Qui est Charles Floquet ?
Nom complet : Thomas Charles Floquet.
Naissance : 2 octobre 1828 (Saint-Jean-Pied-de-Port, France).
Mort : 18 janvier 1896 (Paris, France) à 67 ans.
Activités : avocat, député, préfet, sénateur et ministre.
Notoriété : président de la Chambre des députés et président du Conseil des ministres de 1888 à 1889.
Où se trouve la tombe de Charles Floquet ?
La tombe de Charles Floquet se trouve dans la 66e division du cimetière du Père-Lachaise, avenue Circulaire.

Le monument funéraire de Charles Floquet au Père-Lachaise
Élevé grâce à une souscription et inauguré en 1899, le monument est l’œuvre du sculpteur Jules Dalou, avec des bronzes fondus par Thiébaut Frères. Sa composition se lit sur deux niveaux : au sommet, le buste de Charles Floquet ; dans la partie basse, une grande figure féminine personnifiant la République. C’est cette allégorie — et non le buste — qui porte le bonnet phrygien et la cuirasse décorée, notamment d’une petite tête de lion. Elle prend appui sur un faisceau de licteur et dépose une couronne de feuilles de chêne au milieu de palmes et de couronnes funéraires. Ces détails, peu visibles sur une photographie cadrée uniquement sur le buste, apparaissent dans les vues rapprochées ci-dessous. L’inscription « Hommage de ses concitoyens » rappelle la dimension publique du tombeau. Hortense Floquet, née Kestner, y repose également.




Biographie de Charles Floquet
Thomas Charles Floquet naît le 2 octobre 1828 à Saint-Jean-Pied-de-Port, dans les Basses-Pyrénées. Élève du collège Saint-Louis à Paris, il est encore étudiant lorsque survient la révolution de février 1848. Il participe aux combats de rue, puis intègre l’École d’administration fondée par Hippolyte Carnot avant d’étudier le droit. Son engagement républicain se confirme lors du coup d’État du 2 décembre 1851, auquel il tente de résister.

L’avocat de l’opposition républicaine
Inscrit au barreau de Paris en 1851 et docteur en droit, Floquet se fait connaître par son éloquence. Il défend des journalistes et des opposants poursuivis sous le Second Empire, tout en collaborant à des journaux comme Le Temps et Le Siècle. Candidat d’opposition aux élections de 1863 et 1869, il s’impose progressivement parmi les orateurs du courant républicain radical.
Après la chute de l’Empire, en septembre 1870, il devient adjoint au maire de Paris. Élu représentant de la Seine en février 1871, il refuse les conditions de paix imposées par l’Allemagne et s’oppose au transfert de l’Assemblée à Versailles. Pendant la Commune, il cherche avec d’autres élus parisiens une conciliation entre le gouvernement et les insurgés.

De la politique parisienne à la Chambre
Élu conseiller municipal du quartier Saint-Ambroise en 1872, Floquet est réélu en 1874 puis préside le conseil municipal de Paris en 1875. Député de la Seine à partir de 1876, il siège à l’extrême gauche et combat les gouvernements conservateurs de la jeune Troisième République. En 1882, il quitte temporairement la Chambre pour devenir préfet de la Seine, fonction qu’il exerce pendant quelques mois avant de retrouver un mandat parlementaire dans les Pyrénées-Orientales.

Président de la Chambre et chef du gouvernement
Charles Floquet accède à la présidence de la Chambre des députés en 1885. Sa maîtrise de la procédure parlementaire et sa réputation d’orateur lui permettent de conserver le fauteuil jusqu’en 1888. Le 3 avril de cette année, le président Sadi Carnot l’appelle à former le gouvernement. Floquet cumule alors la présidence du Conseil et le ministère de l’Intérieur.
Son cabinet doit affronter la progression du boulangisme. Le conflit politique devient personnel lorsque le général Georges Boulanger et Floquet s’affrontent en duel le 13 juillet 1888. Malgré son âge supérieur et sa moindre expérience des armes, Floquet blesse son adversaire. L’épisode frappe l’opinion, mais la lutte contre le mouvement boulangiste se poursuit sur le terrain électoral et parlementaire. Son gouvernement rétablit notamment le scrutin uninominal avant de tomber en février 1889.

Les dernières années au Parlement
Réélu député de Paris en 1889, Floquet reprend la présidence de la Chambre jusqu’en janvier 1893. Sa carrière est ensuite fragilisée par l’affaire de Panama, au cours de laquelle son rôle dans le financement politique de la presse est mis en cause. Battu aux élections législatives de 1893, il revient néanmoins au Parlement comme sénateur de la Seine en janvier 1894.

Au Sénat, il intervient encore sur les accidents du travail et les violences anarchistes. Charles Floquet meurt à Paris le 18 janvier 1896. Sa veuve confie à Jules Dalou la conception du monument élevé au Père-Lachaise, où une représentation solennelle de la République résume l’engagement auquel il avait consacré sa vie publique.

Actions politiques principales
- Participation à la révolution de février 1848 et opposition au coup d’État de 1851.
- Fondation de la Ligue d’union républicaine des droits de Paris en 1871.
- Défense des libertés municipales parisiennes.
- Lutte gouvernementale contre le boulangisme en 1888-1889.
- Rétablissement du scrutin uninominal en 1889.
Distinctions et fonctions
- Président du conseil municipal de Paris en 1875.
- Député de la Seine et des Pyrénées-Orientales entre 1871 et 1893.
- Préfet de la Seine en 1882.
- Président de la Chambre des députés de 1885 à 1888 et de 1889 à 1893.
- Président du Conseil et ministre de l’Intérieur du 3 avril 1888 au 22 février 1889.
- Sénateur de la Seine de 1894 à 1896.