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SAVARY Jérôme

Qui est Jérôme Savary ?

Nom complet : Jean Jérôme Savary.
Naissance : 27 juin 1942 (Buenos Aires, Argentine).
Mort : 4 mars 2013 (Levallois-Perret, France) à 70 ans.
Activités : Acteur, metteur en scène, dramaturge, directeur de théâtre et de théâtre musical.
Nationalités : Française et argentine.
Notoriété : Fondateur du Grand Magic Circus et ancien directeur du Théâtre national de Chaillot et de l’Opéra-Comique.

Où se trouve la tombe de Jérôme Savary ?

Plan des divisions du cimetière du Père-Lachaise
Plan des divisions du cimetière du Père-Lachaise.

Les cendres de Jérôme Savary reposent au columbarium du Père-Lachaise, division 87, case 392.

Le monument funéraire de Jérôme Savary au Père-Lachaise

La sépulture de Jérôme Savary prend la forme d’une plaque cinéraire au columbarium. Sur le marbre clair, son nom est accompagné de ses dates, 1942-2013, et de la formule « Bye Bye Monsieur Magic », hommage direct au créateur du Grand Magic Circus.

Plaque funéraire de Jérôme Savary au columbarium du Père-Lachaise
Plaque cinéraire de Jérôme Savary, case 392 du columbarium. Photo : ManoSolo13241324, Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0.

Biographie de Jérôme Savary

Jérôme Savary naît le 27 juin 1942 à Buenos Aires. Son père est français et sa mère américaine, issue d’une famille de la haute société new-yorkaise. Cette double origine, européenne et américaine, marque un artiste toujours attiré par le voyage, le mélange des cultures et les spectacles sans frontières. Son théâtre réunira plus tard le cirque, la musique, la danse, la farce et le répertoire classique.

Une jeunesse entre musique, dessin et voyages

Élève du collège Cévenol au Chambon-sur-Lignon, il gagne Paris très jeune. Il étudie la musique auprès de la famille de Maurice Martenot puis suit les cours de l’École nationale supérieure des arts décoratifs. À dix-neuf ans, il part pour New York, où il fréquente l’univers du jazz et découvre Count Basie, Thelonious Monk, Lenny Bruce, Jack Kerouac et Allen Ginsberg. Ce séjour nourrit son goût pour l’improvisation, la contre-culture et les formes artistiques indisciplinées.

En 1962, il retourne en Argentine pour accomplir son service militaire dans un régiment d’artillerie hippomobile. À Buenos Aires, il travaille comme illustrateur de dictionnaire et dessinateur de bandes dessinées, dans une revue où collabore également Copi. Le dessin, la musique et le goût de la scène se rejoignent déjà dans sa manière d’imaginer un spectacle comme un monde visuel complet.

La naissance du Grand Magic Circus

Revenu à Paris en 1965, Jérôme Savary crée une première compagnie, bientôt associée à l’esprit du mouvement Panique d’Alejandro Jodorowsky, Fernando Arrabal et Roland Topor. En 1966 naît le Grand Magic Circus, qui devient ensuite le Grand Magic Circus et ses animaux tristes. La troupe refuse les frontières entre théâtre sérieux et divertissement populaire.

Artiste du Grand Magic Circus en 1972
Un membre du Grand Magic Circus à Munich en 1972. Photo : Heinz Bunse, Wikimedia Commons, CC BY-SA 2.0.

Parades, fanfares, costumes éclatants, acrobaties et humour irrévérencieux transforment chaque représentation en fête collective. Dans le contexte de Mai 68, auquel Savary participe notamment par le journal Action, ce théâtre propose une liberté nouvelle. Chroniques coloniales, Cendrillon et la lutte des classes, De Moïse à Mao ou Good Bye Mister Freud mêlent satire politique, fantaisie et énergie foraine.

Du cirque aux grandes scènes européennes

À partir des années 1970, Savary travaille en Allemagne, en Italie, en Suisse et en France. Il aborde Offenbach, Shakespeare, Molière, Rossini, Mozart, Verdi ou Lehár sans renoncer à sa signature : musique omniprésente, couleurs vives, rythme rapide et adresse directe au public. Il considère les classiques comme une matière vivante et cherche à les rendre accessibles sans les figer.

Son Cyrano de Bergerac avec Jacques Weber rencontre un grand succès au début des années 1980. Il monte aussi La Belle Hélène, La Périchole, La Flûte enchantée, Le Barbier de Séville et La Vie parisienne. Sa mise en scène de Cabaret, avec Ute Lemper, reçoit en 1987 le Molière du spectacle musical et impose une lecture à la fois brillante et sombre du chef-d’œuvre de Kander et Ebb.

Coulisses de Cabaret mis en scène par Jérôme Savary
Coulisses de Cabaret au Théâtre Mogador en 1987. Photo : Carlos Valdes-Dapena, Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0.

Directeur de grandes institutions

Jérôme Savary dirige successivement le Nouveau Théâtre Populaire de la Méditerranée à Montpellier de 1982 à 1986, puis le Théâtre du 8e à Lyon, qu’il rebaptise Carrefour européen du théâtre. En 1988, il prend la tête du Théâtre national de Chaillot. Il y reste jusqu’en 2000 et défend un théâtre populaire, musical et spectaculaire, capable de remplir de grandes salles sans renoncer à l’invention.

Grand foyer du Théâtre national de Chaillot
Grand foyer du Théâtre national de Chaillot, dirigé par Jérôme Savary de 1988 à 2000. Photo : Patrick Berger, Wikimedia Commons, CC BY-SA 3.0.

De 2000 à 2007, il dirige l’Opéra-Comique. Il y poursuit son travail de décloisonnement entre opéra, opérette, comédie musicale et théâtre. Son ambition est d’ouvrir l’institution à un public plus large et de retrouver la dimension populaire du genre. Après son départ, il installe à Béziers sa structure de création, La Boîte à rêves, basée au théâtre des Franciscains.

Façade de l’Opéra-Comique à Paris
Façade de l’Opéra-Comique, institution dirigée par Jérôme Savary de 2000 à 2007. Bibliothèque nationale de France, Wikimedia Commons, domaine public.

Un théâtre de la fête et de la mélancolie

Savary se définissait comme un « mélancomique ». Derrière les plumes, les fanfares et les éclats de rire, ses spectacles laissent souvent apparaître la fragilité des êtres et la nostalgie d’un monde qui disparaît. Il revendique le plaisir du public, la générosité des acteurs et l’héritage du cirque, du cabaret et du music-hall.

En plus de quarante-cinq ans de carrière, il monte près d’une centaine de spectacles. Il travaille aussi pour le cinéma et la télévision, écrit des pièces et des ouvrages, joue la comédie et conçoit fréquemment lui-même l’univers visuel de ses productions. Sa capacité à passer d’Offenbach à Shakespeare, du boulevard à l’opéra et de la farce politique au musical constitue l’une des singularités de son parcours.

Spectacle musical dans l’esprit du théâtre de Jérôme Savary
Spectacle musical La revista negra, représentatif de l’univers de cabaret cultivé par Jérôme Savary. Photo : Anna, Wikimedia Commons, CC BY 2.0.

Vie privée et disparition

Jérôme Savary est père de quatre enfants : Robinson, photographe et cinéaste, Manon, metteuse en scène, Nina et Béatrice-Carmen. Plusieurs membres de sa famille prolongent ainsi le lien avec l’image et le spectacle. Cette dimension familiale rejoint l’esprit de troupe qui a toujours caractérisé son travail.

Atteint d’un cancer, il meurt le 4 mars 2013 à Levallois-Perret, à l’âge de 70 ans. Ses cendres sont déposées au columbarium du Père-Lachaise. La formule inscrite sur sa plaque, « Bye Bye Monsieur Magic », résume l’affection du public pour un créateur qui aura consacré sa vie à transformer le théâtre en fête.

Œuvres principales

  • Chroniques coloniales ou Les Aventures de Zartan (1971).
  • Cendrillon et la lutte des classes (1973).
  • De Moïse à Mao (1973).
  • Good Bye Mister Freud (1974).
  • La Périchole de Jacques Offenbach.
  • Cyrano de Bergerac avec Jacques Weber (1983).
  • Cabaret avec Ute Lemper (1986-1987).
  • Le Barbier de Séville de Rossini.
  • La Légende de Jimmy, Irma la douce, Y’a d’la joie et Marilyn Montreuil.

Distinctions et fonctions

  • Molière du spectacle musical en 1987 pour Cabaret.
  • Chevalier de la Légion d’honneur.
  • Chevalier de l’ordre des Arts et des Lettres.
  • Directeur du Théâtre national de Chaillot de 1988 à 2000.
  • Directeur de l’Opéra-Comique de 2000 à 2007.
  • Fondateur du Grand Magic Circus et de La Boîte à rêves.