Catégories
Tombe

ZUCCA Pierre

Qui est Pierre Zucca ?

Nom complet : Pierre Zucca.
Naissance : 10 juillet 1943 (Paris, France).
Mort : 15 janvier 1995 (Paris, France) à 51 ans.
Activité : photographe de plateau, réalisateur, scénariste et documentariste français.
Notoriété : collaborateur de grands cinéastes de la Nouvelle Vague, réalisateur de Roberte, Rouge-gorge et Alouette, je te plumerai.

Où se trouve la tombe de Pierre Zucca ?

La tombe de Pierre Zucca se trouve dans la division 59 du cimetière du Père-Lachaise.

Plan du cimetière du Père-Lachaise indiquant la division 59
Plan du cimetière du Père-Lachaise : la tombe de Pierre Zucca se trouve dans la division 59.

Le monument funéraire de Pierre Zucca au Père-Lachaise

Vue récente de la tombe de Pierre Zucca au Père-Lachaise
La tombe de Pierre Zucca dans la division 59 en 2024. Photo ManoSolo13241324, Wikimedia Commons, CC0.

La sépulture de Pierre Zucca, située dans la 59e division du Père-Lachaise, se compose d’une large dalle de pierre prolongée par une petite stèle verticale portant l’inscription « Pierre Zucca, 1943-1995, cinéaste ».

Un oiseau stylisé aux ailes déployées apparaît à deux reprises sur le monument, sur la dalle et sur la plaque de la stèle. Ce motif prend une résonance particulière chez Pierre Zucca, passionné d’ornithologie depuis sa jeunesse et réalisateur de films aux titres directement liés au monde des oiseaux, notamment Rouge-gorge et Alouette, je te plumerai.

Tombe fleurie du cinéaste Pierre Zucca
Vue de la sépulture fleurie du cinéaste Pierre Zucca. Wikimedia Commons, licence libre.
Plaque funéraire de Pierre Zucca portant la mention cinéaste
La plaque « Pierre Zucca 1943-1995 cinéaste ». Photo Morillond, Wikimedia Commons, CC BY-SA 3.0.

Biographie de Pierre Zucca

Une enfance dans la photographie

Pierre Zucca naît à Paris le 10 juillet 1943. Il est le fils du photographe André Zucca et d’une comédienne qui avait joué dans la troupe de Tristan Bernard. Une partie de son enfance se déroule à Garnay, en Eure-et-Loir, puis à Dreux, où son père tient une boutique de photographie. L’image est donc présente très tôt dans son quotidien : dès l’enfance, il apprend la prise de vue, le tirage et le développement dans la chambre noire familiale.

Cette initiation technique s’accompagne d’une fascination pour l’apparition de l’image photographique. Zucca s’intéresse aussi à l’ornithologie, goût de l’observation qui restera sensible dans son attention aux gestes, aux regards et aux détails. Il entreprend des études de philosophie et de psychologie, mais les interrompt. Après quelques travaux liés au documentaire et à la publicité, il se tourne vers le cinéma au début des années 1960.

Photographe de plateau de la Nouvelle Vague

En 1963, Pierre Zucca devient photographe de plateau sur Judex de Georges Franju. Cette entrée presque fortuite dans le monde des tournages inaugure une décennie particulièrement riche. Le photographe de plateau doit saisir l’esprit d’un film en images fixes, documenter le travail en cours et produire les photographies destinées à la presse et à la promotion. Zucca ne se contente pas d’enregistrer : il cherche l’instant qui condense une scène, une atmosphère ou une relation entre les personnages.

Il travaille auprès de Jacques Rivette, notamment sur La Religieuse, d’Alain Robbe-Grillet sur Trans-Europ-Express, de François Truffaut sur L’Enfant sauvage et de Jean Eustache sur Mes petites amoureuses. Sa carrière le mène également sur des films de Claude Chabrol, Yves Boisset, Ruy Guerra, Louis Malle et Alfred Hitchcock. Ces expériences lui donnent accès à des méthodes de mise en scène très différentes et à une génération qui transforme profondément le cinéma français.

Zucca apparaît même devant la caméra dans La Nuit américaine de François Truffaut, où il interprète Pierrot, le photographe de plateau. Ce rôle constitue un clin d’œil à son véritable métier et à sa présence familière dans les équipes de tournage. Ses photographies sont aujourd’hui conservées comme des documents importants sur les films et les cinéastes de cette période ; une partie de son fonds a rejoint l’Institut pour la photographie de Lille.

Du cliché fixe à la mise en scène

À la fin des années 1960, Pierre Zucca souhaite construire ses propres univers de fiction. Il réalise plusieurs courts métrages avant de tourner son premier long métrage, Vincent mit l’âne dans un pré (et s’en vint dans l’autre), sorti en 1976. Fabrice Luchini y tient l’un de ses premiers rôles importants. Le film révèle déjà un goût pour les récits obliques, les jeux de langage et les personnages dont les désirs brouillent la frontière entre réalité et représentation.

Zucca ne suit pas les voies les plus attendues du cinéma narratif. Son travail s’intéresse à l’image comme piège, miroir et mise en scène du désir. La comédie, parfois grinçante, lui permet d’examiner les rapports de séduction, le pouvoir du regard et les faux-semblants. Cette orientation explique sa rencontre décisive avec l’œuvre de l’écrivain et philosophe Pierre Klossowski.

La collaboration avec Pierre Klossowski

Dès 1971, Pierre Zucca collabore avec Pierre Klossowski à l’ouvrage La Monnaie vivante, réflexion singulière sur le corps, le désir et l’échange, illustrée par des photographies mises en scène. Leur dialogue se prolonge avec Roberte, long métrage réalisé en 1978 d’après l’univers romanesque de Klossowski. L’écrivain y interprète lui-même Octave, aux côtés de son épouse Denise Morin-Sinclaire dans le rôle de Roberte.

Le film organise une suite de tableaux et de situations où la représentation devient le sujet même du récit. Zucca transpose moins une intrigue qu’un système d’images, de fantasmes et de paradoxes. Cette œuvre difficile à classer, longtemps peu visible, occupe une place centrale dans son cinéma. Elle témoigne de son désir de faire dialoguer photographie, littérature, philosophie et mise en scène.

Un cinéma personnel entre fiction et documentaire

Après Roberte, Zucca poursuit son travail pour le cinéma et la télévision. Il réalise Le Secret de Monsieur L en 1983, puis Rouge-gorge en 1985. Dans ce dernier film, une jeune femme découvre une vidéo tournée par son père et se trouve entraînée dans un jeu de révélations et de faux-semblants. Son propre fils, Jérôme Zucca, figure parmi les interprètes.

Alouette, je te plumerai, sorti en 1988, reprend sur un mode de comédie noire les thèmes du désir, de la manipulation et de l’héritage. L’œuvre de Zucca reste volontairement décalée par rapport aux genres établis. Elle observe les dispositifs qui fabriquent l’illusion : cadre photographique, écran de télévision, tableau vivant, récit familial ou jeu social.

Parallèlement, il réalise de nombreux documentaires pour l’Institut national de l’audiovisuel, La Sept et Arte. Il consacre notamment des films à Balthus et à la construction occidentale de l’Orient. L’Orient, mirage de l’Occident, diffusé en 1990, interroge les images et les fantasmes produits par les artistes européens. Ce versant documentaire prolonge sa réflexion sur la façon dont une représentation prétend montrer le réel tout en le transformant.

Projets, écrits et disparition précoce

Zucca publie également plusieurs ouvrages. Outre La Monnaie vivante et Roberte au cinéma, il fait paraître Images du cinéma en 1980. Ces livres réunissent ses pratiques de photographe et de cinéaste : l’image fixe n’y est jamais un simple souvenir de tournage, mais un espace autonome où se joue une autre fiction.

Dans les dernières années de sa vie, il prépare une adaptation de L’Astrée, vaste roman pastoral d’Honoré d’Urfé. Le projet n’aboutit pas. Éric Rohmer reprendra plus tard cette idée et dédiera Les Amours d’Astrée et de Céladon, sorti en 2007, à Pierre Zucca. Cet hommage relie son projet inachevé à l’histoire du cinéma d’auteur français qu’il avait côtoyée depuis ses débuts.

Pierre Zucca meurt dans son sommeil à Paris le 15 janvier 1995, à seulement 51 ans. Ses films, longtemps difficiles à voir, ont fait l’objet d’éditions et de restaurations qui permettent de redécouvrir la cohérence de son parcours. Photographe attentif au cinéma des autres, il est devenu réalisateur pour explorer à son tour les pouvoirs, les séductions et les mensonges de l’image.

Œuvres principales

  • Vincent mit l’âne dans un pré (et s’en vint dans l’autre) (1976).
  • Roberte (1978).
  • Le Secret de Monsieur L (1983, télévision).
  • Rouge-gorge (1985).
  • Alouette, je te plumerai (1988).
  • L’Orient, mirage de l’Occident (1990, documentaire).
  • La Monnaie vivante avec Pierre Klossowski (1971).
  • Roberte au cinéma avec Pierre Klossowski (1978).
  • Images du cinéma (1980).

Distinctions et fonctions

  • Photographe de plateau pour Georges Franju, Jacques Rivette, François Truffaut, Jean Eustache, Claude Chabrol et plusieurs autres cinéastes.
  • Réalisateur de films de fiction pour le cinéma et la télévision.
  • Auteur de documentaires pour l’INA, La Sept et Arte.
  • Fonds photographique conservé à l’Institut pour la photographie de Lille.
  • Archives cinématographiques conservées par la Cinémathèque française.
  • Les Amours d’Astrée et de Céladon d’Éric Rohmer lui est dédié en 2007.