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SUCHET Louis-Gabriel

Qui est Louis-Gabriel Suchet ?

Nom complet : Louis-Gabriel Suchet.
Naissance : 2 mars 1770 (Lyon, France).
Mort : 3 janvier 1826 (Marseille, France) à 55 ans.
Activité : Général de la Révolution française, maréchal d’Empire.
Notoriété : Duc d’Albufera, commandant de l’armée d’Aragon et l’un des chefs militaires français les plus efficaces de la guerre d’Espagne.

Où se trouve la tombe de Louis-Gabriel Suchet ?

Plan du cimetière du Père-Lachaise indiquant la division 39
Plan du cimetière du Père-Lachaise indiquant la division 39.

La tombe de Louis-Gabriel Suchet se trouve dans la division 39 du cimetière du Père-Lachaise.

Le monument funéraire de Louis-Gabriel Suchet au Père-Lachaise

Le tombeau du maréchal Suchet est un monument imposant conçu comme un hommage militaire. Une haute stèle architecturée porte son nom et ses titres. Elle est dominée par son buste, œuvre de Pierre-Jean David d’Angers, qui représente le duc d’Albufera en uniforme. Un bas-relief du même sculpteur complète le décor et rappelle ses campagnes.

Tombe de Louis-Gabriel Suchet au Père-Lachaise
Vue générale du tombeau de Louis-Gabriel Suchet, division 39. Photo : Chabe01, Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0.

Les inscriptions énumèrent les principaux titres du défunt et donnent au monument la fonction d’un mémorial public. L’ensemble associe l’architecture funéraire du XIXe siècle au portrait commémoratif, tandis que les reliefs évoquent la gloire militaire et le souvenir des soldats commandés par Suchet.

Buste et bas-relief du tombeau de Louis-Gabriel Suchet
Détail du buste et du décor sculpté du tombeau de Suchet. Photo : Chabe01, Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0.

Biographie de Louis-Gabriel Suchet

Louis-Gabriel Suchet naît à Lyon le 2 mars 1770 dans une famille de négociants en soieries. Son père, Jean-Pierre Suchet, le destine au commerce et lui donne une formation adaptée aux affaires. Lorsque celui-ci meurt en 1789, Louis-Gabriel reprend avec son frère Gabriel-Catherine l’entreprise familiale, connue sous le nom de maison Suchet frères. Rien ne semble alors annoncer la carrière militaire qui va bientôt l’emporter.

De la soierie lyonnaise aux armées révolutionnaires

La Révolution bouleverse cette trajectoire. En 1791, Suchet s’engage dans la garde nationale de Lyon. Son instruction, son énergie et ses convictions républicaines favorisent une ascension rapide dans un système où les volontaires élisent encore leurs officiers. Capitaine, puis lieutenant-colonel du 4e bataillon de volontaires de l’Ardèche en 1793, il rejoint le siège de Toulon. Il participe aux combats contre les forces britanniques et royalistes et se fait remarquer lors de la capture du général britannique Charles O’Hara.

Louis-Gabriel Suchet lieutenant-colonel en 1792
Louis-Gabriel Suchet lieutenant-colonel du bataillon de l’Ardèche en 1792, portrait postérieur par Vincent Nicolas Raverat. Château de Versailles / Wikimedia Commons, domaine public.

Il sert ensuite dans l’armée d’Italie. Sous les ordres de Masséna et de Bonaparte, il prend part aux combats de Dego, Lodi, Castiglione, Arcole et Rivoli. Blessé à plusieurs reprises, il acquiert l’expérience d’une guerre très mobile, où l’approvisionnement, la discipline et la rapidité des manœuvres sont déterminants. Général de brigade en 1798, il devient chef d’état-major de Brune en Suisse, puis de Joubert et de Masséna en Italie.

Général de division et homme d’état-major

Promu général de division en 1799, Suchet commande l’aile gauche de l’armée d’Italie. Au printemps 1800, il doit contenir des forces autrichiennes supérieures dans les Alpes-Maritimes et autour de Nice. Sa résistance fixe une partie de l’adversaire et facilite indirectement la campagne de Bonaparte qui conduit à Marengo. Il se distingue ensuite au passage du Mincio et à Pozzolo.

Portrait lithographié de Louis-Gabriel Suchet
Le maréchal duc d’Albufera, lithographie de François-Séraphin Delpech. Archives municipales de Toulouse / Wikimedia Commons, domaine public.

Sous le Consulat puis l’Empire, il obtient des commandements importants sans appartenir encore au premier cercle des maréchaux. À la tête d’une division du corps de Lannes, il participe aux campagnes de 1805 à 1807. Ses hommes combattent à Ulm, Hollabrunn, Austerlitz, Saalfeld, Iéna, Pultusk et Ostrolenka. Suchet se révèle un organisateur méthodique, attentif à la nourriture, à l’équipement et à la cohésion de ses troupes. Cette qualité, moins spectaculaire qu’une charge victorieuse, explique une part essentielle de ses succès futurs.

L’épreuve décisive de la guerre d’Espagne

En 1808, il est envoyé dans la péninsule Ibérique. L’année suivante, il reçoit le commandement de l’armée d’Aragon dans une situation difficile : les troupes françaises sont dispersées, les communications fragiles et la résistance espagnole active. Après un revers à Alcañiz, Suchet rétablit rapidement la situation par les victoires de María et de Belchite. Il entreprend ensuite une série de sièges qui consolident progressivement son contrôle sur l’est de l’Espagne.

Louis-Gabriel Suchet en maréchal d’Empire
Louis-Gabriel Suchet, duc d’Albufera et commandant de l’armée d’Aragon, par Jean-Baptiste Paulin Guérin. Château de Versailles / Wikimedia Commons, domaine public.

Lérida tombe en mai 1810, puis Mequinenza et Tortosa. La prise de Tarragone, en juin 1811, au terme d’un siège particulièrement dur, lui vaut le bâton de maréchal d’Empire. Il est alors le seul des maréchaux de Napoléon à avoir gagné cette dignité principalement par ses succès en Espagne. La violence des sièges et de la guerre ne doit pas être minimisée : Tarragone connaît de lourdes pertes et des exactions après l’assaut.

Suchet se distingue néanmoins de nombreux commandants français par son administration. Il cherche à faire fonctionner les finances, à maintenir les autorités locales, à protéger les récoltes et à limiter les réquisitions arbitraires. Cette politique vise d’abord l’efficacité militaire, mais elle lui permet d’obtenir une stabilité relative dans les territoires occupés. Elle explique la réputation d’équité que lui reconnaissent certains adversaires, sans effacer la réalité d’une occupation imposée par la force.

Valence et le duché d’Albufera

À la fin de 1811, Suchet marche sur Valence. La ville capitule en janvier 1812 avec une importante garnison. Napoléon récompense son général en lui conférant le titre de duc d’Albufera, du nom de la lagune voisine. Suchet atteint alors l’apogée de sa carrière : il commande un vaste territoire, dispose d’une armée aguerrie et compte parmi les rares chefs français dont les opérations restent victorieuses dans une péninsule devenue un piège pour l’Empire.

Estampe du maréchal Suchet duc d’Albufera
Louis-Gabriel Suchet, maréchal duc d’Albufera, lithographie de Weber et Godefroy Engelmann. Musée Carnavalet / Wikimedia Commons, CC0.

La situation générale se dégrade pourtant. La campagne de Russie absorbe les renforts, tandis que Wellington remporte des succès décisifs à l’ouest. Après la défaite française de Vitoria en juin 1813, Suchet doit évacuer Valence puis se replier vers la Catalogne. Il conduit cette retraite avec ordre, conserve une armée opérationnelle et défend les Pyrénées orientales jusqu’à la fin de l’Empire. Au printemps 1814, il conclut un armistice avec Wellington.

Restaurations, Cent-Jours et retrait

Suchet se rallie à Louis XVIII lors de la première Restauration. Il devient pair de France et reçoit un commandement territorial. Au retour de Napoléon en mars 1815, il hésite, puis rejoint l’Empereur. Chargé de l’armée des Alpes, il combat les Piémontais et les Autrichiens sur la frontière orientale. Après Waterloo et la seconde abdication, il négocie un armistice afin d’éviter une occupation plus brutale de la région.

Médaillon de Louis-Gabriel Suchet par David d’Angers
Médaillon en bronze de Louis-Gabriel Suchet par David d’Angers. Musée Carnavalet / Wikimedia Commons, CC0.

Privé de sa pairie pendant la seconde Restauration, il la retrouve en 1819. Il siège dès lors à la Chambre des pairs et se tient à l’écart des grandes responsabilités militaires. Marié depuis 1808 à Honorine Anthoine de Saint-Joseph, il partage ses dernières années entre Paris et le domaine familial près de Marseille. Sa santé se dégrade progressivement.

Mort et publication des Mémoires

Louis-Gabriel Suchet meurt le 3 janvier 1826 au château de Saint-Joseph, près de Marseille, à l’âge de 55 ans. Sa dépouille est transportée à Paris et inhumée au Père-Lachaise. Le maréchal Mortier prononce son éloge à la Chambre des pairs. Ses Mémoires sur ses campagnes en Espagne, publiés après sa mort entre 1829 et 1834, constituent un témoignage important sur les opérations militaires et l’administration de l’Aragon occupé.

Son nom est gravé sous l’Arc de triomphe. Les historiens retiennent de Suchet une combinaison rare de qualités tactiques, logistiques et administratives. Son bilan reste inséparable de la violence de la guerre d’Espagne, mais sa capacité à maintenir durablement une armée et une administration dans des conditions difficiles explique l’estime que Napoléon continua de lui porter.

Œuvres et principales campagnes

  • Campagnes d’Italie (1794-1801).
  • Campagnes d’Allemagne et de Pologne : Austerlitz, Saalfeld, Iéna et Pultusk (1805-1807).
  • Victoires de María et Belchite (1809).
  • Prises de Lérida, Mequinenza et Tortosa (1810-1811).
  • Prise de Tarragone (1811).
  • Prise de Valence (1812).
  • Mémoires sur ses campagnes en Espagne, publication posthume (1829-1834).

Distinctions et fonctions

  • Général de division (1799).
  • Comte de l’Empire (1808).
  • Maréchal d’Empire (1811).
  • Duc d’Albufera (1812).
  • Grand-croix de la Légion d’honneur.
  • Pair de France en 1814, puis de nouveau en 1819.
  • Nom gravé sous l’Arc de triomphe de l’Étoile.