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RIZZO Willy

Qui est Willy Rizzo ?

Nom complet : Eros Rizzo, dit Willy Rizzo.
Naissance : 22 octobre 1928 (Naples, Italie).
Mort : 25 février 2013 (Paris, France) à 84 ans.
Activités principales : photographe, photojournaliste et designer.
Notoriété : portraitiste des grandes figures du cinéma, de la mode et de la vie culturelle, puis créateur de mobilier associé au style italien des années 1960 et 1970.

Où se trouve la tombe de Willy Rizzo ?

La tombe de Willy Rizzo se trouve dans la division 21 du cimetière du Père-Lachaise.

Plan du cimetière du Père-Lachaise indiquant la division 21
Plan des divisions du Père-Lachaise : Willy Rizzo repose dans la division 21.

Le monument funéraire de Willy Rizzo au Père-Lachaise

La sépulture de Willy Rizzo est signalée par une dalle claire et une stèle verticale de même tonalité. Le monument adopte des lignes géométriques simples, en accord avec la sobriété d’un aménagement contemporain. L’inscription centrale indique son nom, ses dates et les mots « Artiste, Photographe, Designer », réunissant les deux domaines qui ont structuré sa carrière. Une croix est gravée au-dessus du nom.

Vue générale de la tombe de Willy Rizzo au Père-Lachaise
Vue générale de la tombe de Willy Rizzo au Père-Lachaise, division 21. Wikimedia Commons, licence libre indiquée sur la fiche du fichier.
Stèle portant le nom de Willy Rizzo au Père-Lachaise
La stèle de Willy Rizzo et son inscription « Artiste, Photographe, Designer ». Wikimedia Commons, licence libre indiquée sur la fiche du fichier.

Biographie de Willy Rizzo

Willy Rizzo, né Eros Rizzo, voit le jour à Naples le 22 octobre 1928. Issu d’une famille de magistrats napolitains, il grandit en grande partie à Paris. La photographie entre tôt dans sa vie : vers douze ans, alors qu’il fréquente le lycée italien de la rue Sédillot, il réalise les portraits de ses camarades avec un appareil Agfa Box offert par sa mère.

L’apprentissage dans le Paris des studios

En 1944, encore adolescent, il achète un Rolleiflex au marché noir. Il admire Gaston Paris, photographe de presse publié notamment dans Vu et Détective, dont il retient l’exigence de composer une image tout en sachant réagir immédiatement à l’événement. À bicyclette, Rizzo fréquente les studios de Billancourt, Joinville et des Buttes-Chaumont. Il photographie les acteurs et découvre les contraintes du reportage, du portrait posé et de la presse illustrée.

Ses images paraissent dans Ciné Mondial, Point de Vue et Images du Monde. À la fin de la Seconde Guerre mondiale, il couvre le procès de Nuremberg. Cette expérience inscrit son travail dans l’âge d’or du photojournalisme, lorsque les grands hebdomadaires confient aux photographes la tâche de raconter l’actualité par des séquences visuelles.

Le procès de Nuremberg couvert par Willy Rizzo à ses débuts
Le procès de Nuremberg, couvert par Willy Rizzo au début de sa carrière. Photographie des Archives nationales américaines, Wikimedia Commons, domaine public.

Les États-Unis, Cannes et la naissance de Paris Match

En 1947, l’agence britannique Black Star l’envoie aux États-Unis avec une consigne ouverte : photographier ce qui le surprend. Il observe la culture américaine de l’après-guerre, les cinémas en plein air, la publicité et la société de consommation. Installé un temps à Los Angeles, il rencontre l’univers hollywoodien et réalise des portraits de Gregory Peck, Gary Cooper, Anne Baxter ou Richard Widmark.

Entre-temps, France Dimanche l’a envoyé couvrir le premier Festival de Cannes. Rizzo comprend que les vedettes ne se photographient pas comme un champ de bataille : il faut gagner leur confiance, travailler la lumière et construire une relation rapide avec le modèle. Cette aptitude à conjuguer proximité et maîtrise technique devient sa signature.

En 1949, il revient en France pour participer aux débuts de Paris Match. Il signe la première couverture en couleurs du magazine, consacrée à Winston Churchill. Durant environ deux décennies, il travaille pour l’hebdomadaire et alterne portraits de célébrités, mode et grands reportages. Son style clair, élégant et narratif correspond parfaitement à la nouvelle presse illustrée.

Palais des Festivals de Cannes, ville où Willy Rizzo photographia les vedettes du festival
Le Palais des Festivals de Cannes, où Willy Rizzo couvrit les débuts du Festival. Photo : Timantha102938, Wikimedia Commons, domaine public.

Le reportage en Indochine

En 1952, Paris Match l’envoie en Indochine. Équipé de Leica, de Rolleiflex, de flashs et d’une chambre Linhof, il doit produire des images différentes de la communication militaire officielle. Il photographie les combats du Tonkin, les tranchées et un camp de prisonniers du Viet Minh. Ses reportages montrent la réalité d’une guerre que les autorités françaises présentent encore volontiers comme une opération de maintien de l’ordre.

Certaines images, jugées trop proches des visions traumatiques de la Première Guerre mondiale, rencontrent l’hostilité de l’armée et sont interdites de diffusion. Cet épisode rappelle que Rizzo ne fut pas seulement le photographe du glamour : il exerça aussi le métier de reporter dans des situations politiques et militaires difficiles.

Position française pendant la guerre d’Indochine, conflit photographié par Willy Rizzo
Une position française pendant la guerre d’Indochine, conflit couvert par Willy Rizzo en 1952. Auteur anonyme, Wikimedia Commons, domaine public.

Le portraitiste des stars

De retour en Europe, Rizzo photographie les grandes personnalités de l’après-guerre : Marilyn Monroe, Brigitte Bardot, Sophia Loren, Audrey Hepburn, Marlene Dietrich, Jane Fonda, Gene Kelly, Fred Astaire, Pablo Picasso, Salvador Dalí, Coco Chanel ou Maria Callas. Il ne cherche pas seulement la ressemblance. Ses portraits reposent sur une mise en scène précise, un décor choisi et une attention aux gestes qui révèlent le caractère public du modèle.

En 1953, Paris Match publie notamment une série montrant Picasso dessinant une tête de chèvre à la craie. En 1958, Rizzo réalise une couverture avec le jeune Yves Saint Laurent. L’année suivante, il devient directeur artistique de Marie Claire et collabore également avec Vogue. Il se situe désormais à la rencontre de la photographie de presse, de la mode et de la culture des célébrités.

Une anecdote liée à Maria Callas aurait inspiré Hergé : le personnage de Walter Rizotto, photographe du magazine fictif Paris-Flash dans Les Bijoux de la Castafiore, reprend son nom avec humour. Cette transposition témoigne de la visibilité acquise par les photographes des grands magazines au début des années 1960.

Portrait de Willy Rizzo au Salon de la photo en 2010
Willy Rizzo au Salon de la photo à Paris en 2010. Photo : Siren-Com, Wikimedia Commons, licence Creative Commons.

De la photographie au mobilier

À la fin des années 1960, Rizzo s’installe à Rome. La transition vers le design naît de l’aménagement de son propre appartement près de la piazza di Spagna. Ne trouvant pas de mobilier correspondant à son goût pour le confort, le luxe et les lignes modernes, il dessine ses tables, canapés, consoles et meubles de rangement. Ses visiteurs s’intéressent rapidement à ces créations.

Il fonde alors un atelier à Tivoli, dont l’effectif atteint jusqu’à 150 personnes, et développe une collection d’une trentaine de modèles. Son vocabulaire associe formes géométriques, proportions généreuses et matériaux nobles : bois, marbre, travertin, laiton, bronze et acier inoxydable. Ses tables basses et ses meubles destinés aux chaînes haute-fidélité répondent aux nouveaux usages domestiques des années 1970.

Des boutiques et points de vente ouvrent en Europe et aux États-Unis. Rizzo aménage également des intérieurs pour une clientèle internationale. Bien qu’autodidacte dans ce domaine, il devient l’un des représentants du design italien de l’époque, avec une esthétique plus luxueuse que le fonctionnalisme scandinave alors dominant.

Piazza di Spagna à Rome, près de laquelle Willy Rizzo commença son activité de designer
La piazza di Spagna à Rome, quartier où Willy Rizzo commença à dessiner son mobilier. Photo : Negruvasile, Wikimedia Commons, CC BY-SA 3.0.

Retour à la photographie et dernières années

En 1978, lassé de la gestion industrielle, Willy Rizzo vend son entreprise et revient pleinement à la photographie. Il poursuit les portraits, expose ses travaux et publie plusieurs ouvrages consacrés aux personnalités qu’il a rencontrées. Son regard réunit l’expérience du reporter, la connaissance des magazines et le sens de la composition acquis auprès de la mode et du design.

Il épouse Dominique Rizzo en 1979. Le couple a trois enfants, Willy Jr, Camilla et Gloria. En 2009, ils ouvrent à Paris le Studio Willy Rizzo, rue de Verneuil, consacré à la photographie et au mobilier. Ce lieu permet de présenter ensemble deux activités longtemps perçues comme distinctes mais reliées par une même attention à la lumière, aux volumes et à l’élégance.

Willy Rizzo meurt à Paris le 25 février 2013, à l’âge de 84 ans. Il est inhumé au cimetière du Père-Lachaise dans la division 21. Sa carrière, commencée dans l’urgence du reportage, s’est prolongée par les portraits de la société internationale puis par une œuvre de designer aujourd’hui régulièrement présentée dans les galeries et collections consacrées au mobilier du XXe siècle.

Œuvres et publications principales

  • Starsociety (1994).
  • Mes stars : l’album secret de Willy Rizzo (2003).
  • Willy Rizzo Sixty Years of Photography (2005).
  • Willy Rizzo, monographie publiée chez Contrejour (2014).
  • Chanel par Willy Rizzo (2015, publication posthume).
  • Collections de mobilier créées à Rome et Tivoli à partir de la fin des années 1960, notamment tables en marbre ou travertin, luminaires, assises et meubles hi-fi.

Distinctions et fonctions

  • Photographe et collaborateur majeur de Paris Match à partir de 1949.
  • Directeur artistique de Marie Claire à partir de 1959.
  • Trophée Match d’or décerné lors de la Nuit des Yeux d’or en 1997.
  • Expositions à Paris, Monaco, Londres, New York, Tokyo, Moscou et São Paulo.