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HADJI-LAZARO François

Qui est François Hadji-Lazaro ?

Nom complet : François Hadji-Lazaro.
Naissance : 22 juin 1956 (Paris, France).
Mort : 25 février 2023 (Bobigny, France) à 66 ans.
Activité principale : musicien multi-instrumentiste, auteur-compositeur-interprète et producteur de musique.
Notoriété : fondateur de Pigalle, des Garçons Bouchers et du label Boucherie Productions, figure du rock alternatif français.

Cérémonie d’Obsèques et crémation au crématorium du cimetière Père-Lachaise

La cérémonie funèbre fut organisée le 6 mars 2023 au crématorium du Père-Lachaise (division 87), ensuite ses cendres ont été remises à sa famille.

Plan du cimetière du Père-Lachaise indiquant la division 88
Plan du cimetière du Père-Lachaise indiquant la division 88.

Biographie de François Hadji-Lazaro

François Hadji-Lazaro naît le 22 juin 1956 à Paris. Dernier enfant d’une famille modeste et très politisée, il grandit dans un milieu où la mémoire de la Résistance occupe une place importante. Son père André, d’origine grecque, avait travaillé comme photographe de microfilms pour le réseau de résistance Gloria avant d’être déporté au camp de Mauthausen. Cette histoire familiale contribue à former chez François un attachement durable aux engagements collectifs et aux cultures populaires.

De Bob Dylan aux instruments traditionnels

Adolescent, François Hadji-Lazaro fréquente les Jeunesses communistes. La découverte de Bob Dylan, au début des années 1970, agit comme un déclencheur musical. Il commence par la guitare, puis s’intéresse à une multitude d’instruments à cordes, à vent et à clavier. Loin d’un apprentissage académique linéaire, il construit une pratique largement autodidacte et finit par manier une vingtaine d’instruments : violon, banjo, mandoline, vielle à roue, accordéons, cornemuse, clarinette, saxophone, bouzouki, oud, ukulélé ou encore pedal steel guitar.

Il envisage d’abord une vie professionnelle plus conventionnelle et devient instituteur. La musique prend cependant rapidement le dessus. Il abandonne l’enseignement, joue notamment dans les couloirs du métro parisien et participe à la fin des années 1970 au groupe folk Pénélope. Cette première période lui donne le goût du mélange entre mélodies traditionnelles, chanson narrative et énergie électrique.

Portrait de François Hadji-Lazaro à Paris en 2009
François Hadji-Lazaro à Paris en 2009. Photographie : Alain Andreatta-Garami, Wikimedia Commons, CC BY-SA 3.0.

Pigalle, entre chanson réaliste et rock

En 1982, il fonde Pigalle avec le bassiste Daniel Hennion. Le nom du groupe renvoie au quartier parisien et annonce un univers fait de rues, de cafés, de vies cabossées et de personnages populaires. Pigalle associe le rock, le folk, la chanson réaliste et des outils alors nouveaux comme les boîtes à rythmes et les séquenceurs. La voix grave et rocailleuse de François Hadji-Lazaro, son sens du récit et son goût pour les arrangements inattendus donnent au groupe une identité immédiatement reconnaissable.

Le succès le plus durable de Pigalle reste Dans la salle du bar-tabac de la rue des Martyrs. La chanson évoque avec tendresse et ironie un établissement populaire menacé par la transformation du quartier. Elle devient l’un des titres emblématiques de la chanson française des années 1990. Mais le répertoire de Pigalle ne se limite pas à ce morceau : il alterne chroniques sociales, humour noir, ballades, chansons d’amour et éclats punk.

François Hadji-Lazaro en concert avec Pigalle en 2008
François Hadji-Lazaro en concert avec Pigalle au festival Terres du Son, à Tours, le 12 juillet 2008. Photographie : Nilujeperchut, Wikimedia Commons, CC BY-SA 3.0.

Les Garçons Bouchers et l’explosion du rock alternatif

En 1986, parallèlement à Pigalle, François Hadji-Lazaro fonde Les Garçons Bouchers avec le chanteur Éric Blitz. Le groupe adopte une expression plus directement punk, nourrie de ska, de fanfare, de rythmes populaires et d’une gouaille volontairement provocatrice. Les textes abordent la précarité, l’alcool, la violence sociale, les petits métiers et les contradictions de la société française. L’humour et la caricature servent une critique politique qui refuse le ton solennel.

Les Garçons Bouchers s’imposent dans le réseau des salles, squats, cafés et festivals qui fait vivre le rock alternatif français. François Hadji-Lazaro en devient l’une des figures centrales, reconnaissable à sa carrure, à ses instruments et à sa présence scénique. Le groupe publie notamment Les Garçons Bouchers, Tonton est mort, On a mal vieilli et Écoute, petit frère !. Ses concerts participent à une culture indépendante qui cherche à produire, distribuer et organiser autrement la musique.

François Hadji-Lazaro avec Les Garçons Bouchers à la Fête de l’Humanité en 1989
François Hadji-Lazaro et Les Garçons Bouchers à la Fête de l’Humanité en 1989. Photographie : Mouliric, Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0.

Boucherie Productions, un laboratoire indépendant

Pour autoproduire le premier disque des Garçons Bouchers, François Hadji-Lazaro et ses partenaires créent Boucherie Productions. Le label devient bientôt beaucoup plus qu’un outil destiné à un seul groupe. Il accueille et accompagne une partie importante de la scène alternative, parmi laquelle Mano Negra, Los Carayos, Les Tétines Noires, Les Elles, Clarika, Happy Drivers ou Les Belles Lurettes. Il développe aussi des collections consacrées à la chanson, au folk et à d’autres formes musicales.

Boucherie Productions défend une musique populaire mais non populiste, et cherche à préserver une liberté artistique face aux grands groupes de l’industrie. François Hadji-Lazaro cumule alors les fonctions de musicien, producteur, directeur de label et découvreur de talents. Cette expérience connaît cependant des difficultés financières à partir du milieu des années 1990. Après avoir produit une centaine d’albums, la société dépose finalement son bilan en 2001. Cet échec économique met fin à une aventure majeure de la production indépendante française, sans interrompre la carrière de son fondateur.

Los Carayos, scène et collaborations

François Hadji-Lazaro participe également à Los Carayos, formation folk-rock créée autour de musiciens venus de plusieurs groupes, dont Manu Chao. Cette circulation permanente entre Pigalle, Les Garçons Bouchers, Los Carayos et les artistes du label illustre son refus des frontières musicales. À la Fête de l’Humanité de 1989, il joue aussi avec les Tambours du Bronx, appelés à remplacer les Pogues. Ces rencontres mettent en valeur son aptitude à passer d’un instrument à l’autre et à inscrire les traditions populaires dans l’énergie du rock.

François Hadji-Lazaro avec les Tambours du Bronx en 1989
François Hadji-Lazaro et les Tambours du Bronx à la Fête de l’Humanité en 1989. Photographie : Mouliric, Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0.

Acteur et compositeur pour le cinéma

Son physique singulier et son expressivité conduisent François Hadji-Lazaro vers le cinéma. Il apparaît dans plusieurs films français et européens, souvent dans des seconds rôles fortement caractérisés. Il joue notamment dans La Cité des enfants perdus de Marc Caro et Jean-Pierre Jeunet, Le Pacte des loups de Christophe Gans et Le Baiser mortel du dragon. Son rôle le plus remarqué demeure celui de Gnaghi dans Dellamorte Dellamore de Michele Soavi, aux côtés de Rupert Everett. Cette interprétation lui vaut une nomination au Fangoria Chainsaw Award du meilleur second rôle masculin en 1997.

Il compose ou interprète également de la musique pour l’image et réalise des clips. Son travail visuel prolonge le même univers que ses chansons : goût du grotesque, attention aux marginaux, mélange de tendresse et de noirceur. Il participe encore à la série Capitaine Marleau en 2020, dans l’épisode La Cité des âmes en peine.

Un répertoire destiné aux enfants

Dans les dernières années de sa carrière, François Hadji-Lazaro développe des spectacles et des disques pour le jeune public sans abandonner son langage musical. Pouët puis Atchoum associent chansons, instruments insolites, humour et histoires accessibles aux enfants. Ces deux créations reçoivent un Coup de cœur Jeune Public de l’Académie Charles-Cros, respectivement en 2016 et en 2019. Cette orientation révèle un aspect important de son travail : la transmission et la volonté d’éveiller la curiosité musicale plutôt que de simplifier son art.

François Hadji-Lazaro avec Pigalle en concert à Laon en 2015
François Hadji-Lazaro avec Pigalle lors d’Un été dans l’Aisne à Laon, en 2015. Photographie : G. Garitan, Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0.

Engagements, maladie et disparition

François Hadji-Lazaro conserve tout au long de sa vie des convictions politiques situées à gauche. Après avoir soutenu le Nouveau Parti anticapitaliste, il s’engage aux côtés du Front de gauche lors des élections européennes de 2009. Ses prises de position demeurent cohérentes avec une œuvre attentive aux inégalités, au monde du travail et aux formes d’organisation collective.

Après plusieurs mois de maladie, il meurt d’une septicémie à Bobigny le 25 février 2023, à l’âge de 66 ans. Ses obsèques se déroulent le 6 mars au crématorium du Père-Lachaise, en présence de sa famille, de CharlÉlie Couture et d’anciens membres des Garçons Bouchers. Ses cendres sont d’abord remises à ses proches, puis leur sépulture est répertoriée dans la division 88. De nombreux artistes saluent alors un musicien libre, un producteur essentiel et l’un des artisans les plus actifs du rock alternatif français.

Œuvres principales de François Hadji-Lazaro

Avec Pigalle

  • Pigalle (1986).
  • Regards affligés sur la morne et pitoyable existence de Benjamin Tremblay, personnage falot mais ô combien attachant (1990).
  • Rire et pleurer (1993).
  • Alors (1997).
  • Des espoirs (2010).
  • T’inquiète… (2014).

Avec Les Garçons Bouchers et en solo

  • Les Garçons Bouchers (1987).
  • Tonton est mort (1989).
  • On a mal vieilli (1990).
  • Écoute, petit frère ! (1995).
  • Et si que… ? (album solo, 2002).
  • François détexte Topor.
  • Pouët et Atchoum, créations pour le jeune public.

Cinéma

  • Dellamorte Dellamore de Michele Soavi (1994), rôle de Gnaghi.
  • La Cité des enfants perdus de Marc Caro et Jean-Pierre Jeunet (1995).
  • Le Pacte des loups de Christophe Gans (2001).
  • Le Baiser mortel du dragon de Chris Nahon (2001).

Distinctions et fonctions

  • Fondateur de Pigalle en 1982.
  • Cofondateur des Garçons Bouchers et de Boucherie Productions en 1986.
  • Membre de Los Carayos à partir de 1987.
  • Coup de cœur Jeune Public de l’Académie Charles-Cros en 2016 pour Pouët.
  • Coup de cœur Jeune Public de l’Académie Charles-Cros en 2019 pour Atchoum.
  • Nomination au Fangoria Chainsaw Award du meilleur second rôle masculin en 1997 pour Dellamorte Dellamore.