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MURAT Joachim

Qui est Joachim Murat ?

Nom complet : Joachim Murat.
Naissance : 25 mars 1767 (Labastide-Fortunière, France).
Mort : 13 octobre 1815 (Pizzo, Italie) à 48 ans, fusillé.
Activités principales : militaire et souverain.
Notoriété : maréchal d’Empire, grand-duc de Berg et de Clèves, puis roi de Naples sous le nom de Joachim-Napoléon.

Où se trouve la tombe de Joachim Murat ?

Le monument consacré à Joachim Murat se trouve dans la division 39 du cimetière du Père-Lachaise. Il s’agit d’un cénotaphe familial : le maréchal n’y est pas inhumé. Après son exécution, son corps fut placé dans une fosse commune du cimetière de l’église San Giorgio, à Pizzo, en Calabre.

Plan du cimetière du Père-Lachaise indiquant la division 39
Plan des divisions du cimetière du Père-Lachaise : le cénotaphe de Joachim Murat se trouve dans la division 39.

Le monument funéraire de Joachim Murat au Père-Lachaise

La sépulture familiale Murat sert de monument commémoratif à Joachim Murat et à son épouse Caroline Bonaparte, sœur de Napoléon Ier, qui repose pour sa part à Florence. La stèle porte un médaillon de profil du maréchal et une inscription « À la mémoire de Joachim Murat », formulation qui confirme la fonction de cénotaphe du monument. Ses titres de maréchal de France, grand-duc de Berg et de Clèves et roi de Naples y sont rappelés.

Plusieurs descendants reposent réellement dans le caveau, notamment le prince Joachim Murat, prince de Ponte-Corvo et général du Second Empire, son épouse Malcy Berthier de Wagram, ainsi que Joachim Louis Napoléon Murat, officier de la Résistance mort pour la France en 1944.

Cénotaphe de Joachim Murat au Père-Lachaise
Vue générale du cénotaphe familial de Joachim Murat, division 39. Photo : Coyau / Wikimedia Commons, CC BY-SA 3.0.
Médaillon de Joachim Murat sur le cénotaphe familial
Le médaillon et les inscriptions du monument à la mémoire de Joachim Murat. Photo : Coyau / Wikimedia Commons, CC BY-SA 3.0.

Biographie de Joachim Murat

Joachim Murat naît le 25 mars 1767 à Labastide-Fortunière, aujourd’hui Labastide-Murat, dans le Quercy. Il est le fils de Pierre Murat-Jordy, aubergiste et maître de poste, et de Jeanne Loubières. Sa famille le destine d’abord à l’Église. Boursier au collège de Cahors, puis élève au séminaire de Toulouse, il abandonne cependant cette voie. Le jeune homme préfère la carrière des armes et s’engage en 1787 dans un régiment de chasseurs à cheval. Son tempérament indiscipliné provoque un premier renvoi, mais la Révolution française lui ouvre bientôt de nouvelles perspectives.

De la Révolution à Bonaparte

En 1792, Murat sert dans la Garde constitutionnelle de Louis XVI, avant de rejoindre le 12e régiment de chasseurs à cheval. Républicain, énergique et ambitieux, il gravit rapidement les échelons dans une armée renouvelée par les départs d’officiers nobles. Le tournant décisif survient lors de l’insurrection royaliste du 13 vendémiaire an IV, en octobre 1795. Chargé de ramener des canons de la plaine des Sablons, il fournit à Bonaparte l’artillerie qui permet de défendre la Convention. Le général corse remarque cet officier de cavalerie audacieux et en fait bientôt son aide de camp.

Murat participe aux campagnes d’Italie de 1796 et 1797. À Dego, Mondovi, Rovereto et dans plusieurs autres combats, il se distingue par sa capacité à entraîner les cavaliers dans des charges rapides. Il suit ensuite Bonaparte en Égypte. Blessé lors de la prise d’Alexandrie, il joue un rôle spectaculaire à la bataille terrestre d’Aboukir en juillet 1799 : à la tête de sa cavalerie, il contribue à la défaite de l’armée ottomane et capture son commandant, Mustapha Pacha. Promu général de division, il revient en France avec Bonaparte.

Portrait de Joachim Murat en uniforme
Joachim Murat en uniforme, portrait d’après François Gérard. Paris Musées / Wikimedia Commons, domaine public.

Le mariage avec Caroline Bonaparte

Le 18 Brumaire, le 9 novembre 1799, Murat intervient au Conseil des Cinq-Cents et aide Bonaparte à imposer le coup d’État qui fonde le Consulat. Sa proximité avec le nouveau maître de la France devient aussi familiale. Le 20 janvier 1800, il épouse civilement Caroline Bonaparte, sœur cadette de Napoléon. Le couple aura quatre enfants : Achille, Laetitia, Lucien et Louise. Cette union place Murat au cœur de la famille impériale, mais elle n’est pas seulement politique : les deux époux forment une association ambitieuse, attentive à son rang et à l’avenir de sa dynastie.

Durant la seconde campagne d’Italie, Murat commande la cavalerie et se signale à Marengo en juin 1800. Il exerce ensuite des responsabilités en Italie, notamment dans le royaume de Naples, et consolide sa réputation de chef de cavalerie. Son apparence contribue à sa légende : uniformes éclatants, plumets, broderies et goût de la mise en scène le rendent immédiatement reconnaissable. Cette flamboyance ne doit pas masquer ses qualités tactiques. Sur un champ de bataille, il sait observer le moment où une masse de cavaliers peut rompre une ligne et transformer un affrontement.

Acte de mariage de Joachim Murat et Caroline Bonaparte
Acte de mariage de Joachim Murat et Marie-Annonciade, dite Caroline Bonaparte, en 1800. Archives nationales / Wikimedia Commons, domaine public.

Maréchal d’Empire et grand chef de cavalerie

Lorsque Napoléon proclame l’Empire, Murat est élevé à la dignité de maréchal en mai 1804. Grand amiral et prince français, il commande la réserve de cavalerie de la Grande Armée. Pendant la campagne de 1805, ses troupes poursuivent les Autrichiens, participent à la prise de Vienne et jouent un rôle essentiel à Austerlitz. En 1806, il combat à Iéna et mène la poursuite qui désorganise l’armée prussienne. À Eylau, en février 1807, il dirige une charge gigantesque de cavalerie destinée à dégager le centre français menacé.

Napoléon récompense cette fidélité et ces succès. En 1806, Murat devient grand-duc de Berg et de Clèves, à la tête d’un État allemand réorganisé dans l’orbite française. Il y met en place une administration inspirée des réformes napoléoniennes. En 1808, envoyé en Espagne, il réprime durement le soulèvement madrilène du 2 mai. Quelques semaines plus tard, Napoléon attribue le trône d’Espagne à son frère Joseph et confie à Murat le royaume de Naples. Il prend le nom de Joachim-Napoléon et entre solennellement dans sa capitale.

Joachim-Napoléon, roi de Naples

À Naples, Murat cherche à devenir un véritable souverain et non un simple lieutenant de l’Empereur. Il poursuit les réformes amorcées sous Joseph Bonaparte : modernisation administrative, application du Code civil, réorganisation de l’armée, abolition de certains privilèges féodaux et développement de l’enseignement. En octobre 1808, ses forces reprennent l’île de Capri aux Britanniques. Caroline participe activement à la vie de cour et au gouvernement.

Les relations avec Napoléon se tendent toutefois. Murat défend les intérêts de son royaume, souhaite une armée plus nationale et supporte mal les exigences financières et militaires de l’Empire. Il reste néanmoins un acteur indispensable des campagnes. En 1812, pendant l’invasion de la Russie, il commande une grande partie de la cavalerie et se bat à la Moskova. Ses charges impressionnent, mais les pertes, l’épuisement des chevaux et la retraite détruisent presque entièrement cette force. Murat quitte l’armée en janvier 1813 pour regagner Naples, puis revient combattre à Dresde et à Leipzig.

Campagne d’Italie menée par Joachim Murat en 1815
La guerre napolitaine de 1815, dernière campagne de Joachim Murat pour conserver son trône. Wikimedia Commons, domaine public.

Entre Napoléon et la sauvegarde du trône

Après la défaite de Leipzig, Murat estime que son trône ne survivra qu’en se séparant de Napoléon. En janvier 1814, il conclut un traité avec l’Autriche et promet des troupes aux Alliés. Ce changement de camp, souvent présenté comme une trahison, répond aussi à la crainte de voir les Bourbons de Naples restaurés. Les vainqueurs de l’Empire se méfient pourtant de lui, et le retour de Napoléon de l’île d’Elbe rend sa position encore plus fragile.

En mars 1815, Murat lance ses troupes vers le nord de l’Italie et publie la proclamation de Rimini, appelant les Italiens à combattre pour leur indépendance. L’offensive échoue. Battu par les Autrichiens à Tolentino les 2 et 3 mai, il perd Naples et s’enfuit. Réfugié en France pendant les Cent-Jours, il ne reçoit pas de commandement de Napoléon et ne participe pas à Waterloo. Après la seconde abdication de l’Empereur, il gagne la Corse.

Proclamation de Rimini de Joachim Murat en 1815
La proclamation de Rimini du 18 mars 1815, par laquelle Murat appelle les Italiens à l’indépendance. Wikimedia Commons, domaine public.

La tentative de Pizzo et l’exécution

Persuadé qu’une partie de la population napolitaine lui demeure fidèle, Murat prépare une expédition pour reconquérir son royaume. Il quitte Ajaccio à la fin de septembre 1815 avec quelques navires et un petit groupe de partisans. Les tempêtes dispersent la flottille. Le 8 octobre, il débarque à Pizzo, en Calabre, mais l’accueil espéré ne se produit pas. Pourchassé, arrêté et enfermé dans le château, il est jugé par une commission militaire du roi Ferdinand Ier.

Condamné à mort le 13 octobre 1815, Murat est fusillé le jour même dans la cour du château. Il refuse, selon les témoignages, qu’on lui bande les yeux et demande aux soldats d’épargner son visage et de viser au cœur. Son corps est enseveli dans une fosse commune dépendant de l’église San Giorgio de Pizzo. L’absence de sépulture identifiée explique la création de monuments commémoratifs, dont le cénotaphe familial du Père-Lachaise.

Exécution de Joachim Murat à Pizzo en 1815
Représentation de l’exécution de Joachim Murat à Pizzo, le 13 octobre 1815. Wikimedia Commons, domaine public.

Soldat issu d’un milieu modeste devenu roi, Murat incarne l’extraordinaire mobilité sociale permise par la Révolution et l’Empire. Sa réputation militaire repose surtout sur son courage personnel, son sens de la charge et son aptitude à commander de grandes masses de cavalerie. Son action politique à Naples demeure plus discutée, entre réformes réelles, dépendance envers l’Empire et ambition dynastique. Son nom est gravé sous l’Arc de triomphe de l’Étoile, tandis que portraits, uniformes et récits de bataille ont entretenu la mémoire de l’un des maréchaux les plus reconnaissables de l’épopée napoléonienne.

Principales campagnes et réalisations

  • Campagne d’Italie : Dego, Mondovi et poursuite des armées autrichiennes, 1796-1797.
  • Campagne d’Égypte et victoire terrestre d’Aboukir, 1799.
  • Participation au coup d’État du 18 Brumaire, 1799.
  • Batailles de Marengo, Austerlitz, Iéna, Eylau, la Moskova, Dresde et Leipzig.
  • Gouvernement du grand-duché de Berg et de Clèves, 1806-1808.
  • Règne à Naples sous le nom de Joachim-Napoléon, 1808-1815.
  • Réformes administratives et militaires du royaume de Naples.
  • Proclamation de Rimini en faveur de l’indépendance italienne, 1815.

Distinctions et fonctions

  • Général de division, 1799.
  • Maréchal d’Empire, 1804.
  • Grand amiral de l’Empire et prince français.
  • Grand-duc de Berg et de Clèves, 1806-1808.
  • Roi de Naples sous le nom de Joachim-Napoléon, 1808-1815.
  • Grand aigle de la Légion d’honneur.
  • Nom gravé sous l’Arc de triomphe de l’Étoile.