Catégories
Tombe

VICTOR Claude-Victor

Qui est Claude-Victor Perrin, dit le maréchal Victor ?

Nom complet : Claude-Victor Perrin, dit Victor, duc de Bellune.
Naissance : 7 décembre 1764 (Lamarche, France).
Mort : 1er mars 1841 (Paris, France) à 76 ans.
Activité principale : Général de la Révolution, maréchal d’Empire et homme d’État.

Où se trouve la tombe de Claude-Victor Perrin au Père-Lachaise ?

La sépulture du maréchal Victor se trouve dans la division 17 du cimetière du Père-Lachaise, à Paris.

Plan des divisions du cimetière du Père-Lachaise
Plan des divisions du cimetière du Père-Lachaise.

Le monument funéraire du maréchal Victor au Père-Lachaise

Tombe de Claude-Victor Perrin au Père-Lachaise
Vue d’ensemble du monument funéraire de Claude-Victor Perrin, division 17. Pierre-Yves Beaudouin / Wikimedia Commons, CC BY-SA 3.0.

La sépulture de Claude-Victor Perrin, duc de Bellune, située dans la 17e division du Père-Lachaise, prend la forme d’un haut monument quadrangulaire en marbre élevé sur un puissant soubassement de pierre. Son architecture très verticale et ses proportions imposantes en font l’une des sépultures militaires les plus visibles de cette partie du cimetière.

La partie supérieure concentre l’essentiel du décor. Sur la face principale sont sculptées les armoiries du maréchal, entourées du manteau de duc et pair et accompagnées de ses décorations. Le monument est couronné par une couronne ducale reposant sur deux bâtons de maréchal croisés, attributs qui rappellent directement les titres et la carrière militaire de Victor. Les angles et les frontons sont complétés par des ornements de palmettes.

Une inscription rappelle Claude-Victor Perrin, duc de Bellune, pair et maréchal de France, mort à Paris en 1841. Le tombeau porte également la mémoire de son épouse Guillemine Julienne Wosch van Avesaft, duchesse de Bellune, morte en 1831. L’ensemble constitue ainsi un véritable monument héraldique et militaire, où les armoiries, la couronne ducale et les bâtons de maréchal résument visuellement les dignités acquises par Victor sous l’Empire puis la Restauration.

Détail du monument funéraire du maréchal Victor
Détail de la tombe du maréchal Victor au Père-Lachaise. Coyau / Wikimedia Commons, CC BY-SA 3.0.

Biographie de Claude-Victor Perrin

Claude-Victor Perrin naît le 7 décembre 1764 à Lamarche, dans les Vosges, au sein d’une famille de condition modeste. Fils de Charles Perrin et de Marie-Anne Floriot, il grandit loin des milieux qui fournissent traditionnellement les officiers de l’Ancien Régime. Son ascension sera donc celle d’un soldat formé par l’expérience, porté par les bouleversements de la Révolution française puis par les guerres de l’Empire. À travers près de quarante années de campagnes et de services publics, celui que l’histoire retient sous le simple nom de « Victor » devient duc de Bellune, maréchal d’Empire, pair de France et ministre de la Guerre.

Du tambour de régiment à l’officier révolutionnaire

En 1781, à seize ans, il entre comme tambour dans le régiment d’artillerie de Grenoble. Ce premier engagement lui donne une connaissance concrète de la vie militaire, de la discipline et du maniement des armes. Après une dizaine d’années de service, il quitte l’armée en 1791 et s’établit à Valence. Il y épouse Jeanne-Joséphine Muguet, dont il aura quatre enfants. La Révolution relance bientôt sa carrière : en 1792, il s’engage dans les volontaires de la Drôme et est rapidement élu adjudant-major puis chef de bataillon. La disparition progressive des anciennes barrières sociales permet alors à des hommes expérimentés et audacieux d’accéder au commandement.

Portrait de Claude-Victor Perrin, duc de Bellune
Claude-Victor Perrin, maréchal d’Empire et duc de Bellune. Charon d’après Aaron Martinet / Wikimedia Commons, domaine public.

Victor se distingue au siège de Toulon en 1793, épisode décisif où il combat dans le même théâtre d’opérations que le jeune Bonaparte. Blessé pendant l’assaut, il est promu général de brigade. Il sert ensuite dans l’armée des Pyrénées orientales, puis rejoint l’armée d’Italie. Son énergie, son endurance et sa capacité à entraîner les hommes lui valent une réputation de combattant solide. À Rovereto, La Favorite et dans plusieurs engagements de la campagne d’Italie, il participe aux succès qui imposent Bonaparte comme le principal général de la République.

Les campagnes d’Italie et la consécration de Marengo

Après le traité de Campo-Formio, Victor reçoit divers commandements avant de retourner en Italie. En 1799 et 1800, il prend part aux opérations difficiles contre les armées austro-russes. Au printemps 1800, il commande un corps dans l’armée de réserve qui franchit les Alpes. À la bataille de Marengo, le 14 juin, ses divisions soutiennent les combats les plus durs autour du village et contribuent à fixer les forces autrichiennes avant le retournement final de la journée. Cette campagne confirme ses qualités de chef de corps et l’installe durablement parmi les généraux sur lesquels Bonaparte peut compter.

Portrait peint du maréchal Victor
Claude-Victor Perrin, duc de Bellune, portrait attribué à Bouget. Wikimedia Commons, licence GFDL.

La paix d’Amiens lui offre un intermède diplomatique. En 1805, il est envoyé comme ambassadeur de France au Danemark. Mais la guerre reprend et il retrouve bientôt les armées impériales. Pendant la campagne de Prusse de 1806, il est blessé à Iéna. Capturé au début de 1807, il est rapidement échangé et revient au service actif. Napoléon lui confie le 1er corps d’armée. À Friedland, le 14 juin 1807, Victor dirige une partie essentielle du dispositif français et appuie l’attaque qui rompt le centre russe. Un mois plus tard, le 13 juillet, Napoléon l’élève à la dignité de maréchal d’Empire.

Le duc de Bellune dans la guerre d’Espagne

En 1808, Victor reçoit le titre de duc de Bellune et part pour la péninsule Ibérique. À Espinosa de los Monteros, puis à Uclés et Medellín, ses troupes remportent des victoires importantes. La guerre d’Espagne n’est toutefois pas une succession de batailles classiques : résistance populaire, guérilla, problèmes de ravitaillement et rivalités entre chefs français compliquent les opérations. Victor participe au long siège de Cadix sans pouvoir réduire la ville, protégée par sa situation et soutenue par la marine britannique. Cette expérience, faite de succès tactiques mais d’impasse stratégique, illustre les limites de la puissance impériale dans la Péninsule.

Médaillon de Claude-Victor Perrin par David d’Angers
Médaillon du duc de Bellune par David d’Angers, publié en 1867. BnF-Gallica / Wikimedia Commons, domaine public.

De la Russie à la défense de la France

Rappelé pour la campagne de Russie en 1812, Victor reçoit le commandement du 9e corps. D’abord placé en réserve, il intervient pendant la retraite de la Grande Armée. À la Bérézina, ses soldats protègent les ponts et retiennent les forces russes afin de permettre le passage d’une partie de l’armée. Cette mission éprouvante, menée dans le froid et la désorganisation, contribue à la survie de milliers d’hommes. En 1813, Victor combat encore en Allemagne, notamment à Dresde et à Leipzig. Il demeure l’un des principaux commandants de Napoléon durant une période où l’Empire doit faire face à des coalitions toujours plus nombreuses.

Lors de la campagne de France de 1814, il commande un corps chargé de ralentir l’avance alliée. Ses rapports avec Napoléon se tendent après un retard dans l’occupation de Montereau. Le maréchal est momentanément privé de son commandement, mais il continue de servir et combat encore à Craonne. Comme beaucoup de grands officiers de l’époque, Victor doit alors arbitrer entre fidélité personnelle, devoir militaire et survie politique d’un pays épuisé par les guerres.

Le maréchal Victor pendant les campagnes napoléoniennes
Le maréchal Victor, illustration de Louis Bombled pour le Mémorial de Sainte-Hélène, 1895. Wikimedia Commons, domaine public.

La Restauration et le procès du maréchal Ney

Après l’abdication de Napoléon, Victor se rallie à Louis XVIII, qui le fait pair de France et lui confie des responsabilités militaires. Pendant les Cent-Jours, il accompagne le roi jusqu’à Gand et ne rejoint pas l’Empereur. À la seconde Restauration, il siège à la Chambre des pairs. En décembre 1815, lors du procès du maréchal Ney, son ancien compagnon d’armes, Victor vote la peine de mort. Ce choix demeure l’un des épisodes les plus controversés de sa carrière et nourrit durablement l’image d’un maréchal devenu fidèle serviteur de la monarchie.

Sous Louis XVIII, Victor poursuit une seconde carrière politique. Il est nommé ministre de la Guerre en décembre 1821. Son passage au ministère, qui s’achève en octobre 1823, coïncide avec l’expédition d’Espagne destinée à rétablir Ferdinand VII dans ses pouvoirs absolus. Il devient ensuite ministre d’État et conserve sa place dans les institutions de la Restauration. Après la révolution de Juillet 1830, il se retire progressivement de la vie publique. Il meurt à Paris le 1er mars 1841, à l’âge de soixante-seize ans.

Estampe du maréchal Victor, duc de Bellune
Claude-Victor Perrin, duc de Bellune, d’après Antoine-Jean Gros. Musée Carnavalet / Paris Musées / Wikimedia Commons, CC0.

Un chef de guerre entre Révolution, Empire et monarchie

La trajectoire du maréchal Victor résume les possibilités et les contradictions d’une génération bouleversée par la Révolution. Parti du rang, il atteint la plus haute dignité militaire grâce à son expérience du feu, à son courage personnel et à sa fidélité au commandement. Ses campagnes couvrent presque toute l’Europe napoléonienne : Pyrénées, Italie, Prusse, Pologne, Espagne, Russie, Allemagne et France. Son nom reste associé à Friedland, qui lui valut le bâton de maréchal, mais aussi à la Bérézina, où son corps joua un rôle de couverture essentiel.

Son ralliement aux Bourbons et son vote contre Ney ont cependant rendu sa mémoire plus complexe. Victor appartient à ces maréchaux qui, après l’effondrement de l’Empire, choisirent de servir le nouveau régime. Cette continuité lui permit d’exercer de hautes fonctions, mais elle fut jugée sévèrement par les nostalgiques de Napoléon. Son nom, gravé sur l’Arc de Triomphe, rappelle aujourd’hui l’importance de son parcours militaire, tandis que son tombeau du Père-Lachaise conserve le souvenir du duc de Bellune dans le paysage monumental parisien.

Campagnes et principales réalisations

1793 : participation au siège de Toulon et promotion au grade de général de brigade.
1796-1800 : campagnes d’Italie, notamment Rovereto, La Favorite et Marengo.
1805 : ambassadeur de France au Danemark.
1807 : commandement du 1er corps à Friedland et nomination comme maréchal d’Empire.
1808-1811 : campagnes d’Espagne, victoires d’Espinosa, Uclés et Medellín, siège de Cadix.
1812 : commandement du 9e corps pendant la campagne de Russie et protection de la retraite à la Bérézina.
1813-1814 : campagnes d’Allemagne puis de France.
1821-1823 : ministre de la Guerre sous Louis XVIII.

Distinctions et fonctions

Maréchal d’Empire (13 juillet 1807).
Duc de Bellune (1808).
Pair de France sous la Restauration.
Ministre de la Guerre de 1821 à 1823.
Ministre d’État sous Louis XVIII.
Grand-croix de l’ordre royal et militaire de Saint-Louis.
Grand officier de la Légion d’honneur.
Commandeur de l’ordre de la Couronne de fer.
Son nom est gravé sur l’Arc de Triomphe de l’Étoile à Paris.