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COURTELINE Georges

Qui est Georges Courteline ?

Date de naissance : 25 juin 1858 (Tours, Indre-et-Loire).
Date du décès : 25 juin 1929 (Paris 14e), à 71 ans.
Activité principale : romancier, dramaturge, chroniqueur et satiriste.
Nom de naissance : Georges Victor Marcel Moineau.

Où se trouve la tombe de Georges Courteline ?

La tombe de Georges Courteline se trouve dans la division 89 du cimetière du Père-Lachaise.

Plan des divisions indiquant la division 89.
Plan des divisions du Père-Lachaise — division 89.

Le monument funéraire de Georges Courteline au Père-Lachaise

La sépulture de Georges Courteline est une tombe en pierre, au centre de la division 89. La stèle porte le nom de l’écrivain et rappelle le pseudonyme sous lequel il est entré dans l’histoire du théâtre. Sans décor spectaculaire, le monument reste fidèle à l’image d’un auteur dont la renommée tient d’abord à la force des dialogues, à l’observation du quotidien et à une langue devenue familière.

Tombe de Georges Courteline au Père-Lachaise.
La tombe de Georges Courteline, division 89. Photo : Lucignolobrescia / Wikimedia Commons.
Seconde vue de la sépulture de Georges Courteline.
Seconde vue de la sépulture de Georges Courteline. Photo : Wikimedia Commons, licence indiquée sur la page du fichier.

Biographie de Georges Courteline

Georges Courteline, né Georges Victor Marcel Moineau, est l’un des grands satiristes de la Belle Époque. Ses pièces courtes, ses romans et ses chroniques ont donné un mot à la langue française : « courtelinesque », pour désigner une situation administrative ou sociale absurde, dont les personnages restent prisonniers de règles sans raison. Derrière un rire souvent immédiat, son œuvre observe la hiérarchie, l’armée, les bureaux, le couple, les petits pouvoirs et les humiliations ordinaires avec une précision qui explique sa durable modernité.

Un enfant du théâtre et de la chronique

Il naît à Tours le 25 juin 1858. Son père, Joseph Désiré Moineaux, est chroniqueur judiciaire et auteur dramatique sous le nom de Jules Moinaux ; sa mère est Victorine Perruchot. Très jeune, Georges est donc entouré par la littérature populaire, les anecdotes de tribunaux et les milieux du spectacle. Élevé d’abord à Tours par ses grands-parents, il rejoint ses parents à Paris. Les étés montmartrois de la famille lui donnent l’occasion d’apercevoir des acteurs et des auteurs du Second Empire. Cette fréquentation précoce nourrit une mémoire de la scène qui ne le quittera pas.

Après des études au collège de Meaux, il accomplit son service militaire à Bar-le-Duc en 1879, au 13e chasseurs à cheval. Puis il entre en 1880 au ministère de l’Intérieur, à la Direction générale des cultes. L’armée et l’administration deviennent pour lui deux réservoirs d’observation. Il y rencontre les réflexes bureaucratiques, les hiérarchies ridicules, les petites vexations et les conversations mécaniques qu’il transposera dans ses récits. Le comique de Courteline ne vient pas d’un monde imaginaire : il naît de ce qu’il a vu et entendu.

Georges Courteline en 1921.
Georges Courteline en 1921. Portrait du domaine public, via Wikimedia Commons.

Le pseudonyme et les premières satires

Georges Moineau adopte le pseudonyme de Courteline afin de ne pas être confondu avec son père. Dès les années 1880, il publie des poèmes, des chroniques puis des récits. Les Gaités de l’escadron, Le 51e Chasseurs et Le Train de 8 heures 47 exploitent son expérience militaire avec une gaieté sombre : l’institution est décrite non comme une grande machine héroïque, mais comme un ensemble d’habitudes et de paroles où l’individu se heurte sans cesse à plus absurde que lui.

À Montmartre, Courteline fréquente les cafés et les milieux littéraires. Il participe en 1896 à la goguette du Cornet avec Paul Delmet, Millanvoye et Albert Michaut. Cette sociabilité nourrit son art du dialogue. Ses personnages parlent beaucoup, se contredisent, s’enferment dans une formule, prétendent raisonner alors qu’ils défendent seulement leur position. C’est là que se construit le ton courtelinesque : une langue vive, très exacte, qui révèle les rapports de force au moment même où elle cherche à les masquer.

Le Théâtre-Libre et les succès de scène

André Antoine l’invite à écrire pour le Théâtre-Libre. Courteline trouve dans le théâtre le format idéal pour ses affrontements de caractères. Messieurs les ronds-de-cuir, publié en 1893, demeure sa grande satire de l’administration. Le livre et ses adaptations montrent un monde où les employés, les chefs et les dossiers s’épuisent dans le formalisme, sans jamais approcher le but qu’ils prétendent servir. La précision des scènes évite la simple caricature : chacun des personnages a ses intérêts, ses peurs et son vocabulaire.

Boubouroche, La Paix chez soi, La Peur des coups et Un client sérieux confirment son succès. Dans ces comédies, le couple, la jalousie, la lâcheté ou le désir de respectabilité deviennent des mécanismes comiques. Certaines de ses pièces entrent au répertoire de la Comédie-Française : La Paix chez soi en 1903, puis Boubouroche en 1910. Courteline est alors reconnu par les institutions sans perdre sa manière incisive de les regarder.

Portrait de Georges Courteline par Léopold Stevens.
Portrait de Georges Courteline par Léopold Stevens, musée Carnavalet. Image CC0 Paris Musées, via Wikimedia Commons.

Vie familiale et dernières années

Sa vie privée connaît des épisodes difficiles. Il vit avec l’actrice Suzanne Berty, avec laquelle il a deux enfants, Lucile-Yvonne et André. Il épouse Suzanne en 1900, alors qu’elle est gravement malade ; elle meurt de tuberculose en 1902. Leur fils André, devenu acteur et décorateur sous le nom de Moineau-Courteline, prolonge à sa manière le lien familial avec le théâtre. Courteline épouse ensuite l’actrice Marie-Jeanne Brécourt. Cette dernière organise avec efficacité ses affaires et lui permet de vivre davantage de ses droits d’auteur.

Après 1912, Courteline écrit moins pour la scène. Il administre les revenus de son œuvre, voyage et rassemble ses textes. Il reçoit le grand prix de l’Académie française en 1921, est promu officier de la Légion d’honneur et entre à l’Académie Goncourt en 1926. La reconnaissance officielle ne le transforme pas en monument immobile : ses adaptations théâtrales et cinématographiques continuent de faire circuler ses personnages et ses répliques.

Caricature de Georges Courteline par Sem.
Georges Courteline par Sem, 1926. Image du domaine public, via Wikimedia Commons.

Sa santé se dégrade à partir de 1924, à la suite d’une infection compliquée par le diabète. Il subit des amputations successives et meurt le 25 juin 1929, le jour de son soixante et onzième anniversaire. Il est inhumé au Père-Lachaise. Son œuvre demeure profondément liée à Paris, mais son influence dépasse la chronique d’époque : chaque fois que le langage administratif se retourne contre les personnes qu’il devrait servir, le mot « courtelinesque » retrouve son sens.

Œuvres principales

  • Les Gaités de l’escadron, 1886.
  • Le Train de 8 heures 47, 1888.
  • Messieurs les ronds-de-cuir, 1893.
  • Boubouroche, 1893.
  • La Peur des coups, 1895.
  • Un client sérieux, 1896.
  • La Paix chez soi, 1903.

Distinctions et fonctions

  • Fonctionnaire au ministère de l’Intérieur, Direction générale des cultes.
  • Auteur dramatique associé au Théâtre-Libre d’André Antoine.
  • Chevalier de la Légion d’honneur, 1899 ; officier, 1912.
  • Grand prix de l’Académie française, 1921.
  • Membre de l’Académie Goncourt, 1926.