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BASHUNG Alain

Qui est Alain Bashung ?

Date de naissance : 1er décembre 1947 (Paris, France).
Date du décès : 14 mars 2009 (Paris, France) à 61 ans.
Activité principale : Auteur-compositeur-interprète, musicien et acteur.
Nom de naissance : Alain Claude Baschung.

Où est la tombe d’Alain Bashung ?

Tombe Alain BASHUNG

La tombe est située dans la division 13, avenue de la Chapelle, première ligne.

Plan des divisions du cimetière du Père-Lachaise

Le monument funéraire d’Alain Bashung au Père-Lachaise

La sépulture d’Alain Bashung, dans la division 13, est l’une des tombes contemporaines les plus immédiatement reconnaissables du Père-Lachaise. Elle a été conçue par Philippe Perrin, avec une volontaire économie de moyens : un grand élément vertical de pierre sombre, le nom de l’artiste, ses dates et ces deux mots, très simples, gravés sur le monument : « Tant aimé ».

Tombe d'Alain Bashung au cimetière du Père-Lachaise

Akadians / Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0.
Tombe d’Alain Bashung, division 13.

Au sol, une série de cercles concentriques évoque les sillons d’un disque 33 tours. Le motif inscrit la musique au cœur même du caveau sans recourir à une représentation figurative ; il suffit à rappeler la carrière du chanteur. La tombe occupe un emplacement ancien, autrefois associé à William Gore et Lady Gore. Après les obsèques de mars 2009, la pose de la stèle a été retardée par un conflit entre la famille et l’entreprise funéraire ; elle n’a finalement été installée qu’à la fin de l’année 2010. Cette histoire explique la longue période durant laquelle les admirateurs ont vu une tombe encore provisoire.

Vue de la tombe d'Alain Bashung au Père-Lachaise

ManoSolo13241324 / Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0.
Vue de la sépulture d’Alain Bashung.

Détail contemporain de la sépulture d'Alain Bashung

ManoSolo13241324 / Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0.
La tombe d’Alain Bashung en 2023.

Tombe d'Alain Bashung dans la division 13

Chabe01 / Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0.
La stèle d’Alain Bashung, division 13, en 2024.

Vue latérale de la tombe d'Alain Bashung au Père-Lachaise

Chabe01 / Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0.
Vue latérale de la sépulture d’Alain Bashung.

La sobriété de ce monument ne réduit pas sa charge affective. Les visiteurs y déposent régulièrement fleurs, mots et petits hommages. Le choix de ne pas multiplier les symboles ou les portraits laisse toute sa place à l’inscription et aux cercles du disque : une mémoire musicale, discrète mais lisible, au milieu des sépultures anciennes de l’avenue de la Chapelle.

Biographie d’Alain Bashung

Alain Bashung occupe une place singulière dans la chanson française. Il a connu le succès tardivement, après plus d’une décennie d’essais, de groupes et de disques presque ignorés, puis a refusé de se répéter lorsque le public l’avait enfin adopté. De Gaby oh Gaby à La nuit je mens, de la flamboyance rock de Osez Joséphine aux paysages plus dépouillés de L’Imprudence et Bleu pétrole, il a construit une œuvre où la voix, les mots et les arrangements ne cessent de se déplacer.

Portrait d'Alain Bashung par Studio Harcourt

Studio Harcourt Paris / Wikimedia Commons, CC BY-SA 3.0.
Alain Bashung, portrait réalisé en 2007.

Une enfance entre Paris et l’Alsace

Alain Claude Baschung naît le 1er décembre 1947 dans le 14e arrondissement de Paris. Son père, qu’il ne connaîtra pas, est d’origine algérienne ; sa mère est bretonne. Pendant une partie importante de son enfance, il est confié à sa grand-mère et à son beau-père à Wingersheim, en Alsace. Il y apprend l’alsacien avant de revenir vivre à Paris à la fin des années 1950. Cette enfance partagée entre deux univers, suivie d’un retour dans une capitale déjà attirée par le rock américain, nourrit chez lui un sentiment de décalage qu’il ne cherchera jamais à effacer.

Adolescent, il écoute Elvis Presley, Gene Vincent, Buddy Holly et les grands pionniers du rock’n’roll, tout en découvrant la chanson française. L’harmonica est l’un de ses premiers instruments ; la guitare, la scène et l’écriture prennent vite le relais. Il travaille un temps, joue dans des formations de jeunes musiciens et commence à enregistrer sous son nom ou sous des pseudonymes. L’ambition est claire, mais il lui manque encore la rencontre artistique qui rendrait sa singularité audible.

Les années d’apprentissage et d’attente

À partir du milieu des années 1960, Bashung enregistre plusieurs 45 tours, accompagne d’autres artistes et écrit notamment pour Dick Rivers. Le travail est réel, mais les disques ne trouvent pas leur public. Il participe à des groupes, connaît les studios, les maisons de disques et les tournées modestes ; il apprend surtout la patience. En 1977, Roman-photos, son premier album, ne fait pas décoller sa carrière. Roulette russe, deux ans plus tard, reste lui aussi confidentiel. À l’âge où beaucoup de chanteurs ont déjà installé leur image, Bashung cherche encore la forme qui lui conviendra.

Cette période n’est pas stérile. Elle lui permet de se libérer peu à peu du modèle du chanteur rock imitateur et d’adopter un phrasé plus personnel, fait d’ellipses, de décalages et d’une certaine distance ironique. La rencontre avec le parolier Boris Bergman devient déterminante. Ensemble, ils trouvent un langage où les références américaines, le goût du cinéma, les images surréalistes et le français le plus quotidien peuvent se croiser sans se neutraliser.

Alain Bashung en concert en 2008

stef niKo / Wikimedia Commons, CC BY-SA 2.0.
Alain Bashung en 2008.

Le succès, puis le risque de l’invention

Le tournant arrive en 1980 avec Gaby oh Gaby. La chanson, portée par une mélodie immédiatement mémorisable et par un texte énigmatique, devient un immense succès. Elle donne à Bashung une visibilité que ses premiers disques n’avaient jamais obtenue. L’année suivante, l’album Pizza confirme l’élan avec Vertige de l’amour. Il pourrait alors prolonger la formule. Il choisit au contraire de la mettre en danger.

En 1982, Play blessures, écrit avec Serge Gainsbourg, rompt brutalement avec l’attente d’un nouveau disque de rock populaire. Le ton est sombre, les arrangements sont austères, la diction se fait plus heurtée. L’album déroute et se vend peu. Il deviendra pourtant l’un des jalons essentiels de sa discographie : Bashung y affirme son droit à l’opacité et à l’inconfort. Figure imposée, l’année suivante, prolonge cette volonté de ne pas se laisser enfermer dans une seule image.

Le retour avec Bergman se fait sur Passé le Rio Grande en 1986. Les chansons retrouvent une énergie plus directe, sans renoncer à l’étrangeté du langage. Bashung n’est plus seulement l’interprète d’un tube : il est reconnu comme un auteur de disques, attentif à la cohérence d’un album et à la construction sonore. Novice en 1989 prépare une nouvelle étape. Jean Fauque, qui a déjà collaboré avec lui, prend bientôt une place centrale dans l’écriture de ses textes.

Alain Bashung photographié en 2008

stef niKo / Wikimedia Commons, CC BY-SA 2.0.
Alain Bashung, 11 juillet 2008.

Une œuvre majeure des années 1990

Osez Joséphine, publié en 1991, est le disque qui unit le plus largement le public et la critique autour de Bashung. Le titre éponyme, Madame rêve et les autres chansons composent un album lumineux, traversé de blues, de rock et de rêverie. La collaboration avec Jean Fauque y est décisive : leurs textes ne racontent pas une histoire de manière linéaire ; ils créent des images, des voix, des silhouettes et des espaces dans lesquels l’auditeur avance à son rythme.

En 1998, Fantaisie militaire porte cette alliance à un degré nouveau. Les arrangements, nourris de guitares, d’électronique et de textures très travaillées, servent des chansons comme La nuit je mens, Samuel Hall ou Ma petite entreprise. Le disque reçoit un accueil exceptionnel et plusieurs Victoires de la musique. Il fait de Bashung l’une des références de la chanson d’auteur française, sans diminuer son lien avec la scène rock.

Parallèlement, il mène une carrière d’acteur, sans chercher à en faire un second métier tapageur. Il apparaît dans plusieurs films et téléfilms, notamment sous la direction de Patrice Leconte, et compose ou interprète des musiques de cinéma. Cette activité prolonge son rapport aux images : son chant lui-même est souvent cinématographique, fondé sur les changements de cadre, les personnages esquissés et les silences.

Alain Bashung sur scène en 2008

stef niKo / Wikimedia Commons, CC BY-SA 2.0.
Alain Bashung en 2008.

Une fin de parcours sans concessions

Après Climax, album en public paru en 2000, Bashung revient en 2002 avec L’Imprudence. Le disque est plus dépouillé, plus sombre, parfois presque parlé. Il ne cherche pas la facilité et connaît d’abord un accueil commercial modeste, mais la critique y voit rapidement une œuvre majeure. Bashung poursuit ainsi ce qui fait la cohérence de son parcours : aucun succès ne l’oblige à reprendre la même recette, aucun revers ne l’empêche de tenter un nouveau langage.

Il épouse la comédienne et chanteuse Chloé Mons en 2001. Avec elle, il partage les dernières années de sa vie et plusieurs projets artistiques. En 2008 paraît Bleu pétrole, dernier album studio auquel participent notamment Gaëtan Roussel, Arman Méliès et Gérard Manset. Les chansons, parmi lesquelles Résidents de la République et Je t’ai manqué, portent une gravité nouvelle sans rien abandonner de la précision musicale qui caractérise ses disques.

Alain Bashung au Paléo Festival en 2008

Manuguf / Wikimedia Commons, CC BY-SA 3.0.
Alain Bashung au Paléo Festival, 26 juillet 2008.

Atteint d’un cancer du poumon, Alain Bashung continue à se produire sur scène aussi longtemps que son état le lui permet. En février 2009, très affaibli, il apparaît encore lors des Victoires de la musique, qui récompensent Bleu pétrole et son interprétation. Il meurt à Paris le 14 mars 2009. Ses obsèques sont célébrées quelques jours plus tard à l’église Saint-Germain-des-Prés, avant son inhumation au Père-Lachaise.

Son œuvre a continué à gagner en importance après sa disparition. Elle a influencé plusieurs générations d’auteurs, de musiciens et d’interprètes, non comme un modèle à reproduire mais comme la preuve qu’un chanteur très populaire peut conserver le goût du risque. Bashung aura fait de la chanson un espace de recherche sonore et poétique, avec une voix immédiatement reconnaissable, à la fois retenue, ironique et profondément habitée.

Buste d'Alain Bashung par la sculptrice Délie Duparc

Délie Duparc / Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0.
Buste d’Alain Bashung, terre cuite.

Œuvres principales

  • Albums studio : Roman-photos (1977), Roulette russe (1979), Pizza (1981), Play blessures (1982), Passé le Rio Grande (1986), Novice (1989), Osez Joséphine (1991), Chatterton (1994), Fantaisie militaire (1998), L’Imprudence (2002) et Bleu pétrole (2008).
  • Chansons : Gaby oh Gaby, Vertige de l’amour, Osez Joséphine, Madame rêve, Ma petite entreprise, La nuit je mens, Résidents de la République et Je t’ai manqué.
  • Cinéma : rôles dans des films de fiction et participation à plusieurs musiques de films, notamment Ma petite entreprise (1999).

Récompenses et distinctions

  • Victoire de la musique de l’album rock pour Passé le Rio Grande (1986).
  • Victoire de l’artiste interprète masculin (1993).
  • Récompenses majeures aux Victoires de la musique pour Fantaisie militaire, dont l’album de l’année et l’artiste interprète masculin (1999).
  • Chevalier de la Légion d’honneur (2008).
  • Trois Victoires de la musique en 2009, dont l’album de chansons/variétés pour Bleu pétrole et l’artiste interprète masculin.