Qui est Christian Fechner ?
Nom complet : Christian Lucien Max Alfred Fechner.
Naissance : 26 juillet 1944 (Agen, France).
Mort : 25 novembre 2008 (Paris, France) à 64 ans.
Activité : producteur de cinéma, scénariste, réalisateur, producteur musical, prestidigitateur et historien de la magie.
Notoriété : l’un des grands producteurs du cinéma populaire français des années 1970 à 2000, associé aux Charlots, à Louis de Funès et à de nombreuses comédies à succès.
Où se trouve la tombe de Christian Fechner ?
La tombe de Christian Fechner se trouve dans la division 61 du cimetière du Père-Lachaise.

Le monument funéraire de Christian Fechner au Père-Lachaise
La sépulture de Christian Fechner est une tombe familiale sobre, installée à même le sol dans un environnement végétal. Une dalle rectangulaire sombre porte son nom et ses dates, accompagnés de ceux d’autres membres de la famille. L’ensemble ne cherche pas l’effet monumental : ses lignes simples et son inscription lisible contrastent avec les chapelles et sculptures anciennes de la division.

Les photographies récentes montrent une tombe régulièrement fleurie et ponctuée de petits objets laissés en hommage. Christian Fechner y repose depuis ses obsèques, célébrées après sa disparition en novembre 2008.

Biographie de Christian Fechner
Une enfance placée sous le signe du spectacle
Christian Fechner naît à Agen le 26 juillet 1944. Il grandit dans une famille d’origine autrichienne qui a quitté son pays au moment de la montée du nazisme. Très tôt, il se passionne pour le spectacle et surtout pour l’illusion. Enfant encore, il présente des numéros de ventriloquie et de prestidigitation. La magie ne sera jamais pour lui un simple divertissement de jeunesse : elle accompagnera toute sa vie et influencera sa conception du cinéma, fondée sur la précision du dispositif, le rythme et l’émerveillement du public.
Au début des années 1960, il comprend cependant que l’industrie du disque offre des perspectives plus immédiates. Observateur attentif de la pop britannique et américaine, il cherche à adapter en France de nouvelles formes de chansons et d’images. Sa rencontre avec Antoine est déterminante. Fechner produit ses premiers disques, notamment au moment du succès des Élucubrations d’Antoine en 1966. Il s’occupe aussi des Problèmes, le groupe qui accompagne le chanteur, avant de les transformer en formation comique autonome : les Charlots.

Des Charlots aux premiers succès de cinéma
Le passage du disque au cinéma s’impose naturellement. Les Charlots possèdent une énergie collective, un goût du burlesque et une popularité qui peuvent se prolonger à l’écran. Après Les Bidasses en folie, produit par Michel Ardan, Christian Fechner fonde en 1972 sa propre société, Les Films Christian Fechner. Les Fous du stade, réalisé par Claude Zidi, devient son premier grand succès de producteur. Suivent notamment Les Charlots font l’Espagne, Le Grand Bazar, Les Bidasses s’en vont en guerre et Bons Baisers de Hong Kong.
Fechner développe alors une méthode très personnelle. Il repère des artistes populaires, construit avec eux une identité comique et accompagne les films depuis l’idée jusqu’à leur lancement. Son frère Jean-Guy fait partie des Charlots, mais la réussite de l’entreprise repose aussi sur sa collaboration avec Claude Zidi et sur une attention constante au goût du public. Ces comédies attirent plusieurs millions de spectateurs et donnent à son jeune studio une puissance inhabituelle pour une société indépendante.
Le pari Louis de Funès
En 1976, Christian Fechner prend un risque qui marque l’histoire du cinéma populaire français. Louis de Funès vient de subir deux infarctus et les assurances hésitent à couvrir un nouveau tournage. Le producteur s’engage personnellement pour rendre possible L’Aile ou la Cuisse, réalisé par Claude Zidi. Le retour de l’acteur, associé à Coluche, est un immense succès. Fechner poursuit cette collaboration avec La Zizanie, L’Avare et La Soupe aux choux.
Cette période confirme son aptitude à réunir une vedette, un sujet immédiatement lisible et des moyens de production ambitieux. Il produit aussi L’Animal avec Jean-Paul Belmondo et Raquel Welch. Loin de considérer la comédie comme un genre mineur, il lui donne des décors, des cascades et une fabrication capables de rivaliser avec les grandes productions internationales. En 1976, il reprend également l’Alcazar de Paris, célèbre music-hall de la rue Mazarine, prolongeant son intérêt pour le spectacle vivant.


Le Splendid, Patrice Leconte et l’élargissement du catalogue
Après les Charlots et Louis de Funès, Fechner accompagne une nouvelle génération issue du café-théâtre. Il travaille avec les comédiens du Splendid et produit Papy fait de la résistance de Jean-Marie Poiré. Le film devait initialement offrir un rôle à Louis de Funès, mais la mort de l’acteur en janvier 1983 impose une réécriture ; l’œuvre lui est dédiée. Le producteur soutient aussi plusieurs films de Patrice Leconte, parmi lesquels Viens chez moi, j’habite chez une copine, Ma femme s’appelle reviens, Circulez y’a rien à voir et Les Spécialistes.
Son catalogue des années 1980 témoigne d’un remarquable instinct pour les acteurs et les réalisateurs. Marche à l’ombre lance Michel Blanc dans la mise en scène, tandis que Les Spécialistes réunit Gérard Lanvin et Bernard Giraudeau dans un film d’action populaire. Fechner ne s’enferme pourtant pas dans la seule comédie. Il produit Camille Claudel de Bruno Nuytten, avec Isabelle Adjani et Gérard Depardieu, projet prestigieux et exigeant qui obtient un large succès critique et public.

Des productions d’auteur aux grands retours populaires
À la fin des années 1980 et au début des années 1990, Christian Fechner s’engage dans des entreprises plus fragiles. Il produit Les Amants du Pont-Neuf de Leos Carax, dont le tournage long et coûteux devient l’un des épisodes les plus célèbres de la production française. Les dépassements de budget mettent à l’épreuve sa société, mais permettent l’achèvement d’un film devenu majeur. Il accompagne également Jacques Rivette et Jacques Doillon, prouvant que son goût du spectacle populaire peut coexister avec une véritable curiosité pour le cinéma d’auteur.
Fechner passe lui-même à la réalisation avec Justinien Trouvé ou le Bâtard de Dieu, sorti en 1993, fresque historique dont il est aussi scénariste. L’expérience reste unique : il préfère la position du producteur, à la fois initiateur, financier et interlocuteur artistique. Les années suivantes sont inégales. Des projets ambitieux comme Un amour de sorcière, Tout doit disparaître ou Une chance sur deux ne rencontrent pas toujours le public espéré. Le succès des Enfants du marais en 1999 ouvre toutefois une nouvelle période.

La magie, une passion et un travail d’historien
Parallèlement au cinéma, Christian Fechner poursuit un travail de haut niveau dans le domaine de l’illusion. Au championnat du monde de la Fédération internationale des sociétés magiques, organisé à Bruxelles en 1979, il obtient le premier prix en grandes illusions et le premier prix d’invention. Collectionneur passionné, il rassemble des appareils, des affiches et des ouvrages anciens. Il contribue à faire connaître le patrimoine de la prestidigitation française et s’intéresse particulièrement à Jean-Eugène Robert-Houdin.
Il publie Soirées Fantastiques, une importante Bibliographie de la prestidigitation française et des arts annexes, puis plusieurs volumes consacrés à Robert-Houdin et aux secrets de son théâtre. Ces ouvrages, richement documentés, dépassent le livre de collectionneur : ils reconstituent une histoire technique et artistique de la magie. Fechner soutient également la création de la Maison de la magie à Blois, ouverte en 1998, et participe aux institutions chargées de transmettre cet art.

Les dernières productions
Dans les années 2000, Christian Fechner retrouve de grands succès avec La Tour Montparnasse infernale, Chouchou et surtout Les Bronzés 3 : Amis pour la vie. Sorti en 2006, ce retour de la troupe du Splendid attire plus de dix millions de spectateurs en France. Il produit encore L’Entente cordiale et L’Auberge rouge. Sa fille Alexandra Fechner travaille à ses côtés et poursuit ensuite une activité de production.
Christian Fechner meurt à Paris le 25 novembre 2008, après une longue maladie. Il a 64 ans. Son parcours réunit des univers rarement associés avec une telle constance : la chanson, le burlesque, les vedettes populaires, le cinéma d’auteur et la prestidigitation savante. Producteur de plus d’une cinquantaine de longs métrages, il a contribué à modeler plusieurs décennies de cinéma français tout en laissant des ouvrages de référence aux historiens de la magie. Il est inhumé au cimetière du Père-Lachaise, dans la division 61.
Œuvres principales
- Les Fous du stade (1972), production.
- Le Grand Bazar (1973), production.
- L’Aile ou la Cuisse (1976), production.
- L’Animal (1977), production.
- L’Avare (1980), production.
- La Soupe aux choux (1981), production.
- Papy fait de la résistance (1983), production.
- Marche à l’ombre (1984), production.
- Les Spécialistes (1985), production.
- Camille Claudel (1988), production.
- Les Amants du Pont-Neuf (1991), production.
- Justinien Trouvé ou le Bâtard de Dieu (1993), réalisation et scénario.
- Les Enfants du marais (1999), production.
- Chouchou (2003), production.
- Les Bronzés 3 : Amis pour la vie (2006), production.
- La Magie de Robert-Houdin (2002-2005), ouvrages historiques.
Distinctions et fonctions
- Premier prix de grandes illusions au championnat du monde FISM de Bruxelles en 1979.
- Premier prix d’invention au championnat du monde FISM de Bruxelles en 1979.
- Producteur nommé au BAFTA du meilleur film non anglophone pour Les Amants du Pont-Neuf.
- Producteur nommé au BAFTA du meilleur film non anglophone pour La Fille sur le pont.
- Président du Conservatoire national des arts de la magie et de l’illusion.
- Contributeur à la création de la Maison de la magie Robert-Houdin à Blois.