
- Une vie barrée, Gallimard, 1953.
- Le Commun dénominateur, Gallimard, 1958.
- Le Mana quotidien : structures et fonctions de la chronique des faits divers, Anthropos, 1970.
- Le Même et l’Autre, Gallimard, 1973.
Distinction
- Prix Interallié, 1950, pour Un amour allemand.