Qui est Louis Nicolas Davout ?
Date de naissance : 10 mai 1770 (Annoux, Yonne, France).
Date du décès : 1er juin 1823 (Paris, France), à 53 ans.
Activité principale : Général de la Révolution, maréchal d’Empire et ministre de la Guerre.
Titres : duc d’Auerstaedt, prince d’Eckmühl.
Où se trouve la tombe de Louis Nicolas Davout ?
La tombe du maréchal Davout se trouve dans la division 28, 2e ligne, au cimetière du Père-Lachaise.

Le monument funéraire de Louis Nicolas Davout au Père-Lachaise
La sépulture porte l’inscription « Sépulture du Maréchal DAVOUT ». Elle réunit Louis Nicolas Davout, son fils Léopold-Claude-Étienne-François Davout et sa fille Adélaïde-Louise d’Eckmühl de Blocqueville. Située division 28, 2e ligne, elle est inscrite au titre des monuments historiques.
Biographie de Louis Nicolas Davout
Louis Nicolas d’Avout, généralement appelé Davout et souvent orthographié Davoust de son vivant, naît le 10 mai 1770 à Annoux, dans l’Yonne. Il appartient à une petite noblesse bourguignonne sans grande fortune, mais dont la tradition militaire est ancienne. Son père, officier de cavalerie, meurt lorsqu’il est encore jeune. Destiné très tôt au métier des armes, Davout est formé à l’école militaire de Brienne, puis à l’École militaire de Paris. Il en sort sous-lieutenant en 1788, dans le régiment Royal-Champagne cavalerie. Cette formation, exigeante et classique, lui donne le goût d’une armée ordonnée, disciplinée et instruite : ce seront les constantes de toute sa carrière.
La Révolution et les guerres de la République
Lorsque la Révolution éclate, Davout adopte ses principes et se rapproche du camp patriote. Il sert dans les volontaires de l’Yonne, puis dans l’armée du Nord. Il se distingue lors des campagnes de 1792 et 1793, notamment à Neerwinden. Sa naissance noble devient pourtant un handicap au temps de la Terreur : promu général de brigade, il est écarté du service actif en 1793, comme beaucoup d’officiers issus de l’ancienne noblesse. Il n’est réintégré qu’après Thermidor. Son premier mariage, conclu en 1791 avec Adélaïde Séguenot, se termine par un divorce en 1794.
En 1796, Davout rejoint l’armée du Rhin et se lie avec le général Desaix. Il accompagne ce dernier dans l’expédition d’Égypte. L’expérience est capitale : il y acquiert une pratique concrète du commandement, dans un contexte de campagne lointaine et difficile. Après son retour en France, Bonaparte remarque la précision de son jugement et son aptitude à encadrer les troupes. En 1800, Davout est promu général de division. L’année suivante, son mariage avec Aimée Leclerc, sœur de Pauline Bonaparte par alliance, resserre ses liens avec le milieu impérial sans expliquer à lui seul sa progression : sa réputation d’officier rigoureux est déjà établie.

Maréchal d’Empire et chef de corps
Le 19 mai 1804, Napoléon le fait maréchal d’Empire. Davout est alors l’un des plus jeunes de cette première promotion. Il reçoit le commandement du IIIe corps de la Grande Armée. C’est avec cette formation qu’il impose sa marque : des unités entraînées, une logistique suivie, des chefs subordonnés étroitement contrôlés et une discipline parfois redoutée. Les contemporains soulignent son caractère fermé, sa sévérité et sa faible tolérance pour l’improvisation. Ses soldats, eux, savent que cette exigence s’accompagne d’une attention constante à leur instruction, à leur ravitaillement et à la cohésion de leur corps.
À Austerlitz, le 2 décembre 1805, le IIIe corps arrive au terme d’une marche forcée et tient le secteur de Telnitz et Sokolnitz contre les assauts austro-russes. Davout contribue ainsi à fixer l’aile gauche alliée pendant que Napoléon concentre son effort sur le plateau de Pratzen. Cette capacité à faire manœuvrer vite des troupes fatiguées et à les maintenir en ligne sous une forte pression devient l’un de ses traits les plus remarqués. Napoléon lui confie des missions toujours plus lourdes, convaincu qu’il obtiendra de Davout une exécution exacte de ses ordres.

Auerstaedt, la victoire décisive
Le 14 octobre 1806, Davout livre à Auerstaedt le combat qui fixe sa place dans l’histoire militaire. Avec environ 28 000 hommes, son seul corps d’armée rencontre l’essentiel de l’armée prussienne commandée par le duc de Brunswick, très supérieure en nombre. La bataille est âpre, confuse et longtemps incertaine. Davout y fait preuve d’un sang-froid exceptionnel : il place ses divisions, fait venir ses réserves, maintient la cohérence de son front et exploite les désordres adverses. L’armée prussienne finit par céder, tandis que Napoléon, le même jour, bat une autre armée prussienne à Iéna.
Auerstaedt vaut à Davout le titre de duc d’Auerstaedt. Plus encore, elle fonde la légende d’un chef capable de vaincre dans une situation très défavorable sans rechercher l’effet spectaculaire. Le jugement de ses contemporains reste contrasté : certains maréchaux supportent mal son indépendance d’esprit et son autorité, notamment lorsqu’il reproche à Bernadotte de ne pas lui avoir porté secours. Mais dans l’armée, ses résultats ne sont pas discutés. Davout apparaît désormais comme l’un des commandants les plus solides de l’Empire.

Eckmühl, l’Autriche et la Russie
En 1809, lors de la campagne d’Autriche, Davout joue encore un rôle majeur à Eckmühl. La victoire française permet à Napoléon de reprendre l’initiative et ouvre la route de Vienne. Davout reçoit le titre de prince d’Eckmühl. À Wagram, il commande l’aile droite française et contribue à l’attaque sur Markgrafneusiedl. Ces campagnes confirment ses qualités de manœuvrier, mais aussi son talent d’organisateur : chez lui, la réussite tactique est liée à la préparation matérielle et à la discipline de l’ensemble.
La campagne de Russie de 1812 l’expose à une épreuve d’une autre nature. Il commande le Ier corps, l’un des plus importants de la Grande Armée. Présent à Smolensk puis à la Moskova, il mène des combats coûteux dans une guerre où l’ennemi et les distances usent les forces françaises. Pendant la retraite, ses relations avec Murat se dégradent fortement, tant les questions de commandement deviennent sensibles. Davout conserve néanmoins une capacité d’action remarquable au sein d’une armée désorganisée. Il n’échappe pas aux pertes de la campagne, mais son corps demeure l’un des noyaux les plus tenaces de ce qui reste de l’armée impériale.

Hambourg et la fin de l’Empire
En 1813, Napoléon charge Davout de défendre Hambourg. Il y reste jusqu’en 1814, à la tête d’une place assiégée, alors que l’Empire s’effondre. Son administration de la ville, longtemps controversée, est marquée par des mesures très dures prises dans un contexte de blocus, de pénurie et de guerre. Il tient la place jusqu’à l’annonce officielle de l’abdication. Cette fidélité à la mission reçue explique à la fois l’estime que lui portent les bonapartistes et les accusations de ses adversaires. Davout n’est pas un homme de compromis facile : pour lui, l’autorité militaire ne vaut que si elle est exercée jusqu’au terme fixé par la chaîne de commandement.
Lors des Cent-Jours, il retrouve Napoléon et devient ministre de la Guerre. Il réorganise l’armée aussi rapidement que les circonstances le permettent. Napoléon le garde à Paris pendant la campagne de Belgique ; Davout n’est donc pas à Waterloo. Après la défaite, il commande les forces réunies autour de la capitale et participe à la défense de Paris avant la capitulation. Écarté un temps sous la seconde Restauration, il est finalement réhabilité, nommé pair de France et retrouve une vie familiale plus retirée. Il meurt à Paris le 1er juin 1823.

Le « maréchal de fer »
Davout est souvent désigné comme le « maréchal de fer ». Le surnom ne renvoie pas seulement à sa rudesse. Il exprime une conception du commandement fondée sur la constance, l’ordre et la responsabilité. Davout n’a pas toujours la popularité d’un Murat ni la proximité d’un Lannes. Il est, en revanche, l’un des chefs auxquels Napoléon confie les situations où l’exécution compte autant que l’inspiration. Sa réputation est aussi liée au fait qu’il ne connut pas de défaite personnelle comparable à celles de plusieurs autres maréchaux, même si cette formule simplifie une carrière menée au sein d’opérations collectives.
Son nom demeure inscrit sous l’arc de triomphe de l’Étoile. Le phare d’Eckmühl, construit à Penmarc’h grâce à un legs de sa fille Adélaïde-Louise, rappelle aussi la mémoire de ses titres impériaux. Au Père-Lachaise, sa sépulture relie cette figure majeure des guerres de la Révolution et de l’Empire à l’histoire familiale des Davout. Elle rappelle un parcours qui commence dans la petite noblesse bourguignonne, traverse les bouleversements de la France révolutionnaire et s’achève après avoir servi l’un des plus vastes appareils militaires de l’Europe du début du XIXe siècle.

Œuvres principales
- Davout ne laisse pas d’œuvre publiée comparable à celle d’un mémorialiste ; son action est connue par sa correspondance, ses ordres et ses rapports militaires.
- Ordres et correspondance du IIIe corps de la Grande Armée, 1805-1807.
- Documents du gouvernement général de Hambourg, 1813-1814.
- Actes du ministère de la Guerre pendant les Cent-Jours, 1815.
Distinctions et fonctions
- Maréchal d’Empire, 19 mai 1804.
- Duc d’Auerstaedt après la bataille du 14 octobre 1806.
- Prince d’Eckmühl après la campagne de 1809.
- Commandant des IIIe et Ier corps de la Grande Armée.
- Gouverneur général du duché de Varsovie, 1807-1809.
- Gouverneur de Hambourg, 1813-1814.
- Ministre de la Guerre pendant les Cent-Jours.
- Grand-croix de la Légion d’honneur et pair de France.