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LAFORÊT Marie

Qui est Marie Laforêt ?

Nom complet : Maïtena Marie Brigitte Douménach, dite Marie Laforêt.
Naissance : 5 octobre 1939 (Soulac-sur-Mer, France).
Mort : 2 novembre 2019 (Genolier, Suisse) à 80 ans.
Activités principales : chanteuse, compositrice et actrice franco-suisse.
Notoriété : interprète de grandes chansons populaires et actrice révélée par Plein Soleil.

Où se trouve la tombe de Marie Laforêt ?

Marie Laforêt est inhumée dans la division 49 du cimetière du Père-Lachaise, emplacement : section 2, 1/52, 35/50.

Plan du cimetière du Père-Lachaise indiquant la division 49
Plan du Père-Lachaise indiquant la division 49.

Le monument funéraire de Marie Laforêt au Père-Lachaise

La sépulture de Marie Laforêt est un monument contemporain en pierre claire. Une dalle rectangulaire légèrement surélevée conduit à une stèle verticale aux lignes simples, où sont gravés son nom de naissance, son nom d’artiste et ses dates.

Une photographie de la chanteuse est régulièrement placée au pied de la stèle. Ces témoignages rappellent l’attachement du public à celle que le cinéma avait surnommée « la Fille aux yeux d’or ». Après ses obsèques célébrées le 7 novembre 2019 en l’église Saint-Eustache, à Paris, elle fut inhumée au Père-Lachaise dans l’intimité familiale.

Vue générale de la tombe de Marie Laforêt au Père-Lachaise
Tombe de Marie Laforêt en 2025, division 49. Photo : ManoSolo13241324 / Wikimedia Commons, CC0.
Stèle et tombe de Marie Laforêt dans la division 49
Vue de la sépulture de Marie Laforêt en mars 2025. Photo : Chabe01 / Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0.

Biographie de Marie Laforêt

Maïtena Marie Brigitte Douménach naît le 5 octobre 1939 à Soulac-sur-Mer, en Gironde, quelques semaines après le début de la Seconde Guerre mondiale. Son prénom Maïtena, d’origine basque, signifie « aimée ». Son enfance se déroule entre le Sud-Ouest et Paris dans un climat familial parfois difficile. Très tôt, elle trouve dans la lecture, la musique et le jeu une manière de se construire. Cette sensibilité, mêlée à une forte indépendance, marquera toute sa carrière.

Le théâtre comme première échappée

Adolescente, elle étudie au lycée Jean-de-La-Fontaine à Paris. Elle envisage un temps une vie religieuse, puis découvre la scène en interprétant Marivaux dans un spectacle scolaire. L’expérience agit comme une révélation. Elle suit une formation dramatique, notamment auprès de Raymond Rouleau, et comprend que le métier d’actrice peut réunir son goût des textes, sa présence instinctive et son besoin d’expression.

En 1959, elle accompagne sa sœur à un concours radiophonique d’Europe 1 intitulé Naissance d’une étoile. Inscrite presque par hasard, elle remporte l’épreuve. Un projet avec Louis Malle est envisagé mais n’aboutit pas. Ce contretemps lui ouvre pourtant une autre porte : René Clément cherche une jeune comédienne pour son adaptation du roman de Patricia Highsmith Monsieur Ripley.

Portrait de Marie Laforêt en 1960
Marie Laforêt photographiée par le Studio Harcourt en 1960. Studio Harcourt / GrandPalaisRmn, domaine public.

Plein Soleil et la « Fille aux yeux d’or »

Dans Plein Soleil, sorti en 1960, Marie Laforêt joue Marge Duval face à Alain Delon et Maurice Ronet. Le film impose la lumière méditerranéenne de René Clément, la tension du récit et le visage singulier de la jeune actrice. À vingt ans, elle entre d’emblée dans une œuvre appelée à devenir un classique du cinéma français. Sa beauté grave et son regard très clair frappent les spectateurs sans l’enfermer encore dans un type de rôle.

Elle épouse en 1961 le réalisateur Jean-Gabriel Albicocco, qui lui confie le personnage de Paquita dans La Fille aux yeux d’or, adapté de Balzac. Le titre devient bientôt son surnom public. Elle tourne ensuite dans Le Rat d’Amérique avec Charles Aznavour, puis enchaîne des films aux registres variés : comédie d’espionnage avec Marie-Chantal contre le docteur Kha de Claude Chabrol, drame de guerre avec Le Soldatesse de Valerio Zurlini ou comédie d’aventures avec La Chasse à l’homme d’Édouard Molinaro.

Marie Laforêt et Alain Delon en Italie en 1959
Marie Laforêt et Alain Delon pendant le tournage de Plein Soleil, en Italie, 1959. Auteur inconnu / Wikimedia Commons, domaine public.

Une voix entre chanson populaire et folk

Le cinéma conduit Marie Laforêt vers la chanson. Elle interprète Saint-Tropez Blues, accompagnée à la guitare par son ami Jacques Higelin, puis obtient en 1963 son premier grand succès avec Les Vendanges de l’amour. Sa voix chaude, immédiatement reconnaissable, possède un grain sombre qui tranche avec l’insouciance dominante de l’époque yéyé. André Popp orchestre une grande partie de ses enregistrements des années 1960 et contribue à façonner leur élégance sonore.

Marie Laforêt refuse cependant de se limiter à un répertoire formaté. Elle puise dans les traditions françaises, le folk américain, les musiques d’Amérique latine et les chansons méditerranéennes. Viens sur la montagne, La Tendresse, Frantz en duo avec Guy Béart, Manchester et Liverpool, Ivan, Boris et moi ou Mon amour, mon ami illustrent cette diversité. Elle enregistre aussi des adaptations françaises de The Sound of Silence, Paint It, Black ou Summer Wine.

Marie Laforêt au début de sa carrière cinématographique
Marie Laforêt dans la presse cinématographique japonaise au début des années 1960. Kinema Junpo / Wikimedia Commons, domaine public au Japon.

Le goût des langues et des répertoires lointains

Son rapport à la chanson repose moins sur la confession que sur l’interprétation. Elle aime changer de langue, de couleur et de personnage. Elle chante en français, italien, espagnol, anglais, allemand, portugais, russe ou roumain, faisant connaître au grand public des mélodies issues de traditions très diverses. Cette curiosité explique qu’une partie de son catalogue résiste aux classements simples : variété, chanson à texte, folk et musiques du monde y dialoguent longtemps avant que cette dernière expression ne devienne courante.

La relation avec l’industrie discographique est parfois tendue. Marie Laforêt défend des choix artistiques personnels et supporte mal les contraintes promotionnelles. Au tournant des années 1970, elle prend ses distances avec le rythme de production qui lui est imposé. Elle continue pourtant de connaître de grands succès populaires, notamment Viens, viens, Cadeau, Maine-Montparnasse et, en 1977, Il a neigé sur Yesterday, hommage mélancolique aux Beatles.

Portrait de Marie Laforêt à la Mostra de Venise
Marie Laforêt à la Mostra de Venise en 1985. Photo : Gorup de Besanez / Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0.

La Suisse, les arts et une nouvelle liberté

À partir de la fin des années 1970, elle s’installe en Suisse. Elle y trouve une vie plus discrète et développe son intérêt ancien pour les objets, les ventes aux enchères et les arts décoratifs. Elle ouvre une galerie et suit une formation liée au marché de l’art. Cette activité n’est pas un simple retrait : elle prolonge son goût pour les œuvres, les matières et les histoires attachées aux objets. Elle obtient la nationalité suisse en 1994, tout en conservant des liens professionnels constants avec la France.

Sa vie privée, marquée par plusieurs unions, est aussi celle d’une mère de trois enfants. Sa fille Lisa Azuelos deviendra réalisatrice et scénariste. Marie Laforêt protège farouchement cet espace familial, même si elle évoque parfois publiquement les blessures de son enfance et les difficultés qui ont accompagné son parcours. Elle publie en 1981 Contes et légendes de ma vie privée, livre où elle mêle souvenirs, récits et mise à distance.

Marie Laforêt à Venise en 1985
Marie Laforêt lors de la Mostra de Venise en 1985. Photo : Gorup de Besanez / Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0.

Retours au cinéma, au théâtre et à la chanson

Marie Laforêt ne quitte jamais complètement l’écran. Elle retrouve Jean-Paul Belmondo dans Flic ou Voyou de Georges Lautner en 1979, puis dans Joyeuses Pâques. Elle joue dans Les Morfalous d’Henri Verneuil et tient un rôle remarqué dans Tangos, l’exil de Gardel de Fernando Solanas, récompensé à la Mostra de Venise en 1985. Plus tard viennent notamment Le Pactole de Jean-Pierre Mocky, Tykho Moon d’Enki Bilal et Les Bureaux de Dieu de Claire Simon.

Elle revient au disque avec Reconnaissances en 1993, album dont elle signe les textes. La scène lui offre ensuite une relation plus directe avec le public. Au théâtre, elle interprète notamment Maria Callas dans Master Class de Terrence McNally, rôle qui lui permet d’unir le jeu, la musique et le portrait d’une artiste confrontée à sa propre légende. Elle participe aussi à des comédies de Laurent Ruquier et retrouve le goût de la troupe.

Marie Laforêt au Festival du cinéma américain de Deauville
Marie Laforêt au Festival du cinéma américain de Deauville en septembre 1989. Photo : Roland Godefroy / Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0.

Le retour triomphal sur scène

En 2005, après plus de trente ans sans véritable tour de chant parisien, Marie Laforêt se produit au Théâtre des Bouffes-Parisiens. Les représentations affichent complet. Loin d’un simple récital nostalgique, le spectacle rappelle l’étendue de son répertoire et la précision d’une interprète qui a toujours privilégié le sens des mots. Une tournée suit, mais des problèmes de santé entraînent ensuite l’annulation de nouvelles dates.

Au fil des rééditions et des compilations, une nouvelle génération découvre ses chansons. Leur circulation dans les films et les séries prolonge cette présence : Mon amour, mon ami, La Tendresse, Viens, viens ou L’amour comme à seize ans continuent d’accompagner des récits contemporains. Sa discographie apparaît désormais comme un laboratoire populaire où se rencontrent folklore, pop orchestrale et chanson française.

Marie Laforêt avec Jean-Gabriel Albicocco en 1961
Marie Laforêt et Jean-Gabriel Albicocco en Italie en 1961. Photo : Gamma-Keystone / Wikimedia Commons, domaine public en Italie.

Les dernières années

Marie Laforêt partage ses dernières années entre la Suisse et la France, loin de l’exposition permanente. Elle conserve pourtant une place singulière dans la mémoire collective : actrice de grands films, chanteuse populaire et interprète exigeante, elle n’a cessé de déplacer les frontières de son métier. Cette liberté a parfois rendu son parcours discontinu, mais elle lui a permis de ne jamais se réduire à l’image que le succès avait fabriquée.

Elle meurt le 2 novembre 2019 à Genolier, dans le canton de Vaud, à l’âge de 80 ans. Ses obsèques sont célébrées cinq jours plus tard à l’église Saint-Eustache en présence de sa famille, de proches et de nombreuses personnalités du spectacle. Son inhumation au Père-Lachaise réunit finalement les différents fils de sa vie publique : Paris, le cinéma, la chanson et la fidélité d’un public qui continue de déposer des fleurs devant sa stèle.

Œuvres principales

  • Chansons : Les Vendanges de l’amour (1963), Viens sur la montagne (1964), La Tendresse (1964), Manchester et Liverpool (1966), Mon amour, mon ami (1967), Ivan, Boris et moi (1967), Le Vin de l’été (1969), Viens, viens (1973), Cadeau (1974), Il a neigé sur Yesterday (1977).
  • Albums et recueils : Marie Laforêt, Moi, je voyage, Reconnaissances (1993), Voyages au long cours (1998).
  • Films : Plein Soleil (1960), La Fille aux yeux d’or (1961), Le Rat d’Amérique (1963), Marie-Chantal contre le docteur Kha (1965), Le Soldatesse (1965), Flic ou Voyou (1979), Tangos, l’exil de Gardel (1985), Tykho Moon (1996), Les Bureaux de Dieu (2008).
  • Théâtre : Master Class de Terrence McNally, dans le rôle de Maria Callas.
  • Livre : Contes et légendes de ma vie privée (1981).

Distinctions et repères de carrière

  • Victoire du concours radiophonique Naissance d’une étoile en 1959.
  • Révélation internationale avec Plein Soleil de René Clément en 1960.
  • Interprète principale de La Fille aux yeux d’or, Lion d’argent à la Mostra de Venise en 1961.
  • Carrière discographique menée en plusieurs langues et couronnée par de nombreux succès populaires.
  • Naturalisation suisse en 1994.
  • Retour scénique à guichets fermés au Théâtre des Bouffes-Parisiens en 2005.