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JANSSEN Pierre Jules César

Qui est Pierre Jules César Janssen ?

Nom complet : Pierre Jules César Janssen.
Naissance : 22 février 1824 (Paris, France).
Mort : 23 décembre 1907 (Meudon, France) à 83 ans.
Activité principale : Astronome et physicien, pionnier de l’astrophysique et de la photographie solaire.

Où se trouve la tombe de Pierre Jules César Janssen ?

La tombe de Pierre Jules César Janssen se trouve au cimetière du Père-Lachaise, division 4, à Paris. Sa sépulture est située près de l’avenue principale.

Plan du cimetière du Père-Lachaise et de ses divisions
Plan des divisions du cimetière du Père-Lachaise.

Le monument funéraire de Pierre Jules César Janssen au Père-Lachaise

La sépulture prend la forme d’un haut monument de pierre à silhouette d’obélisque. Sur la face principale est placé un portrait de Janssen en relief, œuvre du graveur et médailleur Alphée Dubois. Les inscriptions rappellent son identité et son œuvre scientifique. Le monument, sobre et monumental, se distingue nettement parmi les sépultures de la division 4.

Tombe de Pierre Jules César Janssen au Père-Lachaise
Vue d’ensemble du monument funéraire de Jules Janssen, division 4. Wikimedia Commons, licence libre.
Portrait en relief sur la tombe de Jules Janssen
Monument-obélisque et portrait en relief de Jules Janssen par Alphée Dubois. Wikimedia Commons, licence libre.

Biographie de Pierre Jules César Janssen

Pierre Jules César Janssen, généralement appelé Jules Janssen, naît à Paris le 22 février 1824. Une infirmité à la jambe marque sa jeunesse sans l’empêcher de devenir un infatigable voyageur scientifique. Après avoir quitté tôt l’enseignement classique et travaillé quelque temps dans une banque, il reprend ses études, obtient ses baccalauréats puis soutient en 1860 un doctorat de sciences physiques. Son parcours, construit avec ténacité, le conduit de la physique expérimentale à l’étude du Soleil.

Portrait de l’astronome Jules Janssen
Portrait de Jules Janssen. Wikimedia Commons, domaine public.

La naissance de l’astrophysique solaire

À partir des années 1850, Janssen étudie le spectre de la lumière et l’absorption produite par l’atmosphère terrestre. Il participe à des missions en Europe, en Afrique et en Asie afin de comparer les observations dans des conditions très différentes. En 1868, lors d’une éclipse totale observée à Guntur, en Inde, il met au point une méthode permettant d’étudier les protubérances solaires en dehors des éclipses. Presque simultanément, l’astronome britannique Norman Lockyer parvient au même résultat. L’analyse d’une raie jaune inconnue du spectre conduit à l’identification d’un nouvel élément : l’hélium, d’abord détecté dans le Soleil avant d’être isolé sur Terre.

Des expéditions au service du Soleil

Janssen multiplie les déplacements pour observer les éclipses et les phénomènes célestes. En décembre 1870, pendant le siège de Paris, il quitte la capitale en ballon afin de tenter d’observer une éclipse depuis l’Algérie. En 1874, il dirige au Japon une mission consacrée au passage de Vénus devant le Soleil. Ces campagnes montrent combien l’astronomie de son temps dépend encore du voyage, de la météo et de dispositifs spécialement conçus pour quelques minutes d’observation.

Jules Janssen utilisant son revolver photographique
Janssen et son revolver photographique lors de la mission du passage de Vénus au Japon. Wikimedia Commons, domaine public.

Le revolver photographique

Pour enregistrer le passage de Vénus de 1874, Janssen invente le revolver photographique. L’appareil prend automatiquement une série d’images à intervalles rapprochés sur une plaque sensible circulaire. Il doit permettre de mesurer précisément les différents contacts de Vénus avec le disque solaire. Au-delà de l’astronomie, ce dispositif constitue une étape importante vers la chronophotographie : il annonce les recherches d’Étienne-Jules Marey et, plus largement, la décomposition photographique du mouvement qui précède le cinéma.

Passage de Vénus photographié par Jules Janssen en 1874
Séquence du passage de Vénus enregistrée par le dispositif de Janssen en 1874. Wikimedia Commons, domaine public.

L’observatoire de Meudon

La création d’un observatoire consacré à l’astronomie physique est décidée par le gouvernement en 1875. Janssen en devient le fondateur et le premier directeur à Meudon. Il transforme progressivement le site en un centre majeur d’étude du Soleil, équipé de grands instruments et de laboratoires. L’établissement associe observation, spectroscopie et photographie à une époque où l’astronomie ne se limite plus à mesurer la position des astres : elle cherche désormais à comprendre leur composition et leur fonctionnement.

Photographier la surface solaire

Janssen perfectionne la photographie solaire et accumule des milliers de clichés. Ses images révèlent avec une précision nouvelle la granulation de la photosphère, cette texture formée par les cellules de convection à la surface visible du Soleil. Une sélection est réunie dans son Atlas de photographies solaires, présenté au début du XXe siècle. La photographie devient ainsi un véritable instrument de mesure, capable de conserver un état du Soleil et de permettre des comparaisons dans le temps.

Granulation solaire photographiée par Jules Janssen en 1893
Région centrale du Soleil et granulation photographiées par Jules Janssen le 30 juin 1893. Wikimedia Commons, domaine public.

L’astronomie en haute altitude

Convaincu que l’atmosphère terrestre gêne l’observation, Janssen développe également l’astronomie de haute montagne. Malgré son handicap, il fait réaliser des ascensions du mont Blanc et soutient la construction d’un observatoire près du sommet dans les années 1890. Le laboratoire, installé dans la glace, connaît une existence difficile, mais l’expérience affirme une idée appelée à devenir essentielle : placer les instruments au-dessus d’une partie de l’atmosphère améliore les observations. Les observatoires modernes de haute altitude prolongent ce principe.

Observatoire Janssen au sommet du mont Blanc
L’observatoire Janssen au mont Blanc, consacré aux observations de haute altitude. Wikimedia Commons, domaine public.

Une figure majeure de la science française

Élu à l’Académie des sciences en 1873, qu’il préside en 1887 et 1888, Janssen appartient également au Bureau des longitudes. Il préside la Société astronomique de France de 1895 à 1897 et reçoit de nombreuses distinctions françaises et étrangères, dont la médaille Rumford. Commandeur de la Légion d’honneur et membre étranger de sociétés savantes, il contribue à installer durablement l’astrophysique parmi les grandes disciplines scientifiques.

Jules Janssen meurt à Meudon le 23 décembre 1907. Son nom demeure attaché à l’observatoire de Meudon, à la spectroscopie solaire, au développement de la photographie scientifique et à plusieurs formations astronomiques. Sa tombe du Père-Lachaise rappelle la trajectoire d’un chercheur qui fit du Soleil un objet accessible à l’analyse physique.

Principales réalisations de Jules Janssen

  • Mise au point, en 1868, d’une méthode spectroscopique permettant d’observer les protubérances solaires hors éclipse.
  • Participation indépendante à la découverte de l’hélium dans le spectre solaire.
  • Invention du revolver photographique pour le passage de Vénus de 1874.
  • Fondation et direction de l’observatoire d’astronomie physique de Meudon.
  • Développement de la photographie solaire et réalisation d’un atlas montrant la granulation du Soleil.
  • Promotion de l’astronomie de haute altitude avec l’observatoire du mont Blanc.

Distinctions et fonctions

  • Membre de l’Académie des sciences à partir de 1873.
  • Président de l’Académie des sciences en 1887 et 1888.
  • Membre du Bureau des longitudes.
  • Président de la Société astronomique de France de 1895 à 1897.
  • Commandeur de la Légion d’honneur.
  • Lauréat de la médaille Rumford et du prix Lalande.
  • Membre étranger de plusieurs sociétés savantes européennes.