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DENARD Michaël

Qui est Michaël Denard ?

Date de naissance : 5 novembre 1944, Dresde (Allemagne).
Date du décès : 17 février 2023, Paris.
Activité principale : danseur étoile, maître de ballet, pédagogue et comédien.
Répertoire emblématique : L’Oiseau de feu, La Sylphide, Giselle, Le Lac des cygnes.

Où est la tombe de Michaël Denard ?

La tombe de Michaël Denard se trouve dans la division 50 du cimetière du Père-Lachaise.

Plan des divisions du cimetière du Père-Lachaise

Le monument funéraire de Michaël Denard au Père-Lachaise

La sépulture de Michaël Denard est installée dans la 50e division, dans la partie centrale du cimetière. Elle rappelle la mémoire d’un artiste qui a porté très haut l’école française de danse, sur la scène de l’Opéra de Paris comme sur les grandes scènes internationales.

Inhumé au Père-Lachaise après sa disparition en février 2023, le danseur étoile a rejoint l’un des grands lieux de mémoire artistique de Paris.

Tombe de Michaël Denard au cimetière du Père-Lachaise
Tombe de Michaël Denard au Père-Lachaise, en 2023. Photo : ManoSolo13241324, Wikimedia Commons.
Sépulture de Michaël Denard au Père-Lachaise en 2024
La sépulture de Michaël Denard, photographiée en 2024. Source : Wikimedia Commons.

Biographie de Michaël Denard

De Dresde à Tarbes : une vocation tardive

Michaël Denard naît à Dresde le 5 novembre 1944, d’une mère allemande, ballerine à l’opéra de la ville, et d’un père français. Son enfance se déroule ensuite à Tarbes. Il ne commence la danse qu’à l’adolescence, une entrée tardive qui rend sa progression d’autant plus remarquable. Formé d’abord auprès de Marie Garcia puis d’Yvette Le Rohellec, il découvre très vite que sa présence scénique et son sens du théâtre comptent autant que sa technique.

Engagé en 1963 au corps de ballet du Capitole de Toulouse, il passe la saison suivante par l’Opéra de Nancy. À Paris, il complète sa formation auprès de Solange Golovine. Pierre Lacotte l’invite en 1966 aux Jeunesses musicales de France ; il y rencontre Ghislaine Thesmar, qui devient sa partenaire la plus fidèle et l’une des grandes complices de sa carrière.

Michaël Denard sur scène au Festival d’Avignon
Michaël Denard sur scène au Festival d’Avignon. Bibliothèque nationale de France, via Wikimedia Commons.

L’ascension à l’Opéra de Paris

À la fin de 1966, Michaël Denard entre au Ballet de l’Opéra de Paris sur audition. Son ascension est fulgurante : coryphée en 1967, sujet en 1968, premier danseur en 1969, puis danseur étoile en 1971. Cette reconnaissance arrive alors qu’il a déjà affirmé une personnalité très singulière : une ligne classique lumineuse, une énergie dramatique et une manière de faire vivre les grands rôles masculins sans les réduire à la pure virtuosité.

Il danse notamment Siegfried, Albrecht, Désiré et les grands princes du répertoire romantique. Il travaille aussi avec les chorégraphes majeurs de son temps : George Balanchine, Jerome Robbins, Alvin Ailey, Merce Cunningham, John Neumeier, Roland Petit et Maurice Béjart. Avec Ghislaine Thesmar, il marque profondément La Sylphide, reconstituée par Pierre Lacotte pour la télévision puis pour l’Opéra de Paris en 1972.

Portrait de Ghislaine Thesmar, partenaire de Michaël Denard
Ghislaine Thesmar, partenaire privilégiée de Michaël Denard. Photo : Serge Ivanoff, Wikimedia Commons.

L’Oiseau de feu et la rencontre Béjart

Le tournant décisif intervient en 1970 lorsque Maurice Béjart crée pour lui sa version de L’Oiseau de feu. Le rôle, habituellement attribué à une femme, révèle son intensité physique et son pouvoir de fascination. Le succès est immense et lui vaut une notoriété qui dépasse le seul public du ballet. Michaël Denard devient l’une des figures les plus populaires de la danse française des années 1970.

Portrait de Maurice Béjart, chorégraphe de L’Oiseau de feu
Maurice Béjart, dont L’Oiseau de feu a propulsé Michaël Denard. BnF, domaine public, via Wikimedia Commons.

Maître de ballet, directeur et comédien

Après ses adieux officiels à la danse en 1989, Michaël Denard ne quitte pas la scène. Maurice Béjart écrit pour lui le rôle du récitant dans Ring um den Ring. De 1993 à 1996, il dirige le ballet de la Staatsoper de Berlin, avant de se consacrer à la transmission : maître de ballet et professeur à l’Opéra de Paris, enseignant invité dans de nombreuses institutions, dont le Mariinsky de Saint-Pétersbourg.

Son goût du théâtre le conduit aussi vers des rôles parlés ou mêlant texte et mouvement : Le Martyre de saint Sébastien de Bob Wilson, Hippolyte, Un mari idéal, puis La Dame aux camélias de John Neumeier. En 2018, il apparaît encore à Marigny dans Peau d’âne. Il joue également au cinéma et à la télévision, notamment dans La Rumba et Les Filles du Lido.

Grand foyer du Palais Garnier, lieu majeur de la carrière de Michaël Denard
Le Palais Garnier, scène majeure de la carrière de Michaël Denard. Photo : Eric Pouhier, CC BY-SA, via Wikimedia Commons.

Dernières années et disparition

Michaël Denard s’éteint à Paris le 17 février 2023, à l’âge de 78 ans. Son parcours reste celui d’un artiste complet : étoile du classique, interprète de la danse contemporaine, pédagogue et comédien. L’Opéra de Paris retient un « prince » de sa compagnie ; le public se souvient d’une présence solaire, capable de donner aux personnages de ballet une vérité humaine et théâtrale.

Œuvres et rôles marquants

  • L’Oiseau de feu de Maurice Béjart (création du rôle, 1970).
  • La Sylphide de Pierre Lacotte, avec Ghislaine Thesmar (1972).
  • Le Lac des cygnes, dans le rôle de Siegfried.
  • Giselle, dans le rôle d’Albrecht.
  • Ring um den Ring de Maurice Béjart, récitant (1990).
  • La Dame aux camélias de John Neumeier, rôle de Monsieur Duval.

Distinctions et fonctions

  • Danseur étoile du Ballet de l’Opéra de Paris (1971).
  • Prix Nijinski (1971).
  • Directeur du ballet de la Staatsoper de Berlin (1993-1996).
  • Chevalier de la Légion d’honneur.
  • Officier de l’ordre national du Mérite et de l’ordre des Arts et des Lettres.