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MUSSET Alfred de

Qui est Alfred de Musset ?

Nom complet : Louis Charles Alfred de Musset-Pathay.
Naissance : 11 décembre 1810 (Paris, France).
Mort : 2 mai 1857 (Paris, France) à 46 ans.
Activités principales : poète, dramaturge, romancier et nouvelliste.
Notoriété : grande voix du romantisme français, auteur de Lorenzaccio, On ne badine pas avec l’amour, Les Nuits et La Confession d’un enfant du siècle.

Où se trouve la tombe d’Alfred de Musset ?

La tombe d’Alfred de Musset se trouve dans la division 4 du cimetière du Père-Lachaise, au bord de l’avenue Principale.

Plan du cimetière du Père-Lachaise indiquant la division 4
Plan des divisions du cimetière du Père-Lachaise : Alfred de Musset repose dans la division 4.

Le monument funéraire d’Alfred de Musset au Père-Lachaise

Le monument est dominé par un buste en marbre blanc du poète, signé par Jean-Auguste Barré et daté de 1858. Le visage est légèrement tourné, dans une image à la fois officielle et méditative. Le buste repose sur un haut piédestal. Au-dessous apparaissent une lyre, des lauriers et une palme, symboles de la poésie, de la gloire littéraire et de la renommée.

Le tombeau porte plusieurs titres majeurs de Musset, parmi lesquels Lorenzaccio, Le Caprice, Frédéric et Bernerette, Mardoche, Namouna, Rolla et Les Nuits. Il reproduit également les vers dans lesquels le poète demandait à ses amis de planter un saule au cimetière. Ce souhait fut respecté, même si l’arbre dut être renouvelé à plusieurs reprises. Au revers figurent des vers de Rappelle-toi. Son père, Victor-Donatien de Musset-Pathay, et sa mère, Edmée-Claudette Guyot-Desherbiers, reposent aussi dans cette concession familiale.

Tombe d’Alfred de Musset au Père-Lachaise
Vue générale de la tombe d’Alfred de Musset, division 4. Photo : ManoSolo13241324 / Wikimedia Commons, CC0 1.0.
Buste en marbre d’Alfred de Musset sur sa tombe
Le buste en marbre d’Alfred de Musset par Jean-Auguste Barré. Photo : Pierre André / Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0.

Biographie d’Alfred de Musset

Alfred de Musset naît à Paris le 11 décembre 1810 dans une famille cultivée et aisée. Son père, Victor-Donatien de Musset-Pathay, est haut fonctionnaire et spécialiste de Jean-Jacques Rousseau ; sa mère, Edmée-Claudette Guyot-Desherbiers, appartient elle aussi à un milieu lettré. Son frère aîné Paul deviendra écrivain et jouera plus tard un rôle important dans la conservation de sa mémoire. Dans cette maison où les livres occupent une place centrale, Alfred reçoit très tôt une solide formation classique.

Un élève brillant attiré par tous les arts

Entré au collège Henri-IV, Musset se distingue par ses résultats et obtient en 1827 un prix de dissertation latine au Concours général. Pourtant, à la sortie du collège, il hésite sur la direction à donner à sa vie. Il commence successivement des études de médecine et de droit, s’intéresse au dessin, à la musique et à l’anglais, mais ne poursuit aucune de ces voies. La littérature s’impose peu à peu, moins comme un métier organisé que comme l’espace où peuvent se rejoindre son goût de la forme, son ironie et sa sensibilité.

À dix-sept ans, il fréquente le salon de Charles Nodier à l’Arsenal, lieu de rencontre de la jeune génération romantique. Il y côtoie Victor Hugo, Alfred de Vigny, Sainte-Beuve, Prosper Mérimée et les frères Deschamps. Il assiste aux débats qui opposent les romantiques aux défenseurs des règles classiques, mais refuse bientôt de s’enfermer dans une école. Sa poésie emprunte au romantisme son goût de la passion, de l’Espagne, de l’Italie et du mal du siècle, tout en conservant une clarté, une rapidité et un sens de la conversation hérités du XVIIIe siècle.

Portrait d’Alfred de Musset jeune homme
Portrait d’Alfred de Musset, poète et auteur dramatique. Musée Carnavalet, Paris Musées / Wikimedia Commons, domaine public.

L’éclat des premières poésies

En 1829 paraît Contes d’Espagne et d’Italie. Musset n’a pas encore dix-neuf ans. Le recueil frappe par sa virtuosité, son insolence et son mélange de lyrisme et de parodie. Il y met en scène des passions violentes, des décors méridionaux et des personnages emportés, tout en gardant une distance moqueuse envers les poses romantiques. Les poèmes Don Paez, Portia ou Mardoche révèlent un auteur capable de passer d’un registre à l’autre sans perdre sa voix.

Le jeune écrivain mène parallèlement une vie mondaine et fréquente les théâtres. Sa première pièce représentée, La Nuit vénitienne, connaît toutefois un échec à l’Odéon en décembre 1830. Musset en tire une décision décisive : il écrira désormais un théâtre libéré des contraintes immédiates de la scène. Sous le titre Un spectacle dans un fauteuil, il publie des pièces destinées d’abord à la lecture. Ce retrait apparent lui permet d’inventer un théâtre d’une exceptionnelle liberté, où les changements de lieux, les variations de ton et les mouvements intérieurs des personnages ne sont plus limités par les habitudes scéniques de son temps.

Illustration du Chandelier d’Alfred de Musset
Illustration de Le Chandelier d’Alfred de Musset par Alexandre Bida. Wikimedia Commons, domaine public.

George Sand, Venise et la crise intime

En 1833, Alfred de Musset rencontre George Sand. Elle est déjà une romancière reconnue, indépendante, de six ans son aînée. Leur liaison devient l’un des épisodes les plus commentés du romantisme français, mais elle ne se réduit pas à une légende sentimentale : elle met en présence deux écrivains aux caractères, aux rythmes de travail et aux conceptions de l’amour très différents. À la fin de l’année, ils partent ensemble pour l’Italie. À Venise, Musset tombe gravement malade. George Sand se rapproche du médecin Pietro Pagello. Ruptures, réconciliations et lettres passionnées se succèdent jusqu’à leur séparation définitive en 1835.

Cette expérience nourrit une part essentielle de l’œuvre. Dans La Confession d’un enfant du siècle, publiée en 1836, Musset transforme la crise personnelle en portrait d’une génération née après l’Empire, privée des grandes espérances de ses aînés et gagnée par le doute. Le narrateur Octave analyse jalousie, orgueil, désir de croire et incapacité à faire confiance. George Sand répondra bien plus tard avec Elle et Lui, tandis que Paul de Musset publiera Lui et Elle. Derrière ces règlements littéraires demeure une correspondance qui éclaire deux œuvres majeures du XIXe siècle.

Portrait de George Sand, liée à Alfred de Musset
George Sand, dont la relation avec Musset marque profondément sa vie et son œuvre, peinte par Auguste Charpentier. Wikimedia Commons, domaine public.

Les grandes pièces : de Marianne à Lorenzaccio

Les années 1833 à 1836 sont d’une fécondité remarquable. Musset écrit Les Caprices de Marianne, Fantasio, On ne badine pas avec l’amour, André del Sarto, Le Chandelier et Il ne faut jurer de rien. Sous l’élégance des dialogues, ces œuvres interrogent l’inconstance, la sincérité et les dangers du jeu amoureux. Le langage peut séduire, protéger ou tromper ; les personnages découvrent souvent trop tard que les sentiments ne se manipulent pas sans conséquence.

Lorenzaccio, publié en 1834, occupe une place à part. Inspiré de la Florence des Médicis, le drame montre Lorenzo préparant l’assassinat du duc Alexandre tout en se corrompant au contact du monde qu’il veut détruire. La pièce associe intrigue politique, méditation sur l’action et portrait d’un héros divisé. Longtemps jugée impossible à monter en raison de son ampleur et de ses nombreux changements de décor, elle ne sera créée sur scène qu’en 1896, avec Sarah Bernhardt dans le rôle-titre. Elle est aujourd’hui considérée comme l’un des sommets du théâtre romantique.

Illustration d’une œuvre d’Alfred de Musset par Alexandre Bida
Illustration de Frédéric et Bernerette par Alexandre Bida, témoin de la diffusion illustrée des œuvres de Musset. Wikimedia Commons, domaine public.

Les Nuits et la voix lyrique

La poésie de la maturité approfondit la relation entre souffrance, mémoire et création. Le cycle des NuitsLa Nuit de mai, La Nuit de décembre, La Nuit d’août et La Nuit d’octobre — met en dialogue le Poète et la Muse. L’inspiration y apparaît comme une exigence : la douleur intime ne vaut pas par elle-même, mais par la forme que l’artiste lui donne. Rolla, Le Souvenir, Tristesse et Rappelle-toi comptent également parmi les textes les plus célèbres de Musset.

Son lyrisme semble parfois spontané, presque parlé, mais cette simplicité est travaillée. Musset recherche la cadence juste, la netteté de l’image et l’émotion directe. Il se méfie des systèmes philosophiques et des proclamations collectives. Sa poésie reste liée à une expérience individuelle : aimer, perdre, douter, se souvenir. Cette proximité explique la faveur durable dont elle jouit auprès des lecteurs, bien au-delà des débats littéraires de son siècle.

Le retour au théâtre et la reconnaissance

À partir de 1847, le destin scénique de son œuvre change. Un Caprice, d’abord joué en Russie puis repris à la Comédie-Française, remporte un succès qui conduit les théâtres à redécouvrir ses pièces. Il faut qu’une porte soit ouverte ou fermée, Il ne faut jurer de rien, Le Chandelier et Les Caprices de Marianne entrent progressivement au répertoire. Vingt-trois de ses œuvres seront admises à la Comédie-Française ; Musset y demeure l’un des auteurs les plus représentés.

Sa situation officielle se stabilise aussi. Sous la monarchie de Juillet, il est bibliothécaire au ministère de l’Intérieur. Révoqué après la révolution de 1848, il obtient ensuite un poste au ministère de l’Instruction publique. Nommé chevalier de la Légion d’honneur en 1845, il tente à plusieurs reprises d’entrer à l’Académie française. Après des échecs en 1848 et 1850, il est élu au fauteuil 10 le 12 février 1852 et reçu le 27 mai suivant par Désiré Nisard.

Maison d’Alfred de Musset rue du Mont-Thabor à Paris
La maison d’Alfred de Musset, 6 rue du Mont-Thabor à Paris, dessin daté de 1890. Paris Musées / Wikimedia Commons, domaine public.

Les dernières années

La santé de Musset se dégrade durant les années 1840 et 1850. Sa production devient plus irrégulière, même s’il continue d’écrire poèmes, contes et pièces brèves. Les succès tardifs de son théâtre et son élection à l’Académie lui apportent une reconnaissance institutionnelle qu’il avait longtemps attendue. En 1857, déjà très affaibli, il se déplace encore pour voter en faveur de la candidature d’Émile Augier à l’Académie française.

Alfred de Musset meurt à Paris le 2 mai 1857, à quarante-six ans. Il est inhumé au Père-Lachaise. Son frère Paul publie ensuite une biographie qui contribue à fixer son image. Le théâtre de Musset, longtemps conçu pour la lecture, conquiert pleinement la scène après sa mort. Sa manière d’unir légèreté de la conversation et gravité du sentiment, comédie de mœurs et drame intérieur, explique la permanence de pièces comme On ne badine pas avec l’amour ou Lorenzaccio. Ses poèmes et son roman autobiographique continuent, eux aussi, de donner une forme singulière aux blessures et aux contradictions de la jeunesse romantique.

Œuvres principales

  • Contes d’Espagne et d’Italie (1829-1830).
  • Un spectacle dans un fauteuil (1832-1834).
  • Les Caprices de Marianne (1833).
  • Rolla (1833).
  • Lorenzaccio (1834).
  • Fantasio (1834).
  • On ne badine pas avec l’amour (1834).
  • Le Chandelier (1835).
  • Cycle des Nuits (1835-1837).
  • Il ne faut jurer de rien (1836).
  • La Confession d’un enfant du siècle (1836).
  • Un Caprice (1837).
  • Histoire d’un merle blanc (1842).
  • Il faut qu’une porte soit ouverte ou fermée (1845).

Distinctions et fonctions

  • Prix de dissertation latine au Concours général, 1827.
  • Bibliothécaire au ministère de l’Intérieur sous la monarchie de Juillet.
  • Chevalier de la Légion d’honneur, 24 avril 1845.
  • Bibliothécaire au ministère de l’Instruction publique sous le Second Empire.
  • Élu à l’Académie française au fauteuil 10 le 12 février 1852.
  • Reçu à l’Académie française le 27 mai 1852.
  • Vingt-trois pièces admises au répertoire de la Comédie-Française.