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MERCŒUR Elisa

Qui est Élisa Mercœur ?

Nom complet : Élisa Mercœur.
Naissance : 24 juin 1809 (Saint-Sébastien-sur-Loire, France).
Mort : 7 janvier 1835 (Paris, France) à 25 ans.
Activité : poétesse, romancière et dramaturge.
Notoriété : enfant prodige des lettres, surnommée « la Muse armoricaine ».

Où se trouve la tombe d’Élisa Mercœur ?

La tombe d’Élisa Mercœur se trouve dans la division 17 du cimetière du Père-Lachaise, le long du chemin de Labédoyère.

Plan du cimetière du Père-Lachaise indiquant la division 17
Plan des divisions du cimetière du Père-Lachaise.

Le monument funéraire d’Élisa Mercœur au Père-Lachaise

Le tombeau fut élevé grâce à une souscription ouverte après la mort de la poétesse, à l’initiative notamment de l’écrivaine Mélanie Waldor. Réalisé par le sculpteur-mar­brier Lefèvre, il prend la forme d’un sobre sarcophage de pierre posé sur un soubassement. Des vers tirés des poésies d’Élisa Mercœur sont gravés sur ses quatre faces : la littérature devient ainsi le principal décor du monument.

Tombe d’Élisa Mercœur au Père-Lachaise
Vue générale du tombeau d’Élisa Mercœur, division 17. Photo : Pierre-Yves Beaudouin / Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0.
Inscriptions gravées sur le tombeau d’Élisa Mercœur
Détail du sarcophage de pierre et de ses inscriptions. Photo : Pierre-Yves Beaudouin / Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0.

Biographie d’Élisa Mercœur

Élisa Mercœur naît le 24 juin 1809, vraisemblablement à Saint-Sébastien-sur-Loire, près de Nantes. Trois jours plus tard, elle est déposée à la porte de l’hospice des Orphelins de Nantes. Le procès-verbal d’abandon lui conserve son prénom, Élisa, tandis que le nom de Mercœur lui est attribué par l’administration, en référence à un quartier nantais. Sa mère, Adélaïde Aumand, brodeuse, la reprend ensuite et l’élève seule. L’identité de son père n’a jamais été établie avec certitude.

Portrait d’Élisa Mercœur d’après Achille Devéria
Portrait d’Élisa Mercœur d’après Achille Devéria, publié dans ses œuvres complètes. Wikimedia Commons, domaine public.

Une éducation remarquable à Nantes

Malgré des ressources modestes, Adélaïde Aumand veille avec énergie à l’instruction de sa fille. Des relations de la famille lui donnent accès à une éducation de qualité : Élisa apprend les langues, la musique, le dessin et la littérature. Sa mémoire et sa rapidité d’apprentissage étonnent son entourage. Elle compose très jeune et lit ses textes dans les salons nantais, où cette adolescente vive et cultivée attire l’attention. Le contexte local lui est favorable : autour de la revue Le Lycée armoricain, l’éditeur Camille Mellinet cherche alors à faire reconnaître la vie littéraire de l’Ouest.

Ses premiers vers paraissent dès 1825. La jeune poétesse n’a que seize ans. Sa précocité, son histoire personnelle et la musicalité de ses poèmes suscitent un enthousiasme rapide. On la surnomme bientôt « la Muse armoricaine » ou « la Delphine nantaise », par comparaison avec Delphine Gay. Ce succès est aussi un défi : les attentes placées sur elle sont immenses, alors que les femmes disposent encore de peu de moyens pour vivre durablement de leur plume.

Page de titre des Poésies d’Élisa Mercœur publiées en 1829
Page de titre des Poésies d’Élisa Mercœur, édition de 1829. Wikimedia Commons, domaine public.

Le triomphe des premiers poèmes

En 1827, une souscription nantaise permet de publier son premier recueil. Camille Mellinet en rédige la préface et l’ouvrage est placé sous le patronage de Chateaubriand. Les éloges dépassent bientôt le cadre régional : Lamartine remarque ses vers, la presse s’intéresse à ce talent nouveau et une nouvelle édition paraît à Paris en 1829. Élisa Mercœur reçoit des encouragements officiels et une pension qui lui permet d’envisager une carrière littéraire dans la capitale.

Sa poésie appartient pleinement au romantisme naissant. Elle privilégie l’élan lyrique, la méditation, la nature, la solitude et la fragilité de l’existence. Ses contemporains admirent son aisance métrique et une inspiration jugée exceptionnelle à son âge. La célébrité repose toutefois en partie sur l’image de l’enfant prodige : devenue adulte, elle doit prouver qu’elle peut dépasser les promesses de ses débuts.

Portrait d’Élisa Mercœur par Jean Gigoux en 1833
Élisa Mercœur dessinée par Jean Gigoux en 1833. Wikimedia Commons, domaine public.

Paris, les salons et le théâtre

Installée à Paris avec sa mère, Élisa fréquente les salons et rencontre plusieurs figures du monde littéraire. Elle écrit beaucoup, collabore à des périodiques et cherche à conquérir le théâtre, voie prestigieuse mais difficile. Sa tragédie Boabdil, roi de Grenade, publiée en 1829, bénéficie du soutien du ministre de Martignac, mais n’est pas représentée par la Comédie-Française. La Révolution de Juillet 1830 lui fait perdre des protections politiques et fragilise sa situation matérielle.

Cette déception ne met pas fin à son activité. Mercœur compose des nouvelles, des essais, des textes en prose et poursuit son œuvre poétique. Elle doit négocier sans cesse avec les journaux et les éditeurs pour faire vivre le foyer qu’elle forme avec sa mère. Sa correspondance montre une autrice attentive à la publication, aux rémunérations et à la reconnaissance de son travail, loin de la seule image d’une jeune inspirée écrivant spontanément.

Billet autographe d’Élisa Mercœur
Billet autographe d’Élisa Mercœur. Wikimedia Commons, domaine public.

La Comtesse de Villequier et les dernières années

En 1833, le roman historique La Comtesse de Villequier, publié dans Les Heures du soir, lui apporte un nouveau succès. L’ouvrage confirme qu’elle ne se limite pas à la poésie et qu’elle sait construire un récit nourri par l’histoire. Elle écrit aussi le conte fantastique Le Double Moi, révélateur d’une imagination plus sombre et d’une attention aux conflits de l’identité.

Sa santé est pourtant altérée depuis plusieurs années par une affection pulmonaire. Après un séjour à la campagne, elle revient à Paris à la fin de 1834. Elle meurt auprès de sa mère le 7 janvier 1835, à seulement vingt-cinq ans. L’émotion est considérable dans les milieux littéraires. Une souscription est ouverte pour assurer ses funérailles et élever son tombeau au Père-Lachaise. Sa mère rassemble ensuite ses manuscrits et publie en 1843 les Œuvres complètes, accompagnées de mémoires et de témoignages.

Fac-similé d’une lettre de Martignac à Élisa Mercœur
Fac-similé d’une lettre de Martignac reproduite dans les Œuvres complètes d’Élisa Mercœur. Wikimedia Commons, domaine public.

La brièveté de sa vie a longtemps dominé le souvenir d’Élisa Mercœur, au risque de réduire son œuvre à une promesse interrompue. Ses poèmes, sa prose et sa correspondance permettent pourtant de retrouver une autrice professionnelle confrontée aux réalités du monde éditorial. Son parcours éclaire aussi la place difficile des femmes dans le romantisme français et la vitalité de la vie littéraire nantaise au début du XIXe siècle.

Œuvres principales

  • Poésies (1827, nouvelle édition en 1829).
  • Boabdil, roi de Grenade, tragédie (1829).
  • La Comtesse de Villequier, roman historique (1833).
  • Le Double Moi, conte fantastique.
  • Œuvres complètes, publication posthume en trois volumes (1843).

Distinctions et hommages

  • Surnommée « la Muse armoricaine » par ses contemporains.
  • Soutenue par Chateaubriand, Lamartine et le ministre de Martignac.
  • Une rue et un square de Nantes portent son nom.
  • Son tombeau de la division 17 est inscrit parmi les monuments historiques du Père-Lachaise.