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NOËL Léon

Qui est Léon Noël ?

Nom complet : Dosithée Léon Grosset, dit Léon Noël.
Naissance : 21 avril 1844 (Paris, France).
Mort : 19 novembre 1913 (Paris, France) à 69 ans.
Activité : comédien de théâtre et professeur d’art dramatique.
Notoriété : acteur surnommé « le roi du mélodrame », l’un des premiers maîtres de Louis Jouvet.

Où se trouve la tombe de Léon Noël ?

La tombe de Léon Noël se trouve dans la division 20 du cimetière du Père-Lachaise, chemin du Bassin, première ligne.

Plan du cimetière du Père-Lachaise indiquant la division 20
Plan du cimetière du Père-Lachaise : la tombe de Léon Noël se situe dans la division 20.

Le monument funéraire de Léon Noël au Père-Lachaise

La sépulture, réalisée du vivant du comédien, est un tombeau familial clôturé. Une stèle porte les noms de Léon Noël, d’Éléonore Grosset, sa mère, ainsi que d’Eugène et Éléonore Chrétien. Elle est dominée par un buste en bronze de l’acteur, œuvre de Gustave Deloye datée de 1889 et fondue par Pierre Sarret.

La stèle comprend aussi un médaillon en bronze représentant sa mère, exécuté par Léon Noël lui-même en 1893. Au revers est gravé un hommage du critique Francisque Sarcey, tiré de son feuilleton du Temps du 13 novembre 1893, qui présente Noël comme l’un des meilleurs comédiens de son époque.

Vue générale de la tombe de Léon Noël au Père-Lachaise
Vue générale de la tombe de Léon Noël, division 20. Photo : Pierre-Yves Beaudouin / Wikimedia Commons, CC BY-SA 3.0.
Buste en bronze et stèle de la tombe de Léon Noël
Le buste de Léon Noël par Gustave Deloye et la stèle familiale. Photo : Pierre-Yves Beaudouin / Wikimedia Commons, CC BY-SA 3.0.

Biographie de Léon Noël

Dosithée Léon Grosset naît le 21 avril 1844 rue Rambuteau, à Paris. Il choisit pour la scène le nom de Léon Noël, sous lequel il devient une personnalité familière des théâtres populaires de la capitale. Sa jeunesse et sa formation sont peu documentées, mais sa trajectoire professionnelle montre un apprentissage mené au contact direct des petites scènes, des troupes et d’un public exigeant. À une époque où le mélodrame attire des foules nombreuses, le comédien doit posséder une diction puissante, un geste lisible et une aptitude à passer rapidement d’un emploi à l’autre.

L’apprentissage sur les scènes populaires

Léon Noël débute en 1865 à la salle Beethoven dans Les Trois Ivresses. L’année suivante, il rejoint les Délassements-Comiques, puis se produit au Théâtre Parisien et aux Folies-Saint-Antoine. Ces établissements, plus modestes que les grandes scènes subventionnées, constituent une véritable école du métier. Noël y joue des personnages très différents et apprend à adapter son jeu à des pièces où l’action, le suspense et l’émotion doivent rester immédiatement compréhensibles.

Remarqué pour son efficacité, il est engagé à l’Athénée en 1869. En 1870, pendant la guerre franco-prussienne, il appartient au théâtre Beaumarchais. Il signe ensuite, en 1871, avec le Château-d’Eau, puis passe au Châtelet en 1872. Cette mobilité est caractéristique de la carrière des acteurs de boulevard : ils suivent les productions, changent de troupe et construisent leur réputation rôle après rôle.

Portrait de Léon Noël par Nadar vers 1880
Portrait de Léon Noël vers 1880. Photo : Nadar, restauration Jebulon / BnF-Gallica / Wikimedia Commons, CC0.

Le succès du Courrier de Lyon

En 1873, Léon Noël entre à l’Ambigu-Comique, l’un des hauts lieux du drame populaire parisien. Il y obtient un succès marquant dans le rôle de Choppard du Courrier de Lyon. La pièce, inspirée de l’affaire du courrier de Lyon, repose sur l’erreur judiciaire, le danger et les retournements de situation. Choppard offre au comédien un personnage de composition, précisément le domaine dans lequel ses qualités sont le plus reconnues.

Son répertoire s’élargit au fil des décennies. On le retrouve au théâtre de la Gaîté dans Monte-Cristo en 1881 et Henri III en 1884, puis à la Porte-Saint-Martin dans Théodora de Victorien Sardou, Marion de Lorme de Victor Hugo, Le Crocodile, La Grande Marnière et Le Chevalier de Maison-Rouge. Ces spectacles à grand déploiement demandent autant de précision que d’énergie : les décors sont vastes, les distributions nombreuses et l’action doit porter jusqu’au dernier rang.

Caricature de Léon Noël dans Les Hommes d’aujourd’hui
Léon Noël caricaturé par Alfred Le Petit dans Les Hommes d’aujourd’hui. Wikimedia Commons, domaine public.

Le « roi du mélodrame »

La presse et ses confrères finissent par le surnommer « le roi du mélodrame ». Cette formule désigne moins une vedette attachée à un seul rôle qu’un spécialiste de la composition. Grand, doté d’une corpulence imposante, les cheveux frisés tombant sur la nuque, Léon Noël cultive une silhouette reconnaissable. Hors scène, il porte volontiers col rabattu et cravate lavallière. Sur les planches, il transforme son allure grâce à un art du maquillage particulièrement admiré.

Ses contemporains insistent sur le soin avec lequel il construit chaque personnage. Il cherche un détail de démarche, de voix ou de physionomie capable de rendre la silhouette immédiatement vivante. Cette technique correspond aux exigences du mélodrame, mais elle lui permet également d’aborder le drame historique, la comédie et les adaptations de romans. Son jeu est décrit comme pittoresque et original, sans sacrifier la clarté du récit.

Léon Noël dans le rôle de Robert Macaire au théâtre de la Porte-Saint-Martin
Léon Noël dans Robert Macaire au théâtre de la Porte-Saint-Martin. Bibliothèque nationale de France-Gallica / Wikimedia Commons, domaine public.

Une carrière de près d’un demi-siècle

Au cours des années 1890, Noël continue de circuler entre plusieurs théâtres. Il joue notamment Jeanne d’Arc au théâtre de la Porte-Saint-Martin en 1890, Mon oncle Barbassou au Gymnase en 1891, puis Les Rois, La Dame aux camélias et Izeyl. À l’Odéon, il paraît dans Le Danger en 1896. Il revient ensuite à l’Ambigu-Comique pour une série de drames populaires, parmi lesquels Papa la vertu, La Mioche, Le Roi des mendiants et Les Chevaliers du brouillard.

Sa longévité témoigne d’une grande capacité d’adaptation. Le théâtre change, les goûts se déplacent et de nouvelles formes de mise en scène apparaissent, mais Léon Noël reste recherché pour la solidité de son métier. En 1901, il joue Le Bon Juge au Vaudeville ; il revient ensuite à la Porte-Saint-Martin pour Nini l’assommeur, Electra et Sous l’épaulette. En 1908, il est à la Renaissance dans La Femme nue d’Henry Bataille.

Léon Noël et la comédienne Evans dans Robert Macaire
Léon Noël et Evans dans Robert Macaire au théâtre de la Porte-Saint-Martin. Bibliothèque nationale de France-Gallica / Wikimedia Commons, domaine public.

Le premier maître de Louis Jouvet

La place de Léon Noël dans l’histoire du théâtre tient aussi à son rôle de pédagogue. Au début du XXe siècle, Louis Jouvet, encore étudiant en pharmacie, cherche obstinément à devenir acteur. Il fréquente les scènes amateurs, essuie plusieurs refus au concours du Conservatoire et rencontre Léon Noël après une représentation. Noël l’accueille dans sa troupe, lui donne des cours d’art dramatique et l’accompagne jusqu’en 1910.

Les deux hommes partent en tournée. Jouvet y apprend les réalités concrètes de la vie théâtrale : répétitions rapides, changements de salles, adaptation à des publics variés et discipline collective. Noël ne voit pas encore en lui le futur interprète de Giraudoux, mais reconnaît ses qualités d’acteur de composition. Cet enseignement du mélodrame, fondé sur la construction physique du personnage et le rythme de la parole, compte parmi les premières étapes décisives de la formation de Jouvet.

Léon Noël costumé pour Robert Macaire à la Porte-Saint-Martin
Léon Noël dans le costume de Robert Macaire. Bibliothèque nationale de France-Gallica / Wikimedia Commons, domaine public.

Les dernières années

Léon Noël joue encore en 1910 au théâtre Antoine dans César Birotteau et La Femme et le Pantin, sous la direction de Firmin Gémier. En 1911, il participe à Marie-Victoire d’Edmond Guiraud. La même année, les directeurs Hertz et Coquelin souhaitent lui faire reprendre Choppard dans une nouvelle production du Courrier de Lyon à l’Ambigu. Une grave chute dans l’escalier du théâtre l’empêche toutefois d’honorer cet engagement.

Atteint d’une maladie de cœur, il est admis à l’hôpital Saint-Antoine, où il meurt le 19 novembre 1913. Ses obsèques sont célébrées à l’hôpital avant son inhumation au Père-Lachaise. Ses camarades de théâtre gardent le souvenir d’un artiste consciencieux, généreux et profondément attaché à son métier. Son nom reste surtout associé à l’âge d’or du mélodrame parisien et aux premiers pas de Louis Jouvet, dont il fut l’un des premiers guides professionnels.

Rôles et spectacles principaux

  • Les Trois Ivresses, salle Beethoven (1865).
  • Choppard dans Le Courrier de Lyon, théâtre de l’Ambigu (1873).
  • Monte-Cristo, théâtre de la Gaîté (1881).
  • Théodora, théâtre de la Porte-Saint-Martin (1884).
  • Marion de Lorme, théâtre de la Porte-Saint-Martin (1885).
  • Le Chevalier de Maison-Rouge, théâtre de la Porte-Saint-Martin (1888).
  • Jeanne d’Arc, théâtre de la Porte-Saint-Martin (1890).
  • La Dame aux camélias, théâtre de la Renaissance (1893).
  • La Femme nue, théâtre de la Renaissance (1908).
  • César Birotteau, théâtre Antoine (1910).

Distinctions et fonctions

  • Surnommé « le roi du mélodrame » par ses contemporains.
  • Professeur d’art dramatique et directeur d’une troupe fréquentée par le jeune Louis Jouvet.
  • Une appréciation du critique Francisque Sarcey, gravée sur sa tombe, le compte parmi les meilleurs comédiens de son temps.