Qui est George Foottit ?
Nom complet : George Foottit, dit Foottit.
Naissance : 24 avril 1864 (Manchester, Royaume-Uni).
Mort : 29 août 1921 (Paris, France) à 57 ans.
Nationalité : britannique.
Activité : écuyer, acrobate, clown blanc et comédien.
Notoriété : partenaire de Rafael Padilla, dit « Chocolat », dans l’un des premiers grands duos associant le clown blanc et l’auguste.
Où se trouve la tombe de George Foottit ?
La tombe de George Foottit se trouve dans la division 93 du cimetière du Père-Lachaise. Ses fils Thomas, dit Tommy, et Harry Foottit reposent également dans cette sépulture familiale.

Le monument funéraire de George Foottit au Père-Lachaise
La sépulture est une tombe familiale en pierre, surmontée d’une stèle verticale. Le nom FOOTTIT, gravé en grandes lettres, permet de l’identifier immédiatement. L’ensemble demeure sobre, loin de l’éclat de la piste, mais conserve la mémoire de plusieurs membres de la famille. Depuis 1961, le renouvellement de la concession est pris en charge par l’association La Roue tourne.


Biographie de George Foottit
George Foottit naît à Manchester le 24 avril 1864 dans une famille entièrement liée au cirque. Son père, également prénommé George, se produit sous le nom de Funny Foottit et pratique la pantomime clownesque anglaise. Sa mère, Sarah Crockett, appartient elle aussi au monde de la piste. L’enfant grandit ainsi parmi les roulottes, les chevaux, les accessoires et les gestes répétés jusqu’à la perfection. Il paraît très tôt dans le cirque paternel, puis reçoit une brève instruction au collège Arnold, près de Nottingham.
L’apprentissage d’un enfant de la balle
Après la mort de son père en 1874, sa mère épouse l’écuyer Thomas Batty. Foottit perfectionne auprès de lui l’acrobatie équestre, l’équilibre et les disciplines physiques indispensables à un artiste complet. Vers douze ans, il travaille déjà régulièrement. Il rejoint ensuite le cirque Sanger, l’une des grandes entreprises britanniques de spectacles itinérants, et se spécialise comme écuyer et acrobate. Cette formation lui donne une maîtrise du corps qui restera visible jusque dans ses numéros comiques.
En 1880, il vient en France avec le cirque Sanger. Le jeune Britannique tente bientôt sa chance seul, dans un milieu où la concurrence est rude. Il sait monter à cheval, sauter, mimer et jouer la comédie. Ces compétences lui ouvrent les pistes françaises. Sa carrière bascule lorsqu’il abandonne progressivement le numéro équestre pour le rôle de clown sauteur et de clown mime. La BnF rapporte qu’il aurait perdu au jeu son cheval Tom O’Chanter, ce qui l’aurait contraint à passer « du cheval au tremplin ».

Un clown anglais à Paris
En 1886, Foottit est engagé au Nouveau Cirque, rue Saint-Honoré à Paris. Il y entre comme acrobate et comédien équestre avant de s’imposer dans le répertoire clownesque. Son costume conserve d’abord la souquenille ornée des clowns victoriens, mais il construit bientôt une silhouette personnelle. Le visage blanchi, les sourcils noirs, le crâne en partie rasé et la tenue ajustée composent une figure immédiatement reconnaissable.
Foottit ne se contente pas d’exécuter des chutes. Excellent mime, il observe les attitudes sociales et les exagère. Il parodie les artistes du cirque, les élégantes, les militaires ou les personnages célèbres. Son jeu associe autorité, précision et soudaines ruptures burlesques. Il devient « premier clown », position convoitée qui lui permet de choisir un partenaire et d’organiser les entrées comiques selon son propre rythme.

La rencontre avec Chocolat
Au Nouveau Cirque travaille Rafael Padilla, artiste né à Cuba et surnommé Chocolat. Raoul Donval, directeur de l’établissement, perçoit en 1895 le potentiel de son association avec Foottit. Le Britannique incarne le clown blanc, maître du jeu, élégant et autoritaire ; Chocolat devient l’auguste, personnage maladroit, spontané et continuellement rappelé à l’ordre. Leur opposition produit un mécanisme comique d’une efficacité remarquable.
Le duo transforme l’entrée clownesque. Foottit impose une consigne, pose une question ou tend un piège ; Chocolat désorganise la situation par son incompréhension, sa fantaisie ou son agilité. Les coups et humiliations appartiennent au langage scénique de l’époque, mais leur signification ne peut être séparée du contexte colonial et des stéréotypes racistes auxquels Rafael Padilla est confronté. Le succès repose pourtant aussi sur la force artistique de Chocolat, partenaire capable de renverser le rapport d’autorité par le mouvement et le rire.

Le triomphe de Foottit et Chocolat
Pendant environ quinze ans, Foottit et Chocolat se produisent au Nouveau Cirque, à l’Hippodrome du Champ-de-Mars et dans de grandes salles parisiennes. Leurs sketches les plus connus jouent avec la boxe, une chaise à bascule, Guillaume Tell, la police ou la fausse mort de Chocolat. Leur célébrité dépasse la piste : affiches, dessins, photographies et publicités diffusent leurs silhouettes auprès d’un public qui reprend leurs répliques.
Le tandem intéresse aussi les pionniers de l’image animée. Émile Reynaud les filme en 1896 pour une photo-peinture animée consacrée à Guillaume Tell. Vers 1900, plusieurs entrées sont enregistrées au Nouveau Cirque par les opérateurs Lumière. Ces courtes bandes comptent parmi les documents les plus anciens montrant le jeu de clowns célèbres. Elles révèlent la rapidité de Foottit, ses gestes secs et la manière dont il laisse à Chocolat l’espace nécessaire pour prolonger ou détourner une situation.

En 1905, leur passage aux Folies Bergère marque l’un des sommets de leur renommée. Deux ans plus tard paraissent Les Mémoires de Foottit et Chocolat, recueillis par Franc-Nohain et illustrés par René Vincent. L’ouvrage met en scène leurs personnages et témoigne de leur place dans la culture populaire. Derrière l’image du couple inséparable, chacun poursuit néanmoins ses propres ambitions et doit assurer l’avenir de sa famille.

La séparation et les dernières années
En 1910, Foottit met fin au duo afin de travailler avec ses fils. La séparation prive les deux artistes de l’équilibre qui avait fait leur succès. Foottit tente de créer son propre cirque, mais l’entreprise ne rencontre pas la même faveur. Il se tourne ensuite vers d’autres activités et tient un bar au 6, rue Montaigne, voie devenue depuis la rue Jean-Mermoz.
Le cinéma lui offre une dernière possibilité. En 1921, le réalisateur Louis Delluc lui confie le rôle de l’homme au chapeau gris dans Fièvre. Delluc envisage d’autres films comiques avec lui, mais le projet est interrompu par la mort de l’artiste. George Foottit décède à son domicile parisien le 29 août 1921, avant la sortie du film. Il est inhumé au Père-Lachaise le 1er septembre.
Une plaque dévoilée en 2016 rue Saint-Honoré rappelle que Foottit et Chocolat inventèrent au Nouveau Cirque une forme comique.
Œuvres et numéros principaux
- Guillaume Tell, entrée clownesque filmée dès 1896.
- Boxeurs, Acrobates sur la chaise et Chaise en bascule, filmés vers 1900.
- Le Policeman et La Mort de Chocolat, numéros du duo.
- Les Mémoires de Foottit et Chocolat, recueillis par Franc-Nohain, 1907.
- Fièvre de Louis Delluc, rôle de l’homme au chapeau gris, 1921.
Distinctions et fonctions
- Premier clown du Nouveau Cirque de Paris.
- Clown blanc du duo Foottit et Chocolat.
- Écuyer, acrobate, mime et comédien.
- Directeur de sa propre entreprise de cirque après 1910.