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BEAUJOUR Félix de

Qui est Félix de Beaujour ?

Date de naissance : 28 décembre 1765 (Callas, Var, France).
Date du décès : 1er juillet 1836 (Paris, France), à 70 ans.
Activité principale : Diplomate, homme politique, historien et homme de lettres.
Nom de naissance : Louis-Auguste Féris.

Où est la tombe de Félix de Beaujour ?

La sépulture de Félix de Beaujour se trouve dans la division 48 du cimetière du Père-Lachaise, avenue des Thuyas, deuxième ligne.

Plan des divisions du cimetière du Père-Lachaise

Le monument funéraire de Félix de Beaujour au Père-Lachaise

La tombe de Félix de Beaujour est l’un des monuments les plus singuliers et les plus visibles du Père-Lachaise. Conçu par l’architecte François-Alexis Cendrier et achevé en 1838, le mausolée se présente comme une vaste colonne cylindrique de seize mètres, parfois comparée à un phare ou à une lanterne des morts. Elle domine la division 48 et abrite une crypte circulaire ainsi qu’un oratoire.

Beaujour avait fait préparer ce monument de son vivant. Outre le diplomate, il accueille notamment son oncle Jean‑François Pierrugues, officier, et l’amiral Charles Jaurès. Par son échelle inhabituelle et sa silhouette austère, le mausolée est devenu un repère majeur du cimetière.

Mausolée de Félix de Beaujour au Père-Lachaise

Mausolée de Félix de Beaujour, par Pierre-Yves Beaudouin, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons.

Vue du tombeau de Félix de Beaujour

Tombe de Félix de Beaujour, par Gede, CC BY-SA 3.0, via Wikimedia Commons.

Tour funéraire de Félix de Beaujour

Tour funéraire de Félix de Beaujour, CC BY-SA, via Wikimedia Commons.

Biographie de Félix de Beaujour

Louis-Auguste Féris naît à Callas, dans le Var, le 28 décembre 1765. Il est l’aîné d’une famille modeste : son père est muletier. Ses résultats lui ouvrent les portes du collège de Draguignan, puis d’études à Aix-en-Provence et à Paris. Destiné un temps à l’Église, il étudie la théologie à Saint-Sulpice, mais choisit finalement une carrière laïque. Cette bifurcation le conduit vers le ministère des Affaires étrangères, où commence une trajectoire qui traverse la Révolution, l’Empire, la Restauration et la monarchie de Juillet.

Il entre dans la diplomatie à un moment où l’Europe est bouleversée par les guerres et les recompositions politiques. Secrétaire de légation à Munich en 1790, puis à Dresde en 1791, il devient ensuite consul général en Grèce. En 1799, il est chargé d’affaires en Suède. Ces premiers postes donnent à ce Provençal une expérience concrète des équilibres européens, des échanges commerciaux et de la présence française hors de ses frontières.

De retour à Paris en 1800, il se rapproche de l’abbé Sieyès. Celui-ci le fait entrer au Tribunat, l’une des assemblées instituées par le Consulat. Beaujour y est secrétaire puis président en 1803. Il publie parallèlement le Tableau du commerce de la Grèce, étude nourrie de son expérience méditerranéenne, qui attire l’attention par sa dimension statistique et économique. Deux textes consacrés aux traités de Lunéville et d’Amiens confirment sa place parmi les administrateurs et publicistes du nouveau régime.

Après la disparition du Tribunat, il est envoyé aux États-Unis comme commissaire général à Georgetown, près de Washington. Il y séjourne de 1804 à 1811. Sa mission porte à la fois sur des questions financières et sur les relations entre la France, les États-Unis et l’espace mexicain alors sous domination espagnole. Il en tire un ouvrage majeur, Aperçu des États-Unis au commencement du XIXe siècle, qui compte parmi les premiers essais français importants consacrés à la jeune république américaine.

Revenu en France en 1814, il reprend une carrière diplomatique sous la Restauration. Talleyrand lui obtient le poste de consul général à Smyrne en 1816. L’année suivante, il devient inspecteur général des établissements français du Levant et visite les comptoirs et les consulats de cette région. Louis XVIII le fait baron en 1818. C’est alors qu’il adopte définitivement le nom de Félix de Beaujour, transformant son patronyme Féris en une identité nouvelle, plus conforme au titre qu’il vient de recevoir.

Après ses missions, Beaujour se consacre largement à l’écriture. Il publie notamment Théorie des gouvernements, un Tableau des révolutions de la France et un Voyage dans l’Empire ottoman. Ses livres associent l’observation politique, les données économiques, les cartes et les tableaux statistiques. Ils reflètent une ambition caractéristique de son temps : comprendre les États par leurs institutions, leurs échanges et leurs populations.

Page de titre de Voyage militaire dans l’Empire othoman, ouvrage de Félix de Beaujour

Page de titre de Voyage militaire dans l’Empire othoman, Félix de Beaujour, 1829, domaine public, via Wikimedia Commons.

La monarchie de Juillet lui donne une dernière carrière parlementaire. Élu député des Bouches-du-Rhône en 1831, il siège jusqu’en 1834, puis est nommé pair de France par Louis-Philippe le 11 septembre 1835. En 1832, il crée un prix quinquennal confié à l’Académie des sciences morales et politiques, destiné à récompenser les travaux susceptibles de prévenir ou de soulager la misère. Il lègue aussi une somme importante à sa ville natale de Callas pour la création d’une école de filles et d’un hôpital.

Promu officier de la Légion d’honneur le 30 avril 1836, Félix de Beaujour meurt à Paris deux mois plus tard, sans descendance. Son monument du Père-Lachaise, conçu pour inscrire son nom dans le paysage parisien, demeure le témoignage spectaculaire d’un diplomate et écrivain qui a voulu laisser une trace durable de son parcours.

Œuvres principales

  • Tableau du commerce de la Grèce, formé d’après une année moyenne depuis 1787 jusqu’en 1797, 1799.
  • Le Traité de Lunéville, 1801.
  • Le Traité d’Amiens, 1801.
  • Aperçu des États-Unis au commencement du XIXe siècle, 1814.
  • Théorie des gouvernements, 1824.
  • Tableau des révolutions de la France.
  • Voyage dans l’Empire ottoman.

Fonctions et distinctions

  • Secrétaire de légation à Munich (1790) puis à Dresde (1791).
  • Consul général en Grèce, puis chargé d’affaires en Suède (1799).
  • Membre, secrétaire puis président du Tribunat (1803).
  • Commissaire général aux États-Unis, de 1804 à 1811.
  • Consul général à Smyrne (1816) et inspecteur général des établissements français du Levant (1817).
  • Baron, 1818.
  • Député des Bouches-du-Rhône, 1831-1834.
  • Pair de France, 1835.
  • Officier de la Légion d’honneur, 1836.