Qui est Christine Pascal ?
Nom complet : Christine Pascal.
Naissance : 29 novembre 1953 (Lyon, France).
Mort : 31 août 1996 (Garches, France) à 42 ans.
Activité : actrice, scénariste et réalisatrice franco-suisse.
Notoriété : interprète révélée par Bertrand Tavernier et réalisatrice du film Le Petit Prince a dit, prix Louis-Delluc 1992.
Où se trouve la tombe de Christine Pascal ?
La tombe de Christine Pascal se trouve dans la division 8 du cimetière du Père-Lachaise.

Le monument funéraire de Christine Pascal au Père-Lachaise
La sépulture de Christine Pascal est une tombe sobre, constituée d’une dalle claire et d’une stèle verticale. Son nom y est gravé avec les années 1953-1996 et la mention « comédienne & cinéaste », qui résume les deux versants d’une carrière menée devant et derrière la caméra.


Biographie de Christine Pascal
Christine Pascal naît le 29 novembre 1953 à Lyon. Elle grandit dans cette ville et commence par étudier les lettres à l’université, tout en suivant les cours du conservatoire d’art dramatique de Lyon. Cette double formation, littéraire et théâtrale, annonce déjà les trois métiers qu’elle exercera : interpréter, écrire et mettre en scène. À vingt ans, elle appartient à une génération de jeunes comédiennes décidées à trouver leur place dans un cinéma français en pleine transformation.
Lyon, le théâtre et la rencontre avec Bertrand Tavernier
Le tournant vient avec Bertrand Tavernier, lui-même lyonnais et alors au début de sa carrière de réalisateur. Christine Pascal apparaît dans L’Horloger de Saint-Paul, tourné à Lyon en 1973 et sorti en 1974. Elle y tient un petit rôle, mais cette première expérience ouvre une collaboration durable. Tavernier apprécie son intensité, sa vivacité et la manière dont elle refuse les personnages décoratifs. Il la dirige ensuite dans Que la fête commence, fresque historique située sous la Régence.
Dans ce film, sorti en 1975, elle interprète Émilie, une jeune femme prise dans la violence politique et sociale de l’époque. Sa composition lui vaut une nomination au premier César de la meilleure actrice dans un second rôle, en 1976. À vingt-deux ans, elle n’est plus seulement une débutante : son jeu nerveux et direct l’installe parmi les actrices françaises les plus prometteuses de sa génération.
La même période la voit partager un appartement avec Isabelle Adjani et Isabelle Huppert, toutes trois encore jeunes et au seuil de carrières considérables. Christine Pascal suit pourtant une trajectoire distincte. Elle cherche rapidement à comprendre comment un film s’écrit et se construit, et non à accumuler les rôles. Cette curiosité pour la fabrication des récits devient une constante de son parcours.

Une actrice du cinéma d’auteur
En 1974, Christine Pascal obtient son premier rôle important dans Les Guichets du Louvre de Michel Mitrani, adaptation du récit de Roger Boussinot sur la rafle du Vélodrome d’Hiver. Elle incarne Jeanne, une jeune femme juive qu’un étudiant tente de sauver. Le film lui confie une présence plus grave et place son jeu au cœur d’un épisode historique douloureux.
Elle retrouve Tavernier pour Le Juge et l’Assassin en 1976, puis pour Des enfants gâtés l’année suivante. Sur ce dernier film, elle ne se contente pas de jouer : elle participe au scénario avec le réalisateur et Charlotte Dubreuil. L’écriture devient alors une pratique concrète, nourrie par le travail des acteurs, les tensions entre individus et l’observation des rapports de pouvoir.
Christine Pascal tourne également sous la direction de Patricia Moraz dans Les Indiens sont encore loin, avec Isabelle Huppert et Nicole Garcia. Elle rejoint ensuite Andrzej Wajda pour Les Demoiselles de Wilko, présenté en compétition à Cannes en 1979. Sa filmographie d’actrice traverse ainsi plusieurs cinématographies européennes et privilégie souvent des œuvres exigeantes, où les personnages féminins échappent aux rôles convenus.

Félicité, le passage derrière la caméra
À la fin des années 1970, Christine Pascal franchit une étape encore peu fréquente pour une jeune actrice : elle écrit et réalise son premier long métrage. Félicité, tourné en 1978 et sorti en 1979, est une œuvre personnelle dans laquelle elle tient aussi le rôle principal. Le film suit une femme qui examine sa vie sentimentale et sexuelle sans chercher à se conformer à une image exemplaire.
Cette première réalisation étonne par sa franchise. Pascal aborde le désir, la dépendance affective, l’autonomie et la difficulté de se raconter. Elle refuse aussi bien la morale traditionnelle que les discours trop simples sur l’émancipation. La mise en scène, parfois heurtée, épouse les contradictions du personnage. Félicité contient déjà les thèmes qui reviendront dans toute son œuvre : l’intimité comme terrain de lutte, la violence des sentiments, l’humour mêlé à la cruauté et la fragilité des identités.
En 1978, pendant le tournage des Petites Fugues d’Yves Yersin, où elle travaille comme assistante de production, elle rencontre le producteur suisse Robert Boner. Ils se marient en 1982. Christine Pascal acquiert alors la nationalité suisse, sans rompre avec le cinéma français. Cette double appartenance lui permet de travailler entre Paris et la Suisse et donne à ses films un cadre de production souvent transnational.
La Garce et Zanzibar : filmer les rapports de force
Après Félicité, Christine Pascal renonce à jouer dans ses propres films pour se concentrer sur l’écriture et la direction. Elle réalise La Garce en 1984, avec Isabelle Huppert, Richard Berry et Vittorio Mezzogiorno. Le film reprend certains codes du film noir : désir, manipulation, argent et violence s’y nouent autour d’une héroïne dont les motivations restent difficiles à enfermer dans une interprétation unique.
La réception critique est partagée, mais le film confirme son goût pour les personnages inconfortables et les relations où personne n’est innocent. Elle revient à la réalisation avec Zanzibar en 1989. Cette satire du milieu du cinéma observe les ambitions, les humiliations et les dépendances qui entourent la préparation d’un film. Pascal connaît intimement cet univers ; elle le regarde sans complaisance, mais aussi sans se placer à l’extérieur du système qu’elle décrit.
En parallèle, elle continue d’apparaître comme actrice, de manière plus espacée. On la voit dans Coup de foudre de Diane Kurys, Train d’enfer de Roger Hanin et Autour de minuit de Bertrand Tavernier. Elle tourne également pour la télévision et incarne en 1983 Alice Guy, l’une des premières réalisatrices de l’histoire du cinéma, dans Elle voulait faire du cinéma de Caroline Huppert. Ce rôle prend une résonance particulière dans son propre parcours de cinéaste.
Le Petit Prince a dit, la reconnaissance
En 1992, Christine Pascal réalise Le Petit Prince a dit, avec Richard Berry, Anémone et la jeune Marie Kleiber. Le récit suit des parents séparés qui apprennent que leur fille est atteinte d’une maladie grave. Le sujet pourrait appeler le mélodrame ; Pascal choisit une mise en scène retenue, attentive aux gestes, aux silences et aux réactions contradictoires des adultes. La maladie révèle l’amour familial, mais aussi les rancœurs, les lâchetés et les limites de chacun.
Le film est présenté à la Quinzaine des cinéastes et reçoit le prix Louis-Delluc. Le scénario est également récompensé au Festival international du film de Montréal. Aux César de 1993, l’œuvre est nommée pour le meilleur film et Christine Pascal pour la meilleure réalisation. Elle devient alors l’une des rares femmes citées dans cette catégorie depuis la création de la cérémonie.
Le Petit Prince a dit demeure son film le plus reconnu. Sa force tient à l’équilibre entre l’observation réaliste et la forme du conte. La réalisatrice ne transforme pas la souffrance en leçon ; elle filme une famille qui tente de recomposer le temps dont elle dispose. Cette approche directe, sans effets inutiles, donne au récit une émotion durable.


Adultère (mode d’emploi) et les dernières années
Son cinquième long métrage, Adultère (mode d’emploi), sort en 1995. Avec Richard Berry, Karin Viard et Vincent Cassel, elle revient au couple et aux mensonges de la vie bourgeoise. L’adultère n’est pas traité comme une simple péripétie comique : il devient un révélateur des arrangements, des frustrations et de la part de jeu qui se glisse dans les relations. Le ton, mordant et parfois cruel, prolonge les recherches engagées dès Félicité.
Christine Pascal continue aussi de jouer. Elle apparaît notamment dans Rien que des mensonges de Paule Muret, puis dans Regarde les hommes tomber, premier long métrage de Jacques Audiard, en 1994. Cette activité d’interprète nourrit toujours son travail avec les comédiens. Ses films reposent moins sur la démonstration formelle que sur les visages, les rythmes de parole et les changements presque imperceptibles d’un rapport humain.
En 1995, elle préside le jury du concours d’entrée de La Fémis. Cette fonction témoigne de la reconnaissance acquise par une réalisatrice qui n’a pourtant signé que cinq longs métrages. Son parcours reste marqué par la difficulté de financer et de défendre des projets personnels, particulièrement pour les femmes cinéastes de sa génération.
Mort et redécouverte d’une œuvre
Christine Pascal traverse une période de grave souffrance psychique. Hospitalisée à Garches, elle meurt le 31 août 1996 après s’être défenestrée de l’établissement. Elle a 42 ans. Cette mort par suicide ne doit pas réduire une vie et une œuvre à leur fin tragique. Elle interrompt néanmoins brutalement une carrière qui venait d’obtenir une reconnaissance tardive et qui semblait encore ouverte à de nouveaux projets.
Elle est inhumée au cimetière du Père-Lachaise, dans la division 8. Les rétrospectives, les restaurations et les travaux consacrés aux réalisatrices ont depuis favorisé une nouvelle lecture de ses films. La Cinémathèque suisse, qui conserve des archives liées à son parcours, a notamment remis en lumière la cohérence de son œuvre. À Lyon, une allée porte aujourd’hui son nom, rappelant ses origines et son lien avec la ville où elle découvrit le théâtre.
De Félicité à Adultère (mode d’emploi), Christine Pascal a construit une filmographie brève mais profondément personnelle. Elle y observe les liens amoureux et familiaux sans idéalisation, accorde aux femmes le droit à la contradiction et dirige ses acteurs au plus près de leurs fragilités. Son passage précoce de l’interprétation à la réalisation en fait aussi une pionnière discrète d’un mouvement aujourd’hui mieux reconnu : celui des actrices qui revendiquent la maîtrise complète de leurs récits.

Œuvres principales
- Comme réalisatrice et scénariste : Félicité (1979), La Garce (1984), Zanzibar (1989), Le Petit Prince a dit (1992), Adultère (mode d’emploi) (1995).
- Comme scénariste : Des enfants gâtés de Bertrand Tavernier (1977).
- Comme actrice : Les Guichets du Louvre (1974), L’Horloger de Saint-Paul (1974), Que la fête commence (1975), Le Juge et l’Assassin (1976), Des enfants gâtés (1977), Les Indiens sont encore loin (1977), Les Demoiselles de Wilko (1979), Coup de foudre (1983), Autour de minuit (1986), Regarde les hommes tomber (1994).
Distinctions et fonctions
- Nomination au César de la meilleure actrice dans un second rôle pour Que la fête commence (1976).
- Prix Louis-Delluc pour Le Petit Prince a dit (1992).
- Prix du scénario au Festival international du film de Montréal pour Le Petit Prince a dit (1992).
- Nominations aux César du meilleur film et de la meilleure réalisation pour Le Petit Prince a dit (1993).
- Présidente du jury du concours d’entrée de La Fémis (1995).