Qui est Georges Moustaki ?
Nom complet : Giuseppe Mustacchi, également enregistré sous le prénom Yussef.
Naissance : 3 mai 1934 (Alexandrie, Égypte).
Mort : 23 mai 2013 (Nice, France) à 79 ans.
Nom de scène : Georges Moustaki.
Nationalités : grecque, puis française à partir de 1985.
Activités : auteur-compositeur-interprète, parolier, peintre, écrivain et acteur.
Notoriété : auteur de Milord pour Édith Piaf et interprète du Métèque, de Ma liberté, Ma solitude et Il est trop tard.
Où se trouve la tombe de Georges Moustaki ?
La tombe de Georges Moustaki se trouve dans la division 95 du cimetière du Père-Lachaise, le long de l’avenue transversale no 2.

Le monument funéraire de Georges Moustaki au Père-Lachaise
Georges Moustaki fut d’abord placé dans un caveau provisoire le 27 mai 2013, avant d’être transféré dans sa sépulture définitive de la division 95. Ses obsèques furent célébrées selon le rite juif. Le monument, très sobre, se compose d’une dalle de pierre claire légèrement inclinée et d’une stèle basse. Son nom d’artiste, devenu son identité publique, y apparaît avec ses dates de naissance et de mort.


Biographie de Georges Moustaki
Georges Moustaki naît le 3 mai 1934 à Alexandrie sous le nom de Giuseppe Mustacchi ; l’état civil égyptien l’enregistre également comme Yussef. Ses parents, Nessim et Sarah, sont des Juifs grecs romaniotes originaires de Corfou, de langue italienne. Dans l’Alexandrie cosmopolite de l’entre-deux-guerres, l’enfant entend le grec, l’italien, l’arabe et le français. Son père tient une librairie francophone et l’inscrit, avec ses sœurs, au lycée français. Les livres, la poésie et les chansons de la métropole occupent donc très tôt une place centrale dans sa formation.
Alexandrie, une enfance entre plusieurs cultures
Cette enfance méditerranéenne explique une part essentielle de son œuvre. Moustaki ne se définira jamais par une origine unique : il se dira volontiers étranger partout et chez lui dans plusieurs langues. La culture française lui parvient par l’école et la librairie familiale, tandis que le port d’Alexandrie lui offre le spectacle quotidien du voyage. Charles Trenet, Édith Piaf et surtout Georges Brassens deviennent des références bien avant qu’il ne les rencontre.
À dix-sept ans, en 1951, il quitte l’Égypte pour Paris. Il rejoint sa sœur Marcelle et le mari de celle-ci, le poète et libraire Jean-Pierre Rosnay. Le jeune homme vend des livres de poésie au porte-à-porte, écrit quelques articles, puis travaille comme barman dans un piano-bar. Ces emplois lui permettent de fréquenter Saint-Germain-des-Prés, ses cabarets, ses auteurs et ses musiciens. Il découvre un monde où la chanson peut être une forme littéraire à part entière.

Le choix d’un prénom et l’apprentissage du métier
Lorsqu’il entend Georges Brassens sur scène, il reçoit ce qu’il décrira comme une révélation. Brassens lui montre qu’un homme seul, accompagné d’une guitare, peut imposer une écriture singulière sans se plier aux usages du music-hall. Moustaki adopte le prénom Georges en hommage à son aîné, qui l’encourage et lui donne des conseils. Il commence à proposer ses textes à des interprètes, tout en apprenant la prosodie, la composition et les exigences concrètes du métier.
Il écrit d’abord pour d’autres voix. Henri Crolla le présente en 1958 à Édith Piaf. Entre le jeune auteur et la chanteuse s’établissent une collaboration intense et une brève liaison. Moustaki compose avec Marguerite Monnot Milord, dont Piaf fait un succès international. Cette réussite le place parmi les paroliers recherchés. Il travaille ensuite pour Yves Montand, Juliette Gréco, Dalida, Henri Salvador et surtout Serge Reggiani, qui interprète Ma liberté, Ma solitude, Votre fille a vingt ans et Sarah.
De l’auteur de l’ombre à l’interprète
Pendant les années 1960, Moustaki reste davantage connu des professionnels que du grand public. Sa voix douce, presque parlée, et son allure nonchalante ne correspondent pas aux canons des vedettes de variétés. Il enregistre pourtant ses propres chansons et construit un univers reconnaissable : la liberté, la solitude, l’amour sans possession, la route, le temps qui passe et la fraternité. Avec Barbara, il chante La Longue Dame brune, dialogue devenu l’une des rencontres emblématiques de la chanson rive gauche.
Son écriture évite les démonstrations. Les mélodies paraissent simples, mais reposent sur une grande précision rythmique et une connaissance intime des mots. Le narrateur de ses chansons se tient souvent en marge : voyageur, amant de passage ou homme refusant les contraintes. Cette posture n’est pas qu’une image publique. Moustaki mène une vie mobile, séjourne en Grèce et découvre bientôt le Brésil, dont les musiques transformeront profondément son travail.
Le Métèque, une chanson devenue manifeste
En 1968, dans le climat de Mai, il écrit et compose Le Métèque. Le mot, jusque-là péjoratif, désigne l’étranger avec mépris. Moustaki le retourne et en fait l’autoportrait fier d’un homme aux appartenances multiples. La chanson est d’abord refusée par certains interprètes et programmateurs. Enregistrée par son auteur, elle paraît en 1969 et rencontre un succès considérable en France puis à l’étranger. Sa première personne rassemble des images venues de ses origines juives, grecques et méditerranéennes sans les réduire à une identité administrative.
Le Métèque transforme sa carrière. En janvier 1970, il se produit en vedette à Bobino. Sa barbe, ses cheveux longs, sa guitare et son apparente tranquillité composent une silhouette immédiatement reconnaissable. Il enchaîne avec Il est trop tard, Le Temps de vivre, Joseph ou Il y avait un jardin. Derrière la douceur de l’interprétation, les textes défendent la liberté individuelle, la justice sociale et une relation plus fraternelle entre les peuples.
Engagements, Grèce et Mai 68
Moustaki ne sépare pas entièrement poésie et politique. Pendant Mai 1968, il chante dans des usines occupées. Le Temps de vivre accompagne l’imaginaire de cette période, tandis que Sans la nommer personnifie la révolution permanente. Lorsque la dictature des colonels s’installe en Grèce en 1967, il soutient les opposants et la diaspora. Il travaille avec Mikis Theodorakis après la libération du compositeur grec, adaptant notamment Nous sommes deux.
Son engagement demeure celui d’un artiste libertaire plutôt que d’un militant soumis à un appareil. Il se prononce contre les injustices, soutient des causes pacifistes et se montre solidaire des exilés. Cette dimension lui vaudra, en 1999, d’être nommé Artiste de l’UNESCO pour la paix, en reconnaissance de son action en faveur d’une culture de paix et du dialogue entre les peuples.
Le passeur des musiques du Brésil
Ses voyages au Brésil ouvrent une autre période majeure. Moustaki se lie avec des musiciens comme Vinicius de Moraes, Toquinho et Antônio Carlos Jobim. Il ne se contente pas d’emprunter les rythmes de la bossa nova : il traduit et adapte des textes en cherchant à préserver leur poésie. L’album Déclaration, publié en 1973, comprend notamment Le Quotidien, d’après Cotidiano, et Les Eaux de mars, adaptation d’Águas de Março.
Ce rôle de passeur contribue à faire connaître en France une musique populaire brésilienne plus riche que l’exotisme alors souvent associé au pays. Son répertoire accueille également des sonorités grecques, latino-américaines et orientales. Moustaki chante en plusieurs langues et se produit dans le monde entier. Ses tournées, du Japon à l’Amérique latine, installent durablement Le Métèque comme une chanson internationale.

Une œuvre multiple : chansons, livres, peinture et cinéma
La chanson reste le centre de son activité, mais Moustaki cultive d’autres formes. Il compose des musiques de films, notamment pour Solo de Jean-Pierre Mocky, et apparaît comme acteur. Il écrit des récits, des contes et des livres de souvenirs : Questions à la chanson, Les Filles de la mémoire, Fils du brouillard, Petite rue des Bouchers ou La Sagesse du faiseur de chanson. Ces ouvrages prolongent ses thèmes familiers : Alexandrie, la route, les amitiés artistiques et la liberté.
Il peint également pendant plusieurs décennies. Dessins, aquarelles et toiles témoignent d’un goût pour les couleurs franches, les figures et les paysages rencontrés au cours de ses voyages. Cette pratique, exposée au public, répond au même désir de simplicité que ses chansons. L’artiste cherche moins la virtuosité spectaculaire qu’une forme de présence immédiate.
Les dernières années
Naturalisé français en 1985, Moustaki poursuit ses tournées et ses enregistrements jusqu’aux années 2000. Installé sur l’île Saint-Louis, il conserve une vie ouverte aux rencontres et aux voyages. Son dernier album studio, Solitaire, paraît en 2008. La même année, il donne encore de nombreux concerts, mais un emphysème rend la respiration puis le chant de plus en plus difficiles. En janvier 2009, à Barcelone, il doit interrompre une représentation et expliquer son état au public.
En 2011, il annonce qu’il est définitivement incapable de chanter. Il continue néanmoins à écrire, à peindre et à recevoir des amis. Georges Moustaki meurt le 23 mai 2013 à Nice, des suites de sa maladie pulmonaire. Il avait 79 ans. Après une première inhumation provisoire, il rejoint sa sépulture définitive dans la division 95 du Père-Lachaise. En 2017, Paris donne son nom à une place située au bas de la rue Mouffetard, rappelant le lien profond entre le chanteur venu d’Alexandrie et la ville où il avait choisi de vivre.
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Œuvres principales
- Chansons interprétées : Le Métèque (1969), Ma liberté, Ma solitude, Il est trop tard, Le Temps de vivre, Joseph, Il y avait un jardin, Sans la nommer.
- Chansons écrites pour d’autres : Milord pour Édith Piaf ; Sarah, Votre fille a vingt ans et plusieurs titres popularisés par Serge Reggiani ; La Longue Dame brune avec Barbara.
- Albums représentatifs : Le Métèque (1969), Il y avait un jardin (1971), Danse (1972), Déclaration (1973), Les Amis de Georges (1974), Méditerranéen (1992), Solitaire (2008).
- Livres : Questions à la chanson (1973), Les Filles de la mémoire (1989), Fils du brouillard (2000), Petite rue des Bouchers (2001), Sept contes du pays d’en face (2006), La Sagesse du faiseur de chanson (2011).
- Cinéma : musique de Solo de Jean-Pierre Mocky (1969), ainsi que diverses compositions et apparitions à l’écran.
Distinctions et fonctions
- 1985 : naturalisation française.
- 30 mai 1996 : commandeur de l’ordre des Arts et des Lettres.
- 1999 : nommé Artiste de l’UNESCO pour la paix.
- Chevalier de la Légion d’honneur.
- Auteur, compositeur, interprète, parolier, peintre et écrivain ; passeur en France des musiques grecques et brésiliennes.