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VILERS Vania

Qui est Vania Vilers ?

Nom complet : Jean-Frédéric Winterhalter, dit Vania Vilers.
Naissance : 12 juin 1938 (Neuchâtel, Suisse).
Mort : 22 février 2009 (Paris, France) à 70 ans.
Activité : acteur et réalisateur franco-suisse.
Notoriété : comédien de cinéma, de télévision et de théâtre, connu notamment pour Nous irons tous au paradis, 13 Tzameti et son passage dans Plus belle la vie.

Où se trouve la tombe de Vania Vilers ?

La tombe de Vania Vilers se trouve dans la division 11 du cimetière du Père-Lachaise, à Paris.

Plan du cimetière du Père-Lachaise indiquant la division 11
Plan des divisions du cimetière du Père-Lachaise.

Le monument funéraire de Vania Vilers au Père-Lachaise

Tombe de Vania Vilers au Père-Lachaise
Vue d’ensemble de la tombe de Vania Vilers, division 11. Photo : Pierre-Yves Beaudouin, Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0.

La sépulture de Vania Vilers, de son vrai nom Jean-Frédéric Winterhalter, se trouve dans la 11e division du Père-Lachaise, chemin Denon. Le monument prend la forme d’une haute stèle de pierre claire, étroite et légèrement effilée, dressée à l’extrémité d’une dalle funéraire rectangulaire.

La façade est volontairement très dépouillée. Elle porte simplement l’inscription « Vania Vilers 1938-2009 », gravée dans la pierre. Aucun décor sculpté important ne vient détourner l’attention de ce nom de scène, sous lequel l’acteur fut connu pendant plus de quarante ans de carrière.

Le monument se distingue surtout par sa silhouette verticale, presque obélisque, qui contraste avec la dalle basse placée devant lui. Cette sobriété correspond bien à une sépulture familiale discrète, où l’identité de l’acteur constitue l’élément principal du monument.

Inscriptions sur la sépulture de Vania Vilers
Détail des inscriptions de la sépulture familiale Winterhalter. Photo : Pierre-Yves Beaudouin, Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0.

Biographie de Vania Vilers

Jean-Frédéric Winterhalter naît le 12 juin 1938 à Neuchâtel, en Suisse. Il grandit dans une famille marquée par l’exil : son père est un Russe ayant quitté son pays après la révolution de 1917. Cette double origine, suisse par la naissance et russe par l’histoire familiale, accompagne un comédien qui mènera l’essentiel de sa carrière en France. Il choisit le nom de scène Vania Vilers, plus bref et immédiatement mémorisable, et acquiert également la nationalité française.

Les débuts au théâtre et au cinéma

Vania Vilers commence à travailler comme acteur dans les années 1960. Le théâtre occupe une place importante dans sa formation professionnelle et lui permet d’aborder des textes exigeants. En 1967, puis en 1968, il joue dans Les Visions de Simone Machard de Bertolt Brecht, dans une mise en scène de Gabriel Garran, d’abord au Théâtre de la Commune puis à la Maison de la culture de Caen. Cette expérience l’inscrit dans le mouvement de décentralisation dramatique qui cherche alors à diffuser un théâtre ambitieux hors des salles parisiennes traditionnelles.

Ses premiers rôles de cinéma apparaissent à la fin de la décennie. En 1968, il tourne dans Drôle de jeu de Pierre Kast et Jean-Daniel Pollet, adaptation du roman de Roger Vailland. La même année, Alain Resnais lui confie un rôle dans Je t’aime, je t’aime, œuvre singulière de science-fiction écrite par Jacques Sternberg. Même lorsqu’il n’occupe pas le premier plan, Vilers apporte à ses personnages une présence calme, une diction précise et une élégance légèrement distante qui deviennent sa marque.

Un visage familier du cinéma français

Durant les années 1970 et 1980, sa carrière s’élargit. Il travaille pour des cinéastes français et étrangers et passe aisément du drame à la comédie. On le voit notamment dans Le Passager de Geoffrey Reeve, Irène, Irène de Peter Del Monte, Mimi Bluette de Carlo Di Palma, Le Passé simple de Michel Drach et Madame Claude de Just Jaeckin. Ces films témoignent d’un parcours d’acteur de composition, moins attaché à la vedette qu’à la continuité et à la diversité du métier.

Son rôle le plus populaire de cette période reste celui de l’amant séduisant aux tempes grisonnantes dans Nous irons tous au paradis, réalisé par Yves Robert en 1977. Face à Danièle Delorme et Jean Rochefort, il intervient dans l’équilibre sentimental et comique d’un film devenu l’un des classiques de la comédie française des années 1970. Sans effets appuyés, il construit un rival crédible, mondain et sûr de lui, dont la présence nourrit les inquiétudes du personnage interprété par Rochefort.

Il poursuit avec Le Chemin perdu de Patricia Moraz, Boulevard des assassins de Boramy Tioulong et Femmes de personne de Christopher Frank. En 1984, Claude Pinoteau le dirige dans La Septième Cible, thriller porté par Lino Ventura. Son physique et sa voix le conduisent volontiers vers des personnages d’autorité, des hommes du monde, des policiers ou des figures ambiguës, sans qu’il se laisse enfermer dans un seul registre.

Une présence régulière à la télévision

La télévision lui offre une activité particulièrement abondante. Dès 1969, il apparaît dans la série historique Thibaud ou les Croisades. Il joue ensuite dans de nombreux téléfilms et feuilletons, parmi lesquels HPW ou Anatomie d’un faussaire, L’Éclatement, Le Ressac, Plein soleil ou encore Un certain Richard Dorian. Sa carrière traverse ainsi plusieurs générations de fiction télévisée française, depuis les grandes dramatiques de l’ORTF jusqu’aux séries quotidiennes du début du XXIe siècle.

Entre 1973 et 1989, il revient à plusieurs reprises dans Les Cinq Dernières Minutes, série policière emblématique créée autour du commissaire Bourrel. Il y interprète des rôles différents selon les épisodes, notamment dans Meurtre par intérim, Le Pied à l’étrier, Techniques douces, La Boule perdue, À bout de course et Mort d’orque. Ce type de participation illustre la confiance que lui accordent les réalisateurs de télévision : son jeu précis lui permet d’incarner rapidement une personnalité et de donner de l’épaisseur à un épisode.

Au fil des années, il donne la réplique à de nombreux acteurs, parmi lesquels Pierre Brasseur, Claude Rich, Daniel Gélin, Jean-Louis Trintignant, Victor Lanoux, Marie-France Pisier, Pierre Mondy, Jacques Higelin, Jean Richard, Bruno Cremer et Alain Cuny. Cette liste ne dessine pas une seule famille artistique, mais révèle au contraire sa capacité à circuler entre cinéma d’auteur, productions populaires, théâtre filmé et séries policières.

Réalisateur et comédien de doublage

Vania Vilers ne se limite pas à l’interprétation. Il passe également derrière la caméra et réalise Transhumances en 1984, puis Obstacles en 1993. Ces réalisations restent moins connues que ses rôles, mais elles montrent son intérêt pour l’ensemble du processus cinématographique et sa volonté de développer des projets personnels au-delà du jeu d’acteur.

Sa voix grave et posée lui ouvre aussi les studios de doublage. Il prête notamment sa voix française à Hank Jennings dans Twin Peaks, à James Hansen dans Providence, à Holland Manners dans Angel, au colonel Robert Sink dans Frères d’armes et à Gurney Halleck dans la minisérie Dune. En 2006, il devient la voix de Panoramix dans le film d’animation Astérix et les Vikings. Ce travail vocal prolonge les qualités qui caractérisent son jeu à l’écran : articulation, autorité tranquille et sens du rythme.

Les dernières années

À partir des années 1990, Vania Vilers continue de tourner sans interrompre sa carrière. Il apparaît dans le film britannique Truly, Madly, Deeply d’Anthony Minghella, puis dans Jeunesse, Alissa et le court métrage Le Dernier Bip. En 2002, Laetitia Colombani lui confie le rôle du commissaire dans À la folie… pas du tout. Trois ans plus tard, il participe à 13 Tzameti de Gela Babluani, film noir remarqué dans les festivals et devenu une œuvre culte.

Durant l’été 2006, le grand public le retrouve dans Plus belle la vie. Il y interprète Victor Castelli, personnage lié à Rachel Lévy, jouée par Colette Renard. Son arrivée dans le feuilleton marseillais lui offre une nouvelle visibilité auprès d’un public qui ne connaît pas nécessairement ses rôles des décennies précédentes. Il tourne encore dans The Vintner’s Luck de Niki Caro, l’un de ses derniers projets cinématographiques.

À l’été 2008, il est hospitalisé au centre hospitalier d’Arles. Atteint d’une longue maladie, il meurt le 22 février 2009 à Paris, à l’âge de 70 ans. Il est incinéré au Père-Lachaise, puis ses cendres sont déposées dans la sépulture familiale de la division 11. Vania Vilers est le père du comédien Vincent Winterhalter, qui poursuit à son tour une carrière au théâtre, au cinéma et à la télévision.

Œuvres et rôles principaux

  • Je t’aime, je t’aime d’Alain Resnais (1968)
  • Nous irons tous au paradis d’Yves Robert (1977)
  • Le Passé simple de Michel Drach (1977)
  • Boulevard des assassins de Boramy Tioulong (1982)
  • Femmes de personne de Christopher Frank (1984)
  • La Septième Cible de Claude Pinoteau (1984)
  • Transhumances (réalisation, 1984)
  • Obstacles (réalisation, 1993)
  • À la folie… pas du tout de Laetitia Colombani (2002)
  • 13 Tzameti de Gela Babluani (2005)
  • Astérix et les Vikings, voix de Panoramix (2006)
  • Plus belle la vie, rôle de Victor Castelli (2006)

Une carrière au service des personnages

Vania Vilers n’a pas construit sa carrière autour d’un statut de vedette, mais sur la fidélité au métier d’acteur. Pendant plus de quarante ans, il a enrichi des films, des téléfilms, des séries et des pièces par des personnages souvent secondaires, immédiatement reconnaissables. Sa longévité, la variété de ses collaborations et son travail de doublage composent le portrait d’un interprète particulièrement polyvalent, présent dans plusieurs œuvres marquantes du cinéma et de la télévision francophones.