Qui est Auguste Maquet ?
Nom complet : Auguste Jules Maquet.
Naissance : 13 septembre 1812 (Paris, France), date retenue par la Bibliothèque nationale de France ; l’année 1813 figure sur sa tombe et dans de nombreuses notices anciennes.
Mort : 8 janvier 1888 (Sainte-Mesme, France) à 75 ans.
Activités : romancier, dramaturge, librettiste et professeur de lettres.
Notoriété : principal collaborateur d’Alexandre Dumas pour plusieurs chefs-d’œuvre du roman historique, dont Les Trois Mousquetaires et Le Comte de Monte-Cristo.
Où se trouve la tombe d’Auguste Maquet ?
La tombe d’Auguste Maquet se trouve dans la division 54 du cimetière du Père-Lachaise, à Paris. Son monument est immédiatement reconnaissable à son buste et à la longue liste d’œuvres gravée sur la pierre.

Le monument funéraire d’Auguste Maquet au Père-Lachaise
Le monument se compose d’une haute stèle de pierre surmontée du buste d’Auguste Maquet. Le portrait sculpté est dû à André-Joseph Allar et l’architecture du tombeau à Edmond Guillaume. Sous le médaillon et le nom de l’écrivain, les inscriptions revendiquent sa place dans l’histoire littéraire en alignant les titres auxquels il a contribué ou qu’il a signés : La Jeunesse des Mousquetaires, Vingt Ans après, Monte-Cristo, La Reine Margot, Le Chevalier de Maison-Rouge, La Dame de Monsoreau, mais aussi ses œuvres personnelles. Cette énumération transforme la sépulture en manifeste : elle rend visible un auteur longtemps demeuré derrière la signature de Dumas.
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Biographie d’Auguste Maquet
Du lycée Charlemagne au cercle romantique
Auguste Jules Maquet naît à Paris le 13 septembre 1812 selon les registres retenus par la Bibliothèque nationale de France, même si l’année 1813 s’est longtemps imposée dans les dictionnaires et jusque sur sa sépulture. Élève brillant du lycée Charlemagne, il s’oriente vers l’enseignement et devient très jeune professeur suppléant d’histoire. Il prépare l’agrégation de lettres, mais son échec au concours en 1832 détourne progressivement sa carrière de l’Université.
Le jeune homme fréquente alors le groupe des romantiques parisiens : Gérard de Nerval, Théophile Gautier, Petrus Borel et d’autres écrivains qui contestent les formes classiques. Il participe aux réunions du Petit Cénacle et publie sous des signatures abrégées ou des pseudonymes. Cette sociabilité littéraire lui apporte une formation différente de celle des salles de classe : il apprend la rapidité, le goût du théâtre, la recherche documentaire et l’art de transformer l’histoire en matière dramatique.

La rencontre avec Alexandre Dumas
À la fin des années 1830, Maquet cherche encore à faire accepter ses manuscrits. Gérard de Nerval sert d’intermédiaire avec Alexandre Dumas, déjà célèbre au théâtre. Maquet apporte notamment une pièce et un récit historique intitulé Le Bonhomme Buvat. Dumas en perçoit le potentiel, reprend la matière, développe les scènes et la publie sous le titre Le Chevalier d’Harmental. Ce premier succès établit une méthode de travail qui va devenir l’une des plus fécondes du XIXe siècle.
La collaboration ne se résume pas à un auteur dictant et à un copiste exécutant. Maquet explore les chroniques, rassemble la documentation, bâtit des canevas, organise les intrigues et rédige souvent une première version. Dumas reprend ensuite le texte, amplifie les épisodes, accélère l’action, ajoute dialogues, humour et effets de théâtre. La répartition exacte varie selon les œuvres et demeure discutée, mais les manuscrits et les contrats établissent sans ambiguïté l’importance intellectuelle et matérielle de Maquet.

La fabrique du roman-feuilleton
Leur association coïncide avec l’âge d’or du roman-feuilleton. Les journaux publient les récits en épisodes et réclament chaque jour de nouvelles pages. Il faut construire des intrigues longues, multiplier les rebondissements et maintenir l’attente du lecteur. La solidité documentaire de Maquet et l’énergie narrative de Dumas répondent parfaitement à cette économie. Ensemble, ils peuvent mener plusieurs ouvrages de front sans perdre le fil des personnages.
Entre 1844 et le début des années 1850 paraissent une suite exceptionnelle de romans : Les Trois Mousquetaires, Vingt Ans après, La Reine Margot, Le Comte de Monte-Cristo, Le Chevalier de Maison-Rouge, La Dame de Monsoreau, Joseph Balsamo, Le Collier de la reine, Le Vicomte de Bragelonne, Ange Pitou, La Tulipe noire ou encore Les Quarante-Cinq. Ils ne relèvent pas tous d’une mécanique identique, mais Maquet participe de façon décisive à cette période centrale de l’œuvre de Dumas.
Les Mousquetaires et Monte-Cristo
Les Trois Mousquetaires, publié en 1844, illustre la complémentarité du tandem. Les recherches historiques et la construction de l’intrigue donnent une charpente solide ; la verve de Dumas transforme cette architecture en succession de scènes mémorables. Athos, Porthos, Aramis et d’Artagnan deviennent des personnages universels. Maquet poursuit la chronologie dans Vingt Ans après puis Le Vicomte de Bragelonne, vaste cycle couvrant plusieurs décennies.

Le Comte de Monte-Cristo naît également d’un travail collectif, nourri par des faits divers et des récits judiciaires. Maquet contribue à articuler la vengeance d’Edmond Dantès, les identités successives du héros et les nombreuses intrigues secondaires. Dumas donne au roman son ampleur émotionnelle, sa vitesse et ses dialogues. L’ouvrage, publié en feuilleton à partir de 1844, devient l’un des romans français les plus lus et adaptés dans le monde.

Une signature effacée, puis contestée
Les romans paraissent pourtant sous le seul nom d’Alexandre Dumas. Ce choix tient à la valeur commerciale de sa signature : les directeurs de journaux et les éditeurs achètent une « marque » reconnue du public. Maquet est rémunéré par des accords privés et reçoit une part des recettes, mais son nom reste absent de la plupart des éditions. La pratique des collaborateurs est alors courante au théâtre et dans la presse ; l’ampleur de la production de Dumas la rend toutefois particulièrement visible.
En 1845, le pamphlet d’Eugène de Mirecourt, Fabrique de romans : Maison Alexandre Dumas et compagnie, transforme la question en scandale public. Le texte attaque violemment Dumas et exploite la présence de ses collaborateurs pour contester son talent. Dumas et Maquet réagissent d’abord ensemble. Leur solidarité résiste encore plusieurs années, mais la situation financière du Théâtre-Historique et les dettes croissantes de Dumas finissent par déséquilibrer leur relation.

Le procès contre Dumas
La collaboration littéraire cesse au début des années 1850. Maquet réclame d’abord les sommes impayées, puis demande devant la justice la reconnaissance de sa copropriété sur les ouvrages communs. Les audiences de 1857 et 1858 examinent contrats, manuscrits et témoignages. Les juges reconnaissent la réalité de sa participation intellectuelle et l’avantage financier qu’elle a procuré à Dumas, mais ils ne lui accordent pas le droit de faire ajouter son nom comme coauteur aux romans déjà publiés.
Maquet obtient le règlement d’une créance importante, tandis que la signature littéraire demeure celle de Dumas. Cette décision nourrit jusqu’à aujourd’hui une lecture trop simple opposant le « véritable auteur caché » à un Dumas usurpateur. Les recherches contemporaines décrivent plutôt un atelier fondé sur deux talents complémentaires : Maquet excelle dans la documentation, la structure et la première mise en récit ; Dumas possède une puissance de réécriture, de dialogue et de dramaturgie qui donne aux romans leur voix immédiatement reconnaissable.
Une œuvre personnelle abondante
Après la rupture, Maquet publie sous son propre nom. Ses romans historiques comprennent notamment La Belle Gabrielle, Le Comte de Lavernie, La Rose blanche et La Maison du baigneur. Il écrit également pour le théâtre, parfois en collaboration, avec des pièces comme Bathilde, Le Courrier de Lyon ou La Maison du baigneur. Son expérience du feuilleton se retrouve dans des intrigues savamment construites, mais aucune de ces œuvres ne rencontre la diffusion mondiale des romans signés Dumas.
L’écrivain ne vit cependant pas dans l’échec. Il jouit d’une situation confortable, possède le château de Sainte-Mesme et occupe une place reconnue dans les institutions littéraires. Il préside pendant plus de douze ans la Société des auteurs et compositeurs dramatiques, engagée dans la défense des droits des écrivains de théâtre. Chevalier puis officier de la Légion d’honneur en 1861, il se porte candidat à l’Académie française en 1881, sans être élu.
Les dernières années
Auguste Maquet poursuit son activité d’auteur et de responsable professionnel jusqu’à un âge avancé. Il meurt le 8 janvier 1888 dans sa propriété de Sainte-Mesme, en Seine-et-Oise, aujourd’hui dans les Yvelines. Son inhumation au Père-Lachaise donne lieu à un monument qui met explicitement en avant les titres de la collaboration avec Dumas. Ce choix répond à la bataille menée de son vivant pour que son apport ne disparaisse pas.
La réévaluation de Maquet ne diminue pas le génie de Dumas : elle permet de comprendre comment ces romans furent réellement fabriqués. Le succès naît de l’alliance entre une architecture narrative minutieuse et une extraordinaire puissance de mise en scène. Rendre à Maquet sa part revient donc moins à déplacer une signature qu’à restituer la nature collaborative d’une des aventures éditoriales les plus fécondes du XIXe siècle.
Œuvres principales
Principales collaborations avec Alexandre Dumas :
- Le Chevalier d’Harmental (1842).
- Les Trois Mousquetaires (1844).
- Le Comte de Monte-Cristo (1844-1846).
- Vingt Ans après (1845).
- La Reine Margot (1845).
- Le Chevalier de Maison-Rouge (1845-1846).
- La Dame de Monsoreau (1846).
- Joseph Balsamo (1846-1848).
- Le Vicomte de Bragelonne (1847-1850).
- Le Collier de la reine (1849-1850).
- La Tulipe noire (1850).
Œuvres publiées sous son nom :
- Bathilde (1839), théâtre.
- La Belle Gabrielle (1853), roman.
- Le Comte de Lavernie (1854), roman.
- La Maison du baigneur (1857), roman et adaptation théâtrale.
- La Rose blanche (1859), roman.
- Le Courrier de Lyon, drame écrit avec Paul Siraudin et Alfred Delacour.
Distinctions et fonctions
- Chevalier de la Légion d’honneur en 1853.
- Officier de la Légion d’honneur en 1861.
- Président de la Société des auteurs et compositeurs dramatiques pendant plus de douze ans.
- Candidat à l’Académie française en 1881.