Qui est André Masséna ?
Nom complet : André Masséna, né Andrea Massena, duc de Rivoli et prince d’Essling.
Naissance : 6 mai 1758 (Nice, royaume de Sardaigne, aujourd’hui France).
Mort : 4 avril 1817 (Paris, France) à 58 ans.
Activité : militaire et maréchal d’Empire.
Notoriété : grand chef des guerres de la Révolution et de l’Empire, vainqueur à Zurich et défenseur de Gênes, surnommé « l’Enfant chéri de la Victoire ».
Où se trouve la tombe d’André Masséna ?
La tombe d’André Masséna se trouve dans la division 28 du cimetière du Père-Lachaise, dans le secteur traditionnellement appelé le carré des maréchaux et généraux d’Empire.

Le monument funéraire d’André Masséna au Père-Lachaise
Le tombeau d’André Masséna prend la forme d’un imposant sarcophage néoclassique en pierre, posé sur un soubassement à degrés. Ses lignes sobres et massives rappellent les monuments antiques choisis, au début du XIXe siècle, pour honorer les grands serviteurs de l’État. Sur les faces du monument sont gravés son nom, ses titres de duc de Rivoli et de prince d’Essling, ainsi que les batailles qui fondent sa renommée : Rivoli, Zurich, Gênes et Essling.
Le monument fut élevé peu après son inhumation et figure dans les premiers recueils illustrés consacrés au Père-Lachaise. Sa position dégagée et la simplicité de son décor donnent toute leur force aux inscriptions militaires. La sépulture est également associée à son gendre, le maréchal Honoré Charles Reille, qui appartient à la même famille par son mariage avec Victoire Masséna.


Biographie d’André Masséna
Une enfance niçoise et des années en mer
André Masséna naît le 6 mai 1758 à Nice, ville alors intégrée au royaume de Sardaigne. Son père, Jules César Masséna, est marchand ; sa mère se nomme Catherine Fabre. Orphelin encore jeune, il est confié à des parents. À treize ans, il embarque comme mousse sur un navire marchand commandé par un oncle et découvre la Méditerranée au cours de plusieurs voyages.
En 1775, âgé de dix-sept ans, il s’engage dans le régiment Royal-Italien au service du roi de France. Intelligent, énergique et doté d’une réelle autorité, il progresse jusqu’au grade d’adjudant. L’armée royale réserve cependant les grades d’officier aux nobles. Après quatorze années de service, Masséna quitte le régiment en 1789, à la veille de la Révolution, sans avoir pu franchir cette barrière sociale.
Installé à Antibes, il épouse Anne-Marie Rosalie Lamare, fille d’un chirurgien. Le couple aura plusieurs enfants, dont Jacques Prosper, futur deuxième prince d’Essling, et Victoire, qui épousera plus tard le général puis maréchal Honoré Charles Reille. Les activités exactes de Masséna pendant cette période restent discutées ; la tradition lui attribue notamment une participation à la contrebande, fréquente sur les côtes et frontières de la région.

La Révolution ouvre la carrière des talents
La Révolution française transforme radicalement ses perspectives. Masséna rejoint la garde nationale puis les volontaires du Var. Son expérience de sous-officier en fait un cadre précieux au moment où l’armée manque d’hommes formés. Élu lieutenant-colonel en 1792, il sert dans l’armée d’Italie et participe à l’occupation du comté de Nice. Sa connaissance du terrain alpin et son sens de la manœuvre sont immédiatement remarqués.
Il devient général de brigade en août 1793, puis général de division à la fin de la même année après s’être distingué au siège de Toulon. Dans les Alpes et sur la Riviera, il dirige des troupes souvent mal équipées, mais apprend à exploiter la vitesse, le relief et la concentration soudaine des forces. À Loano, en novembre 1795, son action contribue fortement à une victoire qui ouvre la route de l’Italie aux armées françaises.
La campagne d’Italie et Rivoli
En mars 1796, Napoléon Bonaparte prend le commandement de l’armée d’Italie. Masséna, plus âgé et déjà général de division, devient l’un de ses principaux subordonnés. Il commande une division lors des combats de Montenotte, Dego, Lodi, Lonato et Castiglione. Ses soldats marchent vite, combattent durement et supportent des conditions matérielles très précaires. Le général est apprécié pour sa présence au feu et sa capacité à rétablir une situation compromise.
La bataille de Rivoli, les 14 et 15 janvier 1797, établit définitivement sa réputation. Après une marche éprouvante, sa division intervient contre les Autrichiens et contribue à empêcher la levée du siège de Mantoue. Bonaparte salue son énergie et le qualifie d’« Enfant chéri de la Victoire ». Masséna reçoit plus tard le titre de duc de Rivoli en souvenir de cette campagne, même si sa réputation est aussi assombrie par les accusations de pillage et d’enrichissement personnel qui l’accompagneront durablement.
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Zurich, victoire décisive de 1799
Après une mission difficile à Rome, où ses soldats se mutinent en dénonçant les détournements et le manque de solde, Masséna retrouve un commandement majeur en Suisse. En 1799, la Deuxième Coalition menace directement la République. À la tête de l’armée du Danube puis de l’armée d’Helvétie, il doit contenir les forces autrichiennes et russes dans une situation stratégique particulièrement dangereuse.
Les 25 et 26 septembre 1799, lors de la deuxième bataille de Zurich, il attaque l’armée russe du général Korsakov et la force à la retraite. En parallèle, les troupes de Souvorov, arrivant d’Italie par les cols alpins, ne peuvent rejoindre leurs alliés. La victoire éloigne la menace d’une invasion de la France et place Masséna parmi les meilleurs généraux de la République. Son succès repose sur une préparation méthodique, des franchissements audacieux et une utilisation précise des réserves.

Le siège de Gênes
En 1800, Bonaparte, devenu Premier consul, confie à Masséna l’armée d’Italie. Enfermé dans Gênes avec ses troupes par l’offensive autrichienne et le blocus britannique, il soutient un siège terrible. La faim frappe les soldats comme les habitants ; les vivres disparaissent et les maladies se multiplient. Masséna prolonge pourtant la résistance pendant près de deux mois, immobilisant une importante armée ennemie.
Il capitule le 4 juin 1800, mais obtient que ses hommes sortent avec armes et bagages. Cette défense a donné à Bonaparte le temps de franchir les Alpes et de reprendre l’initiative avant Marengo. Les jugements stratégiques sur la capitulation ont varié, mais l’endurance du commandement et de la garnison fait de Gênes l’un des épisodes les plus célèbres de la carrière de Masséna.

Maréchal d’Empire et duc de Rivoli
Lors de la création de l’Empire, Napoléon élève Masséna à la dignité de maréchal le 19 mai 1804. Il appartient à la première promotion des dix-huit maréchaux. Grand aigle de la Légion d’honneur, il reçoit ensuite de grands commandements. En 1805, à la tête de l’armée d’Italie, il affronte l’archiduc Charles à Caldiero. L’année suivante, il conduit les opérations qui permettent aux Français de prendre le royaume de Naples et d’y installer Joseph Bonaparte.
Masséna participe encore à la campagne de Pologne, puis reçoit en 1808 le titre de duc de Rivoli. Ses relations avec Napoléon demeurent complexes. L’Empereur reconnaît son exceptionnel talent au combat, mais critique son goût de l’argent, son administration et son indépendance. Un accident de chasse survenu en 1808 lui fait perdre l’usage de l’œil gauche ; la responsabilité en est attribuée selon les récits à Napoléon ou au maréchal Berthier, sans certitude définitive.

Basset, maître d’estampes, Public domain, via Wikimedia Commons.
Bataille de Caldiero, gagnée par le maréchal Masséna, général en chef de l’armée française en Italie, sur le Prince Charles, 25 octobre 1805.
Essling et Wagram
En 1809, la guerre reprend contre l’Autriche. Masséna commande le IVe corps et joue un rôle central lors du franchissement du Danube. À Essling, les 21 et 22 mai, l’armée française se trouve en difficulté après la rupture des ponts. Masséna tient le village d’Aspern puis couvre la retraite vers l’île Lobau avec une ténacité que Napoléon admire. Sa conduite lui vaut le titre de prince d’Essling.
Quelques semaines plus tard, à Wagram, il dirige son corps depuis une voiture, une chute de cheval l’empêchant de monter. Il maintient l’aile gauche française et participe à la victoire des 5 et 6 juillet. Ces journées marquent l’apogée de sa carrière impériale : à cinquante et un ans, blessé et éprouvé par les campagnes, il demeure capable de commander au plus près des combats les plus violents.

L’échec du Portugal
En 1810, Napoléon lui confie l’armée du Portugal avec la mission de chasser les Britanniques de la péninsule Ibérique. Masséna prend Ciudad Rodrigo et Almeida, puis avance vers Lisbonne. À Buçaco, les troupes de Wellington repoussent ses attaques. L’armée anglo-portugaise se retire ensuite derrière les lignes de Torres Vedras, vaste système défensif dont les Français ignoraient l’ampleur.
Privé de ravitaillement dans un pays méthodiquement vidé de ses ressources, Masséna reste plusieurs mois devant ces fortifications sans pouvoir les franchir. Il ordonne finalement la retraite au printemps 1811. Les tensions avec ses subordonnés, notamment Ney, aggravent l’échec. Après la bataille de Fuentes de Oñoro, Napoléon le remplace. Il ne recevra plus de grand commandement en campagne.
Les Restaurations et les dernières années
Nommé gouverneur de Toulon en 1813, Masséna adhère à la restauration de Louis XVIII en 1814 et devient pair de France. Lors du retour de Napoléon de l’île d’Elbe, sa position est prudente et hésitante. Pendant les Cent-Jours, il siège à la Chambre des pairs, puis commande brièvement la garde nationale et assume le gouvernement militaire de Paris après Waterloo.
La Seconde Restauration le maintient d’abord à distance. Sa santé décline, affectée par les campagnes et une maladie pulmonaire. André Masséna meurt à Paris le 4 avril 1817, peu avant son cinquante-neuvième anniversaire. Ses funérailles rassemblent les anciens compagnons d’armes de la Révolution et de l’Empire. Son nom est gravé sur l’arc de triomphe de l’Étoile ; sa carrière reste associée à Rivoli, Zurich, Gênes et Essling, quatre étapes résumées sur son tombeau.
Principales campagnes et batailles
Guerres de la Révolution : Toulon (1793), Loano (1795), campagne d’Italie (1796-1797), Rivoli (1797), Zurich (1799), siège de Gênes (1800).
Guerres de l’Empire : Caldiero (1805), conquête de Naples (1806), Essling et Wagram (1809), campagne du Portugal (1810-1811).
Distinctions et fonctions
Maréchal d’Empire le 19 mai 1804.
Grand aigle de la Légion d’honneur.
Duc de Rivoli en 1808.
Prince d’Essling en 1810.
Pair de France sous la Restauration et pendant les Cent-Jours.
Nom gravé sur l’arc de triomphe de l’Étoile.