Qui est Marie Trintignant ?
Nom complet : Marie Joséphine Innocente Trintignant.
Naissance : 21 janvier 1962 (Boulogne-Billancourt, France).
Mort : 1er août 2003 (Neuilly-sur-Seine, France) à 41 ans.
Activité principale : actrice de cinéma et comédienne de théâtre.
Où se trouve la tombe de Marie Trintignant ?
Marie Trintignant repose au cimetière du Père-Lachaise, division 45. Sa tombe se trouve avenue transversale no 1, entre les sépultures de Daniel Toscan du Plantier et de Gilbert Bécaud.

Le monument funéraire de Marie Trintignant au Père-Lachaise

La sépulture de Marie Trintignant, située dans la 45e division du Père-Lachaise, est un tombeau de pierre très simple, formé d’un large soubassement rectangulaire surmonté d’une dalle légèrement inclinée. Son nom et ses dates, 1962-2003, sont gravés directement dans la pierre.
La dalle porte également le nom du cinéaste Alain Corneau, 1943-2010, compagnon de Nadine Trintignant et père adoptif de Marie, inhumé auprès d’elle en septembre 2010. Les deux noms réunissent ainsi dans la même sépulture deux figures étroitement liées par leur histoire familiale et par le cinéma.
Une citation de Percy Bysshe Shelley est gravée sur le monument : « Paix, paix, ils ne sont pas morts, ils ne sont pas endormis, ils se sont réveillés du rêve de la vie. »


Biographie de Marie Trintignant
Une enfance au cœur du cinéma
Marie Trintignant naît le 21 janvier 1962 à Boulogne-Billancourt. Elle est la fille de l’acteur Jean-Louis Trintignant et de la réalisatrice Nadine Trintignant. Les tournages, les répétitions et les discussions sur le jeu font partie de son enfance. À quatre ans, elle apparaît déjà auprès de son père dans Mon amour, mon amour, réalisé par sa mère et sorti en 1967. Nadine Trintignant la dirige encore dans Ça n’arrive qu’aux autres, film inspiré par un drame familial.
Cette proximité avec le cinéma ne rend pourtant pas sa vocation évidente. Enfant puis adolescente d’une grande timidité, Marie songe un temps à devenir vétérinaire. Elle choisit finalement le métier d’actrice, suit des cours de théâtre et rejoint pendant une année une troupe en Provence. L’apprentissage de la scène lui permet de maîtriser sa réserve et de transformer sa fragilité apparente en une force expressive très personnelle.

Série noire, une révélation précoce
En 1979, alors qu’elle n’a que 17 ans, Alain Corneau lui confie un rôle marquant dans Série noire, adaptation d’un roman de Jim Thompson avec Patrick Dewaere, Myriam Boyer et Bernard Blier. Le film, sombre et nerveux, devient une œuvre majeure du cinéma français. Marie Trintignant y incarne Mona, adolescente silencieuse prise dans un monde de misère et de violence. Son jeu dépouillé, son regard inquiet et son étrangeté naturelle frappent immédiatement.
La rencontre avec Alain Corneau est décisive. Le cinéaste devient un proche de la famille et suivra son parcours avec une affection paternelle. Marie Trintignant évite cependant de se laisser enfermer dans l’image de la jeune fille fragile. Elle cherche des personnages contradictoires, parfois durs, fantasques, sensuels ou comiques, et construit patiemment son indépendance artistique malgré la célébrité de ses parents.

Les années 1980 et l’affirmation d’une personnalité
Durant les années 1980, elle tourne régulièrement pour sa mère, notamment dans Premier Voyage et L’Été prochain, où elle retrouve Jean-Louis Trintignant. Ettore Scola la dirige dans La Terrasse. Elle apparaît dans Un matin rouge de Jean-Jacques Aublanc, Les Îles d’Iradj Azimi et La Garce de Christine Pascal. Chaque rôle révèle une comédienne rétive aux modèles conventionnels de la jeune première.
Claude Chabrol lui offre une place importante dans Une affaire de femmes en 1988, aux côtés d’Isabelle Huppert. Elle y joue Lulu, amie de l’héroïne dans la France de l’Occupation. Cette interprétation lui vaut sa première nomination au César de la meilleure actrice dans un second rôle. La reconnaissance professionnelle confirme alors ce que ses premiers films avaient laissé entrevoir : Marie Trintignant possède un mélange rare de précision, d’imprévisibilité et de présence physique.
Betty et les grands rôles des années 1990
Le début des années 1990 marque son passage aux premiers rôles. Dans Betty de Claude Chabrol, adapté de Georges Simenon, elle incarne une jeune femme alcoolique et autodestructrice recueillie par Laure, jouée par Stéphane Audran. Marie Trintignant refuse tout jugement moral et donne au personnage une opacité bouleversante. Elle reçoit le prix de la meilleure actrice au Festival du film de Taormine en 1992.
Elle tourne ensuite Les Marmottes d’Élie Chouraqui, qui lui vaut une nomination au César du meilleur second rôle, puis collabore avec Pierre Salvadori dans Cible émouvante et Les Apprentis. Le cinéma de Salvadori lui permet d’exprimer un talent comique singulier, fondé sur le décalage, le rythme et une façon très personnelle de faire entendre les dialogues.
Dans Le Cri de la soie d’Yvon Marciano, elle interprète une femme internée pour sa passion fétichiste envers la soie. Son incarnation intense lui apporte une nomination au César de la meilleure actrice. Elle joue également dans Ponette de Jacques Doillon, Les Démons de Jésus de Bernie Bonvoisin et Le Cousin d’Alain Corneau, face à Patrick Timsit et Alain Chabat. Sa composition dans ce dernier film lui vaut une nouvelle nomination au César du meilleur second rôle.
Comme elle respire et la maturité artistique
En 1998, elle retrouve Pierre Salvadori pour … Comme elle respire. Elle y incarne Jeanne, menteuse compulsive qui s’invente des existences fabuleuses et se retrouve entraînée dans une affaire criminelle. Le rôle lui offre une partition complète, à la fois drôle, inquiétante et mélancolique. Marie Trintignant y déploie une virtuosité qui lui vaut une nomination au César de la meilleure actrice.
Sa filmographie s’élargit à des univers très différents : Le Cousin, Le Prince du Pacifique, Una lunga lunga lunga notte d’amore, Total Western, Ce qu’ils imaginent et Corto Maltese, la cour secrète des Arcanes, auquel elle prête sa voix. Elle travaille avec des auteurs tout en restant accessible au cinéma populaire. Cette liberté de circulation constitue l’une des marques de sa carrière.
Une véritable comédienne de théâtre
Marie Trintignant ne se limite jamais au cinéma. Le théâtre lui permet de confronter directement sa voix et son corps au public. Elle joue notamment dans Les Nuits blanches d’après Dostoïevski, Y’a pas que les chiens qui s’aiment, écrit avec François Cluzet, Le Retour de Harold Pinter et Néron de Gabor Rassov. Elle alterne textes contemporains et œuvres littéraires, toujours attirée par les personnages instables et les situations de tension.

Avec son père Jean-Louis Trintignant, elle partage deux spectacles mis en scène par Samuel Benchetrit : Poèmes à Lou de Guillaume Apollinaire en 1999 et Comédie sur un quai de gare en 2002. Leur complicité donne à ces représentations une intensité particulière. Le théâtre révèle chez elle une diction sensible et une capacité à passer de l’ironie à l’émotion sans effet appuyé.
Les derniers projets
Au début des années 2000, Marie Trintignant tourne Victoire ou la Douleur des femmes sous la direction de Nadine Trintignant, consacré au combat pour le droit à l’avortement. Elle apparaît également dans Janis et John de Samuel Benchetrit, aux côtés de Jean-Louis Trintignant et Sergi López. Le film, sorti après sa mort, demeure l’un de ses derniers grands rôles de cinéma.
En 2003, elle se rend à Vilnius, en Lituanie, pour interpréter l’écrivaine Colette dans le téléfilm Colette, une femme libre, réalisé par sa mère. Le projet devait couronner leur longue collaboration et lui permettre d’incarner une femme de lettres indépendante, libre dans son œuvre comme dans sa vie.
Une mort devenue symbole des violences faites aux femmes
Dans la nuit du 26 au 27 juillet 2003, Marie Trintignant est violemment frappée par son compagnon Bertrand Cantat dans leur chambre d’hôtel à Vilnius. Plongée dans un coma profond à la suite d’un œdème cérébral, elle est transférée en France et meurt le 1er août 2003 à Neuilly-sur-Seine. Elle avait 41 ans et était mère de quatre fils. Bertrand Cantat sera condamné par la justice lituanienne à huit années de prison pour ces violences mortelles.
La disparition de Marie Trintignant provoque une émotion nationale. Ses obsèques, célébrées le 6 août au Père-Lachaise après un hommage au Théâtre Édouard-VII, rassemblent sa famille, de nombreux artistes et plus d’un millier d’anonymes. Au-delà du deuil du monde du cinéma, sa mort contribue à rendre visibles les mécanismes des violences conjugales et la nécessité de ne plus les présenter comme de simples drames passionnels. Son nom est depuis associé à la lutte contre les féminicides.
Films et rôles majeurs
Parmi ses films les plus marquants figurent Série noire, La Terrasse, L’Été prochain, Une affaire de femmes, Betty, Les Marmottes, Cible émouvante, Les Apprentis, Le Cri de la soie, Ponette, Les Démons de Jésus, Le Cousin, … Comme elle respire, Le Prince du Pacifique et Janis et John. Le téléfilm Colette, une femme libre, achevé par Nadine Trintignant, fut diffusé en 2004.
Prix, nominations et héritage
Marie Trintignant reçoit le prix de la meilleure actrice au Festival de Taormine en 1992 pour Betty. Elle obtient cinq nominations aux César : pour Une affaire de femmes, Les Marmottes, Le Cri de la soie, Le Cousin et … Comme elle respire. Plusieurs lieux portent aujourd’hui son nom, notamment un square à Paris et une place aux Lilas. Son héritage réunit une œuvre d’actrice remarquable, faite de rôles vulnérables et indociles, et une mémoire devenue emblématique du combat contre les violences faites aux femmes.