Qui est Mabel-Marucha Bo ?
Date de naissance : août 1938 (Morón, province de Buenos Aires, Argentine).
Date du décès : 24 janvier 2013 (Paris, France) à 74 ans.
Activité principale : Comédienne, interprète de music-hall et chanteuse.
Nom d’artiste : Marucha Bo.
Où se trouve la sépulture de Mabel-Marucha Bo ?
Les cendres de Marucha Bo reposent au columbarium du cimetière du Père-Lachaise, division 87.

Le monument funéraire de Marucha Bo au Père-Lachaise
Marucha Bo a été incinérée au crématorium du Père-Lachaise après sa mort, le 24 janvier 2013. Sa sépulture se situe au columbarium, dans la division 87. Le columbarium est un vaste monument de briques et de pierre, composé de niches cinéraires superposées autour du crématorium. Aucune photographie librement réutilisable de la case de Marucha Bo n’a été trouvée ; il serait donc inexact d’ajouter une image de sépulture qui ne la montre pas.
Biographie de Marucha Bo
Marucha Bo, comédienne argentine née en août 1938 à Morón, dans la périphérie de Buenos Aires, est l’une des présences les plus singulières de l’avant-garde théâtrale argentine puis parisienne. Son nom reste attaché à Alfredo Arias et au groupe TSE, dont elle fut l’une des interprètes les plus marquantes. Sa carrière, brève au regard du temps passé ensuite loin de la scène, a laissé le souvenir d’une artiste à la beauté hiératique, à la voix grave et à l’intelligence scénique très particulière.
Elle travaille d’abord à Buenos Aires dans le bouillonnement culturel des années 1960. L’Institut Torcuato Di Tella est alors un lieu déterminant pour les artistes qui souhaitent échapper aux séparations traditionnelles entre théâtre, arts plastiques, musique et performance. Marucha Bo y côtoie notamment Alfredo Arias, son frère Facundo Bo, Roberto Platé, Juan Stoppani, Copi et Marilú Marini. Elle participe aussi à Ciruela chata, happening conçu autour d’un film de Robert Whitman et adapté par Marta Minujín, où les interprètes en blanc reproduisent les figures projetées sur leurs corps.
À la fin des années 1960, la censure imposée par le régime du général Onganía pèse lourdement sur cette génération. Le groupe formé autour d’Alfredo Arias quitte l’Argentine. À Paris, il prend le nom de TSE — un sigle qui ne renvoie à aucune expression précise — et invente un théâtre visuel, volontiers baroque, qui mêle le mélodrame, la parodie, le cabaret, l’opérette et l’imaginaire populaire de Buenos Aires.
Marucha Bo devient l’une des figures centrales de cette aventure. Elle joue notamment dans Dracula, Eva Perón de Copi, Histoire du théâtre et Comédie policière. Dans les spectacles du TSE, son jeu ne repose pas sur le naturalisme. Sa présence, sa manière de tenir le silence, de regarder ou de faire entendre un texte font d’elle une interprète immédiatement reconnaissable. Alfredo Arias dira plus tard qu’elle avait une capacité extraordinaire à comprendre le théâtre.
Le succès parisien du groupe atteint un sommet avec Luxe, présenté au Palace dans le cadre du Festival d’automne de 1973. Le spectacle réunit notamment Marucha et Facundo Bo, Juan Stoppani et Roberto Platé, sur une musique de Carlos d’Alessio. Marucha Bo y apparaît comme la vedette du music-hall que le spectacle réinvente : une silhouette presque abstraite, entre glamour, humour et distance. La critique retient alors sa puissance visuelle autant que sa manière de transformer le déshabillage en geste de scène plutôt qu’en simple effet de provocation.
Cette période de réussite est brutalement interrompue par un accident cardiovasculaire qui la laisse paralysée. Elle doit renoncer à la scène alors qu’elle est encore au premier plan du TSE. Pour lui succéder dans certains spectacles, Alfredo Arias fait appel à Marilú Marini, autre grande artiste venue de Buenos Aires. Marucha Bo se retire progressivement de la vie publique et vit ensuite de longues années loin des projecteurs, entourée de ses proches, notamment de son frère Facundo et de son neveu Marcial Di Fonzo Bo.
Cette disparition de la scène ne signifie pas que son travail soit oublié. En 1988, elle remonte notamment sur les planches aux Trottoirs de Buenos-Aires, dans un registre de « diseuse » proche du cabaret de la rive gauche. Elle y interprète des chansons associées à Damia et au répertoire des années 1930 à 1950. Sa voix douce et grave, son accent argentin et son art de faire exister un texte par le phrasé donnent alors à cette présence tardive une tonalité plus intime.
Marucha Bo apparaît également, dans des rôles plus discrets, au cinéma. Elle est créditée dans Les Jeux de la comtesse Dolingen de Gratz de Catherine Binet en 1981 et dans La Bande des quatre de Jacques Rivette en 1988. Ces apparitions prolongent le lien entre son univers théâtral et un cinéma d’auteur attentif aux actrices et à la représentation.
Elle meurt à Paris le 24 janvier 2013, à l’âge de soixante-quatorze ans. Les hommages publiés en Argentine et en France rappellent la place qu’elle a occupée dans l’histoire du théâtre d’avant-garde : non pas celle d’une vedette de cinéma au long cours, mais celle d’une interprète essentielle à l’esthétique du TSE. Son parcours raconte aussi l’exil d’artistes argentins qui ont trouvé à Paris un espace de liberté, puis contribué à renouveler le music-hall et le théâtre visuel des années 1970.
Spectacles et films principaux
- Ciruela chata, happening de l’Institut Di Tella (1969).
- Eva Perón de Copi, mise en scène d’Alfredo Arias (1970).
- Histoire du théâtre, groupe TSE.
- Comédie policière, groupe TSE (1972).
- Luxe, groupe TSE, Festival d’automne au Palace (1973).
- Les Jeux de la comtesse Dolingen de Gratz, film de Catherine Binet (1981).
- La Bande des quatre, film de Jacques Rivette (1988).
- Les Trottoirs de Buenos-Aires, tour de chant et récital (1988).
Hommages
- Hommage au crématorium du Père-Lachaise en janvier 2013, à l’initiative de ses proches et de ses compagnons de théâtre.
- Son nom demeure associé à l’histoire de l’Institut Di Tella, du groupe TSE et aux spectacles d’Alfredo Arias à Paris.