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Tombe

APPEL Karel

Qui est Karel Appel ?

Date de naissance : 25 avril 1921 (Amsterdam, Pays Bas).
Date du décès : 3 mai 2006 (Zurich, Suisse) à 85 ans.
Activité principale : peintre, sculpteur.

Où est la tombe de Karel Appel ?

La tombe est située dans la division 22

Père-Lachaise PLAN des divisions

Le monument funéraire de Karel Appel au Père-Lachaise

Tombe de Karel Appel au Père-Lachaise

Pierre-Yves Beaudouin, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons.
Tombe de Karel Appel au cimetière du Père-Lachaise.

Biographie de Karel Appel

Karel Appel naît à Amsterdam le 25 avril 1921 sous le nom de Christiaan Karel Appel. Il grandit dans le quartier populaire de la Dapperstraat, au-dessus du salon de coiffure tenu par son père. Sa famille ne se destine pas au monde de l’art, mais un oncle amateur lui offre, pour ses quinze ans, une boîte de peinture et un chevalet. Cette initiation suffit à orienter une vocation qui se révélera rapidement plus forte que les réticences de ses parents.

Au début des années 1940, Amsterdam vit sous l’occupation allemande. Appel entre à la Rijksakademie van Beeldende Kunsten, où il étudie de 1942 à 1943. Le statut d’étudiant le protège un temps du travail obligatoire en Allemagne. À l’académie, il rencontre Guillaume Cornelis van Beverloo, bientôt connu sous le nom de Corneille, ainsi que Constant Nieuwenhuys. Ces amitiés formeront le noyau de son premier réseau artistique. Appel s’éloigne alors de la formation académique : il regarde Picasso, Matisse, l’expressionnisme et les formes directes de l’art populaire ou enfantin, sans vouloir en faire une simple imitation.

Les années de guerre sont difficiles. Son choix de devenir peintre provoque une rupture avec ses parents, et il doit quitter le domicile familial. Dans une ville soumise aux restrictions, aux rafles et à la clandestinité, il poursuit pourtant le travail. Cette période explique en partie l’énergie de ses premières œuvres : elles refusent la composition policée et privilégient la couleur, l’animal, le masque, l’enfant, la figure humaine réduite à des signes puissants.

Sa première exposition personnelle se tient à Groningue en 1946. L’après-guerre ouvre un espace de reconstruction mais aussi de rejet des conventions qui avaient dominé avant 1940. En 1948, Appel participe à la fondation du mouvement CoBrA, dont le nom réunit les initiales de Copenhague, Bruxelles et Amsterdam. Avec Corneille, Constant, Asger Jorn, Christian Dotremont et d’autres artistes et écrivains, il défend une création spontanée, collective, internationale, nourrie par le dessin d’enfant, les mythes, les graffitis, les animaux et l’imaginaire plutôt que par les règles des académies.

CoBrA ne dure officiellement que de 1948 à 1951, mais son influence est décisive. Pour Appel, il ne s’agit pas d’illustrer une théorie : peindre devient un acte physique, rapide, fait de matière et de couleurs franches. En 1949, sa fresque Questioning Children, destinée à la cafétéria de l’hôtel de ville d’Amsterdam, provoque une violente polémique. Les figures enfantines et les couleurs agressives choquent une partie du public ; l’œuvre est recouverte pendant dix ans. Cet épisode donne la mesure de l’incompréhension que rencontre alors son langage plastique.

Exposition de Karel Appel à la galerie Espace en 1957

Fotopersbureau De Boer, CC0, via Wikimedia Commons
Exposition de Karel Appel à la galerie Espace, avril 1957.

En 1950, après la dissolution de CoBrA, Appel s’installe à Paris. La capitale devient l’un de ses principaux lieux de travail, même si sa carrière prend vite une dimension internationale. Il y rencontre les critiques Michel Tapié et Michel Ragon, qui le soutiennent, et fréquente les milieux de l’« art autre ». En 1954, une exposition à la Martha Jackson Gallery de New York l’introduit durablement aux États-Unis. Il voyage ensuite au Mexique, au Brésil, en Yougoslavie et partage son temps entre plusieurs villes d’Europe et d’Amérique.

Cette reconnaissance ne l’enferme pas dans la seule peinture de chevalet. Appel travaille la sculpture, l’assemblage, la céramique, le vitrail, les décors et les œuvres monumentales. Il emploie volontiers le bois, les objets trouvés et des matériaux récupérés, qu’il assemble puis couvre de peinture. Son œuvre garde des sujets reconnaissables — oiseaux, chats, têtes, enfants, fleurs, figures hybrides — mais les soumet à une gestuelle de plus en plus libre. La formule qui lui est souvent associée, « je ne peins pas, je frappe », résume une pratique fondée sur l’énergie du geste plus que sur la recherche d’une image lisse.

Dans les années 1950 et 1960, il est l’un des artistes néerlandais les plus visibles de l’après-guerre. Ses tableaux sont montrés en Europe et aux États-Unis ; les institutions américaines s’intéressent à son travail dès le milieu des années 1950. Il se rapproche aussi du jazz, dont l’improvisation et la vitalité lui paraissent proches de sa manière de peindre. Cette période ne se réduit pas à une succession d’expositions : elle fixe une méthode de travail dans laquelle le dessin, la peinture, l’objet et le mouvement restent disponibles les uns pour les autres.

Karel Appel au Stedelijk Museum d’Amsterdam en 1965

Joost Evers / Anefo, CC0, via Wikimedia Commons
Karel Appel au Stedelijk Museum d’Amsterdam, 25 juin 1965.

À partir des années 1970, Appel poursuit ses expérimentations sans abandonner les acquis de CoBrA. Ses grandes toiles deviennent parfois plus structurées, mais la couleur conserve une présence presque autonome. Il travaille avec des formats ambitieux et réalise des commandes dans l’espace public. L’artiste ne cherche pas à figer un style : il passe de l’explosion de matière à des séries plus organisées, de la peinture à la sculpture, du geste immédiat aux projets monumentaux. La diversité des supports est une constante de sa longue carrière.

Son retour aux Pays-Bas s’accompagne d’une reconnaissance institutionnelle croissante. Expositions et rétrospectives permettent de relire un parcours que la controverse de 1949 avait d’abord placé en marge. En 2001, pour ses quatre-vingts ans, il réalise The Fountain devant le musée CoBrA d’Amstelveen : cette œuvre publique, mêlant notamment poing et oiseau, constitue sa seule fontaine. Elle rappelle à la fois l’importance de CoBrA et la continuité de son goût pour la sculpture colorée.

Karel Appel lors de son exposition au musée municipal de La Haye en 1982

Marcel Antonisse / Anefo, CC0, via Wikimedia Commons
Karel Appel lors de son exposition au musée municipal de La Haye, 1982.

Il vit et travaille entre Paris, New York, l’Italie, Monaco et la Suisse. En 1999, il crée la Karel Appel Foundation, chargée de préserver ses œuvres, de développer le catalogue raisonné et de favoriser la connaissance de son travail. Cette structure joue aujourd’hui un rôle essentiel pour l’authentification et la conservation d’un corpus très vaste, où se côtoient peintures, œuvres sur papier, sculptures et réalisations publiques.

Karel Appel meurt à Zurich le 3 mai 2006, à l’âge de 85 ans. Il est inhumé au cimetière du Père-Lachaise, dans la division 22. Son parcours relie l’Amsterdam occupée, la rupture expérimentale de CoBrA, le Paris de l’après-guerre et la scène internationale. Sans jamais se réduire à un seul mouvement, il a donné une force durable à une peinture où la spontanéité, la couleur et la figure conservent une liberté de jeu et de choc.

Œuvres et réalisations principales

  • Questioning Children, fresque pour l’hôtel de ville d’Amsterdam (1949).
  • Child and Beast II (1951).
  • Vitraux de l’église Kruiskerk de Geleen (1957).
  • Nombreuses peintures, sculptures et assemblages réalisés entre les années 1950 et 2000.
  • The Fountain, fontaine devant le musée CoBrA d’Amstelveen (2001).