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PRÉAULT Auguste

Qui est Auguste Préault ?

Nom complet : Antoine Augustin Préault.
Naissance : 9 octobre 1809 (Paris, France).
Mort : 11 janvier 1879 (Paris, France) à 69 ans.
Activité : sculpteur et médailleur français.
Notoriété : représentant majeur de la sculpture romantique, auteur de La Tuerie, Ophélie et Le Silence.

Où se trouve la tombe d’Auguste Préault ?

La tombe d’Auguste Préault se trouve dans la division 49 du cimetière du Père-Lachaise. Le sculpteur repose dans une sépulture familiale où est également mentionné son père, Augustin-Pierre-François Préault.

Plan du cimetière du Père-Lachaise indiquant la division 49
Plan des divisions du cimetière du Père-Lachaise : la sépulture d’Auguste Préault se situe dans la division 49.

Le monument funéraire d’Auguste Préault au Père-Lachaise

La sépulture d’Auguste Préault, située dans la 49e division du Père-Lachaise, prend la forme d’une longue dalle de pierre horizontale terminée par un bloc surélevé portant une croix sculptée en relief. L’ensemble est très bas et s’inscrit directement dans l’alignement des tombes voisines.

Sur la dalle, aujourd’hui fortement marquée par le temps, on distingue encore l’inscription « Sépulture Préault » ainsi que d’autres mentions devenues plus difficiles à lire. La pierre est en partie couverte de lichens et entourée de végétation, ce qui donne au monument un aspect ancien et très intégré au paysage du cimetière.

La simplicité de cette tombe contraste avec l’œuvre puissante et expressive d’Auguste Préault. Elle reste néanmoins facilement identifiable par son inscription et par la croix qui domine discrètement l’extrémité de la sépulture.

Vue générale de la tombe d’Auguste Préault au Père-Lachaise
Vue générale de la sépulture familiale Préault, division 49. Photo : Guilhem Vellut / Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0.
Stèle et inscriptions de la tombe d’Auguste Préault
La stèle et les inscriptions de la tombe d’Auguste Préault. Photo : Guilhem Vellut / Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0.

Biographie d’Auguste Préault

Antoine Augustin Préault naît à Paris le 9 octobre 1809. Il grandit dans une capitale où la génération nouvelle rejette peu à peu les équilibres du néoclassicisme et cherche, dans la littérature comme dans les arts, une expression plus libre des passions. Très tôt attiré par la sculpture, il fréquente l’Académie Suisse, lieu d’étude indépendant où les artistes peuvent travailler d’après le modèle vivant. Il passe aussi dans l’atelier de David d’Angers, dont l’art du portrait et du relief lui fait mesurer tout ce qu’un visage, un geste ou une surface peuvent dire d’un caractère. Son apprentissage reste toutefois moins académique que celui de nombreux contemporains : Préault se forme en observant, en expérimentant et en fréquentant les milieux romantiques.

Portrait d’Auguste Préault peint par Carolus-Duran en 1877
Auguste Préault en 1877, portrait par Carolus-Duran, musée des Beaux-Arts de Chartres. Wikimedia Commons, CC0.

Une voix sculpturale dans la bataille romantique

Les années 1830 sont celles de la bataille romantique. Autour de Victor Hugo, Théophile Gautier, Gérard de Nerval ou des peintres comme Delacroix, une jeunesse artistique revendique le mouvement, l’intensité et le droit d’aborder l’histoire autrement. Préault participe pleinement à ce climat. Il dessine, modèle, taille et conçoit la sculpture comme un langage capable d’égaler la puissance du drame et de la poésie. Là où l’enseignement officiel préfère des corps mesurés et des récits clairement ordonnés, il recherche les torsions, les raccourcis, les oppositions brutales de plans et les expressions tendues.

Cette singularité lui vaut rapidement une réputation d’artiste indocile. Ses relations avec le jury du Salon deviennent difficiles. En 1834, plusieurs de ses envois sont refusés ; seul le relief intitulé La Tuerie est admis. L’œuvre ne raconte pas un épisode précis : elle condense dans un espace étroit un enchevêtrement de visages, de cris et de corps meurtris. Cette absence de narration rassurante, jointe à une facture presque heurtée, choque. Préault montre la violence elle-même, sans l’ordonner en leçon morale. Le relief devient l’un des manifestes les plus radicaux de la sculpture romantique.

La Tuerie, relief sculpté par Auguste Préault
La Tuerie, relief conçu par Auguste Préault en 1834, musée des Beaux-Arts de Chartres. Wikimedia Commons, CC0.

Refus, projets détruits et fidélité au romantisme

Le scandale de La Tuerie ne lui ouvre pas les portes de la reconnaissance. Pendant la monarchie de Juillet, ses propositions sont souvent écartées par les jurys. Cette longue série de refus fragilise sa carrière et explique qu’une partie importante de son œuvre de jeunesse soit aujourd’hui connue seulement par des dessins, des descriptions ou des témoignages. L’insurrection de 1848 et les combats dans Paris entraînent en outre la destruction de nombreux modèles conservés dans son atelier. Pour un sculpteur, dont chaque plâtre représente des mois de travail et constitue souvent l’étape indispensable avant le bronze ou la pierre, la perte est considérable.

Préault ne renonce pourtant pas à l’ambition d’un art expressif. Il puise dans Shakespeare, Dante, Virgile et la poésie française, mais aussi dans l’histoire nationale et le monde contemporain. Son Ophélie, conçue en 1842, traduit le destin tragique du personnage de Hamlet dans un relief où la chevelure, l’eau et les plis paraissent entraîner le corps. Le motif littéraire devient une méditation sur la disparition. Dans ses portraits en médaillon, il obtient des effets très différents : les profils de Delacroix, Géricault ou d’autres figures artistiques prennent une présence énergique grâce au modelé nerveux de la surface.

Le Silence, une image universelle de la mort

Parmi les créations les plus célèbres de Préault figure Le Silence, conçu pour la tombe de Jacob Roblès au Père-Lachaise. Un visage presque entièrement enveloppé d’un drapé porte un doigt à ses lèvres. L’économie des formes, la frontalité et le geste immédiatement lisible donnent au relief une puissance qui dépasse sa fonction funéraire. Le modèle date des années 1842-1843 et l’œuvre est présentée au Salon de 1849, après la chute de la monarchie de Juillet. Préault revient alors dans une manifestation officielle dont il avait longtemps été tenu à l’écart.

Le Silence, médaillon funéraire sculpté par Auguste Préault
Le Silence, médaillon funéraire d’Auguste Préault pour la tombe de Jacob Roblès au Père-Lachaise. Musée du Louvre / Wikimedia Commons, CC0.

Cette œuvre résume une part essentielle de son art : la capacité à faire surgir une idée par la concentration du geste et du relief. La matière n’est jamais un simple ornement. Elle donne une densité physique à la pensée, au deuil ou à la mémoire. Préault conçoit aussi d’autres monuments funéraires, notamment au Père-Lachaise, et intervient dans un domaine où le romantisme trouve un terrain privilégié. Le cimetière devient au XIXe siècle un vaste musée de sculpture en plein air ; les commandes privées y permettent parfois des recherches que les programmes officiels accueillent avec davantage de prudence.

La reconnaissance après 1848

À partir de la Deuxième République puis sous le Second Empire, la situation de Préault évolue. Il reçoit des commandes publiques et peut traduire certains de ses projets dans des matériaux durables. Ses figures de Dante et de Virgile, acquises dans les années 1850, affirment sa fidélité aux grands écrivains qui avaient nourri sa jeunesse romantique. La statue de Clémence Isaure, destinée au jardin du Luxembourg, associe une silhouette monumentale à la mémoire légendaire de la poésie toulousaine. Au Louvre, il participe au décor architectural avec des groupes allégoriques comme La Guerre et La Paix.

Statue de Clémence Isaure par Auguste Préault
Clémence Isaure, sculpture monumentale d’Auguste Préault réalisée pour le jardin du Luxembourg. Musée du Louvre / Wikimedia Commons, CC0.

Cette reconnaissance demeure tardive et ne gomme pas les difficultés antérieures. Elle montre cependant que son langage peut s’adapter à de grands programmes sans perdre sa vigueur. Préault réalise des statues, des reliefs, des bustes et de nombreux médaillons. Son intérêt pour les écrivains et les artistes se manifeste dans plusieurs portraits, tandis que des monuments à des figures historiques, tels le général Marceau à Chartres ou Jacques Cœur à Bourges, inscrivent son œuvre dans l’espace public. Il ne fonde pas une école au sens académique du terme, mais son audace contribue à élargir les possibilités expressives de la sculpture française.

Le sacré et les grandes commandes

Préault aborde également la sculpture religieuse. Le grand Christ en croix de l’église Saint-Gervais-Saint-Protais, à Paris, compte parmi ses œuvres les plus saisissantes. Le corps allongé et tendu s’éloigne d’une représentation paisible : la souffrance y est donnée à voir avec une intensité compatible avec l’esthétique romantique. L’artiste traite le sujet chrétien sans froideur conventionnelle, en faisant du corps le lieu même du drame. Cette puissance explique que l’œuvre soit restée, avec La Tuerie, Ophélie et Le Silence, au cœur des redécouvertes modernes de son travail.

Christ en croix sculpté par Auguste Préault à l’église Saint-Gervais de Paris
Christ en croix d’Auguste Préault, église Saint-Gervais-Saint-Protais à Paris. Wikimedia Commons, CC0.

Dernières années et redécouverte

Dans ses dernières décennies, Préault continue d’exposer et de travailler pour des édifices publics, des églises et des commanditaires privés. Il reste lié à la génération romantique dont il a partagé les combats. Son tempérament indépendant, longtemps décrit à travers l’image de l’artiste rebelle, ne doit pas masquer la diversité de sa production ni la maîtrise technique nécessaire à ses œuvres monumentales. Il sait passer du relief presque convulsif au portrait resserré, de la figure littéraire à l’allégorie architecturale, du bronze à la pierre.

La Légion d’honneur lui est accordée en 1870, reconnaissance officielle obtenue après des décennies de travail. Il meurt à Paris le 11 janvier 1879, à soixante-neuf ans, et ses obsèques sont célébrées à l’église Notre-Dame-des-Champs. Il est inhumé au cimetière du Père-Lachaise, dans la division 49. Après sa mort, une partie de son œuvre tombe progressivement dans l’oubli, d’autant que nombre de projets ont disparu ou n’ont jamais été traduits en matériaux définitifs. Les historiens de la sculpture et les expositions du XXe siècle, notamment la rétrospective organisée en 1997 au musée d’Orsay, ont rendu sa place à cet artiste essentiel du romantisme français.

Aujourd’hui, Auguste Préault apparaît comme l’un des rares sculpteurs ayant donné au romantisme une forme aussi radicale que celle de la peinture ou de la poésie contemporaines. Ses œuvres majeures ne cherchent pas seulement la beauté idéale : elles font sentir la peur, le silence, la violence, la mélancolie et la mémoire. Cette tension, souvent incomprise de son vivant, constitue la cohérence profonde d’une carrière menée contre les résistances institutionnelles et finalement reconnue.

Œuvres principales

  • La Tuerie (1834), relief, musée des Beaux-Arts de Chartres.
  • Ophélie (1842), relief en bronze, musée d’Orsay.
  • Le Silence ou Le Mystère de la mort (modèle vers 1842-1843), tombe de Jacob Roblès au Père-Lachaise.
  • Dante (1852) et Virgile (1853), musée d’Orsay.
  • Clémence Isaure, statue monumentale destinée au jardin du Luxembourg.
  • Christ en croix, église Saint-Gervais-Saint-Protais à Paris.
  • Monument au général Marceau, Chartres.
  • Monument à Jacques Cœur, Bourges.
  • La Guerre et La Paix, décor du palais du Louvre.
  • Portraits et médaillons de personnalités artistiques et littéraires, notamment Delacroix et Géricault.

Distinctions et fonctions

  • Chevalier de la Légion d’honneur en 1870.
  • Sculpteur associé aux grands chantiers décoratifs parisiens du Second Empire.
  • Œuvres acquises ou commandées par l’État et conservées notamment au musée du Louvre, au musée d’Orsay et dans plusieurs collections publiques.
  • Rétrospective Auguste Préault (1809-1879), sculpteur romantique organisée en 1997 au musée d’Orsay, puis à Blois et Amsterdam.