Qui est Claude Brasseur ?
Date de naissance : 15 juin 1936 (Neuilly-sur-Seine, France).
Date du décès : 22 décembre 2020 (Paris, France) à 84 ans.
Activité principale : Acteur, pilote automobile.
Nom de naissance : Claude Pierre Espinasse.
Où est la tombe de Claude Brasseur ?
La tombe est située dans la division 59.

Le monument funéraire de Claude Brasseur au Père-Lachaise
Son inhumation a eu lieu le 29 décembre 2020 au cimetière du Père-Lachaise (59e division), où il repose aux côtés de son père, Pierre Brasseur.

ManoSolo13241324, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons.
Tombe de Pierre et Claude Brasseur au cimetière du Père-Lachaise.
Biographie de Claude Brasseur
Claude Brasseur a traversé plus de six décennies de théâtre, de cinéma et de télévision. Derrière ce nom de scène, devenu l’un des plus familiers du public français, se trouve Claude Pierre Espinasse : un acteur capable de passer d’un personnage populaire à un rôle tragique, d’une grande comédie au polar, sans jamais se laisser enfermer dans un emploi. Deux César ont consacré une carrière très abondante, qui compte plus d’une centaine de films et de nombreuses pièces.
Grandir dans une famille de théâtre
Il naît le 15 juin 1936 à Neuilly-sur-Seine. Son père, Pierre Brasseur, et sa mère, Odette Joyeux, sont deux acteurs très connus. Le jeune Claude appartient ainsi à une lignée de comédiens, mais il choisit très tôt de construire son propre parcours. Après la séparation de ses parents, il est pensionnaire au collège de Juilly de 1950 à 1954. Il y côtoie notamment Philippe Noiret, Jean-Jacques Debout et Jacques Mesrine : des rencontres de jeunesse que leurs trajectoires très différentes rendront célèbres.

Studio Harcourt, domaine public, via Wikimedia Commons.
Claude Brasseur, portrait réalisé vers 1965.
Avant de devenir acteur, il travaille comme assistant du photographe Walter Carone à Paris Match. Ce premier contact avec les images, les reportages et les vedettes nourrit son goût du métier. Une rencontre avec Elvire Popesco l’oriente vers la scène : elle lui ouvre les portes du Théâtre de Paris. Il se forme ensuite au Conservatoire et débute au théâtre au milieu des années 1950, avant d’accomplir son service militaire en Algérie.
Les débuts au cinéma et la télévision
À son retour, Claude Brasseur enchaîne les rôles et apprend le métier au contact de réalisateurs très différents. Il apparaît dans Rue des Prairies de Denys de La Patellière (1959), aux côtés de Jean Gabin, puis dans Les Yeux sans visage de Georges Franju (1960), où il joue avec son père. Jean-Luc Godard le choisit pour Bande à part (1964), et il est également au générique d’Un homme de trop de Costa-Gavras (1967). Ces films ne le réduisent pas à une seule image : il circule déjà entre le cinéma d’auteur, le film de genre et les productions populaires.
La télévision lui apporte une notoriété décisive. Il interprète Sganarelle dans Dom Juan ou le Festin de pierre, joue Joseph Rouletabille dans Le Mystère de la chambre jaune, puis incarne François Vidocq dans Les Nouvelles Aventures de Vidocq entre 1971 et 1973. Sa présence directe, sa voix et son énergie le rendent immédiatement identifiable. Le public découvre un comédien populaire qui ne renonce ni au théâtre ni au cinéma.

Production du film, domaine public, via Wikimedia Commons.
Claude Brasseur dans Gli eroi, 1973.
La reconnaissance des années 1970 et 1980
Le tournant arrive avec les années 1970. Dans Un éléphant ça trompe énormément (1976), d’Yves Robert, il rejoint Jean Rochefort, Guy Bedos et Victor Lanoux dans une comédie dont le succès est considérable. Le film, puis sa suite Nous irons tous au paradis, installent durablement le quatuor dans la mémoire du cinéma français. Claude Brasseur reçoit en 1977 le César du meilleur acteur dans un second rôle, récompense attribuée pour son travail dans les deux films.
Il confirme cette place avec La Guerre des polices de Robin Davis. Son interprétation du commissaire Fush lui vaut le César du meilleur acteur en 1980. La même année, La Boum de Claude Pinoteau le fait entrer dans une autre famille de spectateurs : il y incarne François Beretton, le père de Vic, interprétée par Sophie Marceau. Sa suite, La Boum 2, prolonge ce succès. À la même période, il joue notamment dans La Crime de Philippe Labro et Les Loups entre eux de José Giovanni.

Georges Biard, CC BY-SA 3.0, via Wikimedia Commons.
Philippe Noiret et Claude Brasseur au Festival de Cannes.
Un acteur et un compétiteur
Sa vie hors plateau est marquée par le sport automobile. Passionné de bobsleigh puis de rallye-raid, Claude Brasseur participe à plusieurs éditions du Paris-Dakar. En 1983, il remporte l’épreuve en tant que copilote de Jacky Ickx. Cette activité n’est pas un simple loisir de vedette : il s’y engage avec la même régularité que dans son travail de comédien, tout en poursuivant ses tournages et ses spectacles.

Thesupermat, CC BY-SA 3.0, via Wikimedia Commons.
Claude Brasseur au Festival automobile international, 2013.
La scène reste pourtant son point d’ancrage. Il joue aussi bien Molière que des auteurs contemporains et ne considère jamais le théâtre comme une parenthèse entre deux films. Cette fidélité lui permet de préserver une palette plus large que celle de ses personnages les plus célèbres. À l’écran, il passe du policier à la comédie familiale, de rôles de composition à des emplois de père ou de grand-père, sans abandonner l’intensité qui caractérise son jeu.
Les dernières décennies
À partir des années 1990, sa popularité ne se dément pas. Il joue au théâtre dans Le Dîner de cons, À torts et à raisons et La Colère du tigre. À la télévision, il tient le premier rôle de la série Franck Keller de 2003 à 2007. Le cinéma lui offre encore des rôles très vus, notamment celui de Jacky Pic dans la série Camping, puis des apparitions dans L’Étudiante et Monsieur Henri (2015) et Tout le monde debout (2018).

Georges Biard, CC BY-SA 3.0, via Wikimedia Commons.
Claude Brasseur au Festival du cinéma américain de Deauville, 2011.
Sa vie familiale est elle aussi liée au métier. Il est le père de l’acteur Alexandre Brasseur. Claude Brasseur meurt à Paris le 22 décembre 2020, à 84 ans. Il est inhumé quelques jours plus tard au Père-Lachaise, auprès de Pierre Brasseur. La proximité de leurs tombes rappelle une filiation artistique forte, mais son parcours demeure celui d’un interprète qui a trouvé sa voix propre, du cinéma de la Nouvelle Vague aux grands succès populaires.
Œuvres principales
- Cinéma : Rue des Prairies (1959), Les Yeux sans visage (1960), Bande à part (1964), Un homme de trop (1967), Un éléphant ça trompe énormément (1976), Nous irons tous au paradis (1977), La Guerre des polices (1979), La Boum (1980), La Boum 2 (1982), Les Loups entre eux (1985), Camping (2006), L’Étudiante et Monsieur Henri (2015), Tout le monde debout (2018).
- Télévision : Le Mystère de la chambre jaune (1965), Les Nouvelles Aventures de Vidocq (1971-1973), Franck Keller (2003-2007).
- Théâtre : Le Dîner de cons, À torts et à raisons, La Colère du tigre.
Distinctions et récompenses
- 1977 : César du meilleur acteur dans un second rôle, pour Un éléphant ça trompe énormément et Nous irons tous au paradis.
- 1980 : César du meilleur acteur, pour La Guerre des polices.
- 2008 : nommé chevalier de la Légion d’honneur.