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PERROT Jules

Qui est Jules Perrot ?

Nom complet : Jules-Joseph Perrot.
Naissance : 18 août 1810 (Lyon, France).
Mort : 19 août 1892 (Paramé, aujourd’hui Saint-Malo, France) à 82 ans.
Activité principale : danseur, chorégraphe et maître de ballet.

Jules Perrot est l’une des figures essentielles du ballet romantique. Interprète virtuose, partenaire des plus célèbres ballerines de son temps et chorégraphe d’une inventivité exceptionnelle, il participe notamment à la création de Giselle et signe des ballets devenus emblématiques, parmi lesquels La Esmeralda et le fameux Pas de quatre. Sa carrière se déploie de Paris à Londres, Milan et Saint-Pétersbourg.

Localisation de la tombe de Jules Perrot

Jules Perrot repose au cimetière du Père-Lachaise, dans la division 47. Sa sépulture se trouve avenue Frédéric-Soulié, en première ligne.

Plan du cimetière du Père-Lachaise indiquant la division 47
Plan général du Père-Lachaise : la tombe de Jules Perrot se situe dans la division 47.

Le monument funéraire de Jules Perrot au Père-Lachaise

La sépulture familiale est un monument sobre en pierre, formé d’une dalle et d’une stèle verticale cintrée. L’inscription centrale rappelle les deux grandes étapes institutionnelles de sa carrière : ancien artiste de l’Opéra et ancien maître de ballet des théâtres impériaux de Saint-Pétersbourg. Elle indique qu’il mourut le 19 août 1892 à l’âge de 82 ans. Son épouse, Capitoline Samovskaïa, morte en 1909, et plusieurs membres de la famille sont également mentionnés sur le monument.

Tombe de Jules Perrot au Père-Lachaise division 47
Tombe de Jules Perrot au Père-Lachaise, division 47. Photographie : ManoSolo13241324, Wikimedia Commons, CC0 1.0.

Biographie de Jules Perrot

Jules-Joseph Perrot naît à Lyon le 18 août 1810. Fils d’un homme travaillant dans l’univers du théâtre, il découvre très tôt les coulisses, les décors et les mécanismes de la scène. Son agilité et son goût du spectacle s’affirment dès l’enfance. Adolescent, il gagne Paris et paraît au Théâtre de la Gaîté, où son talent de danseur comique et expressif attire rapidement l’attention.

Portrait de Jules Perrot vers 1850
Jules Perrot vers 1850. Portrait ancien, Wikimedia Commons, domaine public.

De la Gaîté à l’Opéra de Paris

Perrot perfectionne sa technique auprès d’Auguste Vestris, maître réputé de l’école française. Il se distingue par une danse vive, précise et théâtrale, capable d’associer la virtuosité à une forte caractérisation dramatique. En 1830, il entre à l’Académie royale de musique, futur Opéra de Paris. À une époque où les ballerines occupent le devant de la scène, il redonne au danseur masculin une présence spectaculaire. Il partage l’affiche avec Marie Taglioni et s’impose dans des œuvres telles que Flore et Zéphire.

Son physique, jugé peu conforme aux idéaux élégants du ballet, ne freine pas son succès auprès du public, mais complique ses relations avec l’institution. Après quelques saisons parisiennes, il quitte l’Opéra en 1835 et poursuit une carrière itinérante. Vienne, Munich, Milan et Naples découvrent alors un artiste qui est déjà davantage qu’un interprète : Perrot conçoit ses propres variations, règle des scènes et façonne les rôles selon les qualités de ses partenaires.

Jules Perrot dans La Révolte au sérail
Costume de Jules Perrot dans La Révolte au sérail. Collection de la New York Public Library, Wikimedia Commons, domaine public.

Carlotta Grisi et la création de Giselle

À Naples, Perrot rencontre la jeune Carlotta Grisi. Il devient son professeur, son partenaire et son compagnon. Il développe chez elle une technique brillante sans sacrifier l’expressivité, puis l’accompagne dans les grandes capitales européennes. Leur association transforme la carrière de Grisi et nourrit plusieurs créations importantes du répertoire romantique.

En 1841, Carlotta Grisi triomphe à Paris dans le rôle-titre de Giselle. La chorégraphie est officiellement attribuée à Jean Coralli, maître de ballet de l’Opéra, mais les témoignages et les recherches historiques reconnaissent à Perrot une participation décisive, notamment dans les danses de Grisi et dans la construction dramatique de son personnage. Ne faisant alors pas partie du personnel de l’Opéra, il n’est pas crédité sur l’affiche. Cette création marque pourtant durablement son nom : Giselle demeure l’un des ballets les plus joués au monde.

Carlotta Grisi et Jules Perrot dans La Naïade et le pêcheur
Carlotta Grisi et Jules Perrot dans La Naïade et le pêcheur, estampe conservée à la Bibliothèque nationale de France, Wikimedia Commons, domaine public.

Le maître du ballet romantique à Londres

Perrot rejoint Londres, où il devient maître de ballet du Her Majesty’s Theatre. Entre 1843 et 1848, il y rassemble les étoiles les plus prestigieuses d’Europe et multiplie les créations. Il conçoit Ondine ou La Naïade et le pêcheur pour Fanny Cerrito, puis La Esmeralda, inspirée de Notre-Dame de Paris de Victor Hugo, pour Carlotta Grisi. Son art associe pantomime lisible, situations dramatiques, ensembles pittoresques et variations écrites sur mesure pour chaque interprète.

Son coup d’éclat londonien reste le Pas de quatre, créé en 1845. Quatre rivales légendaires — Marie Taglioni, Carlotta Grisi, Fanny Cerrito et Lucile Grahn — acceptent de paraître dans la même œuvre. Perrot compose pour chacune une variation mettant en valeur son style propre et organise avec diplomatie leur ordre d’entrée et de salut. Cette réunion exceptionnelle devient l’une des images les plus célèbres de l’histoire du ballet romantique.

Jules Perrot et Carlotta Grisi dans Zingaro
Jules Perrot et Carlotta Grisi dans Zingaro. Collection de la New York Public Library, Wikimedia Commons, domaine public.

Milan et les théâtres impériaux de Saint-Pétersbourg

Après Londres, Perrot travaille à la Scala de Milan, puis accepte en 1848 l’invitation des théâtres impériaux russes. À Saint-Pétersbourg, il exerce pendant plus d’une décennie les fonctions de premier danseur et de maître de ballet. Il remonte ses succès européens, adapte des ouvrages pour la troupe impériale et crée de nouveaux spectacles au théâtre Bolchoï Kamenny. Il contribue ainsi à transmettre en Russie les formes du ballet romantique français et italien.

Dans cette troupe, il collabore avec des artistes qui préparent l’âge classique du ballet russe. Marius Petipa l’assiste dans plusieurs productions avant de lui succéder. L’influence de Perrot se lit dans le soin accordé au récit, à la pantomime, aux grands ensembles et à l’individualisation des rôles. Certaines de ses chorégraphies ne subsistent plus intégralement, mais leurs scènes et variations ont été conservées ou réélaborées au fil des reprises.

Retour en France et regard d’Edgar Degas

Perrot épouse à Saint-Pétersbourg son ancienne élève Capitoline Samovskaïa, avec laquelle il a des enfants. Il quitte la Russie en 1859 et revient définitivement en France au début des années 1860. Retiré de la grande création, il continue de transmettre son expérience et donne des classes à l’Opéra de Paris. Son exigence, son sens du geste et sa mémoire du ballet romantique en font un pédagogue recherché.

Edgar Degas l’observe dans les salles de répétition et fait de lui l’un des personnages de La Classe de danse. Le vieux maître, appuyé sur sa canne, y surveille les élèves avec une autorité tranquille. Cette image célèbre relie deux générations : celle du romantisme triomphant et celle du Paris moderne que Degas étudie dans les coulisses de l’Opéra.

Jules Perrot représenté par Edgar Degas
Portrait de Jules Perrot par Edgar Degas. Fitzwilliam Museum, Wikimedia Commons, CC0.

Dernières années et postérité

Jules Perrot passe ses dernières années entre Paris et la Bretagne. Il meurt le 19 août 1892 à Paramé, aujourd’hui rattachée à Saint-Malo, au lendemain de son quatre-vingt-deuxième anniversaire. Il est inhumé au Père-Lachaise. Longtemps éclipsé dans certains récits par les institutions qui ne l’avaient pas toujours officiellement crédité, il est aujourd’hui reconnu comme l’un des grands architectes du ballet romantique et comme un trait d’union essentiel entre les scènes de Paris, Londres et Saint-Pétersbourg.

Œuvres principales

Ballets et chorégraphies : Giselle (1841, contribution chorégraphique majeure), Ondine ou La Naïade et le pêcheur (1843), La Esmeralda (1844), Le Pas de quatre (1845), Catarina ou La Fille du bandit (1846), Faust (1848), La Guerre des femmes (1852), ainsi que de nombreuses reprises et créations pour les théâtres impériaux de Saint-Pétersbourg.

Distinctions et fonctions

Fonctions marquantes : artiste de l’Académie royale de musique à Paris ; maître de ballet du Her Majesty’s Theatre à Londres ; chorégraphe à la Scala de Milan ; premier danseur et maître de ballet des théâtres impériaux de Saint-Pétersbourg ; professeur à l’Opéra de Paris. Son nom demeure indissociable de l’essor international du ballet romantique au XIXe siècle.