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BRANLY Édouard

Qui est Édouard Branly ?

Date de naissance : 23 octobre 1844 (Amiens, Somme).
Date du décès : 24 mars 1940 (Paris) à 95 ans.
Activité principale : Physicien, médecin, professeur et précurseur de la radio.
Nom de naissance : Désiré Eugène Édouard Branly.

Où est la tombe d’Édouard Branly ?

Édouard Branly repose au cimetière du Père-Lachaise, dans la division 10, le long du chemin Denon.

Plan des divisions du cimetière du Père-Lachaise

Le monument funéraire d’Édouard Branly au Père-Lachaise

La sépulture est signalée par une haute stèle-obélisque de pierre, posée sur un soubassement. Les inscriptions rappellent le nom du physicien et les membres de sa famille qui reposent avec lui, notamment sa fille Jeanne Terrat-Branly, biographe de son père, ainsi que sa petite-fille Marion Tournon-Branly et son époux, l’architecte Paul Tournon. Le monument, visible depuis le chemin Denon, ne comporte pas de décor figuratif ; sa verticalité et ses inscriptions en constituent les éléments principaux.

Tombe d'Édouard Branly au Père-Lachaise

Pierre-Yves Beaudouin, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons.
Vue d’ensemble de la tombe d’Édouard Branly.

Vue frontale de la tombe d'Édouard Branly au Père-Lachaise

Pierre-Yves Beaudouin, CC BY-SA 3.0, via Wikimedia Commons.
Vue frontale de la stèle d’Édouard Branly.

Inscriptions de la tombe d'Édouard Branly

Pierre-Yves Beaudouin, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons.
Détail des inscriptions du monument.

Biographie d’Édouard Branly

Édouard Branly naît à Amiens le 23 octobre 1844, dans une famille d’enseignants. Son père est professeur de physique, sa mère issue d’un milieu cultivé. Cet environnement le familiarise très tôt avec les sciences, mais rien ne le destine encore à devenir l’un des artisans essentiels de la télégraphie sans fil. Après sa scolarité à Amiens, il monte à Paris, prépare le concours de l’École normale supérieure au lycée impérial Louis-le-Grand et entre à l’École normale en 1865. Il y suit notamment l’enseignement de Louis Pasteur, dont l’exigence expérimentale marque durablement sa façon de travailler.

Reçu à l’agrégation des sciences physiques et naturelles en 1868, il commence par enseigner à Bourges. L’année suivante, il est nommé chef des travaux au laboratoire de physique de la faculté des sciences de Paris et de l’École pratique des hautes études, sous la direction de Paul Desains. Il y acquiert une solide pratique des instruments, des mesures et des phénomènes électriques. Pendant la guerre de 1870, il sert comme sous-lieutenant du génie auxiliaire. De retour à la recherche, il soutient en 1873 un doctorat ès sciences physiques consacré aux phénomènes électrostatiques dans les piles.

Portrait d'Édouard Branly par Ignacio Zuloaga

Ignacio Zuloaga, domaine public, via Wikimedia Commons.
Portrait d’Édouard Branly.

Édouard Branly, portrait gravé par Henri Othon Brauer

Henri Othon Brauer, domaine public, via Wikimedia Commons.
Portrait gravé d’Édouard Branly.

En 1876, Branly choisit d’enseigner à l’Institut catholique de Paris, créé l’année précédente. Cette décision est importante : c’est dans les laboratoires de la rue d’Assas et de la rue de Vaugirard qu’il mènera l’essentiel de ses expériences. Il reprend parallèlement des études de médecine, obtient son doctorat en 1882 avec une thèse sur le dosage de l’hémoglobine et exerce ensuite comme médecin. Sa carrière se partage ainsi entre la pratique médicale, l’enseignement et la recherche physique, sans que l’une de ces activités efface les autres.

Ses premiers travaux portent sur la lumière, les décharges électriques et la conductibilité. Le 20 novembre 1890, avec son préparateur Gendron, il réalise l’expérience qui fixe sa place dans l’histoire des télécommunications. Dans une pièce, une étincelle est produite par un éclateur ; à distance et derrière plusieurs murs, un tube contenant de la limaille métallique, relié à une pile et à un galvanomètre, devient soudainement conducteur. Un léger choc rend ensuite la limaille à son état initial. Branly vient de constater qu’une onde électromagnétique modifie la conductibilité de particules métalliques : il nomme ce phénomène « radioconduction ».

Cohéreur ou radioconducteur de Branly

Charles Hirlimann, CC BY-SA 3.0, via Wikimedia Commons.
Radioconducteur de Branly, appelé aussi cohéreur.

Radioconducteur de Branly

Bernard Baris, CC BY-SA 3.0, via Wikimedia Commons.
Autre modèle de radioconducteur de Branly.

Il présente ses résultats à l’Académie des sciences le 24 novembre 1890. Son dispositif, le radioconducteur — souvent appelé « cohéreur » après les travaux ultérieurs d’Oliver Lodge — est un détecteur extrêmement sensible des ondes électriques. Il ne crée pas à lui seul la radio : les expériences de Hertz, les améliorations de Lodge, les réalisations de Marconi et le travail de nombreux ingénieurs en composent l’histoire. Mais sans ce détecteur, les premiers récepteurs pratiques de télégraphie sans fil auraient été beaucoup plus difficiles à construire.

La portée de cette découverte devient concrète à la fin des années 1890. Guglielmo Marconi utilise des radioconducteurs issus du principe de Branly dans ses liaisons de télégraphie sans fil, notamment lors d’essais réalisés en 1899 dans la Manche. Branly reste cependant plus intéressé par la physique des phénomènes que par l’exploitation industrielle de ses résultats. Il perfectionne son appareil avec le trépied-disque, étudie les contacts imparfaits, les diélectriques et les mécanismes de détection. Sa rigueur explique la qualité de ses résultats, mais aussi sa réserve face aux annonces trop rapides.

Cabinet de recherche d'Édouard Branly en 1909

Georges-Henri Manesse, CC0, via Wikimedia Commons.
Le cabinet de recherche d’Édouard Branly, Institut catholique de Paris, 1909.

En 1905, il franchit une nouvelle étape en appliquant le radioconducteur au contrôle d’actions à distance. Ses expériences de « télémécanique », présentées devant l’Académie des sciences puis au Trocadéro, permettent de commander sans fil un dispositif mécanique. Elles annoncent le principe de la télécommande. Branly ne recherche pas l’effet spectaculaire : il montre qu’une onde peut servir à transmettre un ordre, et pas seulement un signal télégraphique. La radio, l’automatisation et les télécommandes modernes doivent une part de leur préhistoire à ces essais.

La reconnaissance arrive lentement mais durablement. Lauréat du prix Houllevigue de l’Académie des sciences en 1898, il reçoit le Grand Prix de l’Exposition universelle de 1900 puis le prix Osiris de l’Institut de France en 1903, partagé avec Pierre Curie. Élu à l’Académie des sciences en 1911, il continue de travailler jusque dans un âge avancé. Sa discrétion, son attachement à l’enseignement et son indépendance à l’égard des intérêts industriels façonnent l’image d’un chercheur qui privilégie la démonstration expérimentale à la mise en scène de l’invention.

Édouard Branly recevant un hommage après sa nomination dans la Légion d'honneur

Peyriras, domaine public, via Wikimedia Commons.
Édouard Branly honoré après sa nomination au grade de grand officier de la Légion d’honneur.

Édouard Branly meurt à Paris le 24 mars 1940, quelques mois avant l’Occupation. Son nom demeure attaché à l’« effet Branly », à la radioconduction et au cohéreur. Il rappelle que la naissance de la radio fut une aventure collective, dans laquelle une expérience de laboratoire, menée avec patience dans une institution d’enseignement, a rendu possible la réception des premiers messages sans fil.

Œuvres principales

  • Traité élémentaire de physique (1899).
  • Cours élémentaire de physique et problèmes de physique (1900).
  • La T.S.F., télégraphie et téléphonie sans fil (1923, réédition 1925).
  • Électricité (1934).
  • « Variations de la conductibilité sous diverses influences électriques », communication à l’Académie des sciences (1890).
  • « Distribution et contrôle d’actions produites à distance par les ondes électriques » (1905).

Distinctions et récompenses

  • Prix Houllevigue de l’Académie des sciences (1898).
  • Grand Prix de l’Exposition universelle de Paris (1900).
  • Prix Osiris de l’Institut de France, partagé avec Pierre Curie (1903).
  • Membre associé de l’Académie royale de Belgique (1910).
  • Membre de l’Académie des sciences (1911).
  • Grand-croix de la Légion d’honneur (1938).
  • Commandeur de l’ordre de Saint-Grégoire-le-Grand (1938).