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MOUCHOTTE René

Qui est René Mouchotte ?

Nom complet : René Mouchotte.
Naissance : 21 août 1914 (Saint-Mandé, France).
Mort : 27 août 1943 (au-dessus de la Manche, secteur de Saint-Omer, France) à 29 ans, mort pour la France.
Activité : aviateur militaire, officier des Forces aériennes françaises libres.
Notoriété : Compagnon de la Libération et premier Français à commander une escadrille de chasse de la Royal Air Force.

Où se trouve la tombe de René Mouchotte ?

La tombe de René Mouchotte se trouve dans la division 69 du cimetière du Père-Lachaise, avenue de la Chapelle. Sa dépouille fut transférée dans le caveau familial en 1949.

Plan du cimetière du Père-Lachaise indiquant la division 69
Plan du cimetière du Père-Lachaise : la sépulture de René Mouchotte se trouve dans la division 69.

Le monument funéraire de René Mouchotte au Père-Lachaise

René Mouchotte repose dans une chapelle funéraire familiale établie dans une concession perpétuelle datant de 1873. Sa façade est fermée par une porte métallique ornée d’une grande croix de Lorraine, emblème de la France libre. À l’intérieur, une statuette de la Vierge est placée sur l’autel.

L’inscription consacrée à l’aviateur résume son engagement : Forces aériennes françaises libres, commandement du groupe de chasse Alsace, Légion d’honneur, croix de guerre, croix de la Libération, Distinguished Flying Cross et mention « Mort pour la France ». Plusieurs membres de la famille Mouchotte sont également inhumés dans cette chapelle.

Vue générale de la chapelle funéraire de René Mouchotte au Père-Lachaise
Vue générale de la chapelle de la famille Mouchotte, division 69. Photo : Pierre-Yves Beaudouin / Wikimedia Commons, CC BY-SA 3.0.
Croix de Lorraine et inscriptions de la tombe de René Mouchotte
La porte ornée de la croix de Lorraine et les inscriptions dédiées à René Mouchotte. Photo : Pierre-Yves Beaudouin / Wikimedia Commons, CC BY-SA 3.0.

Biographie de René Mouchotte

René Mouchotte naît le 21 août 1914 à Saint-Mandé, aux portes de Paris. Son père dirige une distillerie connue dans la commune. L’adolescent grandit au moment où l’aviation cesse d’être une aventure réservée à quelques pionniers pour devenir un métier et une arme modernes. Attiré très tôt par le vol, il apprend à piloter à dix-huit ans. Il obtient sa licence de pilote de tourisme en octobre 1934, avant d’accomplir son service militaire dans l’Armée de l’air.

De l’aviation de tourisme au brevet militaire

À la base d’Istres, Mouchotte devient sergent et obtient son brevet de pilote militaire en 1937. Rendu à la vie civile, il continue de voler comme pilote de tourisme. Cette expérience lui apporte une maîtrise technique précieuse, mais la mobilisation de septembre 1939 ne lui donne pas immédiatement la place qu’il espère. Au lieu d’être affecté à une unité combattante, il rejoint des établissements de formation, d’abord à Salon-de-Provence puis à Avord.

Au printemps 1940, il est envoyé en Afrique du Nord, au centre d’instruction à la chasse d’Oran-La Sénia. Lorsque le maréchal Pétain demande l’armistice, le 17 juin, Mouchotte refuse la perspective de déposer les armes. Avec plusieurs camarades, il cherche un moyen de rejoindre le territoire britannique et de poursuivre la guerre.

René Mouchotte et Jack Charles devant un avion à Biggin Hill en mai 1943
René Mouchotte et Jack Charles à Biggin Hill le 15 mai 1943. Photographie du gouvernement britannique / Wikimedia Commons, domaine public.

L’évasion d’Oran et le choix de la France libre

Le 30 juin 1940, malgré les ordres, neuf aviateurs quittent La Sénia à bord de deux appareils, un Caudron Simoun et un Caudron Goéland. Le Goéland ayant été saboté pour empêcher toute fuite, le décollage puis la traversée sont particulièrement dangereux. Les hommes parviennent néanmoins à Gibraltar. De là, Mouchotte gagne l’Angleterre et arrive à Liverpool le 13 juillet. Le lendemain, il assiste à Londres à la première revue du 14 Juillet présidée par le général de Gaulle.

Il s’engage dans les Forces aériennes françaises libres et suit une nouvelle formation adaptée aux méthodes britanniques. Après un passage à Old Sarum puis à Sutton Bridge, il apprend à combattre sur Hawker Hurricane. En octobre 1940, il rejoint le 615 Squadron de la Royal Air Force à Northolt. Il participe à la fin de la bataille d’Angleterre et aux opérations menées au-dessus de la Manche.

Charles de Gaulle, Philippe de Scitivaux, René Mouchotte et Martial Valin en 1941
Charles de Gaulle avec Philippe de Scitivaux, René Mouchotte et Martial Valin, en 1941. Service historique de l’Armée de l’air / Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0.

Pilote de chasse dans la Royal Air Force

Mouchotte progresse rapidement. Il effectue des missions de protection, d’escorte et d’attaque, d’abord avec le 615 Squadron puis dans d’autres unités britanniques. Le 4 mars 1941, il reçoit temporairement la conduite d’un « flight », formation composée de plusieurs avions. Il se distingue autant par son calme en vol que par sa capacité à organiser le travail d’une unité multinationale.

À la fin de 1941, il rejoint le groupe de chasse Île-de-France, intégré à la RAF sous le numéro 340 Squadron. Il commande la première escadrille, baptisée « Paris ». Le 1er septembre 1942, il prend la tête du 65 Squadron. Il devient ainsi le premier Français à commander une escadrille de chasse britannique, marque de confiance exceptionnelle envers un officier des Forces françaises libres.

À la tête du groupe de chasse Alsace

Promu commandant, René Mouchotte reçoit en janvier 1943 la mission de constituer et de commander le groupe de chasse Alsace, le 341 Squadron dans l’organisation de la RAF. Basée à Biggin Hill, au sud de Londres, l’unité réunit des aviateurs français et participe à des opérations offensives au-dessus de la France occupée. Parmi ses pilotes figure Pierre Clostermann, qui témoignera plus tard de l’autorité et de l’exigence de son chef.

Le 15 mai 1943, Mouchotte abat un Focke-Wulf 190 au-dessus de la France. Cette victoire coïncide avec le millième succès attribué aux unités de Biggin Hill. Deux jours plus tard, il remporte une nouvelle victoire contre un Messerschmitt Bf 109. Au-delà du palmarès, sa responsabilité essentielle consiste à ramener ses hommes, préparer les missions et maintenir la cohésion d’un groupe soumis à un rythme éprouvant.

Page du journal de bord de René Mouchotte en juillet 1943
Une page du journal de bord de René Mouchotte, juillet 1943. Wikimedia Commons, licence libre.

Les carnets d’un chef d’escadrille

Depuis 1940, Mouchotte consigne dans ses carnets les événements militaires, la vie quotidienne, ses doutes et ses responsabilités. Ces notes ne sont pas destinées à composer un récit héroïque : elles montrent le travail concret d’un pilote, l’attachement à ses camarades, la fatigue des opérations et le souci constant de servir la France. Publiées après sa mort, elles deviendront l’un des témoignages les plus lus sur les aviateurs français libres.

Au cours de l’été 1943, l’accumulation des missions et des tâches administratives l’épuise. Il totalise alors plus de 1 700 heures de vol et des centaines de missions de guerre. Malgré cette fatigue, il continue de diriger personnellement les opérations du groupe Alsace.

La dernière mission du 27 août 1943

Le 27 août 1943, le groupe Alsace participe à la protection de bombardiers américains B-17 envoyés contre le blockhaus d’Éperlecques, dans le Pas-de-Calais. Au cours des combats avec la chasse allemande, l’appareil de Mouchotte disparaît au-dessus de la Manche, dans le secteur de Saint-Omer et de la côte belge. Il vient d’avoir vingt-neuf ans.

Son corps est retrouvé le 3 septembre sur la plage de Middelkerke, en Belgique, puis inhumé sous une identité qui ne permet pas immédiatement de le reconnaître. Il n’est identifié qu’en 1949. Sa dépouille est alors rapatriée en France. Après une cérémonie militaire aux Invalides, René Mouchotte est inhumé le 3 novembre 1949 dans le caveau familial du Père-Lachaise.

Blockhaus d’Éperlecques, objectif de la dernière mission de René Mouchotte
Le blockhaus d’Éperlecques, objectif du raid que René Mouchotte escortait lors de sa dernière mission. Photo : Wikimedia Commons, licence libre.

Une mémoire entretenue

Ses carnets paraissent chez Flammarion dès 1949 et connaissent plusieurs rééditions. Le nom du commandant Mouchotte est donné à des rues, à des établissements et à des unités de l’Armée de l’air. La base aérienne de Cambrai-Épinoy l’a longtemps porté ; une stèle à Cambrai et une plaque au blockhaus d’Éperlecques rappellent également son parcours. En 2023, pour le quatre-vingtième anniversaire de sa disparition, La Poste émet un timbre à son effigie.

Les objets et documents conservés au musée de l’Ordre de la Libération, comme la lecture de ses carnets, permettent de dépasser la seule figure du pilote de chasse. Ils font apparaître un jeune officier devenu chef d’unité dans des circonstances exceptionnelles, convaincu que la poursuite du combat constituait son devoir après l’armistice de 1940.

Stèle commémorative du commandant René Mouchotte à Cambrai
Stèle commémorative du commandant René Mouchotte dans le jardin public de Cambrai. Wikimedia Commons, licence libre.

Publication principale

  • Les Carnets de René Mouchotte, 1940-1943, publiés à titre posthume chez Flammarion en 1949, puis réédités sous différents titres.

Distinctions et fonctions

  • Commandant du 65 Squadron de la Royal Air Force, premier Français placé à la tête d’une escadrille de chasse britannique.
  • Commandant du groupe de chasse Alsace, No. 341 Squadron RAF.
  • Chevalier de la Légion d’honneur.
  • Compagnon de la Libération, par décret du 8 mai 1943.
  • Croix de guerre 1939-1945 avec six citations.
  • Distinguished Flying Cross britannique.
  • Croix de guerre tchécoslovaque.
  • 1939-1945 Star avec agrafe « Battle of Britain », Air Crew Europe Star et War Medal 1939-1945.
  • Mention « Mort pour la France ».