Qui est Auguste Vitu ?
Nom complet : Auguste Charles Joseph Vitu.
Naissance : 7 octobre 1823 (Meudon, France).
Mort : 5 août 1891 (Paris, France) à 67 ans.
Activités : écrivain, journaliste, critique dramatique et historien de Paris.
Pseudonymes : Vidocq, Voisembert.
Où se trouve la tombe d’Auguste Vitu ?
La tombe d’Auguste Vitu se trouve dans la division 46 du cimetière du Père-Lachaise, à Paris.

Le monument funéraire d’Auguste Vitu au Père-Lachaise

La sépulture d’Auguste Vitu, située dans la 46e division du Père-Lachaise, est dominée par un buste en bronze de l’écrivain et journaliste, œuvre du sculpteur Ernest Guilbert. Le monument fut inauguré le 28 avril 1901, dix ans après la mort de Vitu.
Le buste repose sur un haut piédestal de pierre portant l’inscription « À Auguste Vitu, 1823-1891, ses amis ». La face principale est décorée d’un masque de comédie et d’une branche de laurier, deux motifs particulièrement adaptés à celui qui fut notamment critique dramatique, journaliste et homme de lettres.
La tombe est une sépulture familiale : Auguste Vitu y repose avec son épouse et deux de ses filles. Le portrait en bronze, la dédicace de ses amis et les attributs théâtraux donnent ainsi au monument un caractère beaucoup plus personnel et commémoratif que ne le laisse entendre le texte actuel.

Biographie d’Auguste Vitu
Auguste Charles Joseph Vitu naît à Meudon le 7 octobre 1823. Il grandit dans un siècle où la presse imprimée connaît une expansion spectaculaire et où Paris devient le centre d’une vie politique, littéraire et théâtrale particulièrement intense. Il commence sa carrière dans les métiers du livre comme ouvrier typographe. Cette expérience concrète de la composition et de l’imprimerie lui donne une connaissance intime de la fabrication du journal, depuis le manuscrit jusqu’à la page publiée.
Des ateliers d’imprimerie au journalisme
Très tôt, Vitu quitte l’atelier pour la rédaction. Il écrit dans de nombreux périodiques et apprend tous les genres de la presse du XIXe siècle : chronique politique, critique dramatique, compte rendu artistique, feuilleton, étude historique et commentaire financier. Sa plume vive, sa vaste culture et sa capacité à produire rapidement des textes documentés lui ouvrent les colonnes de titres influents. Comme beaucoup de journalistes de son temps, il emploie plusieurs signatures, notamment Vidocq et Voisembert.

Cette polyvalence correspond à un moment où les frontières entre littérature et journalisme sont poreuses. Les écrivains publient dans les quotidiens, les critiques participent aux batailles esthétiques, et la chronique peut façonner une réputation en quelques lignes. Vitu devient un observateur attentif de la capitale, de ses scènes, de ses institutions et de ses transformations. Il ne sépare jamais complètement l’actualité de l’histoire : le Paris qu’il décrit est toujours nourri par la mémoire de ses rues, de ses monuments et de ses usages.
Un homme de presse sous le Second Empire
Sous le Second Empire, Auguste Vitu se rapproche des milieux bonapartistes. Il collabore à plusieurs journaux favorables au régime et fonde en 1867 L’Étendard, quotidien politique dont l’existence est brève mais remarquée. En 1870, à la demande de Napoléon III, il devient rédacteur en chef du Peuple français. Ce positionnement lui donne une place visible dans les débats politiques, mais l’expose aussi aux renversements rapides d’une époque marquée par la guerre franco-prussienne, la chute de l’Empire et la naissance de la Troisième République.

Vitu ne limite toutefois pas son activité à la politique. Il comprend précocement l’importance de l’information économique dans une société transformée par le chemin de fer, les banques, les sociétés par actions et l’industrialisation. Il fonde le Journal des Finances en 1867 et le dirige jusqu’à sa mort. La publication informe les épargnants et analyse les marchés, les entreprises et les placements. Vitu publie également des manuels destinés à expliquer la Bourse et les mécanismes financiers à un public plus large.
Critique dramatique et défense du théâtre
Le théâtre occupe une place essentielle dans son œuvre. Vitu fréquente les salles parisiennes, suit les acteurs, les auteurs et les directeurs, puis rend compte des créations avec une précision d’historien. Pour lui, une représentation n’est pas un divertissement isolé : elle révèle le goût d’une époque, l’évolution de la langue, les rapports entre le public et les artistes. Ses chroniques mêlent jugement esthétique, anecdotes et connaissance des traditions scéniques.

Cette passion l’amène à écrire des études consacrées aux théâtres anciens et modernes. Il s’intéresse particulièrement aux spectacles populaires, aux petits théâtres et aux scènes disparues, dont les archives étaient alors souvent négligées. En réunissant affiches, souvenirs, livrets et témoignages, il contribue à préserver une histoire fragile du spectacle parisien. Ses textes restent utiles parce qu’ils restituent des lieux, des répertoires et des pratiques que les transformations urbaines ont effacés.
L’historien du vieux Paris
Auguste Vitu est surtout demeuré célèbre comme historien de Paris. Bibliophile et chercheur passionné, il explore les archives, les chroniques anciennes et les collections imprimées. Il raconte la capitale à travers ses quartiers, ses métiers, ses enseignes, ses théâtres et ses personnages. Son regard n’est pas celui d’un urbaniste abstrait : il cherche la vie quotidienne déposée dans les noms de rues, les bâtiments et les coutumes.

Dans Paris, images et traditions, il rassemble cette érudition en une promenade savante à travers la ville. Il publie aussi des études sur les anciens quartiers et sur l’histoire municipale. Son travail accompagne une prise de conscience patrimoniale née des grands bouleversements haussmanniens : à mesure que le vieux Paris disparaît, écrivains, photographes et historiens tentent d’en conserver la mémoire. Vitu appartient pleinement à ce mouvement.
Le spécialiste de l’argot et des textes anciens
Son goût pour les sources originales le conduit également vers l’étude de la langue. En 1884, il publie Le Jargon du XVe siècle, travail consacré au langage des coquillards et aux ballades attribuées à François Villon. L’ouvrage associe transcription, explication philologique et enquête historique. Il témoigne d’une curiosité qui va bien au-delà de la chronique quotidienne et fait de Vitu un érudit reconnu par les sociétés savantes.

Il participe à la Société de l’histoire de Paris et de l’Île-de-France, dont il devient vice-président en 1884 puis président en 1885. Cette reconnaissance consacre son travail sur la capitale. Il entretient aussi un dialogue constant avec les bibliothécaires, collectionneurs et chercheurs. La Bibliothèque nationale de France recense aujourd’hui un ensemble particulièrement abondant de publications portant son nom, reflet d’une carrière menée sur plusieurs fronts.
Dernières années et postérité
Dans les années 1880, Vitu poursuit simultanément la direction du Journal des Finances, ses chroniques et ses recherches historiques. Ses ouvrages reçoivent plusieurs prix de l’Académie française et renforcent son autorité d’homme de lettres. Il est nommé chevalier puis officier de la Légion d’honneur. Il meurt le 5 août 1891 dans le 8e arrondissement de Paris, à soixante-sept ans, et est inhumé au Père-Lachaise.
Son œuvre demeure le témoignage d’un journaliste qui voulut comprendre son époque sans renoncer au passé. Elle éclaire la presse, le théâtre, la finance et surtout la mémoire parisienne du XIXe siècle. En 1912, la Ville de Paris donne son nom à une rue du 15e arrondissement, la rue Auguste-Vitu, perpétuant le souvenir de celui qui avait consacré tant de pages à l’histoire de la capitale.
Œuvres principales
- Paris, images et traditions.
- Le Jargon du XVe siècle (1884).
- Les Mille et une nuits du théâtre.
- Histoire civile de l’armée.
- Études consacrées aux théâtres, aux anciens quartiers de Paris et à l’histoire du Second Empire.
- Manuels et chroniques sur la Bourse et les finances.
Distinctions et fonctions
- Fondateur de L’Étendard et du Journal des Finances.
- Rédacteur en chef du Peuple français en 1870.
- Président de la Société de l’histoire de Paris et de l’Île-de-France en 1885.
- Prix Montyon de l’Académie française en 1883.
- Prix Archon-Despérouses de l’Académie française en 1884.
- Chevalier puis officier de la Légion d’honneur.
- Une rue du 15e arrondissement de Paris porte son nom depuis 1912.