Catégories
Tombe

WALEWSKA Marie

Qui est Marie Walewska ?

Nom complet : Maria Łączyńska, comtesse Walewska puis comtesse d’Ornano.
Naissance : 7 décembre 1786 (Kiernozia, Pologne).
Mort : 11 décembre 1817 (Paris, France) à 31 ans.
Activité : aristocrate polonaise.
Notoriété : compagne de Napoléon Ier et mère de leur fils Alexandre Colonna-Walewski ; elle tenta d’infléchir l’empereur en faveur de la cause polonaise.

Où se trouve la tombe de Marie Walewska ?

Le cœur de Marie Walewska repose dans la chapelle funéraire de la famille d’Ornano, division 67 du cimetière du Père-Lachaise, chemin d’Ornano, première ligne. Son corps, d’abord inhumé à Paris, fut transféré quelques mois plus tard dans l’église Sainte-Marguerite de Kiernozia, en Pologne.

Plan du cimetière du Père-Lachaise indiquant la division 67
Plan du cimetière du Père-Lachaise : emplacement de la division 67.

Le monument funéraire de Marie Walewska au Père-Lachaise

Le monument visible dans la division 67 est la chapelle de la famille d’Ornano. Il s’agit d’un cardiotaphe : il conserve le cœur de Marie Walewska, tandis que sa dépouille repose en Pologne. La façade porte l’inscription « FAMILLE ORNANO ». Cette dissociation entre le cœur et le corps, conforme au vœu de la défunte, inscrit sa mémoire dans les deux pays qui ont marqué son existence.

La chapelle, édifiée dans les années 1860, est répertoriée comme monument historique. Les archives familiales mentionnent des fouilles entreprises en novembre 1866 au Père-Lachaise afin de retrouver le cœur de Marie. Le lieu abrite la mémoire des d’Ornano, famille de son second mari Philippe-Antoine, général d’Empire et futur maréchal de France. Il ne faut donc pas présenter le monument comme la tombe contenant son corps : seule l’urne de son cœur y est conservée.

Chapelle de la famille d’Ornano au Père-Lachaise
Vue générale de la chapelle d’Ornano, cardiotaphe de Marie Walewska, division 67. Photo : Pierre-Yves Beaudouin / Wikimedia Commons, CC BY-SA 3.0.
Détail de la chapelle d’Ornano et du cardiotaphe de Marie Walewska
Détail de la chapelle funéraire de la famille d’Ornano au Père-Lachaise. Wikimedia Commons, licence libre.

Biographie de Marie Walewska

Maria Łączyńska naît le 7 décembre 1786 à Kiernozia, près de Łowicz, dans une famille de la noblesse polonaise. Son père, Mateusz Łączyński, a combattu pour l’indépendance de la Pologne avant de mourir prématurément. Sa mère, Ewa Zaborowska, doit alors élever six enfants dans une situation devenue plus fragile. L’enfance de Maria se déroule dans un pays rayé de la carte par les partages successifs entre la Russie, la Prusse et l’Autriche. Cette disparition de l’État polonais demeure le cadre politique essentiel de sa jeunesse.

Portrait de Marie Walewska
Portrait de Marie Walewska au début du XIXe siècle. Wikimedia Commons, domaine public.

Une jeune noble dans une Pologne partagée

Élevée selon les usages de son milieu, Maria reçoit une éducation soignée. La tradition rapporte que Nicolas Chopin, père du compositeur Frédéric Chopin, aurait participé à l’instruction des enfants Łączyński, mais les détails de cette période restent moins solidement documentés que les années impériales. La jeune femme grandit néanmoins dans un environnement où le souvenir de l’indépendance polonaise et la résistance aux puissances occupantes nourrissent les conversations familiales.

En 1804, à dix-sept ans, elle épouse Anastazy Walewski, riche chambellan et membre d’une ancienne maison de la noblesse, de plusieurs décennies son aîné. Le mariage répond largement aux stratégies sociales et financières de l’époque. Un fils, Antoni Rudolf Bazyli, naît en juin 1805. Maria devient ainsi comtesse Walewska, nom sous lequel elle entrera dans l’histoire européenne.

Miniature de Marie Walewska par Marie-Victoire Jacquotot
Marie Walewska représentée par Marie-Victoire Jacquotot. Wikimedia Commons, domaine public.

La rencontre avec Napoléon

Napoléon arrive en Pologne à la fin de 1806, après ses victoires contre la Prusse. Une partie de l’élite polonaise voit alors en lui l’homme susceptible de restaurer une nation indépendante. Maria rencontre l’empereur au début de 1807. Les récits ultérieurs ont beaucoup romancé cet épisode : certains insistent sur la pression exercée par des patriotes polonais, d’autres sur une attirance personnelle. Les documents établissent surtout qu’une relation durable s’installe et qu’elle s’inscrit dans un contexte politique dominé par l’espoir d’une renaissance de la Pologne.

Marie Walewska ne possède aucune fonction officielle, mais elle cherche à rappeler à Napoléon les attentes de ses compatriotes. L’empereur crée en juillet 1807 le duché de Varsovie, État polonais placé sous forte influence française. Cette création ne reconstitue pas toute l’ancienne République des Deux Nations et demeure dépendante de la stratégie impériale, mais elle représente pour beaucoup de Polonais une première réparation après les partages.

Illustration ancienne représentant Napoléon et Marie Walewska
Illustration consacrée à Napoléon et Marie Walewska dans The Love Affairs of Napoleon, 1909. Wikimedia Commons, domaine public.

Une relation au rythme de l’Empire

La relation se poursuit au gré des déplacements de Napoléon. Marie le rejoint notamment à Vienne en 1809, après la campagne contre l’Autriche. Le 4 mai 1810, elle donne naissance à Alexandre Florian Joseph Colonna-Walewski. Napoléon reconnaît matériellement son fils sans lui donner officiellement le nom Bonaparte : il lui assure une rente, lui confère le titre de comte et veille à son avenir. La naissance d’Alexandre prouve aussi que l’empereur peut avoir des enfants, donnée qui pèse dans sa décision de divorcer de Joséphine et d’épouser Marie-Louise d’Autriche.

Marie conserve une position discrète. Elle ne cherche pas à rivaliser avec l’impératrice et apparaît rarement dans les cérémonies officielles. Sa correspondance avec Napoléon témoigne d’un lien maintenu au-delà de leurs rencontres. Elle séjourne à Paris et dans les territoires de l’Empire, tout en gardant un attachement profond à la Pologne et à sa famille.

Portrait de Marie Walewska par Robert Lefèvre
Robert Lefèvre, portrait de Marie Walewska, début du XIXe siècle. Wikimedia Commons, domaine public.

L’île d’Elbe et la chute de Napoléon

Après l’abdication de 1814, Napoléon est exilé sur l’île d’Elbe. Marie Walewska lui rend visite avec Alexandre. L’épisode montre qu’elle ne rompt pas avec lui au moment de la défaite. Elle reste cependant peu de temps sur l’île, où sa présence pourrait alimenter les rumeurs et compliquer la situation politique de l’ancien empereur. Leur relation entre alors dans sa dernière phase.

Anastazy Walewski meurt en janvier 1815. Marie est désormais veuve. Après Waterloo et le départ définitif de Napoléon pour Sainte-Hélène, elle construit une nouvelle vie. Le 7 septembre 1816, à Bruxelles, elle épouse Philippe-Antoine d’Ornano, général de brigade corse apparenté aux Bonaparte, qu’elle connaît depuis les campagnes impériales. Cette union semble avoir été fondée sur une affection ancienne et lui donne le titre de comtesse d’Ornano.

Marie Walewska assise dans un portrait du XIXe siècle
Portrait de Marie Walewska par un artiste non identifié. Wikimedia Commons, domaine public.

Le dernier mariage et une mort précoce

Le couple s’installe à Paris. Marie met au monde un troisième fils, Rodolphe-Auguste d’Ornano, en juin 1817. Sa santé se dégrade dans les mois qui suivent. Elle meurt le 11 décembre 1817, quatre jours après son trente-et-unième anniversaire, d’une affection rénale généralement reliée aux suites de cette naissance. Sa disparition laisse trois jeunes fils issus de deux mariages et de sa relation avec Napoléon.

Elle est d’abord inhumée le 13 décembre au Père-Lachaise. Quelques mois plus tard, conformément au souhait de sa famille, son corps est ramené en Pologne et déposé dans l’église Sainte-Marguerite de Kiernozia. Son cœur reste à Paris auprès des d’Ornano. Cette double sépulture reflète une vie partagée entre la Pologne natale et la France impériale.

Portrait gravé d’Alexandre Colonna-Walewski
Alexandre Colonna-Walewski, fils de Marie Walewska et de Napoléon Ier. Estampe d’August Weger, Rijksmuseum / Wikimedia Commons, CC0.

Alexandre Colonna-Walewski

Alexandre, son fils le plus célèbre, poursuit une carrière militaire, diplomatique et politique entre la Pologne et la France. Il participe au soulèvement polonais de 1830, devient ambassadeur de France, puis ministre des Affaires étrangères de Napoléon III. À ce titre, il préside le congrès de Paris de 1856 qui met fin à la guerre de Crimée. Sa trajectoire prolonge indirectement les liens que sa mère avait noués entre la cause polonaise et la dynastie napoléonienne.

La mémoire de Marie Walewska a souvent été réduite à une histoire sentimentale. Les romans et le cinéma ont contribué à cette image, notamment le film Conquest de Clarence Brown en 1937, avec Greta Garbo et Charles Boyer. Les archives familiales, sa correspondance et son journal permettent toutefois de la replacer dans un contexte plus complexe : celui d’une jeune aristocrate polonaise confrontée à la disparition de son pays, devenue proche du centre du pouvoir européen et soucieuse du sort de sa famille comme de la Pologne.

Écrits, représentations et documents

  • Correspondance avec Napoléon Ier, conservée dans les archives de la famille Colonna Walewski.
  • Journal de Marie Walewska, document daté de 1809.
  • Portraits par François Gérard, Robert Lefèvre et Marie-Victoire Jacquotot.
  • Pani Walewska, roman de Wacław Gąsiorowski, puis adaptations cinématographiques polonaises.
  • Conquest (1937), film de Clarence Brown avec Greta Garbo dans le rôle de Marie Walewska.

Titres, famille et mémoire

  • Comtesse Walewska par son mariage avec Anastazy Walewski en 1804.
  • Comtesse d’Ornano par son mariage avec Philippe-Antoine d’Ornano en 1816.
  • Mère d’Antoni Walewski, d’Alexandre Colonna-Walewski et de Rodolphe-Auguste d’Ornano.
  • Corps inhumé dans l’église Sainte-Marguerite de Kiernozia, en Pologne.
  • Cœur conservé dans la chapelle d’Ornano, division 67 du Père-Lachaise.
  • Chapelle funéraire inscrite au titre des monuments historiques.