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SÈZE Raymond

Qui est Raymond de Sèze ?

Nom complet : Raymond de Sèze.
Naissance : 26 septembre 1748 (Bordeaux, France).
Mort : 2 mai 1828 (Paris, France) à 79 ans.
Activités : Avocat, magistrat et homme politique.
Notoriété : Défenseur de Louis XVI devant la Convention nationale, premier président de la Cour de cassation, pair de France et membre de l’Académie française.

Où se trouve la tombe de Raymond de Sèze ?

Plan du cimetière du Père-Lachaise indiquant la division 53
Plan du cimetière du Père-Lachaise indiquant la division 53.

La tombe de Raymond de Sèze se trouve dans la division 53 du cimetière du Père-Lachaise.

Le monument funéraire de Raymond de Sèze au Père-Lachaise

Tombe de Raymond de Sèze au cimetière du Père-Lachaise
Sépulture de Raymond de Sèze, division 53 du Père-Lachaise. Photo : Pierre-Yves Beaudouin, Wikimedia Commons, CC BY-SA 3.0.

La sépulture de Raymond de Sèze, située dans la 53e division du Père-Lachaise, se présente sous la forme d’une haute stèle de pierre très élancée, dressée sur un socle rectangulaire et entourée d’une grille métallique. Sa silhouette verticale et inhabituelle la rend particulièrement visible parmi les monuments voisins.

La face principale est presque entièrement occupée par une longue inscription rappelant les titres et fonctions de Raymond de Sèze : comte et pair de France, ministre d’État, premier président de la Cour de cassation, membre de l’Académie française et défenseur de Louis XVI. Une petite croix apparaît dans la partie supérieure, tandis que des armoiries sont sculptées vers la base du monument.

La tombe abrite également son épouse, Marguerite Brethous, comtesse de Sèze, morte en 1825. L’ensemble fonctionne ainsi à la fois comme sépulture familiale et comme monument commémoratif, la longue épitaphe donnant une place centrale à la carrière publique de celui qui assura la défense de Louis XVI lors de son procès.

Biographie de Raymond de Sèze

Raymond de Sèze naît le 26 septembre 1748 à Bordeaux dans une famille de robe. Il est le fils de Jean de Sèze, avocat, et de Marthe du Bergier de Favars. La fratrie compte plusieurs juristes et hommes de lettres. Dans cet environnement où le droit, l’éloquence et le service public occupent une place centrale, Raymond reçoit une solide formation classique avant d’étudier la jurisprudence à Bordeaux.

Un jeune avocat bordelais

Il commence à plaider à dix-neuf ans au parlement de Bordeaux. Son talent oratoire, sa maîtrise des dossiers et sa capacité à construire une argumentation claire lui valent rapidement une réputation qui dépasse sa ville natale. À une époque où la plaidoirie est aussi un art public, l’avocat doit convaincre par la logique, mais également par le rythme, la voix et la force morale de son discours.

En 1780, il épouse Marguerite Brethous, veuve de Pierre-Lazare Dumas. Le couple fonde une famille dont plusieurs descendants prolongeront la présence dans la magistrature et la vie publique. Cette même décennie voit de Sèze intervenir dans des causes remarquées, au moment où les institutions de l’Ancien Régime sont de plus en plus contestées.

Portrait de Raymond de Sèze par Aubry-Lecomte
Portrait de Raymond de Sèze par Hyacinthe Aubry-Lecomte. Museo del Prado, Wikimedia Commons, domaine public.

Des causes célèbres avant la Révolution

À Paris, Raymond de Sèze s’impose dans plusieurs affaires sensibles. En 1784, il intervient comme avocat des filles du philosophe Helvétius. Il plaide aussi pour le baron de Besenval, militaire suisse accusé de haute trahison après les journées révolutionnaires de 1789. Son acquittement renforce la réputation de l’avocat, désormais considéré comme l’un des meilleurs défenseurs de son temps.

De Sèze ne reste pas étranger aux débats politiques. En 1789, il publie un Essai sur les maximes et sur les lois fondamentales de la monarchie française, accompagné des Vœux d’un citoyen adressés au tiers état de Bordeaux. Ses textes témoignent d’une culture monarchique et juridique soucieuse d’encadrer le pouvoir par des principes fondamentaux.

La défense de Louis XVI

Après la chute de la monarchie, Louis XVI est jugé par la Convention nationale. Malesherbes et François-Denis Tronchet acceptent de défendre le roi. Lorsque l’avocat Target refuse de se joindre à eux, Raymond de Sèze est appelé. Il reçoit une mission presque impossible : préparer en quelques jours la défense d’un souverain dont une grande partie des députés a déjà arrêté son jugement politique.

Raymond de Sèze plaidant pour Louis XVI devant la Convention
Raymond de Sèze accompagnant Louis XVI devant la Convention nationale, 1792. Musée Carnavalet, Wikimedia Commons, domaine public.

De Sèze travaille avec Tronchet et Malesherbes à partir des pièces de l’accusation. Le 26 décembre 1792, il prononce devant la Convention une plaidoirie de plusieurs heures. Son argumentation conteste la régularité de la procédure, rappelle l’inviolabilité reconnue au roi par la Constitution de 1791 et examine séparément les accusations. Il cherche à replacer les députés dans la position de juges, et non d’adversaires politiques.

Sa péroraison est restée célèbre : il affirme chercher parmi les conventionnels des juges et n’y voir que des accusateurs. Louis XVI lui aurait demandé d’en retrancher les marques de sensibilité trop personnelles afin que la défense demeure centrée sur le droit. Le discours ne sauve pas le roi, condamné à mort puis exécuté le 21 janvier 1793, mais il installe durablement Raymond de Sèze dans l’histoire judiciaire française.

La prison pendant la Terreur

Après le procès, l’avocat se retire dans sa maison de Brévannes. Son association avec la défense royale le rend suspect. Il est arrêté le 20 octobre 1793 et emprisonné successivement à la prison de la Force puis à Picpus. Comme de nombreux détenus de la Terreur, il vit sous la menace d’un procès qui pourrait conduire à la guillotine.

Plan de la tour du Temple où fut détenue la famille royale
Plan de la tour du Temple, prison de Louis XVI et de sa famille, vers 1795. Archives nationales, Wikimedia Commons, domaine public.

Son dossier n’aboutit pas avant la chute de Robespierre, le 9 Thermidor an II. De Sèze retrouve la liberté quelques semaines plus tard. Sous le Directoire, il est nommé membre non résident de la deuxième classe de l’Institut en 1796, mais son attachement à la monarchie limite ensuite son rôle public. Il refuse les fonctions que pourraient lui offrir le Consulat et l’Empire et demeure éloigné du premier plan politique.

Le retrait sous le Consulat et l’Empire

Installé à Brévannes, il poursuit ses travaux et maintient ses relations avec les milieux royalistes. La police impériale surveille certaines de ses correspondances. Napoléon le considère avec méfiance, tandis que de Sèze reste fidèle aux Bourbons. Cette longue période de retrait contraste avec la célébrité acquise au procès de Louis XVI : pendant plus de vingt ans, il ne retrouve pas de charge à la hauteur de son talent.

Cette fidélité monarchique n’efface pas son identité de juriste. Ses écrits et ses consultations montrent un avocat attaché aux formes légales, à la hiérarchie des normes et au rôle de la défense. Son intervention de 1792 devient progressivement, dans les milieux royalistes, le symbole d’un courage professionnel exercé au moment où la pression politique était la plus forte.

Premier président de la Cour de cassation

La Restauration de 1814 transforme sa situation. Le 15 février 1815, Louis XVIII le nomme premier président de la Cour de cassation. Pendant les Cent-Jours, de Sèze accompagne le roi à Gand, puis reprend sa fonction après Waterloo. Le 17 août 1815, il devient pair de France. Sa carrière rejoint alors les plus hautes institutions judiciaires et politiques du royaume.

Cour de cassation au palais de justice de Paris
La Cour de cassation au palais de justice de Paris, dont Raymond de Sèze fut premier président. Photo : DXR, Wikimedia Commons, CC BY-SA 3.0.

À la Chambre des pairs, il soutient généralement la politique gouvernementale. Il participe à plusieurs commissions et prend position sur les grandes questions de la Restauration, notamment la loi d’amnistie et l’indemnisation des émigrés. Lors du procès du maréchal Ney, il vote la mort, décision qui illustre la rigueur de son engagement en faveur de la monarchie restaurée.

Louis XVIII le fait comte en 1817 et l’autorise à faire figurer dans ses armoiries la tour du Temple entourée de fleurs de lys, référence directe à la captivité du roi qu’il avait défendu. Il devient également grand trésorier de l’ordre du Saint-Esprit et président du collège électoral de la Gironde. Sous Charles X, il est ministre d’État et préside le collège électoral de la Seine.

L’Académie française

Raymond de Sèze est élu à l’Académie française le 22 mai 1816, au fauteuil 33, en remplacement de Jean-François Ducis. Il est reçu le 25 août par le marquis de Fontanes. Son élection récompense autant l’orateur que l’auteur de discours politiques et judiciaires. Il répond ensuite au discours de réception de Georges Cuvier et prononce en 1824 un discours sur les prix de vertu.

Institut de France et Académie française à Paris
L’Institut de France, siège de l’Académie française où Raymond de Sèze fut élu en 1816. Photo : Nitot, Wikimedia Commons, CC BY-SA 2.5.

La graphie de son nom varie selon les époques : Sèze, de Sèze, Desèze ou De Seze. La Bibliothèque nationale de France rappelle que l’avocat souhaitait lui-même écrire « De Seze » sans accent. L’usage historique et éditorial français a néanmoins largement conservé la forme « Raymond de Sèze ».

Dernières années et mort

Dans ses dernières années, le comte de Sèze demeure une personnalité importante de la magistrature et de la Chambre des pairs. Grand officier de la Légion d’honneur, il cumule les marques de reconnaissance accordées par la monarchie à celui qui avait défendu Louis XVI au péril de sa liberté.

Raymond de Sèze meurt à Paris le 2 mai 1828, à 79 ans, des suites d’une affection pulmonaire. Il est inhumé au cimetière du Père-Lachaise dans la division 53. Le 18 juin suivant, Chateaubriand prononce son éloge à la Chambre des pairs. La mémoire de l’avocat reste principalement attachée à la plaidoirie de décembre 1792, moment où il tenta de faire entendre les exigences du droit au cœur d’un procès devenu enjeu révolutionnaire.

Œuvres principales

  • Essai sur les maximes et sur les lois fondamentales de la monarchie française. Les vœux d’un citoyen adressés au tiers état de Bordeaux (1789).
  • Observations sur le danger de l’établissement d’un tribunal de cassation dans les colonies (1790).
  • Plaidoyer pour le baron de Besenval (1790).
  • Défense du roi Louis XVI, prononcée à la barre de la Convention (1792).
  • La nation française justifiée d’avoir pris part au crime de la mort de Louis XVI (1817).
  • Requête au Roi pour la marquise C. de Douhault (1818).

Distinctions et fonctions

  • Premier président de la Cour de cassation à partir de 1815.
  • Pair de France à partir de 1815.
  • Membre de l’Académie française, fauteuil 33, élu en 1816.
  • Comte de Sèze en 1817.
  • Ministre d’État sous Charles X.
  • Grand trésorier de l’ordre du Saint-Esprit.
  • Grand officier de la Légion d’honneur.